jeudi 21 juin 2012

Le quartier détermine la réussite scolaire





Stéphanie Bocart. La Libre

Les parcours scolaires diffèrent selon le quartier de vie, a analysé l’Iweps.

Quels paramètres influencent-ils la trajectoire scolaire d’un enfant ? Ils sont de divers ordres : répartition - souvent inégale - de l’offre scolaire, caractéristiques socio-économiques des habitants des communes et libre choix des parents de l’orientation scolaire de leur progéniture.

Le lieu de domicile peut également être un facteur d’influence. Pour la première fois en Communauté française, l’Iweps (Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique), le Service du pilotage du système éducatif et l’Observatoire de l’enseignement supérieur ont réalisé un exercice méthodologique original. A savoir : analyser spatialement, à l’échelle locale des zones d’enseignement de la commune de domicile, les parcours scolaires d’une cohorte de 46 069 élèves entrés en 1re secondaire (commune) en 2004-2005, tous domiciliés à Bruxelles ou en Wallonie (hormis les communes germanophones).

Cette recherche s’est déroulée en deux temps. 1o La cohorte a été décrite en fonction du retard scolaire en 1re secondaire et selon diverses variables (âge, commune de domicile, indice socio-économique du quartier, etc.). 2o La cohorte a été étudiée quatre ans plus tard, en 2008-2009, selon deux indicateurs : le retard acquis (ou pas) en quatre ans et le choix de la section (transition ou qualification).

Notons que cet exercice méthodologique est avant tout une photographie de la situation scolaire d’un groupe défini d’élèves à deux moments donnés et qu’elle n’est donc pas "reproductible" à l’ensemble des élèves de la Communauté française. Néanmoins, constatent les auteurs, "les résultats sont loin d’être aléatoires spatialement". Détails.

1L’ENTREE EN SECONDAIRE. Plus l’indice socio-économique (ISE) d’un quartier est élevé, plus les jeunes qui y vivent achèvent leurs primaires à l’âge attendu (12 ans au plus). A contrario, les enfants qui habitent un quartier à l’ISE plus faible affichent un taux de retard scolaire plus élevé que la moyenne. Ce retard "varie fortement selon les zones d’enseignement", pointent les chercheurs. Ainsi, 25,3 % des élèves domiciliés à Bruxelles terminent leur cursus primaire à 13 ans et plus, tandis que le retard scolaire est le plus faible dans le Luxembourg (12,1 %). Dans les zones de Nivelles, Namur, Huy-Waremme et Liège, la part d’élèves entrant en 1re secondaire "à l’heure" est aussi supérieure à la moyenne. En revanche, la proportion d’élèves qui entrent à 14 ans et plus en 1re année est plus fréquente à Bruxelles, Liège, Verviers, Charleroi-Hainaut Sud et Mons-Centre. Autre constat : en moyenne, 81,3 % des enfants de la cohorte n’ont pas doublé avant d’intégrer la 1re secondaire. Mais, ici aussi, les situations varient d’une zone à l’autre. Dans certaines communes du centre et de l’ouest de Bruxelles, la proportion d’élèves "à l’heure" est inférieure à la moyenne, tout comme dans certaines communes de Liège, Charleroi et La Louvière. Une tendance qui s’observe aussi dans des entités rurales comme à l’ouest de Mons, au sud de la zone de Charleroi-Hainaut Sud et au sud de la zone de Namur.

2QUATRE ANS PLUS TARD Seuls un peu plus de la moitié des élèves (52,3 %) de la cohorte n’ont pas doublé et se retrouvent en 5e secondaire. A nouveau, à peine 40 % des élèves issus des quartiers à ISE plus faible ont accédé à la 5e année sans aucun retard supplémentaire. Mais, une fois encore, les situations varient fortement selon les zones. A Bruxelles, seuls 40,5 % des élèves ont atteint la 5e secondaire sans accumuler de retard, contre 61,1 % dans les zones de Verviers et du Luxembourg, et 58 % à Namur et dans le Hainaut occidental. Les chercheurs ont également relevé le type de section choisi par les élèves : transition ("humanités générales et technologiques") ou qualification ("humanités qualifiantes et professionnelles"). Un peu plus d’un élève sur deux (54,1 %) a ainsi choisi l’enseignement de transition, contre 38,8 % la qualification. Soulignons que 7,1 % des élèves sont "sortis" (abandon des études, réorientation vers l’enseignement de promotion sociale ). Par ailleurs, alors que près de 70 % des jeunes habitant dans des quartiers à ISE élevé sont en section de transition, seuls 40 % des élèves issus des quartiers plus défavorisés ont choisi cette option. En termes de répartition spatiale, le taux le plus élevé de jeunes en section de transition se situe dans la zone de Nivelles (67,1 %) et le plus faible dans la zone de Charleroi-Hainaut Sud (47,9 %). Enfin, près de 40 % des jeunes n’ont accumulé aucun retard et sont toujours dans une section de transition. Par contre, les élèves de qualification "ont majoritairement doublé pendant la période d’observation", indiquent les auteurs. De fait, alors que deux élèves sur trois inscrits en section de transition sont en 5e année, c’est le cas de moins d’un élève sur deux en section de qualification.

3REGROUPEMENT DE COMMUNES. "Les résultats montrent des regroupements de communes , concluent les auteurs, où les parcours des élèves sont spécifiques soit d’une scolarité dans les temps et orientée vers des sections de transition et l’enseignement supérieur, soit de parcours marqués par le retard scolaire et l’orientation vers des sections de qualification et le marché du travail".

Le quartier n'est pas un facteur explicatif.
Il n'est qu'une conséquence d'autres facteurs dont la hiérarchie des causes aurait mérité une étude sérieuse.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

QUE FAIRE?

C'est clair, cet article est une tentative statistique de justifier le décret "Inscriptions". Mais est-il totalement déraisonnable ce décret?
Tout dépend évidemment du point de vue dans lequel on se place.

LE POINT DE VUE DES PARENTS. Un exemple: ce couple de cadres supérieurs laïques ayant adopté un petit Vietnamien et demeurant à Uccle. L'enfant va avoir douze ans et ils désirent le faire inscrire dans un bahut prestigieux de la Ville de Bruxelles.  Refus du chef d'établissement qui s'empresse d'ajouter qu'il y a une solution.

Laquelle? Madame se fait domicilier chez des amis demeurant à un jet de pierre de l'école du premier choix. Sitôt dit, sitôt fait.

Il semblerait que ce procédé soit devenu monnaie courante.

Dont acte.

Autre exemple une maman d'origine marocaine fait le forcing pour faire inscrire son fils dans une école de bonne réputation d'enseignement général de la commune d'Anderlecht. Il va mettre huit ans à terminer "son athénée". C'est un choix auquel rien ne s'oppose, légalement.

Depuis des décennies, Bruxelles connait une situation que l'on peut sans crainte qualifier de marché scolaire. A telle enseigne que plus de trente % du trafic aux heures de pointe est provoqué par des parents qui acheminent leurs rejetons vers l'école de leur choix!

La main invisible, cette loi terrible du marché désigne les bonnes écoles (celles qui sont sélectives à outrance et forcément présentent un bon taux de réussite à l'université) et pointe les écoles de le relégation. Elémentaire mon cher Watson. Résultat dans les communes les plus défavorisées, les quartiers les plus difficiles, 38% des élèves quittent le secondaire sans diplôme et le taux de chômage avoisine les 40%. Nous l'avons dit et écrit  sans relâche.

LE POINT DE VUE DE LA SOCIETE. Le décret cherche à imposer la mixité sociale par la force. On se souvient que dans les années soixante on a tenté, aux Etats Unis de métisser les classes en amenant les élèves noirs par autobus dans des écoles à majorité blanche: le bussing. Quant au ministre flamand de l'éducation, Smet, il entend supprimer les attestations B au premier degré du secondaire. (12 et 13 ans). L'attesation B permet d'évitier un redoublement dans le général en se réorientant dans le technique)

Ces solutions sont assez aléatoires.

Alors que faire?

De la pertinence de la solution proposée par le monde politique dépendra l'avenir de nos société occidentales en déclin. Contentons nous ici de réfléchir à la réalité de terrain bruxelloise.

Il est clair que pour la majorité des élèves issus de l'immigration le grand déficit est d'ordre langagier. Peut-on le corriger? Très difficilement mais ce n'est pas impossible. Première mesure rendre le pré gardiennat obligatoire. Ensuite aligner des enseignants d'élite en primaire ayant reçu une formation adéquate pour assumer une tâche difficile: enseigner la langue française (ou néerlandaise) à des enfants qui ne la parlent pas chez eux.

Cela exige un effort budgétaire considérable. La Communauté française est exsangue; la Communauté flamande en revanche s'attèle hardiment à la question.

Un article récent du Morgen montre que dans les grandes villes 40% des élèves sont issues de familles qui sont en deçà du seuil de pauvreté. "De schoolkeuze van uw kind bepaalt mee zijn toekomst" C'est dire si le problème devient aigu. Une polémique gronde en Flandre en ce moment. Le ministre Pascal Smet est au centre du typhon. (voir article)

MG

40% KANSARME KINDEREN IN HET MIDDELBAAR: EEN PROBLEEM VOOR DE HELE MAATSCHAPPIJ

De schoolkeuze van uw kind bepaalt mee zijn toekomst. Onderwijs is de motor van de samenleving. Alle scholen werden gecontacteerd, alle beschikbare inspectierapporten doorgenomen en alle belangrijke statistieken zijn er.

De cijfers zijn verrassend. Niet het minst die over het aantal kansarme kinderen in het middelbaar onderwijs: een kleine 40 procent. Kansarm is een kind dat aan een van de voorwaarden van het Gelijke-OnderwijsKansenbeleid (GOK) voldoet: er wordt thuis geen Nederlands gesproken, het gezin leeft van een vervangingsinkomen, de moeder heeft geen middelbaar schooldiploma, het kind woont niet langer thuis of de ouders hebben geen vaste stek. Vandaag vallen 166.476 kinderen onder het speciale beleid.

Als maatschappij is dit cijfer een niet te onderschatten alarmbel. Voldoende studies hebben bewezen dat kinderen die opgroeien in een gezin waarvan de ouders niet werken of in armoede leven, zelf sneller in armoede belanden.

Een GOK-leerling staat niet automatisch gelijk aan een leerling met slechte schoolprestaties. Maar dat er wel een correlatie bestaat, tonen de cijfers. Niet zelden betekent veel GOK-kinderen ook veel zittenblijvers. Dat de Vlaamse overheid extra middelen vrijmaakt om scholen met vele GOK-kinderen te ondersteunen, is dan ook maar vanzelfsprekend. Vandaag zijn de scholen vrij over hoe ze deze extra middelen aanwenden. Een goede zaak. Want het ene GOK-publiek is het andere niet en de aanpak moet op maat gebeuren.


Het GOK-statuut wijst op een uitzonderingssituatie. Maar als 40 procent van de leerlingen onder het statuut valt, is die 40 procent dan niet eerder regel aan het worden dan uitzondering? Het middelbaar onderwijs staat voor een grondige hervorming, die nu al zijn voor- en tegenstanders kent. De ene vreest dat de slimste kinderen uit de boot zullen vallen. De andere denkt net het omgekeerde. Een hervorming heeft geen zin zonder een grondige evaluatie van het gelijke-onderwijskansenbeleid. De middelen zijn immers schaars, de nood om ze efficiënt te besteden eens zo groot.

Marc MAES (De Morgen)


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

INVESTIR DANS L' ECOLE PLUTOT QUE DE RENFLOUER LES BANQUES




Kris Vd Auwera enseignant de terrain (en première ligne) témoigne: son travail, dit-il, se rapproche plus de celui d'assistant social:

"Wanneer we alleen energie in de leerlingen steken duurt het nog enkele generaties voor we uit de problemen zijn. . Dit probleem situeert zich dan ook niet alleen in het middelbare onderwijs maar ook in de lagere en kleuterscholen. Ik ben zelf een zij-instromer die nu al een kleine tien jaar voor de klas staat en in die tijd heb ik de situatie alleen maar zien verergeren. . Zelf ben ik meer bezig met opvoeden en sociaal assistent te spelen dan met lesgeven. ECHT NIET OK!"

Un lecteur s'insurge:

"Er is iets grondig mis aan de fundamenten van het Vlaams onderwijs. Ze zou jongeren meer kansen moeten bieden, maar de realiteit is niet altijd fraai te noemen. Omdat men juist aan de beginvoorwaarden veel te weinig investeert, lessen Nederlands voor ouders, een bindend engagement van hen uit. Begeleiding is dringend nodig op een andere schaal en inspelen op de verantwoordelijkheidszin van vele ouders zijn de paden die men moet bewandelen. Wat baten kaars en bril als de uil niet zienen wil?"

Tout se passe comme si une masse de plus en plus grande de parents et d'élèves refusaient, consiemment ou non, de se laisser intégrer via la langue de l'école, via ses valeurs et sa culture. An nom de quoi? Au nom d'une adhésion à un autre ensemble de valeurs: celles de l'islam véhiculées désormais et instrumentalisées par un islamisme de plus en plus virulent et revendicateur.

Ce n'est évidemment qu'une hypothèse et elle est audacieuse.

Pourtant, avec une crise qui va en s'aggravant, la tentation augmente chez beaucoup d'exclus  de s'opposer par le refus à un système de valeurs occidentales fondé sur le matérialisme et l'hyper consommation.

C'est un angle d'attaque du problème à ne pas négliger.

"Onderwijs is de motor van de samenleving."

Miquet et Turtelboom se démènent pour obtenir des crédits supplémentaire pour la sécurité et le justice. Elles interviennent en aval, quand le mal est fait et qu'il faut  sanctionner les délinquents.

Mais que n'intervient-on pas davantage en amont quand les enfants sont petits et avides d'apprendre?  C'est la qu'il faut investir les milliards que l'on est si prompt à injecter dans un système bancaire corrompu, incorrigible et inamendable. Qu'on nationalise les banques et qu'on investisse sans compter pour former des enseignants efficaces pour un enseignement primaire et les pré gardiennats efficaces.

"Il faudra bien un jour trouver un vrai consensus sur ce que sont une école efficace, un enseignant efficace, un chef efficace, sur comment qui mesure cette efficacité, comment on la promeut et comment on la valorise. La Belgique est à la traîne dans tous ces domaines de réflexion. Pourtant cela motiverait les nombreux acteurs qui n’ont pas à rougir de leur travail et permettrait de se débarrasser des autres qui n’ont rien à faire dans un secteur prioritaire. "(Claude Wachtelaer sur son site Prométhée)

Et si la régionalisation de l'enseignement était la solution?

"Comme Bruxellois, je suis convaincu que nous devons assumer les spécificités de notre région. La régionalisation de l’enseignement permettrait sans doute de mieux articuler compétences de l’enseignement, de la formation et de l’emploi. La solidarité francophone ne me paraît pas être une justification suffisante à l’immobilisme.

Quant à l’enseignement pluraliste, les dinosaures dont je suis qui ont connu le lancement du concept dans les années 70 s’étonnent bien souvent de l’oubli dont souffre cette belle idée. Ceux qui critiquent les effets pervers de la multiplication des réseaux semblent souffrir d’une amnésie sélective par rapport à ce qui est pourtant la tentative la plus élaborée de mettre fin aux concurrences stériles. A moins que ceux qui plaident pour la fusion, comme le Pr Deschamps des FUNDP, ne visent en fait que la fusion des réseaux officiels ?" (Claude Wachtelaer sur son site Prométhée)

On le voit, le problème est d'une immense complexité mais d'un degré de priorité majeur si on ne veut pas que "le poisson crève par la tête"

MG

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