samedi 7 avril 2012

STIB: un superviseur tué




Stib : l'assassin présumé interpellé, le réseau reste à l'arrêt

Un superviseur de 56 ans a été tabassé tôt ce matin. L'agresseur présumé a été arrêté. Les conducteurs ne reprendront pas le travail avant d'avoir rencontré la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet. Celle-ci avait précédemment proposé de les recevoir mardi à 14h30.

La direction de la Stib s'est déclarée "choquée" par l'acte "barbare et révoltant" survenu ce samedi square des Armateurs, près du port de Bruxelles. Kris Lauwers, directeur général ad interim de la Stib : "Ce qui est arrivé dépasse tout ce que nous avions déjà vu auparavant et, pourtant, nous en avons déjà beaucoup vu. L'insécurité à laquelle doit faire face le personnel augmente chaque année. Aujourd'hui, c'est un collègue qui a perdu la vie en faisant simplement son travail. On ne sait pas quoi promettre, garantir et exiger mais nous avons besoin d'un changement profond."

Un accident s'est produit vers 06h50 entre un bus 14 qui se dirigeait vers l'AZ-VUB et la voiture d'un particulier. Ce dernier a appelé par téléphone une connaissance qui, arrivée sur les lieux, a tabassé le superviseur de la Stib venu constater l'accident. Agé de 56 ans, le superviseur a succombé à ses blessures à l'hôpital. Il travaillait depuis 29 ans à la Stib. Il laisse derrière lui deux enfants qui sont également membres du personnel de la Stib.

La direction et les syndicats ont décidé de faire rentrer tous les véhicules au dépôt. Le mouvement de suspension du trafic pourrait durer plusieurs jours, ont confié plusieurs travailleurs. "Les usagers peuvent râler mais il y va de leur propre sécurité", a souligné un délégué CGSP de la STIB. Les conducteurs ont finalement annoncé qu'ils ne reprendraient pas le travail avant d'avoir rencontré la ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet. Celle-ci avait précédemment proposé de les rencontrer mardi à 14h00, soulignant que lors de cette rencontre, elle leur exposera "les mesures de renforcement de la sécurité dans les transports en commun qu'elle comptait présenter au conseil des ministres pour la seconde quinzaine du mois d'avril".

Un autre délégué du syndicat socialiste, qui est également agent de sécurité à la STIB et qui a été envoyé en renfort sur les lieux de l'accident, a expliqué avoir vu son collègue agressé dans l'ambulance et n'avoir pas reconnu son visage. "J'ai dû prendre ses papiers dans sa poche pour vérifier son identité", a déclaré le délégué.

L'auteur présumé de l'agression a été interpellé samedi vers 14h30, dans l'agglomération bruxelloise, a annoncé dans l'après-midi le procureur du Roi de Bruxelles, Bruno Bulthé, qui a dit son ras-le-bol de ce genre d'actes. "A notre connaissance et sur la base des éléments recueillis sur place, il n'y a qu'une personne qui a donné des coups", a précisé M. Bulthé au cours d'un point presse sur les lieux du drame. "Toutes les personnes concernées sont actuellement auditionnées", a-t-il ajouté.


Le vice-président de la Stib, Ridouane Chahid, condamne cette agression avec la plus grande fermeté. Pour Ridouane Chahid, "rien ne peut justifier un acte d'une telle violence. La violence n'est pas une façon de régler les différents, quels qu'ils soient. Nous ne pouvons plus accepter que nos agents subissent des actes portant atteinte à leur intégrité dans le cadre d'une mission de service public."

Plus d'une centaine de membres de la Stib se sont réunis devant le palais de Justice en début d'après-midi. Leur porte-parole ont réclamé que le monde politique fasse le nécessaire pour garantir la sécurité des travailleurs. Les travailleurs de la STIB ont bloqué l'accès à la place Poelaert à l'aide d'une dizaine de trams et de bus. Les véhicules de la STIB affichaient un SOS sur leur panneau électronique. Les travailleurs se sont ensuite rendus vers le siège de la STIB. Certains membres du personnel ont brandi une photo avec le visage du superviseur agressé.

Joëlle Milquet a dénoncé, dans un communiqué, un "acte criminel d'une extrême violence".

La ministre bruxelloise des Transports Brigitte Grouwels (CD&V) a réagi avec consternation, condamnant cet acte "avec la plus grande fermeté". Elle a indiqué comprendre l'inquiétude des membres du personnel de la société de transports en commun.
CDP et MDS (avec Belga)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

OU EST LA SOLUTION ?

Ici pas question de terrorisme, de salafisme, de fondamentalisme. Violence pure et explosion de fureur d’un automobiliste frustré qui fait appel à une bombe sur patte.

Ni Milquet, ni une grève générale des transports en commun n’y changeront rien. Certes on peut imaginer un convoyeur armé sur chaque véhicule de la STIB. Un job pour nos militaires mais gare aux dérapages et aux bavures.

"Rien ne peut justifier un acte d'une telle violence. La violence n'est pas une façon de régler les différents, quels qu'ils soient. Nous ne pouvons plus accepter que nos agents subissent des actes portant atteinte à leur intégrité dans le cadre d'une mission de service public."

Rien à redire à cette phrase bien tournée. Sauf à se demander qui en sont les destinataires. Notre société génère la violence ; d’autres sociétés ont généré les guerres de tranchées, les gaz moutarde, les camps de la mort et les goulags. D’autres la bombe d’Hiroshima, le génocide ruwandais… Ce qui est sûr c’est que le climat de tension s’exacerbe et homo sapiens demens europeanus se maîtrise de moins en moins bien. Mais comment expliquer cela aux proches des victimes innocentes et à ceux qui demain s’installeront derrière le volant des gros bus de la STIB ?

MG



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