jeudi 14 juin 2012

Les Belges n'ont pas le moral

La crise économique sape le moral des Belges francophones, mais pas seulement. Les enfants et les parents sont un grand sujet de préoccupation. Les chômeurs et les femmes semblent également être plus vulnérables face au mal-être.
La RTBF et Le Soir publient les résultats d’une étude réalisée sur le bien-être psychologique des Belges francophones pour le compte de Solidaris Mutualité socialiste. Cette étude a été réalisée entre le 21 avril et le 5 mai 2012 sur un échantillon de 1000 personnes représentatives des Belges francophones de 18 à 75 ans. Les résultats sont plutôt alarmants. Le moral des Belges est clairement en berne et cela s’aggrave depuis 5 ans, selon l’étude.
Trois personnes sur quatre confrontées à l'anxiété, à l’angoisse ou au stress. Si la souffrance est variable pour la plupart des sondés, une personne sur dix affirme souffrir d’un mal-être permanent. Les chômeurs sont près de 4 sur 10 dans ce cas.
De plus, le mal-être est inversement proportionnel au niveau de revenu. Plus le revenu est faible et plus le mal-être est présent. Les plus de 61 ans semblent toutefois plus épargnés que les autres catégories d’âge.
Un Belge sur deux affirme être dans un état dépressif, tandis que les chômeurs sont 22 % à souffrir de dépression.

12 % ONT DEJA PENSE AU SUICIDE, 8 % L'ONT TENTE
12 % des Belges francophones ont déjà pensé à se suicider et les deux tiers d’entre eux ont tenté de passer à l’acte, alors qu’il y a dix ans, on comptait seulement 3 % de tentatives de suicide.
Parmi eux, on retrouve les demandeurs d’emploi, davantage les femmes que les hommes et également davantage parmi les familles monoparentales. Et les jeunes sont très touchés : 18% de tentatives chez les 18-25 ans.

SUJETS DE PREOCCUPATION
Deux sujets préoccupent les Belges : l’économie et ses proches.

Moins d’un Belge sur dix a confiance dans le système économique et financier et dans le monde politique.
Six parents sur dix (surtout parmi les chômeurs et les familles monoparentales) sont vraiment très inquiets pour l’avenir de leurs enfants. Les parents ont peur pour leurs résultats scolaires, mais plus étonnant, trois parents sur dix ont peur que leur enfant ne se suicide.
Ils ne sont pas les seuls à s’inquiéter puisque les enfants se préoccupent également de la santé de leurs parents.
De quatre à cinq personnes sur dix ont peur de perdre leur emploi et de tomber dans la précarité. Cette angoisse touche une femme sur deux.

PEU DE BELGES VONT BIEN
Alors que 42 % des sondés expriment explicitement un besoin d’aide, seuls 15 % vont voir un médecin. Les autres en parlent plutôt à la famille et aux amis.
Seul un Belge francophone sur quatre ne ressent jamais de mal-être et un sur dix exprime un mal-être permanent. Entre ces deux états, les intensités de souffrance psychique sont variables.

"On observe une tendance à l’aggravation de la situation, conclut le docteur Willam Pitchot, expert psychiatre à l'Université de Liège sur le site internet de la RTBF. La santé mentale de la population est mauvaise. La grave et longue crise financière que nous traversons joue manifestement un rôle important dans la détérioration du sentiment de bien-être psychologique. En Belgique, le risque réel de perdre son identité nationale a vraisemblablement favorisé un sentiment d’insécurité et généré une forme de désespoir. Les conséquences sur le plan psychologique, voire psychiatrique, seront sans doute dramatiques. Nous devons nous préparer à assumer une augmentation des demandes de prise en charge des troubles psychiques".

Le Vif.be

COMMENTAIRE DE LECTEUR
Faut dire aussi qu'il n'est que d'ouvrir son poste de télévision : émeutes par-ci, assassinats par là ... guerres, massacres, incendies, attentats, tsunamis, météo qui se déglingue, injustices CRIANTES de la ... "Justice" (voir la dernière en date) ... TOUT y passe !!! Le journal

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

VOUS AVEZ DIT SPIRITUEL?

 "La santé mentale de la population est mauvaise. La grave et longue crise financière que nous traversons joue manifestement un rôle important dans la détérioration du sentiment de bien-être psychologique. En Belgique, le risque réel de perdre son identité nationale a vraisemblablement favorisé un sentiment d’insécurité et généré une forme de désespoir."

Un lecteur écrit: "En l’absence d’un ministre du Bien-être, commençons par améliorer l’accessibilité aux soins psychologiques : il faut davantage de centres de bien-être mental, dans les quartiers ; il faut former les généralistes, trop souvent réduits au rôle de prescripteurs de psychotropes, à la prise en charge psychosociale ; il faut mieux rembourser les consultations de psychothérapie… Le bien-être psychologique n’est pas un luxe. Il est vital. Les gens qui souffrent de dépression ou d’anxiété ne sont ni des faibles ni des simulateurs. Ils méritent d’être soutenus, soignés. La vraie priorité est là." Et aussitôt la ministre de la Santé Laurette Onkelinx, surfant sur la vague médiatique annonce qu'elle planche sur un projet de loi permettant au patient de se rendre plus facilement et plus rapidement auprès d'un psychologue.
En rendant la thérapie moins coûteuse, elle espère amener davantage de personnes à s'allonger sur un divan plutôt qu'à avaler des pilules!

Non, non, non! Trois fois non! la solution est franchement ailleurs. Casser le thermomètre n'a jamais fait tomber la fièvre.
Ca ne sert à rien de guérir le mal être, il faut l'éradiquer en changeant radicalement de vie: éliminer la cause c'est éviter la répétition des conséquences!

Vite dit, moins vite fait.
C'est enfoncer une porte ouverte que de suggérer que l'hyperconsommation fait rarement le bonheur. Et pourtant!
Alors que faire? Changerles finalités, les desseins?

Beaucoup d'Européens en souffrance sont malades du matérialisme ambiant qui envahit tout via les medias y compris dans leur version électronique.

Est-ce si difficile de retourner à l'essentiel: le potager, le vélo, la promenade en pleine nature, la conversation, l'échange? Réflexe bobo, intello, écolo? Possible mais pas vraiment certain.
Il a fallu trois, quatre générations pour arriver à l'impasse dans laquelle on bloque. Le XXème siècle fut celui du matérialisme triomphant. Malraux aurait laissé entendre que le XXIème siècle serait spirituel/mystique ou ne serait pas!

"Je n'ai jamais dit cela bien entendu, car je n'en sais rien. Ce que je dis est plus incertain. Je n'exclus pas la possibilité d'un évènement spirituel à l'échelle planétaire." (...) "Le 21ème siècle sera religieux ou ne sera pas. Formule ridicule. En revanche, je pense réellement que l’humanité du siècle prochain devra trouver quelque part un type exemplaire de l’homme.» (Malraux sur Malraux)
Vous avez dit spirituel? C'est-à-dire impliquant une dimension non matérielle et pas forcément de caractère religieux.
Ceci voudrait-il dire que après des décennies de quête matérialiste et la vaine tentative d'explication rationnelle et cartésienne du monde, l'homme prenant conscience de la vanité des souffrances engendrées par une vision et une réalisation matérialiste du monde, rechercherait une nouvelle dimension, de caractère spirituel?

Spirituel n'est pas nécessairement synonyme de religieux mais forcément antonyme de matériel.
Si le bonheur n'est pas dans l'avoir et l'hyperconsommation, peut être faut-il le rechercher dans l'être? Cela implique un regard neuf sur soi et surtout sur notre relation à l'autre cet inconnu mais cet autre "moi-même".
C'est difficile, très difficile mais tellement plus que la bénéfique que le matérialisme "à front de taureau".
"Ouvrir les yeux sur le mal-être qui accable quotidiennement 2 à 3 millions de citoyens du Royaume, ce serait beaucoup mieux encore.
Là est le véritable défi d’une société du vivre-ensemble."

Le moment est venu, selon nous, de relire Gandhi, Thoreau, Emerson, Tolstoï, Hesse, Rolland, Krisnamurti et leurs innombrables disciples.
Ca vous coûtera quelques euros chez le bouquiniste, au vieux marché ou aux "petits riens". Ce n'est pas remboursé par la mutuelle mais cela fait tellement de bien!

 MG

VITE, UN MINISTRE DU BIEN-ETRE ET DU BONHEUR !

RICARDO GUTIERREZ


Mauvaise nouvelle (une de plus, comme si ça ne suffisait pas)… Le ministre du Bien-être et du Bonheur national n’est toujours pas désigné. A lire les constats plombant du premier thermomètre des Belges, on y aurait pourtant vu une évidente priorité.
Curieusement, personne n’en parle. Ou si peu.
Comme si le mal-être ambiant allait de soi, en somme. Une déprime « normale ». Une asthénie banalisée.

Non. Il n’est pas « normal » que six jeunes sur dix vivent dans la crainte de se retrouver au chômage.
Non. Il n’est pas « normal » que près d’un chômeur sur quatre soit en état pathologique de dépression.
Non. Il n’est pas « normal » que près d’une mère seule sur deux vive dans l’inquiétude de voir ses enfants se suicider.
Non. Il n’est pas « normal » que plus d’une femme sur dix ait tenté de mettre fin à ses jours.

Notre « prise de température » est crue, rêche, dérangeante. Elle aura peut-être la vertu d’ouvrir les yeux des décideurs politiques sur une réalité qu’ils refusent de voir, tant elle traduit les limites de leurs bons offices.
L’autre grande vertu de ce premier « thermomètre des Belges » est de ne pas en rester aux constats.
Des décisions urgentes s’imposent. En l’absence d’un ministre du Bien-être, commençons par améliorer l’accessibilité aux soins psychologiques : il faut davantage de centres de bien-être mental, dans les quartiers ; il faut former les généralistes, trop souvent réduits au rôle de prescripteurs de psychotropes, à la prise en charge psychosociale ; il faut mieux rembourser les consultations de psychothérapie… Le bien-être psychologique n’est pas un luxe. Il est vital. Les gens qui souffrent de dépression ou d’anxiété ne sont ni des faibles ni des simulateurs. Ils méritent d’être soutenus, soignés. La vraie priorité est là.

Gloser sur l’intégration des primo-arrivants, c’est bien. Tout faire pour endiguer le phénomène (ultramarginal, en Europe) des attentats islamistes, c’est bien aussi.
Mais ouvrir les yeux sur le mal-être qui accable quotidiennement 2 à 3 millions de citoyens du Royaume, ce serait beaucoup mieux encore.

Là est le véritable défi d’une société du vivre-ensemble. (Le Soir)


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