vendredi 6 avril 2012

« Le CD&V ne doit pas miser sur le discours communautaire »


CLAUDE DE DECKER

Le CD&V a perdu de nombreux électeurs au profit de la N-VA entre les élections de 2007 et 2010. Que doit faire le parti pour arrêter l'hémorragie ?
Interview avec Koen Abts, professeur à la KUL


La KUL a analysé les transferts de voix à la Chambre entre les élections de 2007 et 2010. La victoire de la N-VA est largement due aux voix qu'elle a prises au CD&V (464.500 électeurs), au Vlaams Belang (231.500 électeurs) et au VLD (131.500 électeurs).

Koen Abts, professeur à la KUL, est un des trois auteurs du rapport.

QUI SONT LES ELECTEURS DU VLAAMS BELANG QUI SONT PASSES A LA N-VA ?

« Ce ne sont sûrement pas les électeurs les plus extrémistes. Mais plutôt la faction la plus modérée des électeurs de droite qui sont sceptiques vis-à-vis de la société multiculturelle.

Ces électeurs comptaient sur le Vlaams Belang pour faire avancer la cause flamande. Ils votaient pour lancer un signal aux partis traditionnels. Jusqu'à présent, ils n'avaient pas d'autres alternatives. Avec la N-VA, ils en ont une. »

COMMENT LE CD&V PEUT-IL STOPPER L'HEMORRAGIE ?

« Le CD&V ne doit pas miser sur le discours communautaire. Il ne peut pas gagner en misant sur ce thème ou sur celui de la Flandre contre la Belgique. En 2007, la « bonne gouvernance » était le slogan d'Yves Leterme. Le CD&V doit être le parti de la « bonne gouvernance » en Flandre. En plus de cela, ils y gagneraient en faisant aboutir la réforme de l'Etat. »

POURQUOI LE SPA A-T-IL PERDU MOINS DE VOIX QUE LES AUTRES PARTIS ?

« La N-VA a obtenu des voix de tous les partis, à l'exception de Groen. Si le SP.A a perdu moins de voix que le CD&V, le Vlaams Belang et le VLD, certains de leurs électeurs ont tout de même décidé de voter pour la N-VA.

L'électorat habituel du SP.A est moins porté sur les thèmes communautaires. Les électeurs qui sont partis sont ceux qui se sentaient concernés par la question Flamande, qui voulaient des changements et qui sont attirés par la personnalité de Bart De Wever. C'est la combinaison de ces différents facteurs qui explique l'attrait de la N-VA. »

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

FACTS !

Cet article factuel et très « matter of fact » suscite une avalanche de commentaires épidermiques d’internautes du Soir qui se déchaînent sans raison, preuve que l’irrationnel prend de plus en plus le pas chez nous sur le rationnel. Inquiétant.

Quelques extraits qui ne vous feront pas rire ou peut être si !

« Et il existe encore des naïfs et des "collabos" wallons et francophones qui croient et qui essaient de faire croire qu'il faut s'applatir devant ces Flamands, en manipulant et en mentant à leurs électorats comme Di Rupo, Charles Michel ou Joelle Milquet, qui passent plus de temps à essayer de séduire les Flamands qu''à résister à leurs diktats et en défendant les Wallons et francophones .. ».

« Et oui, l'amnésie habituelle, que voulez-vous attendre de ces individus qui ignorent ou font semblant d'ignorer leur passé . » « Cette populace qui nous dénigre et nous hait n'a plus à vivre grâce à nos deniers. »

« Vos propos qui sont tellement excessifs qu'ils en sont ridicules. Je suis heureux de vivre dans une région qui est ouverte sur le monde et d'abord sur l'Europe, je ne pourrais vivre ni même voyager dans une région qui se replie sur elle-même. »

« Ce que ce professeur semble oublier (il est de la KUL, ceci expliquant peut-être cela ?) c'est que, c'est bien la chrétienté flamande qui, depuis des lustres (voir la 1ère guerre mondiale, idem à la seconde), était partisane de la scission du pays sur base communautaire. »

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