mardi 31 juillet 2012

Une majorité d'Allemands pensent qu'ils seraient mieux sans l'euro




AFP et La Libre

Le sondage montre également que 71% des Allemands demandent que la Grèce sorte de la zone euro si elle ne tient pas ses promesses d'austérité.

Une majorité des Allemands pensent que leur pays serait en meilleure situation sans l'euro, selon un sondage paru dimanche, alors que le ministre de l'Economie a répété ses doutes sur le maintien de la Grèce dans la zone euro. Selon le sondage Emnid pour l'hebdomadaire Bild am Sonntag, 51% des Allemands pensent que l'économie de la première puissance européenne serait dans une meilleure situation si elle ne faisait pas partie des 17 pays de la zone euro.

Vingt-neuf pour cent pensent que la situation serait pire. Le sondage montre également que 71% des Allemands demandent que la Grèce sorte de la zone euro si elle ne tient pas ses promesses d'austérité. Le ministre allemand de l'Economie Philipp Roesler a de son côté estimé dans un entretien au journal qu'il y avait "des doutes considérables sur le fait que la Grèce tienne ses promesses de réformes".

"La mise en oeuvre (des réformes) est hésitante. Aucune administration fiscale fonctionnelle n'a encore été mise en place. En outre, il n'y a eu pratiquement aucune avancée dans la privatisation des biens publics promise. Si la Grèce ne remplit pas ses obligations, il n'y aura plus d'argent. Le pays sera alors insolvable", a déclaré M. Roesler.

Les bailleurs de fonds (UE, BCE, FMI) sont actuellement en Grèce pour évaluer les progrès du gouvernement dans la conduite de ces réformes. Leur rapport déterminera si la Grèce recevra la prochaine tranche de 31,5 milliards d'euros du programme d'aide nécessaire pour maintenir son économie à flot.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA FIN DU JAMBON

On jurerait entendre De Wever exprimant son mépris de tout ce qui n'est pas flamand. Lui aussi introduirait volontiers le DM en Flandre, pourvu qu'il n'ait pas cours en Wallonie.

Il faut savoir que ces constatations émanent de Bild Zeitung, le tabloïd allemand le moins sérieux et plus vendu, (tirage plus de 4 millions d'exemplaires).

Un internaute fâché ajoute avec à propos: "L'Euro a été sculpté selon leurs désirs quasiment exclusivement... Au grand malheur de la plupart des autres pays... Et maintenant ces messieurs-dames voudraient revenir au Reichsmark sans doute ?"

Un autre en remet une couche, si j'ose dire:

"L'aveuglement mortifère d'une population de "petits vieux" profondément égoïstes et conformistes.
Dans quelques années, ils ne trouveront même plus de garde-malades pour venir leur changer leurs langes "3e âge" à force de racisme primaire : la population allemande a déjà entamé sa propre disparition, faute de renouvellement des générations." Et c'est pareil pour la Flandre!

Autre constatation:  « les exportations allemandes hors UE chuteraient vertigineusement si ils n'avaient pas l'euro»

"De toutes façons, leurs exportations vont chuter, puisque leurs clients sont en faillite."

"Vivement un gouvernement européen digne de ce nom, nous avons déjà un parlement mais seulement devraient pouvoir y siéger des élus de partis ayant présenté des candidats dans tous les pays de l'union, pour éviter un phénomène que nous ne connaissons que trop bien en Belgique."

Ce dernier commentaire rencontre notre analyse. Selon nous, ce qu'on nous prépare c'est une zone euro plus restrictive et plus exclusive qui comprendrait la RFA, la Hollande, les pays scandinaves, le Bénélux mais pas forcément la France.

Il ne serait pas mauvais qu'on prenne un peu de hauteur comme nous y invite Attali avec le dernier post publié sur son blog magistral.

MG


G0

Paru dans L'Express | Publié dans Nouvelle Economie  sous la signature de Jacques Attali

D’une passionnante conférence, réunissant, sans autre but que d’échanger des idées, quelque-part aux Etats-Unis cette semaine, une trentaine de personnes d’une quinzaine de nationalités, je retiens quelques conclusions peut-être utiles à nos débats.

1. Il y a peu d’endroits au monde où l’on puisse ainsi faire venir pour deux jours, sans autre agenda que de réfléchir ensemble, les plus grands patrons et innovateurs de la Silicon Valley, les plus hauts responsables de quelques-uns des plus grands fonds d’investissement mondiaux, quelques-uns des meilleurs économistes du monde anglo-saxon, des chinois professeurs de philosophie et d’économie, des scientifiques du monde entier en neuroscience, genomique, énergie, des medecins, des diplomates d’Afrique et d’Inde, et seulement deux européens, dont une personnalité essentielle de la vie publique allemande. Sans communiqué. sans note, ni document préparatoire.

Et ce qui suit ne sont que quelques unes de mes conclusions personnelles.

2. L’Amérique doute d’elle-même, en ce que ses élites commencent à comprendre que son système politique est aujourd’hui totalement paralysé par l’importance des dépenses électorales, qui mettent l’exécutif et le législatif entièrement entre les mains d’intérêts particuliers et empêchent de prendre toute décision impopulaire, en particulier pour réduire les inégalités, qui vont encore croire.

3. La chine est vue à la fois comme une menace, remplaçant heureusement l’union soviétique disparue, et un modèle envié pour sa capacité à tenir compte du long terme dans ses décisions, ce que les démocraties ne peuvent faire.

4. L’Europe est considérée comme ayant déjà disparue de l’Histoire. PRESQUE PERSONNE NE CROIT QUE LES PAYS EUROPEENS, MEME S’ILS LE VOULAIENT, POURRAIENT ENCORE SAUVER L’EURO. ET BEAUCOUP PENSENT QUE LA DISPARITION DE LA MONNAIE UNIQUE EST UNE QUESTION DE MOIS SINON DE SEMAINES.

5. Pour tous, les principaux progrès à venir, qui sont gigantesques, viendront de la multiplication des réseaux réels et virtuels, de la capacité à maîtriser le stockage de l’énergie, de la capacité à apprendre, et de la possibilité de fabriquer à distance tout objet en 3 dimensions. Ils permettront de se concentrer alors sur le problème principal : comment apprendre mieux et plus vite ? Comment faire surgir une intelligence collective capable de penser plus vite que chacun des individus qui la composent ?

6. Devant ces progrès techniques immenses, les deux principaux défis pour le politique sont : faut-il avoir plus d’enfants, pour éviter d’avoir une société trop vieille, dépendant de trop peu de travailleurs ; ou faut-il au contraire en avoir moins, à un moment ou le progrès technique va faire disparaître un nombre considérable de métiers, sans les remplacer par d’autres.

7. Comment organiser une gouvernance mondiale dans laquelle tout le monde se reconnaisse sans espérer plus qu’une réorganisation de l’organisation des nations unies ?

A lire cela, on peut comprendre que le monde à venir, aux immenses promesses, ne sera dirigé ni par le G8 ni par le G20 ni par un G2 entre la Chine et les États unis, mais plutôt un G0 dans lesquels les pouvoirs appartiendraient aux entreprises, aux médias, aux ONG, aux cartels, dans un chaos dont nul ne peut promettre qu’il ne débouchera pas sur le pire.


Juncker : «La zone euro est prête à agir avec la BCE»

Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe.

Par Jean-Jacques Mevel 

Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe.Crédits photo : GEORGES GOBET/AFP
INTERVIEW - Le président de l'Eurogroupe s'inquiète de voir la zone monétaire prisonnière du débat politique allemand.

LE FIGARO. - Les résolutions du dernier sommet ont fait long feu, l'Espagne et l'Italie frôlent l'asphyxie financière, l'Euro revient dans la tourmente. Vous présiderez l'Eurogroupe jusqu'à la fin de l'année. Cinq mois décisifs?

Jean-Claude JUNCKER. - Les mois qui viennent seront tendus. Nous vivons sous la dictature de la courte vue. Les dirigeants sont poussés à réagir à tout, tout le temps, dans un feu d'artifice qui n'a rien à voir avec l'épaisseur des vraies questions. On ne se donne plus le temps de réfléchir. Moi, je prétends que les marchés se trompent aujourd'hui, comme ils se sont toujours trompés: lourdement. Pendant dix ans, ils ont fait croire que la Grèce se portait financièrement aussi bien que l'Allemagne! La crise donnera raison à ceux qui ont réagi dans le calme et la sérénité, pas à ceux qui ont suivi les hérésies et les bêtises du moment…

Quelles sont les décisions à prendre?

La zone euro en est à ce point où elle doit prouver par tous les moyens sa détermination à garantir la stabilité. Le monde parle de la monnaie commune comme si elle n'en avait plus que pour quelques mois. En Europe, nous n'avons que l'euro! Personne ne doit douter de la volonté collective des dix-sept pays. Personne ne doit penser que la politique est un mot creux.

Cela sauvera-t-il la Grèce?

Ceux qui croient qu'une sortie de la Grèce réglerait le problème se trompent. Ils ne comprennent rien aux causes profondes de la crise. La Grèce doit sûrement améliorer son bulletin de note. Mais personne ne peut ignorer l'énormité du coût d'une exclusion pour le reste de la classe, qu'il s'agisse de l'onde de choc ou du discrédit qui suivra. Tout le reste est de la basse politique.

L'Espagne est aux urgences. L'Eurogroupe a-t-il une solution?

Nous avons déjà traité le problème, vite et bien. L'Espagne consolide ses finances publiques et se réforme, tous les dirigeants européens vous le diront. Notre volonté est maintenant de séparer risque d'État et risque bancaire. Jusqu'à 100 milliards d'euros sont mis de côté pour ramener les banques espagnoles dans des eaux plus tranquilles. La question sera réglée. Nous n'allons pas nous agenouiller devant les faux médecins des marchés. Cela vaut aussi pour l'Italie.

Le trésor espagnol court à l'asphyxie: à 7 %, la charge des intérêts neutralise l'effet des économies budgétaires. Quel est le remède?

Les taux se calment depuis que le président de la BCE, Mario Draghi, a dit, sagement, que tout sera fait pour préserver l'euro. Pour ce qui est d'agir, nous déciderons à l'examen des marchés d'ici à quelques jours. Il n'y a plus de temps à perdre.

Le sommet de l'euro du 29 juin a écrit la prescription: des achats d'obligation d'État par le fonds de sauvetage sur le marché secondaire, en liaison avec la BCE. Est-il vrai que l'Allemagne résiste et que la France s'impatiente?

Je n'ai aucun doute que les décisions prises au sommet seront appliquées. Nous sommes arrivés à un point crucial. Mais il reste à préciser le rythme et la mesure. Nous agirons ensemble avec la BCE, sans toucher à son indépendance. Quand je dis «nous», il s'agit du fonds de sauvetage FESF, c'est-à-dire des dix-sept gouvernements. Je ne veux pas aiguiser l'appétit des marchés, mais comme l'a dit Mario Draghi, cela se traduira par des résultats.

Soulager les taux est une troisième tentative, après les plans grec, irlandais et portugais, puis le renflouement des banques espagnoles. Le traitement change, rien ne s'arrange?

Nous répondons à une contagion. Les investisseurs et les agences de notation devraient cesser de considérer qu'il n'y a qu'une série de problèmes à court terme. Tous les pays de la zone euro sont en train de tailler dans leurs déficits et de consolider leurs finances. C'est exactement ce que les marchés voulaient il y a quelques mois, mais ils l'ont apparemment oublié!

Pourquoi les marchés font-ils davantage confiance à la BCE qu'aux dix-sept gouvernements de l'euro?

La crédibilité de la BCE est sûrement plus élevée que celle de la classe politique européenne. Ce n'est pas le problème de la banque, mais celui des hommes politiques. La BCE est indépendante, elle ne prend pas ses instructions des gouvernements et elle n'a pas à réconcilier leurs points de vue. Si la banque s'exprime et que les marchés réagissent bien, cela me convient à merveille. Et croyez-moi, le président Draghi dit tout haut ce que les chefs de gouvernement pensent tout bas.

L'Espagne paie-t-elle la cacophonie des pays de l'euro?

Après chaque sommet, les présidents, les ministres et les autres adorent fournir des explications de politique intérieure à des décisions qui transcendent les frontières. Du coup, ils finissent par trahir l'esprit européen. C'est souvent stupide et parfois franchement nuisible. Une question parmi d'autres: comment l'Allemagne peut-elle se payer le luxe de faire de la politique intérieure sur le dos de l'euro? Si les seize autres pays en faisaient autant, que resterait-il du projet commun? La zone euro n'est-elle plus qu'une succursale de la République fédérale?

Cela vaut-il aussi pour la France?

En Allemagne, l'opinion s'est répandue que François Hollande serait un président velléitaire et dépensier, un négationniste du redressement en quelque sorte. En France, c'est Angela Merkel qui passe pour une «euro-individualiste». Je les connais bien tous les deux, je leur parle tout le temps. Ces idées simples peuvent frapper en politique intérieure. Mais elles sont fausses.

L'an prochain, Wolfgang Schäuble sera-t-il votre successeur à la tête de l'Eurogroupe?

Le ministre allemand me semble avoir toutes les qualités requises. Il n'est pas le seul, mais il pourrait s'y atteler sans problème. Nous avons besoin d'un vrai ministre européen des Finances, doté d'un pouvoir de veto sur les budgets nationaux…

Et qui contrôlera ce gardien?

C'est un sérieux problème de souveraineté nationale et de responsabilité démocratique. J'ai du mal à m'imaginer l'Assemblée nationale française acceptant sans broncher les oukases d'une officine à Bruxelles. Il faut réfléchir à une vraie procédure de légitimation du chef de l'Eurogroupe. Personne ne connaît la réponse et la question reste en plan.

lundi 30 juillet 2012

le Maroc, Reynders, le parcours d’intégration





par BEATRICE DELVAUX

Première ministre d’origine maghrébine, Fadila Laanan revient sur ses origines marocaines, la polémique lancée par Didier Reynders au Sénat (« Molenbeek, c’est l’étranger ») et le parcours d’intégration : « Les gens qui veulent vivre ici doivent connaître nos règles et nos valeurs ».

