samedi 30 juin 2012

Un sommet qui a modifié la donne en Europe




 
 

Sans moteur franco-allemand, Berlin subit la pression, Rome et Madrid passent à l'offensive, Paris se place en embuscade.

Sept semaines après l'entrée de François Hollande à l'Élysée, l'Europe rectifie le tir. Mais, comme au football, c'est à l'Italie et à son alliée l'Espagne que revient le mérite d'avoir changé la dynamique du jeu et poussé Angela Merkel dans ses retranchements.

Le changement de ton est manifeste. Après deux années passées à visser les consignes d'austérité, l'Europe veut se donner les ressorts d'un retour à la croissance. Malgré les réticences de Berlin, les pays de la monnaie commune vont aussi donner de l'air à l'Italie et à l'Espagne, asphyxiées par l'envolée des taux d'intérêt. Reste à passer aux actes. L'Allemagne maintient de sérieux garde-fous. Pour la première puissance de l'euro, le desserrement ne veut sûrement pas dire relâchement.

Après avoir parié sur une paralysie au sommet, les marchés ont salué hier l'heureuse surprise. Les taux sur les titres de dette italiens et espagnols ont nettement reculé vendredi matin, en dessous de 6 % pour les premiers et de 7 % pour les seconds. Les Bourses européennes ont décollé.

Pour parvenir à leurs fins, le premier ministre italien Mario Monti et l'Espagnol Mariano Rajoy n'ont pas hésité à prendre brièvement en otage l'ensemble des décisions au sommet - y compris le «pacte» de croissance cher à un François Hollande manifestement complice. Le dégel est venu au petit matin, après une nuit et des «discussions difficiles», aux dires du président du Conseil européen Herman Van Rompuy.

Le rendez-vous de Bruxelles confirme un autre virage: les sommets européens prennent une tournure moins prévisible, avec des complicités changeantes et des alliances à revers. Longtemps réduit au silence par le tandem Merkel-Sarkozy, «le Sud de l'Europe parle aujourd'hui d'une voix assurée», confirme un témoin du huis clos. L'Allemagne semble l'avoir sous-estimé. L'inconfort s'ajoute à l'incertitude. Ce sommet risque de laisser des traces.

Au bout du compte, Rome à obtenu des pays de l'euro qu'ils autorisent le rachat de titres souverains par les deux fonds de sauvetage de l'euro, le FESF et le MES. Le but est de détendre les taux pour les pays qui, comme l'Italie, respectent leurs engagements budgétaires. L'Eurogroupe doit en préciser les conditions au plus tard le 9 juillet.

Madrid a obtenu gain de cause sur deux autres fronts: la recapitalisation directe des banques espagnoles par les fonds de sauvetage et un abandon par le MES de son statut de créancier privilégié. Il aura l'effet pour Madrid de ne pas dissuader les autres investisseurs. Selon l'Eurogroupe, il s'agit de «briser le cycle vicieux» par lequel la dépréciation des titres d'État vient dévaloriser les actifs de banques et accroître la défiance de tous les investisseurs.

Contrairement aux attentes initiales de Mario Monti et Mariano Rajoy, ces avancées ne sont pas d'application immédiate. L'espoir est que les marchés sauront les intégrer dans leurs calculs. Il s'agit d'écarter le scénario de cauchemar qui hantait l'euro à l'approche du sommet: une émission obligataire espagnole qui tourne mal, suivie d'une envolée incontrôlée des taux italiens, d'une ruée des particuliers sur leurs dépôts bancaires et, pour finir, d'une défiance généralisée contre l'euro.

Angela Merkel, soutenue par ses pairs néerlandais et finlandais, a défendu jusqu'au bout le respect de la règle du jeu: pas de desserrement de la contrainte financière sans engagement de discipline budgétaire en contrepartie. (Le Figaro)

DROIT DE VETO DE BERLIN

De fait, pour bénéficier des assouplissements décidés au sommet, l'Italie comme l'Espagne devront se soumettre à des conditions et au feu vert de leurs pairs. Dans tous les cas, les décisions du MES restent soumises à la règle de l'unanimité, ce qui donne un droit de veto à Berlin, explique-t-on de source allemande. «Il n'y a ni changement du traité, ni règle nouvelle, seulement une approche plus équilibrée au cas par cas», insistait la chancelière avant d'aller s'expliquer devant le Bundestag.

Le président Hollande rentre à Paris avec un «pacte de croissance» européen de 120 milliards, promesse électorale tenue et premier succès politique sur la scène européenne. «Je considère que l'Europe a été réorientée comme il convenait», concluait-il vendredi. La reprise économique pourtant ne se décrète pas.

Ce «pacte de croissance» reste un chantier sans garantie de bonne fin. Ce n'est pas non plus un plan de relance. Le chiffre de 120 milliards repose pour 55 milliards sur l'utilisation de fonds européens existants et non dépensés, sans dépenses publiques nouvelles. Et pour 60 milliards sur le pari que la Banque européenne d'investissement saura multiplier par six une mise supplémentaire de 10 milliards par les États actionnaires.

Arithmétiquement, le sommet européen met ainsi l'équivalent de 1 % du PNB de l'UE au service de grands chantiers d'infrastructure et des PME. C'est peu pour neutraliser les effets cumulés de la rigueur et de la récession. Avec les lourdeurs bureaucratiques, le coup de pouce risque aussi de tarder à se concrétiser.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

HOLLANDE MARQUE EN TOUCHE MAIS DOIT TRANSFORMER SON ESSAI

Mine défaite de la chancelière qui a perdu la face (die Kanzlerin hat sich überrumpeln lassen, Bild), numéro de claquettes de Di Rupo sur le parquet européen (pour défendre son "index" contesté) et double penalty réussi de l'Italien et de l'Espagnol. Les bourses sortent du rouge, c'est dire!

C'est la fin de l'hégémonie franco allemande et la seonde mort de Sarko qui laisse un héritage douteux à une droite française en déroute. L'Europe qui se cherche un Roosevelt est repartie du pied gauche avec une entorse au pied droit.

Van Rompuy jubile derrière ses nouvelles lunettes tendance, lui qui ne jure que par les "petits pas"

Eine kehrtwende um 180 grad ist das nicht, da können Spd und Grüne noch so sehr feixen. aber es ist ein handfester Rückschlag, der die deutschen viel geld kosten kann. Kurzum: diese euro-nacht wird angela merkel noch lange in den knochen stecken.

Ce n'est certes pas un virage à 180 degrés , n'en déplaise au Spd et aux verts mais c'est une séreieux revers qui va coôter cher aux Allemands.

Die Welt  qui parle comme De Wever (pas de subsides sans responsabilisation) évoque la nuit des longs couteaux.

"Die Nacht der langen Messer in Brüssel wird in die Geschichte eingehen als die Nacht, in der Deutschland seine Bemühungen weitgehend eingestellt hat, die Problemländer der Euro-Zone zu Reformen zu zwingen. Bundeskanzlerin Angela Merkel hat eine ihrer letzten roten Linien geräumt, die lautete: Kein Geld ohne überprüfbare Gegenleistungen. Italien und Spanien werden in Zukunft Mittel aus den Stabilitätsfonds abrufen können, ohne ihrerseits Strukturreformen versprechen zu müssen."

Bref, le centre de gravité européen s'est déplacé vers le Sud, par l'entremise de François Hollande.

Reste à lui désigner un nouveau Roosevelt.

MG


EUROPE : ET SI ON FAISAIT COMME ROOSEVELT ?

En 1933, Roosevelt lance son New Deal, pour sortir l’Amérique de la plus grave crise financière de son histoire. En 2012, un collectif de personnalités prône pareil pour l’Europe. Leur crédo et l’avis de quatre experts belges.



Franklin Delano Roosevelt© Reuters

Arrivé à la Maison Blanche en 1933, en pleine crise mondiale consécutive au krach de 1929, Franklin Delano Roosevelt entreprend en trois mois plus de réformes que son prédécesseur n’en avait initiées durant tout son mandat ! Réforme des banques et des marchés financiers, relance de l’économie, soutien des plus pauvres et de l’emploi, lancement d’agences d’investissement gouvernementales… C’est le fameux « New Deal », marqué par une politique de relance interventionniste qui s’étale jusqu’en 1938 et reprend au lendemain de la guerre, en 1944. Un programme aussi courageux qu’ambitieux, pas exempt d’erreurs mais qui offrit aux Etats-Unis plusieurs décennies de prospérité sans dette. Un tel sursaut, un groupe de personnalités voudrait le voir se reproduire aujourd’hui en France et en Europe, sous l’impulsion du président François Hollande. Emmenés par l’ancien Premier ministre Michel Rocard, le philosophe Edgar Morin, l’économiste Pierre Larrouturou ou le polémiste Stéphane Hessel, des milliers de signataires lancent un appel aux réformes en profondeur de nos systèmes économiques et financiers, sous le titre « Roosevelt 2012 ». Le contexte économique est comparable à celui de l’époque, estiment-ils, et la crise aussi dramatique. Leurs 15 réformes d’inspiration souvent keynésienne sont adaptées au contexte actuel. Celui d’une économie planétaire, d’une Europe solidaire et d’une crise aux multiples facettes : économique et financière, sociale, écologique, démocratique… (Le Vif)

Sont-elles applicables, réalistes, efficaces ? L’avis de quatre économistes belges de renom, dans Le Vif/L’Express de cette semaine. Mise en bouche, maintenant : Bruno Colmant (UCL, Vlerick), Eric De Keuleneer (Solvay Business School, ULB), Ivan Van de Cloot (Itinera Institute) et Paul De Grauwe (London School of Economics) ont retenu chacun 3 des meilleurs propositions, à leurs yeux, du collectif Roosevelt 2012. En voici une, pour chacun d’eux.

Philippe Berkenbaum

Le détail des 15 réformes est sur www.roosevelt2012.fr

BRUNO COLMANT - PROFESSEUR A LA VLERICK SCHOOL ET A L’UCL

Négocier un autre partage du temps de travail

C’est tout à fait possible, certains pays l’ont fait beaucoup mieux que nous, comme la Hollande : son taux de chômage est quasiment égal à celui de la Belgique, mais plus de gens travaillent. Parce qu’ils ont promu le temps partiel, qui facilite l’entrée des jeunes sur le marché du travail et la mise à l’emploi des plus âgés. Ils étalent mieux la masse de travail dans le temps et entre les gens. On doit revoir aussi la fiscalité des revenus. J’ai toujours plaidé pour une fiscalité beaucoup plus incitative pour les jeunes et pour les plus âgés, pour les stimuler à travailler. Cela implique de mieux répartir la masse de l’impôt vers les travailleurs en milieu de vie, qui gagnent bien leur vie.

ERIC DE KEULENEER - PROFESSEUR A LA SOLVAY BUSINESS SCHOOL (ULB)

Déclarer la guerre au dérèglement climatique

Il faut aller plus loin et introduire de solides taxes carbone frappant les énergies fossiles. Une fiscalité environnementale ne se limite pas à donner des subsides aux panneaux solaires et aux voitures à faibles émissions de CO2, qui coûtent très cher et entraînent des gabegies. Elle doit à la fois décourager l’utilisation des énergies fossiles et encourager celle d’énergies renouvelables d’une façon progressive, naturelle et qui rapporte de l’argent.


IVAN VAN DE CLOOT - ECONOMISTE EN CHEF, ITINERA INSTITUTE

Sécuriser les précaires

L’exemple du Danemark, qui offre à la fois une sécurité et un réel accompagnement pour les personnes au chômage - ce qu’on appelle le « flexicurity » -, implique une action forte pour accompagner les chômeurs vers un nouvel emploi. C’est un des grands enjeux pour la Belgique aussi. Il y a loin chez nous de la théorie à la pratique. Dans bien des cas, on ne peut pas parler d’un vrai accompagnement. Il faut investir dans cette mesure, pour toutes les catégories de chômeurs, également les plus de 50 ans.

PAUL DE GRAUWE - PROFESSEUR A LA LONDON SCHOOL OF ECONOMICS

Redonner de l’oxygène aux Etats en diminuant les taux d’intérêt sur la dette

C’est important, surtout pour les pays que la crise met dans des situations insoutenables et qui pourraient provoquer l’implosion de la zone euro. On peut le faire avec le soutien de la Banque centrale européenne, c’est tout à fait réaliste. La BCE ne le fait pas pour des raisons obscures : il n’y a aucun risque inflatoire dans ces pays. Et l’argument selon lequel un tel soutien les conduirait à diminuer leurs efforts de réduction des déficits et de la dette est fort exagéré : ils font déjà des efforts énormes, à mon sens trop élevés. L’austérité y atteint ses limites.




collectif Roosevelt 2012 : nous avons décidé d’agir





« Chacun de nous peut changer le monde. Même s’il n’a aucun pouvoir, même s’il n’a pas la moindre importance, chacun de nous peut changer le monde » écrivait Václav Havel quelques semaines après la chute du Mur de Berlin.

En 1989, ce sont des femmes et des hommes "sans la moindre importance" qui ont changé le cours de l’Histoire. Vingt ans plus tard, le système néolibéral s’effondre à son tour. C’est à nous, les citoyens, de dire dans quelle société nous voulons vivre. Société d’injustice et de chaos ou société d’équilibre et de convivialité ? A nous de choisir. A nous d’agir.

DIRE L’EXTREME GRAVITE DE LA SITUATION

Il y a déjà plus de 5 millions d'inscrits à Pôle Emploi, des millions de précaires et nul doute hélas que nous allons bientôt replonger en récession.

La crise des subprimes est née aux Etats-Unis et une nouvelle crise est en préparation : la dette totale des Etats-Unis atteint 358 % du PIB. En 2011, alors que la dette publique augmentait de 1.300 milliards, le PIB a augmenté de 260 milliards seulement. Le PIB augmente 5 fois moins vite que la dette ! De plus en plus de dette pour de moins en moins de croissance... La première économie mondiale est comme une voiture, qui a besoin d’un litre d’huile tous les 300 mètres. A tout moment, elle peut casser une bielle et le moteur va exploser. Des coupes budgétaires colossales sont prévues à partir de 2013 qui risquent de faire plonger les USA dans une récession historique.

En Chine, la bulle immobilière a atteint plus du double du maximum atteint par la bulle aux Etats-Unis avant la crise des subprimes. En 2009, pour éviter la récession, le gouvernement a ordonné aux banques d’accepter toutes les demandes de crédit qui leur parvenaient...

1REDONNER DE L'OXYGENE A NOS ÉTATS

> diminuer très fortement les taux d'intérêt sur la vieille dette

Est-il normal que les Etats payent 600 fois plus cher que les Banques privées ? On a appris récemment que la Réserve fédérale américaine a secrètement prêté aux banques en difficulté la somme gigantesque de 1.200 milliards au taux incroyablement bas de 0,01 %.

Au même moment, dans de nombreux pays, les peuples subissent de plein fouet des plans d’austérité car les marchés financiers ne prêtent de l’argent à certains États qu’à des taux de 6, 7 ou 11 %. Asphyxiés par de tels taux d’intérêt, les gouvernements sont poussés à bloquer les retraites, les allocations familiales ou les salaires des fonctionnaires et à couper dans les investissements, ce qui accroît le chômage et va nous faire plonger bientôt dans une récession d’une extrême gravité.

Est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent d’habitude à 1 % auprès des Banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01 % mais que, en cas de crise, les Etats soient obligés, au contraire, de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ?

2 DEGAGER DE NOUVELLES MARGES DE MANŒUVRE FINANCIERES

> créer un impôt européen sur les bénéfices des entreprises

Le taux d’impôt sur les bénéfices des entreprises n’est que de 25 % en moyenne en Europe contre 40 % aux Etats-Unis. C’est le monde à l’envers ! On croyait que les Etats-Unis étaient les plus libéraux mais ils taxent plus que nous les bénéfices des entreprises.

Taux moyen d’impôt sur les bénéfices des entreprises
U.S.A.
40 %
Europe
25 %
Pourquoi l’Europe a-t-elle un taux aussi faible ? Depuis l’adhésion de l’Irlande et de la Grande-Bretagne, en 1973, tous les états européens sont poussés au moins-disant fiscal par les états qui baissent leur impôt sur les bénéfices pour attirer les entreprises. L'Irlande a baissé son taux à 12 % et tous les états membres ont du baisser leur impôt sur les bénéfices… Au niveau européen, le taux moyen d'impôt sur les bénéfices a baissé d'un tiers en vingt ans. Ce moins-disant fiscal est l'une des causes importantes de l’endettement public.

3 METTRE FIN AU SABORDAGE FISCAL NATIONAL

Pour sortir de notre dépendance aux marchés et rééquilibrer nos comptes publics, on peut trouver aussi d’importantes marges de manœuvre au niveau national en annulant une bonne partie des baisses d’impôts octroyées aux grandes entreprises et aux citoyens les plus riches depuis 10 ans.

Le rapport du député UMP Gilles Carrez publié le 5 juillet 2010 montre que si on annulait l’ensemble des baisses d’impôts votées depuis 2000, l’Etat aurait chaque année 100 milliards de plus dans ses caisses. Si nous revenions simplement à la fiscalité qui existait en 2000 (nul ne la jugeait confiscatoire ou sovietiforme), notre déficit se transformerait en excédent !

L'Etat a perdu 100 milliards de recettes fiscales

4 BOYCOTTER LES PARADIS FISCAUX

> utiliser le levier de la commande publique

Un rapport du Parlement européen estime que la fuite vers les paradis fiscaux provoque chaque année un manque à gagner fiscal de l’ordre de 1 à 1,5% du PIB pour chaque État membre. En France, c’est chaque année une perte de 20 à 30 milliards d’euros. Au-delà des beaux discours, aucune action sérieuse n’est engagée aujourd’hui pour les lutter contre les paradis fiscaux.

5 LIMITER AU MAXIMUM LES LICENCIEMENTS

L’Allemagne a connu en 2009 une crise économique deux fois plus grave que notre pays. Pourtant, malgré un choc économique 2 fois plus fort, le chômage a augmenté 6 fois moins en Allemagne qu’en France.

Récession 2009
Evolution du chômage
Allemagne
- 4,6 %
+ 220.000
France
- 2,3 %
+ 1.200.000
Comment expliquer ce « miracle » ? Les syndicats allemands sont allés voir Angela Merkel pour exiger que le licenciement devienne un dernier recours et que la règle générale soit de garder le maximum de salarié(e)s, le maximum de compétences, dans l’entreprise en développant le Kurzarbeit.

6 SECURISER LES PRECAIRES

Dans chacun de nos pays, chaque mois, des dizaines de milliers d’hommes et de femmes arrivent en fin de droit et basculent dans une très grande précarité. Vu la gravité de la crise et le peu d’espoir d’un retour rapide au plein-emploi, il est urgent de prolonger l’indemnisation des chômeurs et d’améliorer leur accompagnement et leur accès à la formation.

7 INTERDIRE AUX BANQUES DE SPECULER AVEC NOTRE ARGENT

> séparer les banques de dépôt et les banques d'affaires

Pour protéger l’épargne des citoyens et ne pas faire courir de risques aux finances publiques ni au financement de l’économie réelle, le principe d’une séparation étanche entre Banques de dépôt et Banques d’affaires vient d’être acté en Grande-Bretagne mais les lobbies ont obtenu que son application soit repoussée à… 2019 ! C’est évidemment beaucoup trop tard. Vu le risque qu’une crise majeure éclate bientôt sur les marchés financiers, il faut mettre en œuvre cette réforme sans tarder pour protéger l’économie réelle.

Pour interdire aux banques de spéculer avec l’argent de M. et Mme Tout-le-monde, il faut séparer les banques de dépôt et les banques d’affaires. C’est une des premières réformes qu’a fait adopter Roosevelt en 1933 en faisant voter le Glass Steagal Act.

8 CREER UNE VRAIE TAXE SUR LES TRANSACTIONS FINANCIERES

Si une telle taxe avait été créée en 2008, même à un taux très faible, elle aurait déjà rapporté entre 250 et 600 milliards. La crise grecque aurait pu être réglée très vite, sans demander d’efforts aux peuples d’Europe. Qu’attendons-nous pour créer enfin cette taxe et rassurer le peuple allemand comme les autres peuples d’Europe en leur disant que c’est la dernière fois qu’on leur a demandé un effort injuste?

Dorénavant, ce sont les marchés financiers qui seront mis à contribution pour abonder le Fonds européen de Stabilité.

9 LUTTER CONTRE LES DELOCALISATIONS

> imposer le respect des normes sociales et environnementales dans le commerce mondial en convoquant un nouveau Sommet de Philadelphie

En 1944, avant de convoquer le sommet de Bretton-Woods qui va reconstruire le système financier international, Roosevelt organisait le sommet de Philadelphie, qui adoptait comme priorité absolue le respect d’un certain nombre de règles sociales : "le travail n’est pas une marchandise. (…) Il n’y aura pas de paix durable sans justice sociale" affirmaient Roosevelt et les autres chefs d’état avant de définir des règles sur les salaires, le temps de travail et le partage entre salaires et dividendes…

Des règles très concrètes à respecter dans chaque pays comme dans le commerce mondial. Avant que les néolibéraux ne les démantèlent, ces règles ont permis 30 ans de prospérité sans dette.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

A STEP IN THE RIGHT DIRECTION








Aucun commentaire: