jeudi 24 mai 2012

Le sommeil de la raison





La mère de Diana aux aveux : elle l’a étranglée et découpée
Le corps sans vie de Diana a été retrouvé dans le congélateur,
découpé après avoir été étranglé. La mère a reconnu les faits.
De source policière, la mort remonterait à la nuit de dimanche à lundi.
Le corps sans vie de la petite Diana Farkas, disparue depuis dimanche
soir, a été retrouvé, mercredi en fin de matinée, au domicile de
Juliana Santana Duran, la mère de la fillette, a annoncé la police
fédérale. Selon nos informations, le corps aurait été retrouvé dans un
congélateur, découpée après avoir été étranglée. De source policière,
la mort remonterait à la nuit de dimanche à lundi. La mère a reconnu
les faits.
Vers 10 heures 30 une équipe de la Cellule disparition, accompagnée
du juge d’instruction Pierre Hustin et du Procureur du Roi par interim
Pierre Magnien ont investi le domicile de la femme, impasse de la
Croisette à Châtelineau. Ils ont d’abord découvert les vêtements
ensanglantés de la fillette dans la machine à laver avant de trouver
le corps de la fillette dans le congélateur.
Matthieu Collinet, Belga

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE SOMMEIL DE LA RAISON
Y a-t-il un lien entre un exorcisme mortel, un infanticide monstrueux
et le massacre perpétré par un militant d'extrême droite norvégien?
Oui,de toute évidence, ces trois actes barbares témoignent de ce que
Freud dénonçait dès 1929 comme un "Malaise dans la civilisation" (Das
Unbehagen in der Kultur), parfois traduit par "Le malaise dans la
culture."
Freud y affirme notamment que selon lui, la culture est édifiée sur du
renoncement pulsionnel, car la vie en commun suppose une restriction
de la liberté individuelle autrement dit le conformisme. Le respect
des exigences sociales est assuré, à ses yeux,  par le père bientôt
remplacé par le « surmoi » (père intériorisé, faculté à
s'autocontraindre par la  conscience morale). Ces exigences sociales
se manifestent dans la morale et dans la religion.

À côté de la tendance expansive de l'Éros (tendance à rassembler la
substance vivante en unités de plus en plus grandes, à créer des
sociétés humaines de plus en plus vastes en liant libidinalement les
individus), existe une autre pulsion, opposée à elle, qui tend à
dissoudre ces unités : Thanatos, la pulsion de mort. Cette pulsion de
destruction est source de jouissance (narcissique) car elle
réalise les anciens souhaits de toute-puissance du moi.
La culture est une émanation de l’Éros. C'est de l' éros sublimé. Les
foules humaines doivent être liées libidinalement car l'intérêt du
seul travail ne suffit pas à maintenir leur cohésion. À ce projet
s'oppose Thanatos, la pulsion destructrice appelée aussi  pulsion de
mort.
Freud pose, selon nous, la question essentielle:  "le progrès de la
civilisation sera-t-il capable, et dans quelle mesure, de dominer les
perturbations induites par les pulsions humaines d'agression et
d'autodestruction?" Disons le plus platement: de barbarie! Et c'est
écrit dix avant la mise en service des camps nazis d'extermination de
masse que la technique rendra opérationnels et redoutablement
efficaces!
Le surmoi-de-la-culture a des exigences. Elles se manifestent sous la
forme de l'éthique. L'éthique est une tentative thérapeutique, un
effort pour atteindre un commandement du surmoi. Il s'agit d'écarter
le plus grand obstacle à la culture: le penchant à l'agression. Mais
l'éthique est exigeante, trop exigeante; elle se soucie trop peu du
moi : elle édicte un commandement sans se demander s'il est possible
de l'observer.
"L'éthique dite naturelle (faire le bien pur la beauté du bien) n'a
rien à offrir si ce n'est la satisfaction narcissique de se considérer
comme meilleur que les autres. L'éthique qui se fonde sur une religion
de salut promet une récompense dans l'au-delà. Aussi longtemps que la
vertu ne trouvera pas sa récompense dans l'ici bas, sur cette terre,
l'éthique prêchera en vain."
Il est de bon ton d'affirmer que ceci n'est pas le meilleur texte de
Freud. Qu'importe, constatons qu'il nous offre une bonne grille
d'interprétation de l'innommable. Pointons également qu'il fut écrit
en 1929, l'année de la grande dépression, un chaos comparable à celui
que nous vivons aujourd'hui et qui déboucha sur la prise de pouvoir
des nazis qui contraindront très vite Freud à l'exil à Londres où il
mourra.
Il n'est pas inutile de relier ce qui paraît isolé et singulier. C'est
là tout le travail de la pensée complexe que nous enseigne Edgar
Morin.
Rappelons que le dialogue interculturel pour lequel plaide DiverCity
participe d'une éthique du respect de l'autre et de l'humain, quelle
que soit sa couleur, son sexe et ses convictions politiques,
religieuses ou politiques. C'est l'exact contraire de l'exclusion et
de l'intolérance
MG

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