LE MAROC, REYNDERS, LE PARCOURS D’INTEGRATION

« Le Maroc, je ne le connais pas bien. Lorsque nous étions petits, nous y allions une fois tous les trois ans, en vacances avec les parents, parce qu’on n’avait pas les moyens d’y aller chaque année. Avec le porte-bagages, les enfants dans la voiture, le confort était « bof ». Mais on était tellement content de partir. Ces vacances-là, on ne passait pas notre temps sur la plage. On dînait chez l’un, on déjeunait l’autre. Ce n’était pas toujours très chouette. Je n’aimais pas non plus la manière dont on nous traitait : la corruption était visible. Quand on arrivait devant le douanier et qu’il disait à mon père « Si tu ne glisses pas un petit billet, je fais démonter tout ton porte-bagages », ça me rendait folle.

J’ai une relation d’amour haine avec ce pays. Les choses ont évolué après qu’Hassan II soit parti. Le souffle d’espoir est arrivé avec les réformes de Mohammed VI. Il y a encore beaucoup de travail mais l’évolution est flagrante. J’ai plus de plaisir à m’y rendre aujourd’hui. »

LE PREMIER MINISTRE MAROCAIN A TOUT DE MEME RECEMMENT IGNORE ANNEMIE TURTELBOOM, LA MINISTRE DE LA JUSTICE QUI LUI RENDAIT VISITE AVEC DIDIER REYNDERS, DES AFFAIRES ETRANGERES ?

« J’ai été choquée, pas tant par le fait que le Premier ministre soit insultant à l’égard d’une de mes collègues que par l’attitude de mon collègue des affaires étrangères qui n’a même pas bougé. Moi, à sa place, je me serais levée, j’aurais claqué la porte. Qu’il n’ait pas réagi pas est insupportable ».

FACILE, NON, DE CHARGER PLUS LE COLLEGUE BELGE MR QUE LE PREMIER MINISTRE MAROCAIN ?

« Mais l’attitude du Premier ministre est tout à fait grossière. Il n’y a aucune excuse. Mais que la réunion se soit poursuive comme si rien ne s’était passé, me révolte. »

QU’AURIEZ VOUS FAIT A LA PLACE D’ANNEMIE TURTELBOOM ?

« Je serais partie. »

COMME EX-MAROCAINE, C’EST PLUS FACILE NON ?

« Mais je m’en moque ! Si un homme ose dire à mon propos – « Ah Monsieur le Ministre, vous ne devez pas venir avec votre traductrice, je comprends très bien le français » – je m’en vais. »

ANNEMIE TURTELBOOM A EU PEUR DE L’INCIDENT DIPLOMATIQUE ?

« De temps en temps, cela vaut la peine de claquer la porte, car il faut se faire respecter. Je ne veux pas faire la leçon à Annemie qui est une victime dans ce cas. J’ai personnellement modifié un programme de visite au Maroc dans les jours qui ont suivi cet incident pour ne pas avoir à rencontrer le Premier ministre ».

QUE PENSEZ VOUS DE LA DECLARATION DE DIDIER REYNDERS – « MOLENBEEK C’EST L’ETRANGER » – AU SENAT ?

« J’adore cette commune et je trouve que, même si on peut faire des reproches aux politiques qui ont été menées et qui n’ont pas toujours bien comprises, ou beaucoup de choses et nombre de ses déclarations parfois interpellantes à Philippe Moureaux (PS), c’est quand même lui qui a mis en place un certain nombre de dispositifs et misé sur la culture dans sa commune. Molenbeek sera Métropole culturelle en 2014. Alors quand j’entends un Reynders dire cela, je suis choquée.

Il quitte Liège où le MR ne pourra jamais évoluer tant son attitude à lui était insupportable, arrogante et insultante, et il arrive à Bruxelles et à Uccle et il se permet de faire la leçon. Mais que connaît-il de Bruxelles ? Qu’il arrête de stigmatiser tout le monde ! Il n’apporte rien au débat.

C’est la même chose pour le débat sur le parcours d’intégration : le MR mène de façon idiote. On se sert d’un fait divers et d’une femme en niqab, pour stigmatiser l’ensemble d’une population, alors que ces parcours ne concernent que les primo arrivants. Je n’ai pas de tabou sur leur obligation. Les personnes qui arrivent sur le territoire et veulent y vivre, doivent se présenter à un bureau d’accueil où on évalue leur connaissance du français, leur potentiel d’intégration, leur profil socio économique : c’est important. Il faut même aller plus loin : cette personne doit pouvoir s’exprimer dans une des langues nationales mais doit aussi connaître nos règles et nos valeurs.

