samedi 9 juin 2012

Galand : « Les laïques doivent se renforcer »

 
PASCAL MARTIN

LE PRÉSIDENT du CAL a pris les commandes de la Fédération humaniste européenne (FHE). Il veut en faire un vrai instrument de défense de la laïcité à l'échelle du continent.

ENTRETIEN

LE DEFI EUROPEEN DE PIERRE GALAND

Pierre Galand (71 ans) s'est fait connaître dans le monde associatif et la coopération au développement belge. Il a été également sénateur coopté du Parti socialiste. Le 25 mai dernier, à Utrecht, il a pris les commandes de la Fédération humaniste européenne (FHE) qui regroupe plus de cinquante associations laïques en Europe, défend la séparation des Eglises et des Etats. Elle est un partenaire officiel de l'Union européenne au titre de l'article 17 du Traité sur le fonctionnement de l'UE. Reste à en faire une arme efficace. Un vrai défi.

Pierre Galand est devenu le 25 mai dernier à Utrecht le président de la Fédération humaniste européenne (FHE), qui regroupe 54 associations laïques en Europe et défend la séparation des Eglises et des Etats. Il compte faire de cette structure un instrument de reconquête de la laïcité sur le champ public.

D'ABORD UNE PRECISION : LA PRESIDENCE DE LA FHE SIGNIFIE-T-ELLE QUE VOUS ABANDONNEZ LES COMMANDES DU CENTRE D'ACTION LAÏQUE (CAL) ?
Je reste le président du CAL. C'est ma fonction la plus importante pour l'instant sur la scène belge, au plan tant politique que citoyen. J'exercerai donc les deux fonctions concomitamment.

POURQUOI CET INTERET POUR LA FHE ?
L'Europe se construit en matière de droit des gens. Au Conseil de l'Europe comme dans les différentes institutions européennes, une série de décrets et de décisions sont prises qui concernent le quotidien des citoyens. Nombre d'entre elles ont une connotation éthique et une influence directe sur le vivre-ensemble des citoyens. J'ai été frappé par le retard énorme pris par les laïques dans la prise de conscience de cette réalité et dans la nécessité de faire entendre leur voix aux décideurs. Pour plaider en faveur de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, en faveur de valeurs communes (égalité, citoyenneté, justice…) et de la liberté de conscience. Il fallait passer ce pas européen pour échanger ces préoccupations avec d'autres laïques, humanistes, athées, tenants de la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

LA FHE EST LOIN D'AVOIR LA PUISSANCE ORGANISATIONNELLE ET FINANCIERE DE L'EGLISE CATHOLIQUE, POUR NE CITER QU'ELLE. COMMENT POUVEZ-VOUS ESPERER EN FAIRE UN INSTRUMENT EFFICACE DE LA LAÏCITE ?
Il existe aujourd'hui 54 associations en coordination au sein de la FHE. Nous devons élargir ce champ vers l'Espagne, le Portugal, l'Italie. La France n'était même pas présente dans la FHE. Récemment, la Ligue de l'enseignement et ses 2,5 millions de membres l'ont rejointe. L'objectif est de créer une capacité de dialogue entre tous ceux qui ont un savoir-faire dans la défense de nos valeurs. Par exemple en matière d'éducation, pour faire en sorte qu'un enseignement de qualité soit accessible à tous. C'est un débat que nous pourrions avoir au Conseil de l'Europe. Mais aussi dans les institutions européennes via la réhabilitation de la notion de services publics.

AU CONTRAIRE DES EGLISES, LA LAÏCITE A EU BEAUCOUP DE MAL A SE FAIRE ENTENDRE AUPRES DES INSTITUTIONS EUROPEENNES. OU EN EST-ON AUJOURD'HUI ?
Je n'ai pas d'objection à avoir des rapports avec les Eglises, mais la FHE doit d'abord exister en tant que telle. 45 % de la population européenne dit ne pas appartenir à un culte ou à une religion. Ces laïques doivent savoir que nous défendons des valeurs éthiques et que nous sommes soucieux de nous inscrire dans de grands débats. Je ne citerai qu'un exemple : l'objectif de la Commission en matière de recherche (20-20). Les Eglises tentent de mettre les recherches en matière de cellules souches embryonnaires hors du champ de financement de l'UE. C'est un enjeu fondamental qui pose la question de la liberté de la recherche par rapport à l'argent. Ce n'est pas aux financiers à décider en la matière.

EN 2011, LE PRESIDENT DE LA COMMISSION EUROPEENNE JOSE MANUEL BARROSO AVAIT INVITE PLUSIEURS OBEDIENCES MAÇONNIQUES AUX COTES DES LAÏQUES. CETTE « COHABITATION » EST-ELLE FAITE POUR VOUS PLAIRE ?
J'ai beaucoup de respect pour la franc-maçonnerie. Mais la laïcité est un mouvement de société et de citoyenneté qui doit être entendu en tant que tel. C'est ce que j'ai voulu faire entendre au président Barroso, sans qu'il y ait chez moi une quelconque acrimonie contre la franc-maçonnerie.

QUELLES VONT ETRE LES PREMIERES ACTIONS CONCRETES DE LA FHE ?
Un : inventorier davantage les savoir-faire dans des pays où il existe des fragilités : par exemple en Roumanie où il a été décidé d'enseigner à titre égal les théories darwiniennes et créationnistes. Deux : donner de la voix dans le débat principiel sur la recherche. Trois : faire valoir notre position dans la question centrale sur « ce qu'est la vie », à commencer par la manière de considérer une cellule-souche embryonnaire. Cette question rejoint également celle de l'avortement : les pays européens les plus conservateurs sont mis sous pression par les Eglises pour tenter de raboter un tel acquis au sein du Conseil de l'Europe.

VOUS DITES « LES EGLISES » OU « LES SECTES ». MAIS Y EN A-T-IL UNE EN PARTICULIER PAR SA DETERMINATION A IMPOSER DIEU DANS L'ESPACE PUBLIC ?
Dans les Eglises, on s'aperçoit que ce sont les plus conservateurs qui ont pris les commandes. A la manière de Mgr Léonard chez nous, ils mènent des combats pour que la foi impose la loi. Ils ont tendance à imposer ce schéma dans toutes les institutions, jusqu'aux Nations unies. L'Eglise catholique y mène ainsi des combats contre le genre depuis qu'elle s'est aperçue qu'il peut englober une femme et une femme, un homme et un homme. Dans le débat sur les cellules-souches, sur l'IVG, etc., une attitude semblable est observée qui va à l'encontre de ce que doit être l'Etat de droit dans nos sociétés. Face à cela, la laïcité doit se renforcer.

AVEC POUR RESULTAT D'ARRIVER A METTRE MONSEIGNEUR LEONARD SUR LA TOUCHE ?
Avec la possibilité en tout cas de lui faire comprendre que son discours n'est plus celui de tous les chrétiens. Quand des catholiques viennent me demander s'ils peuvent tenir une assemblée dans une maison de la laïcité parce qu'ils ne veulent plus se réunir à l'église après le scandale des prêtres pédophiles, j'y vois des signaux que nous devons interpréter aussi.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PAS UN MOT SUR L'ISLAMISME...C'EST SURPRENANT.

 Mais dans quel monde vit le Président du CAL ?
A lire cette interview on se croirait replongé au cœur des années cinquante, en pleine guerre scolaire, que dire, en pleine guerre froide entre laïques et catholiques prêt à s'anéantir mutuellement.

The times are achanging chantait déjà Bob Dylan dans les années soixante!

Galand se serait-il trompé de décennie? Excellent orateur, nous l'avons entendu plusieurs fois enfourchant ses éternels dadas: son anticléricalisme viscéral le pousse à dévorer quotidiennement un seigneur Léonard tout cru. Il ne semble pas persuadé, à lire cette interview décalée, qu'il y a d'autre chats à fouetter désormais qu'un évêque ringard démonétisé par le peuple chrétien. Aujourd'hui le père Ringlet -l'anti Léonard- invite les francs maçons en son prieuré ouvert à tous les vents de la pensée.

Aujourd'hui, le péril est ailleurs et ce péril porte un nom. Non ce n'est pas l'islam, accusé de tous les maux. Mais c'est l'islamisme qui en est une perversion comme le gauchisme ou le national socialisme étaient des "gauchissement" du socialisme toujours soucieux de préserver son "visage humain."

On aimerait connaître l'avis de monsieur Laïcité sur les agissement de Sharia4Belgium (que même Di Rupo à condamnés), sur les port du voile dans toutes ses déclinaisons, sur hallalité et bien d'autres sujets connexes qui fâchent les Belges.

Surtout, on aimerait l'entendre sur la défense de l'enseignement officiel face aux velléités de certains à vouloir ouvrir à Anderlecht un lycée musulman (ce qui précisons le n'est pas interdit par la constitution belge). On aimerait connaître son sentiment dans le débat qui fait rage sur le "vrai défi de l'intégration" (cf article de Laporte).

Tout cela nous intéresse infiniment plus que sa feuille de route du président nominee de la Fédération humaniste européenne (FHE) regroupant plus de cinquante associations laïques en Europe.

Un job épatant, nous n'en doutons pas, qui lui permettra de beaucoup voyager et de s'éloigner encore plus des réalités du terrain, de l'hic et du nunc. Comme dit une ancienne chanson: "bon voyage monsieur Dumolet!"

 MG


 LE VRAI DEFI DE L’INTEGRATION
Christian Laporte

Du côté wallon, la pression du MR a amené la ministre Tillieux à l’annoncer :

Promis, juré, il y aura, sous le sapin, un décret wallon et une ordonnance bruxelloise pour inviter les primo-arrivants étrangers à s’intégrer. Du côté wallon, la pression du MR a amené la ministre Tillieux à l’annoncer alors que, cet hiver, elle restait très vague sur une date. Dans la région centrale, les personnes disposant depuis trois ans d’un titre de séjour valable devront aussi s’y soumettre.

Et dire qu’il n’y a pas très longtemps, moult franco-phones parlaient avec mépris de l’"inburgering" flamande, y voyant davantage une arme de combat d’assimilation que d’intégration ! Ah, le danger des clichés, car on la pratique au Nord depuis une époque où la N-VA n’était qu’un parti lilliputien... Cela dit, si le parcours doit être soutenu parce que l’obtention de droits engendre le respect de certains devoirs, l’on invite tous nos décideurs politiques à écouter plus attentivement les vrais experts. Comme Edouard Delruelle, le codirecteur du Centre pour l’égalité des chances, qui rappelait fort opportunément ici même en mars dernier qu’en 1989, les objectifs du Commissariat royal aux immigrés pour réussir l’intégration étaient extrêmement concrets : il fallait mettre le paquet sur l’emploi, le logement et l’enseignement. A l’époque, personne ne parlait du foulard, mais de la nécessité de mettre en place de vraies politiques antidiscriminatoires contre les replis identitaires. Vingt-trois ans plus tard, ces défis restent prioritaires, loin des discussions byzantines sur le caractère obligatoire du parcours d’intégration...


DI RUPO VERHEUGD OVER AANHOUDING FOUAD BELKACEM


Inge Ringoot − Bron: belga.be


 © belga. Premier Elio Di Rupo: "De regering kan niet tolereren dat een minderheid onze democratische waarden manipuleert."
Premier Elio Di Rupo is verheugd over de aanhouding van Fouad Belkacem, de woordvoerder van Sharia4Belgium. "Wie aanzet tot haat en geweld heeft geen plaats in onze samenleving", zei de premier vandaag in de Kamer. "De regering meent dat groeperingen zoals Sharia4Belgium, die aanzetten tot haat en oproepen tot geweld, moeten worden verboden".
Het in totaal onaanvaardbaar dat men in naam van welk geloof dan ook anderen een gedrag wil opdringen
Tien verschillende partijen voelden Di Rupo tijdens het wekelijkse vragenuurtje aan de tand over de radicale groepering. Sinds maandag, na de gebeurtenissen in Molenbeek, lanceerden zowel ministers al partijen het voorstel om Sharia4Belgium te verbieden. Vanmorgen kwam daar dan het nieuws over de aanhouding van Belkacem bovenop.
"De regering kan niet tolereren dat een minderheid, in Molenbeek of waar dan ook, onze democratische waarden manipuleert", reageerde de premier. "Het recht op vrije meningsuiting en het recht om te betogen kunnen niet worden misbruikt als propaganda-instrument voor het aanzetten tot haat en geweld".
Iedereen heeft het recht een geloof aan te hangen. Dat hangt af van de privé-sfeer, ging Di Rupo voort. "Maar het in totaal onaanvaardbaar dat men in naam van welk geloof dan ook, anderen een gedrag wil opdringen". Hij gaf nog mee dat de regering onderzoekt welke rechtsmiddelen kunnen worden gebruikt. Hij zal erover waken dat op de best mogelijke manier met het parlement wordt samengewerkt. De bevoegde Kamercommissie besliste gisteren alvast het heft in handen te nemen en hoorzittingen te agenderen.

VERHOOGDE WAAKZAAMHEID

Di Rupo herinnerde eraan dat de gerechtelijke autoriteiten en de bevoegde diensten al lang samenwerken om groeperingen of personen die "veroordeelbaar gedrag" vertonen, te bestrijden en voor het gerecht te brengen. De aanhouding van Belkacem is daarvan een gevolg, luidde het.

Di Rupo heeft de betrokken diensten ook gevraagd de waakzaamheid te verhogen voor daden waarbij wordt aangezet tot geweld en haat in heel België. Hij maakte ook nog een uitstap naar de sociaal-economische situatie. Hoe meer we er in slagen banen te creëren, hoe meer we gezinnen toelaten waardig te leven, hoe minder groeperingen die intolerantie en geweld prediken een voedingsboden zullen hebben, aldus de premier.

VOORZICHTIG
 
Naast Di Rupo benadrukten nog verschillende andere sprekers dat de praktijken van Sharia4Belgium niet kunnen en dat werk moet worden gemaakt van een verbod. Wel waarschuwde een aantal fracties dat voorzichtig te werk moet worden gegaan en niet in het wilde weg mag worden geslagen.

Vlaams Belang, LDD en N-VA benadrukten vooral dat er al een arsenaal aan regels bestaat en dat de regering vooral werk moet maken van de uitvoering daarvan. Ze hekelden vooral dat in actie wordt geschoten nu een en ander gebeurde in Molenbeek, "in de achtertuin van (PS-burgemeester) Philippe Moureaux".

 
COMMENTAIRE DE DIVERCITY

 UN LECTEUR DU MORGEN ECRIT:
"De boerka staat symbool en is uitdrager van een fundamenteel antidemocratische maatschappijvisie die ervan uitgaat dat men het recht heeft om de normen en waarden van een bepaalde religie boven de bestaande wetten te plaatsen. De verdededigers ervan eigenen zich zelfs het recht toe om wettelijke beslissingen aan hun laars te lappen. Wat is na de boerka de volgende stap?

De waarheid is dat een bepaalde, gelukkig beperkte, bevolkingsgroep het rechtssysteem van onze samenleving ten alle prijze wil destabiliseren. Met het dragen van de boerka zijn ze duidelijk in overtreding. Het volgende dominosteentje hebben we vorige week zien vallen: ze weigeren zich te legitimiseren. Wat is het volgende? Een uitzonderlijke toelating voor de handelwijze van deze personen?"

Aucun commentaire: