mardi 1 mai 2012

Du divorce brutal aux retrouvailles






Christian Laporte (La Libre)

Il y a quarante ans, les étudiants arrivaient à LLN. Etudiants francophones et néerlandophones commémorent ce qui fut plus une renaissance qu’un divorce.
Ce fut un divorce. Et comme dans toutes les séparations brutales, il fut dur à avaler. Pourtant, avec le recul, la séparation des sections francophone et néerlandophone de l’UCL ne peut plus être lue avec les lunettes amères et haineuses d’antan. Sans doute, comme l’avait dit Mgr Massaux, le recteur francophone de l’époque, fut-ce "un péché contre l’esprit" mais l’histoire politique de la Belgique nous a appris depuis lors que la scission était inéluctable et puis, d’un événement négatif est née une nouvelle logique dont les universités sœurs de Louvain sont une belle illustration : non seulement elles (re)travaillent ensemble mais le transfert vers la Wallonie et Bruxelles ne fut pas un échec, tout au contraire En septembre, il y aura quarante ans que l’UCL dispensait ses premiers cours à Louvain-la-Neuve.

(...)Si le Mouvement flamand politique et culturel voulait chasser les francophones, le combat des étudiants était nettement plus social, comme le rappelle Paul Goossens, ancien journaliste au "Standaard", au "Morgen" et à l’agence Belga. Lorsqu’on lui demande de faire le bilan de ce qui fut selon lui davantage un "Bourgeois buiten" qu’un raciste "Walen buiten", notre ex-confrère a gardé la tête froide. "Certes, nous avons été le seul mouvement estudiantin à avoir fait tomber un gouvernement. L’euphorie était grande, car on croyait pouvoir changer le monde ! En même temps, on a participé à un fantastique mouvement de libération dans bien des domaines mais, hélas, en Flandre, on n’est pas parvenus à éradiquer le nationalisme !" Et de déplorer qu’"à l’heure de l’Europe, on doit d’abord se sentir flamand et que la Belgique est la faute de tout ce qui arrive. Evidemment qu’ il y a eu des injustices et des frustrations, mais en ce temps-là, la Flandre était pauvre. Aujourd’hui, dans une région prospère, ces idées devraient disparaître. Il y a de ces retournements : lorsqu’on avait 20 ans, on se sentait très mal face à l’idéologie belge relayée par l’obscurantisme clérical, par la Société Générale, etc. Maintenant, c’est la Flandre qui me fait peur "

COMMENTAIRE  DE DIVERCITY
QUI PERD GAGNE

L'UCL, c'est sûr, eut tout à gagner grâce à ce transfert non désiré qui fit des environs de Wavre un vaste bassin industriel à haute valeur technologique ajoutée.

Mais répétons avec Goossens "Maintenant c'est la Flandre qui me fait peur."

Cette Flandre qui plus encore que la France s'offre aux des démons du national populisme.

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