mercredi 4 avril 2012

La Stib externalise au Maroc


F. L.

"L’argument du prix est une absurdité sans nom quand il s’agit de favoriser des emplois locaux et durables pour des Bruxellois fortement éloignés du marché du travail."

Régulièrement, le personnel de la Stib est amené à contacter le "help desk". Ce service est chargé de réceptionner les incidents informatiques constatés par le personnel de l’opérateur de transport public et de rediriger les demandes d’aide vers le département compétent. Lors des contacts établis après l’été 2010, les divers appelants n’ont pas été mis en communication avec un collaborateur bruxellois, voire belge, mais plutôt marocain. En effet, pour trois ans, la Stib a externalisé au Maroc sa centrale d’assistance. Un contrat dénoncé par la députée bruxelloise Françoise Schepmans (MR).

"Il est scandaleux qu’un service public soutienne la délocalisation d’emplois à l’étranger alors que le chômage des jeunes bruxellois est l’un des plus hauts d’Europe avec un taux de 30 %", s’indigne la libérale. Et de souligner l’aide potentielle qu’aurait pu apporter l’ordonnance sur l’économie sociale, votée vendredi dernier au Parlement bruxellois. "La Stib n’a pas confié ses activités à une entreprise à finalité sociale active dans les domaines du call center ou encore de l’informatique", ajoute-t-elle.

La ministre des Transports bruxellois, Brigitte Grouwels (CD&V), rétorque : "Un appel d’offres a été octroyé à la firme Econocom située à Woluwe-Saint-Etienne. Cet accord prévoyait en effet une délocalisation progressive des activités vers le Maroc." Et de n’y voir aucun inconvénient, "il s’agit d’un phénomène très répandu pour bénéficier d’un bon rapport qualité/prix. Ce déplacement s’est d’ailleurs accompagné de formations". En effet, trois techniciens marocains sont venus en Belgique, tandis que deux personnes de la Stib se sont rendues une semaine au Maroc. "L’argument du prix est une absurdité sans nom quand il s’agit de favoriser des emplois locaux et durables pour des Bruxellois fortement éloignés du marché du travail", ajoute la députée.

Si la société de transport public est actuellement le plus important employeur de la Région bruxelloise, les ressortissants de cette dernière n’y représentent qu’un peu plus de 50 % du cadre. Et Françoise Schepmans de conclure : "Le mois dernier, le ministre de l’Emploi, Benoît Cerexhe (CDH), se plaignait de la campagne de recrutement de la SNCB qui a fait peu de cas des Bruxellois, mais curieusement, on ne l’a pas entendu lorsqu’il a été confirmé que la Stib a envoyé des emplois à l’autre bout de la Méditerranée."

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"favoriser des emplois locaux et durables"
Une libérale bon teint accusant –à juste titre- le plus gros employeur public bruxellois de délocalisation « il s’agit de favoriser des emplois locaux et durables pour des Bruxellois fortement éloignés du marché du travail",. Surréaliste mais pertinent et courageux. C’est aussi un excellent argument électoral pour la challenger de l’actuel bourgmestre de Molenbeek Philippe Moureaux.

Aucun commentaire: