dimanche 3 juin 2012

Intégration : pitié, ne ratons pas ce débat !






2 juin 2012

BEATRICE DELVAUX
Peut-on partir des faits ? La Belgique a voté une loi qui interdit « le port de tout vêtement cachant totalement ou de manière partielle le visage ». Le vote à la Chambre a été obtenu par une majorité écrasante de 129 voix pour, une contre et deux abstentions.
Autrement dit : en Belgique, il est interdit de porter le niqab ou la burqa. Même ceux qui trouvent que la loi aurait pu être votée de manière moins précipitée, comme Edouard Delruelle, directeur du Centre pour l’égalité des chances, sont d’avis que ce voile intégral est néfaste, nuit aux droits humains et n’a pas sa place dans la société contemporaine.
Donc lorsque la police l’a interpellée, Nathalie, porteuse du niqab, contrevenait à la loi belge et devait se soumettre au contrôle tel que prévu par la loi de son pays ou du pays qui l’accueille, et devait être verbalisée. A ce stade des informations, la police a fait son travail, en exécution d’une décision prise par le monde politique, au nom de la société belge.
C’est à cela que sert la politique : considérer l’état d’une question, en débattre et prendre les mesures qui s’imposent. Cela vaut pour ce qui touche à l’intégration aussi.
Y a-t-il ou non échec des politiques d’intégration ? La question ne vient pas que d’un parti politique de droite, elle vit dans la population belge depuis des mois. Le débat sur ce sujet, devenu si sensible, si caricaturé et souvent confisqué voire interdit, mérite mieux que d’être expédié lors d’une joute électorale. Les politiques prendront la parole ce week-end. Qu’ils fassent vraiment très attention de ne pas donner le spectacle lamentable des sorties récentes de MM. Moureaux et Reynders. Nous l’avions dit à l’époque : cette problématique mérite mieux que le mépris pour ceux qui posent des questions légitimes, ou les « blagues » de mauvais goût de ceux qui veulent gagner des voix par le poujadisme. Elle mérite aussi que des représentants progressistes des communautés concernées se mouillent pour ne pas laisser toute la place aux extrémistes, style Sharia4Belgium.

Les habitants de Bruxelles en général, mais en particulier les 50 % de jeunes chômeurs, ont besoin qu’on fasse avancer l’intégration en ayant des constats objectifs, en proposant des solutions (le contrat d’intégration ?), en offrant des perspectives économiques. Ils ne sont pas qu’un troupeau d’électeurs à convaincre.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

AGITATEURS

Les plus anciens  de nos lecteurs se souviendront que Nathalie est le nom du guide en jupon que chantait Gilbert Bécaud en souvenir de son passage place Rouge en 1964. Ce n'est donc pas le nom d'une des épouses du prophète ou d'un personnage féminin du coran.  Autrement dit, Nathalie est une convertie et on sait qu'il n'y a pas plus zélé et engagés que celles et ceux qui ont embrassé une cause de fraiche date. L'incident aurai-il été suscité, organisé? Pas forcément mais habilement rattrapé et récupéré par Sharia Belgium qui fait à nouveau parler d'elle.

On ne peut qu'adhérer au commentaire plein de bon sens de Béatrice Delvaux.

Ce qui pour nous ne fait pas le moindre doute c'est que les agitateurs salafistes, cherchent par tous les moyens à faire bouillir la marmite et les médias tombent royalement dans le panneau transformant des non événements comme celui-ci ou " burqa blabla" en tempêtes médiatiques.

Il est dangereux de crier au loup à tort et à travers.

La démocratie a trois ennemis: l'intégrisme fondamentaliste, la démagogie populiste réactionnaire et un certain excès de zèle journalistique qui fait d'une souri  événementielle un éléphant médiatique.

MG

Aucun commentaire: