vendredi 6 avril 2012

De Wever parle, Pohlmann écrit



Il y a derrière Bart De Wever, des Jambon, des Bracke, des Bourgeois. Mais il y a aussi un jeune homme de 31 ans, Joachim Pohlmann, son conseiller dans les matières liées à la culture, à l’identité et la nation, mais également celui qui écrit ses discours. Il sort de l’ombre via un roman signé sous son nom cette fois. Altijd iets (éditeur Van Halewyck) est son premier ouvrage et nous plonge dans l’univers de Joris, un jeune flamand qui « jure, se saoule et baise », emblématique d’une génération, celle de l’auteur, et du vide qui l’entoure.
Attention. Il ne faut pas lire ce livre comme un mode d’emploi de la N-VA ou de son leader tout-puissant. L’écrivain Pohlmann n’a pas voulu faire de son roman un recueil des meilleurs discours et/ou des pensées profondes du parti pour lequel il a opté depuis plus de dix ans. Ce n’est pas un pamphlet politique ; il pousse même l’audace jusqu’à s’éloigner par certains aspects de la pensée N-Viste.

La Flandre est malgré tout centrale comme ancrage de cette histoire où dès le prologue, on découvre le grand-père du héros qui a collaboré avec les Allemands, lutté contre les socialistes parce qu’ils refusaient le retour du roi Léopold III et qui est descendu sur Bruxelles pour défendre les droits des Flamands. C’est un retour dans la Flandre profonde, près de Louvain, celle de sa jeunesse, que fait ce jeune homme qui vient de rompre avec sa compagne et qui va se montrer très cynique sur son environnement.

Une Flandre tellement différente du monde francophone ? « Nous sommes un peu des inconnus les uns pour les autres, et cela même si des deux côtés nous connaissons les mouvements de jeunesse, les fabriques d’église, les villages, les usines. Mais nous différons car notre histoire et notre background sont différents. »

Joachim Pohlmann le dit sans détour. Il était à l’adolescence, en pleine rébellion, un flamingant, évoluant dans les cercles nationalistes. Ses professeurs l’ont même surnommé le petit fasciste, « Den Blokker ». Un mercredi après-midi, à 16 ans, il raconte avoir pris le train pour Anvers pour y acheter Immigratie. De tijdbom tikt (Immigration. La bombe à retardement), le livre de Filip De Winter, le président du Vlaams Blok. « Je l’ai lu, j’étais totalement en désaccord avec tout ce qui y était écrit. J’ai immédiatement pris ma carte à la Volksunie. »

Il l’affirme avec force : il n’a jamais eu de sympathie pour le Belang. Par contre, il est tombé totalement sous le charme de Bart De Wever, qu’il rencontre dans les cafés de Louvain alors qu’il étudie les sciences politiques et l’anthropologie.

« De Wever porte une histoire (une verhaal), il donne une définition de la Flandre qui n’exclut jamais l’autre. Je sais que vous n’allez pas me croire, mais la Flandre de De Wever inclut tout le monde. Il développe une identité ouverte, dynamique, en évolution constante. »

De fait, on a du mal à le croire. Ce n’est pas l’image que l’on a côté francophone du concept identitaire développé par la N-VA, souvent ressenti comme une agression, une oppression, une dénonciation des francophones. On se trompe ?

« L’identité ? Chacun a la sienne. Il faut plus d’un groupe pour faire une démocratie. Notre définition de l’identité n’est pas négative, elle n’est pas dirigée contre les francophones. Les identités anversoise, namuroise, flamande, bruxelloise ne doivent pas s’affronter, ce jeu d’oppositions est à éviter. »

Mais pourquoi dès lors devenir comme lui, flamingant, dans sa jeunesse, quelles frustrations trouver derrière cette revendication identitaire ? « Les problèmes culturels entre Flamands et francophones sont derrière nous. Les conflits de ce type sont localisés, ce n’est plus le noyau dur. Le problème de la Belgique est celui des structures démocratiques, des blocages institutionnels ; ils sont aussi de nature socioéconomique. Les structures démocratiques empêchent de mener les politiques adaptées. Les comportements électoraux en Flandre et côté francophone sont très différents et cela ne se traduit pas dans les institutions. En Flandre, on a le sentiment que les politiques menées en Belgique ne sont pas faites pour nous. Cela n’a rien à voir avec une opposition de culture ou avec une Flandre qui voudrait jouer au chef. Je comprends que cela puisse parfois passer pour une agression, mais ce n’est pas le cas. »

Le roman est écrit dans un style direct, cru. Mais pour les discours de De Wever, Joan Pohlmann fait du De Wever. « Il m’a demandé de l’aider car vu son importance croissante, il n’avait plus le temps de rédiger tout lui-même. Les premiers textes que j’ai écrits sont revenus barrés de remarques au bic rouge, mais au fur et à mesure j’ai fait mien son style : court, évident, droit au but. Mais les blagues, elles, sont de De Wever et relèvent souvent de l’improvisation. »

Aurait-il un message, personnel cette fois, à adresser aux francophones : « Nous devons réduire à l’incompréhension de part et d’autre. » Dont acte.
BEATRICE DELVAUX


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

TOUJOURS LE VIVRE ENSEMBLE

Décidément rien n’est simple dans le royaume du surréalisme.