C’est crucial notamment pour les femmes qui arrivent dans le cadre du regroupement familial et sont sous la pression de leur mari, empêchées de sortir, ne pouvant dès lors absolument pas s‘intégrer.

C’est elles en plus qui vont transmettre ces règles à leurs enfants. S’il y a des problèmes de budget pour ces parcours d’intégration, phasons-les et donnons la priorité à leur application dans le cas des regroupements familiaux. »


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MOLENBEEK CAPITALE CULTURELLE?

Un lecteur  rectifie: "Ce n'est pas grâce à Philippe Moureaux que Molenbeek sera capitale culturelle en 2014, c'est nier tout le travail fait en ce sens par Françoise Schepmans, échevine MR de la culture française à Molenbeek."

Cela dit, Molenbeek capitale culturelle? on rêve. Si encore on avait dit capitale interculturelle? Dans ce cas c'est Saint-Gilles qui aurait été nominée.

Franchement et avec toute la bonne volonté du monde, je me demande ce qu'on a pu mettre dans ce dossier.

Cela dit , la première ministre d’origine maghrébine, Fadila Laanan est, on peut le dire une belle incarnation de la dynamique interculturelle et un modèle pour les femmes et les filles de sa communauté.

MG

Tout le pouvoir aux imams ?




lu sur le blog de Henri Goldman

Dans son interview de présentation au journal Le Soir, Zakia Khattabi, la jeune et nouvelle présidente du groupe Écolo au Sénat dénonce : « Dans les années 90, il y eut des émeutes à Forest. Les politiques ont dit aux imams : “Occupez-vous de vos jeunes”. Quelle erreur ! Vingt ans après, ces jeunes ont grandi et la seule identité qu’on leur a assignée est leur appartenance religieuse ! Le boomerang revient… On aurait dû les rendre citoyens en leur disant : “Ce sont vos quartiers, vous en êtes responsables. Développez vos projets. ».

Bien vu Zakia. Mais cette erreur est surtout un incroyable paradoxe. C’est dans cette Belgique francophone tellement férue de « laïcité à la française » et de confinement du religieux dans la sphère privée qu’on s’est retrouvé contraint, chaque fois que l’incendie menaçait dans les quartiers populaires, d’appeler des imams à la rescousse pour jouer au pompier, en les confirmant ainsi comme représentants légitimes de cette population. Inévitable : qui appeler d’autre ? La peur obsessionnelle du « communautarisme » a privé de reconnaissance publique toutes les velléités de créer des associations qui auraient pu organiser les minorités ethnoculturelles sur des bases beaucoup plus larges que la seule religion. Que des personnes d’origine marocaine, turque, congolaise… puissent souhaiter se rassembler pour utiliser leur double culture comme un levier de participation collective, en faisant le lien entre leur histoire singulière et leur avenir qu’ils partageront avec d’autres, n’est-ce pas positif, et donc à encourager ? Si notre société avait pu disposer d’un tel tissu associatif, celui-ci aurait fourni des cadres naturels aux minorités, et il n’aurait pas été nécessaire d’aller chercher des imams, dont la moitié est toujours incapable de s’exprimer en français, comme supplétifs des autorités.

ZAKIA KHATTABI AURAIT PU LE PRECISER : les personnalités politiques qu’elle évoque sont uniquement francophones (et celles-ci donnent évidemment le ton à Bruxelles). Les politiques dites d’intégration sont de compétence communautaire depuis les années 80. Au contraire de son homologue francophone qui s’enfermait dans une sorte de déni des réalités, la Communauté flamande a encouragé l’auto-organisation des minorités ethnoculturelles issues de l’immigration, dont elle commence par reconnaître l’existence de fait [1]. Ainsi, un décret flamand d’avril 1998 relatif aux minorités ethnoculturelles procédait à la « reconnaissance et la prise en compte des associations d’immigrés et de leurs fédérations qui se sont développées ces dernières années. Trop souvent, par le passé, les décisions relatives au statut des immigrés étaient prises par des tiers alors que les principaux intéressés n’étaient pas consultés. Le décret veut rompre avec cette pratique et part du constat qu’une politique en matière de minorités ethniques et culturelles qui se veut efficace se doit d’impliquer de façon active et concertée ces mêmes minorités. » [2].

Sur cette base fut constitué un Forum des minorités pour, nous dit la chercheuse, « assurer la communication avec les groupes cibles et leurs organisations et leur implication dans la politique des minorités. Ce forum sera un interlocuteur du gouvernement flamand. On s’attend à ce que ce forum devienne un lieu de concertation et d’échanges de points de vue sur toutes les matières qui de près ou de loin sont susceptibles d’affecter la position des minorités afin de promouvoir leur intégration dans la société ». Depuis, le Forum s’est développé et a consolidé sa légitimité. Il rassemble 17 membres, dont 13 fédérations de « zelforganisaties » (organisations autonomes issues de minorités ethnoculturelles) qui fédèrent plus de 1500 associations en Flandre et à Bruxelles. On comprend qu’avec une telle représentativité, le Forum apparaisse comme un interlocuteur naturel – qui n’hésite d’ailleurs jamais a intervenir dans le débat public –, et qu’il n’est du coup plus du tout nécessaire de conférer aux imams un supplément de pouvoir symbolique en les convoquant à tout bout de champ.

En Communauté française, tout le monde n’était pas aveugle aux avantages de ce modèle flamand : « La démarche de reconnaissance, loin de soutenir le repli identitaire, FAVORISE AU CONTRAIRE LA FIERTE DE CE QU’ON EST, LE DESIR DE LE FAIRE RECONNAITRE ET DONC L’INTERCULTURALITE. La reconnaissance des minorités permet à chaque membre d’une minorité de s’impliquer comme citoyen à part entière et d’être associé à la vie politique des sous-régions. » Cette affirmation était une des nouveautés du programme Ecolo de 2009 [3]. Sur les matières interculturelles, ce programme était d’une grande audace, prenant des positions de pointe sur des sujets qui, aujourd’hui, refont surface dans la plus grande confusion (comme le « parcours d’intégration » pour les primo-arrivants). Mais, de son propre programme, Écolo fit un usage très parcimonieux, estimant sans doute n’avoir aucun avantage électoral à en tirer. Espérons que la présidente du groupe sénatorial des Verts utilisera sa nouvelle notoriété pour enfoncer le clou. Chiche, Zakia ?

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MAIS CEST BIEN SÛR

dimanche 29 juillet 2012

DEUX BLESSES DANS UNE MANIFESTATION DE CONGOLAIS A BRUXELLES




Le Soir

Environ 335 Congolais se sont rassemblés à Bruxelles, pour manifester contre les violences qui secouent l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Deux manifestants blessés ont été conduits à l’hôpital.

Selon la police de Bruxelles, 335 personnes participaient samedi après-midi à la manifestation, organisée dans la capitale, contre les violences perpétrées dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ils jugent également inadmissible la passivité dont la communauté internationale fait preuve, selon eux, face à ces événements.

La manifestation était partie vers 15h30 de la Place du Trône, avant de rallier l’avenue de Tervueren via la rue Belliard et le parc du Cinquantenaire.

ECHAUFFOUREES DEVANT L’AMBASSADE DU RWANDA

Des échauffourées ont éclaté vers 18h00 devant l’ambassade du Rwanda, avenue de Tervueren à Woluwe-Saint-Pierre.

La police a été contrainte de faire usage de spray au poivre pour disperser des manifestants lançant des pierres. Un autre groupe de manifestants a également tenté de franchir des chevaux de frise, nécessitant là aussi l’intervention des forces de l’ordre.

DEUX MANIFESTANTS BLESSES

Deux manifestants ont été blessés samedi lors des affrontements qui ont eu lieu devant l’ambassade du Rwanda. Un homme a été victime d’une fracture au bras gauche et un second a été blessé à l’épaule gauche.

Ils ont tous les deux été conduits à l’hôpital. Aucun policier n’a été blessé, a indiqué Ilse van de Keere de la police de la zone Bruxelles-Capitale/Ixelles.

Par ailleurs, la police a précisé que deux abribus avaient été détruits, que deux voitures avaient été endommagées et qu’une vitre de l’ambassade d’Ouganda avait été brisée.

« Les derniers manifestants ont rejoint le métro Montgomery vers 21h00 et le calme est revenu. Plusieurs personnes ont été interpellées lors de notre intervention mais il n’y a pas eu d’arrestation », ajoute la porte-parole.

G.M. d’après Belga



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

INTERCULTUREL CONNAIS PAS!

"CE QUI DOMINAIT, C’ETAIT LA HONTE D’ETRE UN HOMME"

En lisant les commentaires de internautes du Soir on se rend vite compte que l'interculturel n'est vraiment pas entré dans les moeurs de nos compatriotes, loin s'en faut. Voyez plutôt:

"La Belgique, quel beau pays quand-même ! Hey negros, laissez-nous faire ou foutez nous la paix, putain ! Compréhension, compassion et tolérance ! Merci Lidju ! Votre lumineux esprit illumine ma soirée !!!

