mardi 22 mai 2012

De futures lois porteuses de noms pompeux





 Bart Maddens. (Le Vif)

LES DEBATS SUR LES PREMIERES PROPOSITIONS DE LOI CONCERNANT LA REFORME
DE L'ETAT ONT ETE OUVERTS AU PARLEMENT. QUE NOUS APPRENNENT-ILS ?
Dans une indifférence générale ont débuté, la semaine dernière, les
débats parlementaires sur les propositions de loi concernant la
première phase de la réforme de l'Etat. Les parlementaires ont
pourtant déployé des trésors d'imagination pour trouver des noms
inspirateurs aux futurs textes légaux. Ainsi, il y a une proposition                                                              «portant sur le financement correct des institutions bruxelloises ».
Il y en a une autre « devant renforcer la démocratie et la crédibilité
politique ». Si les politiques restent sous la coupe de cet élan
créatif, ils finiront bientôt par présenter un projet de loi
budgétaire « tendant à assurer le bonheur de tous les Belges » et
concocter une loi fiscale « organisant la collecte de contributions
correctes payées par tous les citoyens en vue de la création d'un Etat
belge modèle ».

Des titres aussi pompeux suscitent évidemment de grandes espérances.
Le tout est de savoir si celles-ci seront suivies d'effets. La
démocratie et la crédibilité politique sortiront-elles renforcées
d'une loi ainsi dénommée ? Si surprenant que cela puisse paraître,
dans ce cas, la réponse est franchement positive. Cette loi mettra fin
à une pratique abominable : des politiques se font élire pour tromper
aussitôt leurs électeurs en n'assumant pas leur nouveau mandat, mais
en continuant de siéger dans une autre assemblée parlementaire. Ce ne
sera plus possible désormais. Si un politique est élu dans un
parlement, il perdra automatiquement son autre mandat parlementaire.
Il sera donc obligé de siéger dans le parlement où il vient d'être
élu. Ce sont les partis verts qui ont voulu cette loi. Ils méritent
toute notre gratitude.

Et dans quelle mesure le financement « correct » des institutions
bruxelloises sera-t-il correct ? A vrai dire, on ne le sait pas, parce
qu'aucune étude objective n'a été menée sur le financement de
Bruxelles. Les politiques bruxellois n'en ont jamais voulu. De crainte
peut-être qu'un certain nombre de vérités gênantes ne montent à la
surface. A savoir, par exemple, que Bruxelles est déjà extrêmement
sur-financé en comparaison des deux autres Régions du royaume. Des
gens méchants pourraient donner quelques noms plus appropriés à cette
loi : « Loi portant sur l'apaisement de la soif d'argent des
politiques bruxellois prodigues ». Mais le titre le plus juste serait
sans aucun doute : « Loi portant sur la fixation de la somme à payer
aux francophones en contrepartie d'une scission relativement
convenable de l'arrondissement électoral de BHV ».

Pour ce qui concerne la fameuse « Communauté métropolitaine », les
propositions de loi vont dans le bon sens. Elle ne sera provisoirement
rien de plus qu'une boîte vide. De fait, les trois Régions doivent
d'abord conclure un accord de coopération pour régler le
fonctionnement de cette aberration institutionnelle. Or il est tout à
fait inconcevable que les ministres N-VA au sein du gouvernement
flamand approuvent pareil accord. En d'autres mots, il faudra attendre
un exécutif flamand sans la N-VA avant que la Communauté du Grand Bru
xelles ne puisse devenir opérationnelle. Voilà une raison
supplémentaire pour les partis traditionnels de bannir la N-VA du
gouvernement flamand après 2014.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
AVEC LE NVA PAS DE COMMUNAUTE URBAINE
Donc, pas la peine de rêver, avec la N-VA il n'y aura pas de
communauté urbaine.  Sans communauté métropolitaine, la région
Bruxelles capitale étouffera dans son carcan. Cet article signé
Maddens, le penseur de la doxa N-VA est la démonstration de
l'hostilité du parti de Bart De Wever à l'égard de la capitale de la
Flandre! A l'évidence, les milieux d'affaires flamands, qui mesurent
l'importance stratégique de Bruxelles sur un plan strictement
économique, ne partagent pas ce point de vue. La bataille pour
Bruxelles risque d'être rude dans les dix années qui viennent!
MG

Aucun commentaire: