lundi 23 avril 2012

Ce que la France doit retenir de la chute du gouvernement néerlandais



Au lendemain de la percée de Marine Le Pen en France, le xénophobe néerlandais Geert Wilders a fait tomber le gouvernement minoritaire en place depuis un an et demi. Analyse.



Jours radieux pour l'extrême droite en Europe. Au lendemain du meilleur score jamais réalisé par le Front national en France, le xénophobe néerlandais Geert Wilders a fait tomber le gouvernement minoritaire en place depuis un an et demi, faisant la démonstration que son pouvoir dépasse de loin le poids de ses 24 députés sur 150 élus à la Seconde Chambre des Pays-Bas.

La coalition de droite du libéral Mark Rutte ne tenait que grâce au soutien du Parti de la liberté (PVV) de Wilders. Ce dernier a rejeté un plan d'économies de 16 milliards d'euros, indispensable pour remettre dans les rails les finances publiques du pays. Le déficit budgétaire était de 4,7 % en 2011, bien au-dessus de la barre des 3 %, et bien supérieur à l'objectif d'équilibre fixé par le nouveau traité budgétaire européen, voulu par Berlin avec le soutien sans failles... de La Haye.

Ce paquet prévoyait notamment une légère hausse de la TVA, un gel du salaire des fonctionnaires et une réduction du budget de la santé et de l'aide aux pays en développement. Des mesures "qui étouffent trop les citoyens", a tranché le chef du parti populiste, jugeant "plus raisonnable" d'aller à de nouvelles élections. Privé du soutien de l'extrême droite dont il dépendait, Mark Rutte n'a eu d'autre choix que de présenter à la reine Beatrix la démission de son gouvernement. Deux dates sont évoquées pour des élections anticipées : le 27 juin ou le 5 septembre. Bien que difficilement organisable avant les vacances d'été, un vote rapide a les faveurs d'une majorité du Parlement, inquiet des risques de sanctions par les agences de notation : placés sous surveillance par Standard& Poor's, les Pays-Bas sont un des quatre derniers pays de l'Union européenne à bénéficier encore d'une note AAA, sésame pour emprunter à bas taux sur les marchés.

La chute du gouvernement de droite à La Haye pourrait renforcer les demandes de François Hollande d'ajouter un volet "croissance" au pacte sur la discipline budgétaire. "Le gouvernement va devoir chercher un accord avec le Parlement pour finaliser un budget qui satisfasse aux engagements que nous avons vis-à-vis de nos partenaires", explique au Point.fr Thijs Berman, l'un des responsables du parti social-démocrate néerlandais, le PvdA. "Nous sommes prêts à participer à la recherche d'une solution. Mais nous poserons nos conditions et exigerons en retour plus d'investissement et de recherche de croissance." Comme François Hollande ? "Nous sommes sur une même ligne, et c'est un mouvement qui se répand dans toute l'Europe. Les gens n'en peuvent plus des mesures draconiennes. Il faut absolument les écouter."(le Point)
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
EUROPE! EUROPE! EUROPE!
Il se pourrait, ne rêvons pas trop vite, qu'un retour possible des progressistes au pouvoir en France, en Hollande (sans jeu de mot) après-demain et vraissemblablement des sociaux-démocrates ( SPD) en Allemagne, oriente l'Europe plus à gauche, c'est-à-dire moins dans une perspective néolibérale et davantage vers un esprit inspiré de Keynes et qui sait, c'est notre espoir, d'un New Deal rooseveltien à l'européenne. C'est selon nous la seule manière de sortir par le haut de cette crise abominable qui mine les démocraties européennes et les menace de mort.
MG
MG

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