C’est plus fort que moi, le couple Di Rupo-De Wever me fait irrémédiablement penser au couple Quichotte-Panza ou à sa version belgo belge Ulenspiegel-Goedzak. Et que Bart vienne de perdre trente kilos n’y change rien. La Flandre est à la Wallonie ce que le Ying est au Yang. Il y a une pointe de Ying dans le Yang et inversement. « Nous sommes un peu des inconnus les uns pour les autres, et cela même si des deux côtés nous connaissons les mouvements de jeunesse, les fabriques d’église, les villages, les usines. Mais nous différons car notre histoire et notre background sont différents. »

Et voilà qu’on apprend qu’il y a « du wallon » contestataire et viveur dans les veines du nègre de Bart, tandis qu’Elio fait sa joyeuse entrée en Flandre. Pas si joyeuse que ça en vérité malgré ses efforts (vains) de s’exprimer dans la langue de Bart. Et voilà que Bart à force de vouloir devenir aussi mince qu’Elio en a perdu sa belle voix. Le bonhomme Michelin est-il en train de se dégonfler? Pas dans les sondages en tout cas. il suffit pourtant d'une petite blessure, fût-ce d'orgueil, pour dégonfler un pneumatique ou une bulle spéculative. Demandez donc à Leterme, Verhosstadt ou Stevaert.
MG


HOE KOMT HET DAT JE STEM VERANDERT ALS JE AFVALT?


'Bart De Wever is dertig kilogram kwijt en dat hoor je', mailt Tom Heremans uit Lennik. 'Zijn stem is veranderd. Hoe komt zoiets? Ik herinner me ook verhalen van operasterren die weigerden te vermageren omdat dat hun stem zou aantasten.'

Stemonderzoeker Rob Stallinga, verbonden aan het Koninklijk Conservatorium van Den Haag, heeft op Youtube wat recente en oude filmpjes bekeken waarin De Wever aan het woord is. Hij hoort kleine verschillen. 'Voordat hij was afgevallen, had De Wever een mooie, duidelijke stemklank. Zijn stem lijkt nu een fractie hoger en ik hoor iets meer boventonen. Die verschillen kunnen overigens ook verklaard worden doordat hij in het laatste filmpje wat beter uitgerust is. Maar al met al zou ik zeggen dat zijn stem er iets op vooruit is gegaan.'

Bij De Wever mogen de effecten dan weinig spectaculair zijn, dat een verandering van gewicht de stem danig kan beïnvloeden, staat volgens Stallinga buiten kijf. 'Als je heel snel afvalt, verandert de hormoonhuishouding in je lichaam en dat beïnvloedt je stem. Ook de productie van slijm in je neus, keel en mondholte kan veranderen door een streng dieet. Als die holtes te droog zijn, klinkt je stem niet mooi helder. Maar te veel slijm is ook niet goed. De bekleding is belangrijk. Vergelijk het met zingen in een kerk. De akoestiek in een kerk is geweldig, totdat er allemaal mensen in zitten met dikke jassen.'

Maar het belangrijkste is volgens Stallinga hoe energiek mensen zich voelen. 'Als dikke mensen afvallen, is dat meestal positief voor hun stem, tenzij ze daarvoor medicijnen gebruiken waardoor ze als neveneffect een beetje uitdrogen. Die mensen krijgen namelijk meer energie. Ze spreken dan luider en met meer intonatie.'

Dat operasterren niet zouden mogen afvallen omdat dat funest zou zijn voor hun stem is een mythe, aldus de Nederlander. 'Eine Stimme soll im Fett eingebettet sein', lacht Stallinga. 'Dat hoorde je vroeger nog weleens. Maar daar klopt niets van.' Dikke operasterren - en daar zijn er volgens Stallinga aardig wat van, aangezien het beroep stressvol is en dus uitnodigt om veel te snoepen - zouden er bij gebaat zijn af te vallen. 'Vaak hebben ze last van maagzuur. Door dat zuur worden je stembanden dikker, waardoor je minder gemakkelijk zingt.'

Waar komen die verhalen over operazangers die weigeren af te vallen dan vandaan? De beroemde operazangers Maria Callas tobde enorm over haar gewicht. 'Van Callas wordt wel gezegd dat haar stem enorm achteruitging toen ze afviel', zegt stemonderzoekster Diana Kenny van de universiteit van Sydney. 'Misschien had Callas wel een kleiner uithoudingsvermogen na haar dieet. Ook hormonale veranderingen en een verandering in de slijmproductie kunnen hun tol hebben geëist. En haar borstkas zal misschien ook wel wat anders geresoneerd hebben.'

Over hoe veranderingen in gewicht de stem beïnvloeden, is jammer genoeg nog maar weinig bekend, voegt Kenny nog toe. 'Er is heel weinig wetenschappelijk onderzoek naar gedaan.'

Volgens stemexpert Felix de Jong van het UZ Leuven speelt de psyche een belangrijke rol. 'Zangers werken jarenlang aan hun stem. Het gaat bij hen echt om de finesses, om het halen van die ene halve noot. Als de weefsels en spieren die de stem maken net iets veranderen, dan kunnen ze daar onzeker van worden. Vergeet dit niet: als ze een hele aria zingen en er zit net één rafeltje aan, dan gaan ze af. Het ligt allemaal heel gevoelig.'



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