"Si les congolais veulent que les belges retournent au Congo pour géré le pays, qu'ils le disent carrément. Sinon, qu'ils arrêtent de nous interpeler. On en a rien à foutre du Congo, du Rwanda ou autres fonds de jardin."

"Il m'est très difficile de comprendre que la Belgique aide le Congo et que d'autre part nous accueillons des réfugiés politiques congolais. Ou on soutient ce régime ou on ne le soutient pas. Mais les deux à la fois manque de cohérence"

Mais il y a au moins un Belge qui regarde les choses d'un autre  oeil, l'oeil de la compassion, et c'est Guy Verhofstadt:

« LE GENOCIDE DU RWANDA FUT MA REVELATION »





"Oui, suite au drame du Rwanda. A l’époque, Je suis dans la politique, j’essaye de briser cette majorité et ce monopole démocrate-chrétien et socialiste qui représente pour moi cette société corporatiste et sclérosée. On grapille chaque fois 1 ou 2 % aux élections mais je n’arrive pas à gagner mon combat. Je me retire donc de l’avant scène politique. J’entre alors dans cette affaire du Rwanda, d’une manière assez étrange.

Je me rappelle très bien. J’étais à Paris, fasciné par l’affaire Dreyfus

Quand on parle de la politique française, on dit toujours « Ah, l’affaire Dreyfus ! ». C’est le cœur même de la politique française, responsable de toutes les divisions jusqu’à aujourd’hui : elle a fait la gauche, la droite. Encore aujourd’hui, c’est le nœud. Et donc je veux tout savoir de cela. Je collecte tout ce qui existe. Je vais dans les librairies, j’achète des livres sur cette affaire scandaleuse qu’on essaye de mettre sur le dos d’un français parce qu’il est juif. On profère des mensonges à son propos, des documents sont falsifiés. Et la France ne veut pas reconnaître ses erreurs. Il y a le « J’accuse »de Zola : fantastique de lire ses tracts.

Au même moment, dans la presse belge, à la première page du journal « De Morgen » paraît un texte qui dit que les Belges savaient que le génocide du Rwanda était en préparation au Rwanda. Et je me dis : « Voilà ! Dreyfus, cela peut se passer partout, tous les jours, dans chaque Etat moderne. Nous avons aussi notre affaire Dreyfus. »

Deux ans avant, au moment où le génocide se produit, le 6 ou le 7 avril 1994, j’étais dans le bureau de Rabin, le Premier ministre d’Israël. J’avais rendez-vous avec lui comme chef de l’opposition en Belgique. Et Rabin me demande : « Que se passe-t-il au Rwanda ? ». Je lui réponds : « Ce sont des luttes ethniques classiques comme on les connaît en Afrique. » La réponse classique. On avait une vue tout à fait erronée sur ce génocide. On ne savait pas en fait.

Et donc en 1996, dans mon petit bureau du Sénat, je fais venir le rédacteur en chef du « Morgen « Yves Desmet et le journaliste auteur du dossier (Walter De Bock) qui me montrent les documents qui prouvent leurs dires. Et je me dis : « C’est pas sérieux. Cela fait déjà des mois qu’il y a des indications que la Belgique était au courant ! » Cela commence comme cela. Au Sénat, on a créé d’abord une sorte de petit groupe qui a eu l’occasion d’examiner tous les documents. On avait créé une sorte de chambre avec la police militaire devant la porte. J’ai vécu des semaines dans cette pièce et j’ai tout parcouru. A la fin, j’avais 120 pages d’indications.

La chose la plus marquante pour moi pendant ces deux semaines, fut le voyage que je décide de faire au Rwanda, avec l’accord de tous, pour vérifier un certain nombre d’éléments. C’est mon premier déplacement en Afrique. Ce fut le choc. Nous sommes en 1996, tout était encore là. Ce n’était pas le Kigali d’aujourd’hui. C’était affreux (il a les larmes aux yeux). Surtout dans cette église, à 30 kms de Kigali, tous les os, c’est, enfin… inimaginable. Je suis resté complètement bloqué dans cette église, avec l’horreur devant moi.

Ce fut une évidence soudain : lutter contre le mal, c’est la meilleure chose qu’on puisse faire. Au delà de toutes les idéologies, les tendances, les pensées, c’est la lutte contre la haine, l’intolérance, le racisme, la xénophobie, le fanatisme, et tout ce qui conduit à cela, qu’il faut mener. C’est cela qu’il faut faire. Pour moi c’était comme une révélation.

J’ai poursuivi le travail dans la Commission d’enquête, qui a produit un rapport de 1000 pages.

VOUS AVEZ PRONONCE EN 2000 A KIGALI LES EXCUSES DE LA BELGIQUE AU PEUPLE RWANDAIS, EN TANT QUE PREMIER MINISTRE ?

