vendredi 1 juin 2012

L'intégration à Bruxelles : un « véritable échec » selon Reynders



Didier Reynders se dit prêt à débattre de l'intégration à Bruxelles. Le vice-premier ministre estime par ailleurs ne pas devoir s'excuser pour les propos qu'il a tenu sur Molenbeek.



Le vice-premier ministre MR Didier Reynders, qui sera candidat aux communales à Uccle, a affiché sa disposition à débattre de l'intégration à Bruxelles, un sujet qui, selon lui, constitue un « énorme problème » dans certains endroits, notamment à Molenbeek, et dont les politiques ont mené à « un véritable échec ».

Il y a quelques semaines, Didier Reynders avait suscité la polémique en situant Molenbeek à l'étranger. Réinterrogé mercredi sur Bel RTL à ce propos, le chef de file libéral a répété qu'il n'avait pas à formuler d'excuses à cet égard, tout au plus « des regrets pour la manière dont certaines personnes ont pu être choquées parce qu'on a sorti mes propos de leur contexte ».

« Mais je suis prêt, quand on veut, à avoir un débat sur l'intégration à Molenbeek ou ailleurs » affirme le vice-premier ministre. « Je pense qu'en région bruxelloise, mais pas seulement, il y a un véritable échec d'une politique d'intégration dans un certain nombre d'endroits ». Didier Reynders va même jusqu'à affirmer que des « ghettos » se sont créés.

Il soutient donc qu'il est prêt à débattre sur ce qu'il considère comme un « énorme problème».

« POURQUOI ETRE DENIGRANT?»

L'ex-co présidente d'Ecolo et cheffe de file des Verts à Molenbeek, Sarah Turine, souhaite que le MR avance des propositions concrètes à propos de Molenbeek et, plus généralement, de l'intégration des personnes d'origine étrangère à Bruxelles plutôt que de revenir sempiternellement avec le même discours, a-t-elle expliqué ce mercredi.

«Il est clair qu'on ne peut pas mettre le couvercle et dire que tout va bien mais pourquoi être dénigrant? Le MR a tendance pour le moment à surfer sur cette vague avec beaucoup de facilité, sans avancer des propositions » a-t-elle expliqué. La mandataire écologiste se dit disposée à rediscuter de certaines politiques, qui pour une partie ont été une réussite, comme les contrats de quartier, mais n'ont pas réellement abordé la question du lien social, se limitant souvent à de l'occupationnel sans prendre en compte les aspirations des jeunes de certains quartiers. Il manque d'une identité bruxelloise collective, estime encore Mme Turine, constatant que des jeunes se sentent à l'aise dans leur quartier et mal à l'aise dès qu'ils en sortent et, inversement, que des personnes se sentent mal à l'aise dès qu'elles rentrent dans ces quartiers. « On habite pourtant tous la même ville», a-t-elle ajouté. La conseillère communale s'étonne des déclarations de M. Reynders alors que le MR est associé à la majorité à Molenbeek. « Critique-t-il sa propre formation? », s'est-elle demandé.

GM et Belga



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA DIVERSITE FAIT LA FORCE

Voilà que Didier Reynders enfourche le dada de feu Daniel Ducarme et que le fils du défunt en remet une couche.

C'est quoi s'intégrer pour ces trois bruxellois d'adoption? D'abord le sont-ils eux-mêmes, ces valeureux parachutés wallons?

Pas de doute, la campagne pour les communales est ouverte et on tire au gros sel.

L'intégration? C'est quoi au juste? Pour beaucoup c'est une assimilation qui ne dit pas son nom (c'est ce que dit et pense la N-VA en Flandre)?. A mes yeux c'est un concept dépassé parce qu'erroné. On ne fera jamais d'un Turc, d'une Marocaine, d'un Albanais ou d'une Kosovarde un avatar de Pogge boer buvant de la gueuze, mangeant du boudin et des tartines au fromage blanc et s'exprimant en bruxellois. Au vrai ce n'est pas même souhaitable!

En revanche, il suffit de se promener au parc Josaphat un soir de mai-non ce n'est pas dangereux!- pour voir que la population d'origine étrangère-largement majoritaire- vit paisiblement son quotidien; d'écouter les conversations sur les nombreuses terrasses de cafés qui se sont ouvertes dans le quartier Bertrand-Josaphat pour constater qu'un vrai climat d'interculturalité règne à Schaerbeek.

L'interculturel c'est quand chacun conserve son identité culturelle tout en partageant un socle de valeurs commun (pluralisme, séparation culte et politique, égalité hommes femmes, droits humains...).
On ne demande pas à Didier Reynders de renoncer à sa diction liégeoise mais simplement de comprendre qu'en embouchant la trompette des sarcasmes, il séduit certes l'électeur Ucclois bien dans ses papiers et les exilés du sarkozysme mais il blesse inutilement des centaines de milliers de nouveaux Bruxellois paisibles et bien intentionnés pour la plupart.
MG


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