mercredi 11 avril 2012

CES ISLAMISTES QUI RECRUTENT DERRIERE LES BARREAUX




Longtemps professé par des imams autoproclamés, l'islam dispensé dans les prisons françaises est aujourd'hui très encadré. Y prêchent 151 aumoniers agréés par les autorités.

Le Figaro Magazine

La percée de l'islam radical dans les prisons françaises est une réalité. Pour tenter de la contenir, l'administration pénitentiaire et les services de renseignement de la police se mobilisent. Mais ils n'ont pas encore trouvé la solution...
C'est un document de travail de 89 pages, commun à l'administration pénitentiaire et aux services de renseignement de la police (DCRI, direction centrale du renseignement intérieur, RG Paris et SDAT, sous-direction antiterroriste). Un «manuel», rédigé en 2008 par un groupe de travail regroupant les services de renseignement et de sécurité de 13 pays, intitulé L'islam radical et les phénomènes de prosélytisme islamistes dans les établissements français. Manuel de radicalisation dans les prisons, classé confidentiel. Objectif de ce guide: donner des indices aux surveillants de l'administration pénitentiaire (AP) pour dépister les signes de radicalisation des détenus de confession musulmane.

Les autorités souhaitent garder la plus grande discrétion autour de leurs modes d'investigation et de surveillance de l'islam radical dans les prisons. Ces méthodes, nous vous les dévoilons ici.

Il y aurait, dans les établissements pénitentiaires en France, près de 20.000 musulmans pratiquants (c'est-à-dire respectant le ramadan) sur 66.000 détenus. C'est un chiffre de base. L'islam des prisons, dispensé jusqu'à il y a une dizaine d'années par des imams autoproclamés, est aujourd'hui encadré par 151 aumôniers musulmans agréés à la fois par l'AP, l'aumônier général musulman et les services de renseignement. C'est un islam de tolérance et de respect.

UN TIERS DES DETENUS SONT MUSULMANS
Vingt mille, c'est presque un tiers du nombre total des détenus en France. Un nombre qui inquiète en raison du comportement de quelques-uns. En effet, à l'intérieur des prisons, le personnel de la pénitentiaire a de plus en plus de problèmes à gérer les susceptibilités et les exigences - le refus, par exemple, de certains musulmans d'accepter aujourd'hui la présence de femmes, qu'elles soient surveillantes ou affectées à l'administration des établissements pénitentiaires.

(...) «De plus en plus de prisonniers qui se découvrent une passion pour la religion enfilent la «robe» et ne disent plus bonjour aux femmes. Nous devons apprendre de nouvelles règles. Quand on va chercher certains détenus pour les accompagner à une activité ou une convocation et qu'ils prient dans leur cellule, on attend devant la porte. Les presser, c'est risquer l'incident majeur.»

Dans les couloirs de la détention, les surveillants redoutent de plus en plus les fouilles des cellules. «Certains nous interdisent de toucher et de déplacer leurs objets de culte, explique un gardien de la centrale de Poissy. Le tapis de prière fait partie de ces reliques... On leur demande de le déplacer eux-mêmes.» La période du ramadan est aussi difficile à gérer. «Nous leur servons un plateau froid en cellule, à midi, qu'ils peuvent conserver jusqu'à la tombée de la nuit. Certains le mangent dès que nous avons le dos tourné. Ils s'inscrivent sur la liste des pratiquants pour être bien vus des autres, ceux qui «contrôlent». La religion s'impose par la pression morale, par la violence, par la corruption aussi...»

Les débordements sont quotidiens. «Elle est devenue un moyen de pression, poursuit une surveillante affectée en centre de détention (CD). Les prières sont autorisées dans une salle prévue à cet effet et dans les cellules. Certains font des tentatives régulières et descendent dans la cour avec leur tapis de prière. Il faut parlementer encore et encore, peser chacun de ses mots, ne montrer aucun signe d'énervement ou de lassitude, car les provocateurs guettent la moindre parole maladroite.»

Tous les films sur la prison racontent les mêmes histoires vraies: les plus forts s'imposent aux plus faibles. De la même façon, l'islam radical essaie de s'imposer à l'islam modéré. Insidieusement. Et, si la suspicion sur les musulmans des prisons s'installe dans les esprits, les radicaux auront gagné encore un peu de terrain.

LE GRAND BANDITISME A CEDE DEVANT «LES CALIFES»
(...)Il y a eu un moment, au début des années 2000, où le pouvoir a changé de main dans les prisons. Le grand banditisme auquel j'appartenais a cédé devant les califes, plus forts, plus nombreux... À l'époque, les musulmans priaient dans les cours de promenade. Quand la directive de l'AP est tombée, vers 2004, imposant la prière dans les cellules ou dans une salle affectée à cela, les musulmans ont bloqué le parloir avec les familles à l'intérieur.»

En réalité, le grand banditisme a cédé d'abord et collaboré parfois. Ces deux univers si différents au départ ont fini par s'unir. Lionel Dumont, membre du gang de Roubaix, en est le parfait exemple. Délinquant converti, il a basculé dans l'islam radical avant de devenir braqueur pour financer le terrorisme. Aujourd'hui détenu à la nouvelle maison d'arrêt de Lille-Sequedin (Nord) ouverte en 2005, il fait partie des meilleurs recruteurs de la cause intégriste. Il est aussi l'un des islamistes emprisonnés les plus observés par les services de renseignement.




Les «capacités» de l'AP, c'est l'EMS-3, le bureau du renseignement de l'EMS, l'état-major sécurité chargé du suivi «stratégique» de ces détenus qui ont basculé: 200 islamistes en tout, 75 incarcérés pour des affaires liées au terrorisme, dont 30 condamnés définitifs et 125 détenus pour prosélytisme radical. «La règle, pour eux, c'est l'éclatement, explique un directeur interrégional de l'AP. Il faut les séparer... Et, dès que l'un d'entre eux commence à appeler à la prière, on fait chauffer le camion et on le balluchonne (transfère, NDLR)».

«Les enfermer tous ensemble et ils sortiront mieux organisés et plus dangereux en créant des liens. Les disperser dans différents établissements et ils endoctrineront des jeunes partout où ils passeront. Les transférer le plus souvent possible d'une prison à une autre, mais c'est complexe pour l'administration pénitentiaire. Les placer à l'isolement total, ce n'est pas digne d'une démocratie...»

(...) Un logiciel avec différents items permet aux surveillants de relever les renseignements d'ordre comportemental et surtout les changements d'attitude du détenu.

«Le grand mot de la pénitentiaire, poursuit notre interlocuteur de l'AP, c'est: avec qui il tourne? (dans la cour de promenade, NDLR) Est-ce qu'il va commencer à fréquenter un groupe identifié? Le basculement s'observe par des signes parfois évidents. Il se laisse pousser la barbe, se met à fréquenter la salle de prière, ne parle plus aux surveillants ou aux détenus autres que les «croyants», ne participe plus aux activités, ne regarde plus la télévision, n'écoute plus la radio et interdit aux autres de le faire, change son alimentation, se douche habillé ou impose aux autres d'en faire autant...»

* Membre de la Commission pour l'application des règles pénitentiaires européennes de 2008 à 2010.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

ISLAM POSITIF?

Il y a dix ans environs, Larbi Kechat, recteur de la mosquée (ouverte) de la rue de Tanger à Paris (Stalingrad), musulman modéré et prédicateur talentueux, vint plaider à Schaerbeek lors d'une rupture de jeûne, en faveur d'un "islam positif".

Un gamin d'une douzaine d'années leva la main et demanda pourquoi alors on égorgeait des gens en Algérie au nom du prophète. Y aurai-t-il un aussi un islam négatif? La réponse du recteur me convainquit modérément et la question me taraude depuis.

Il existe, de fait, un islam conquérant et dominateur qui cherche à confisquer les premiers fruits de la démocratie en Egypte et partout où fleurirent, un instant, les printemps arabes. Cet islam instrumentalisé à des fins politiques inavouables gagne aussi du terrain dans les banlieues parisiennes et dans les grandes métropoles européennes, y compris à Bruxelles. Cet article hallucinant du Figaro montre comment il procède au recrutement des ses ouailles et progresse en milieu carcéral. On imagine que le christianisme naissant recrutait de la même manière dans les prisons romaines et les antichambres qui conduisaient à la fosse aux lions.

On voit mal comment enrayer cette évolution redoutable, vu la faillite de l'enseignement de masse et celle de l'intégration des jeunes dont les parents, ou les grands-parents sont venus d'ailleurs.

On s'étonnera du grand silence des représentants d'un islam positif, dit "des lumières" que beaucoup attendent de leurs voeux. Serait-ce un leurre? DiverCity refuse de se résigner à une telle conclusion qui pourtant de plus en plus s'impose par les faits. Puisent-ils être démentis!

MG

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