Oui. J’étais choqué il y a deux semaines par l’interview de Mr Swinnen, l’ancien ambassadeur belge au Rwanda au moment des faits, parue dans « De Morgen ». Vous avez lu cette interview ? Vous l’avez bien lue ? Il y a une phrase dedans qui est épouvantable, où il trouve « inapproprié » qu’on ait prononcé les excuses au Rwanda. Et le même jour, il m’envoie une lettre pour m’inviter à aller parler dans un cercle ! Je l’ai jetée, directement. Incroyable ! Incroyable ! Il y a encore maintenant des gens qui disent qu’il était inapproprié de s’excuser ! La Belgique a fait des erreurs capitales là-bas, et surtout l’erreur capitale de convaincre – pour une fois qu’on y réussit – tous les autres au sein du Conseil de sécurité de partir du Rwanda, un retrait qui est à la base de quelques cen-tai-nes-de-milli-iers-de-morts de plus ! Et c’est « inapproprié » ? Stupéfiant !

QU’EST-CE QUE CELA DIT DES HOMMES ? QU’ILS SONT LACHES ?

Ce n’est pas typiquement belge. Voyez nos amis hollandais avec Srebrenica, cela continue aussi. Et notre attitude aujourd’hui envers la Syrie, c’est la même chose. Là non plus, on n’a pas encore appris.

ET DONC DANS CETTE EGLISE AU RWANDA...

Je réalise que lutter contre le mal est la seule chose qui compte. J’ai eu la même impression quelques années plus tard quand je suis allé à Auschwitz mais c’était un peu différent. Au Rwanda, j’étais tout seul, tout seul, au milieu de cette église. Et on savait qu’il y avait eu 800.000 morts en deux mois à peine deux ans plus tôt !

Je me suis dis que l’analyse économique, le marché libre c’est important, mais qu’il existe des choses plus cruciales, qui vont au delà.

ET VOUS AVEZ DONC L’OCCASION COMME PREMIER MINISTRE DE PRONONCER LES EXCUSES AU NOM DE VOTRE PAYS, SUR PLACE ?

C’était le voyage le plus intense que j’aie jamais fait. Ce premier voyage avec les familles des paras. J’ai encore des contacts, quelques fois par an, ils m’envoient des sms, comme ça, en me disant « Ah on vous a lu, là bas, bravo, oui c’est vrai, il faut continuer, etc. »

N’EST-CE PAS LA QUE VOUS CONSTITUEZ ALORS UNE COMMUNAUTE « HUMAINE « QUI TRAVERSE LES CLICHES ?

Tout à fait. Je travaille pour la première fois avec des socialistes. C’est là que j’ai connu Roger Lallemand. Il ne s’agit pas d’une coalition mais d’un vrai travail de fond. Certains ont essayé de politiser ce travail réalisé avec la Commission mais ils n’y sont pas parvenus. Ce rapporte est resté. Et nombre de nos politiques militaires ont été basées ensuite sur les leçons qu’on a tirées là-bas. "(interview donnée à Béatrice Delvaux il y a moins d'un mois.)

Le geste fort de Guy Verhostadt demandant pardon au nom de la Belgique, comme Willy Brandt s'agenouillant face au mémorial des victimes des massacres du ghetto de Varsovie. La différence? C'est que si le geste de Brandt est resté inscrit dans l'inconscient collectif en revanche celui de Verhofstadt est tombé dans l'oubli.



 LA REPENTANCE PRESENTATION

Comment demander pardon pour des actes commis dans un autre temps ?

1) pourquoi l’église se repent des croisades ou l’inquisition ? N’est-ce pas absurde ?

Pourtant quand une communauté fait l’inventaire de son passé il semble juste si elle se félicite de ses hauts faits qu’elle prenne en compte aussi les actions basses :

Ce n’est pas parce qu’elles font tache dans sa mémoire identitaire qu’il faut nier leur présence.

2) Devant les crimes du passé on rencontre deux attitudes opposées

- ceux qui disent que demander pardon met en question les fondements de la communauté. Ils se réfugient dans la bonne conscience en s’aveuglant sur les malheurs des victimes et des vaincus, trouvant des excuses comme ne pas juger une autre époque qui avait d’autre moeurs.

- ceux qui s’adonnent à une auto-accusation ostentatoire et sans vergogne en sacrifiant tout motif de fierté. Souvent même ils se retournent agressivement contre ceux qui ne les suivent pas dans leur auto-flagellation ; c’est le propre de l’hypermoralisme arrogant1

QUELLE SERAIT ALORS LA JUSTE DISTANCE ?

3) question concerne le rapport de l’individu et du collectif

On parle de responsabilité collective mais c’est une métaphore. la morale repose sur la responsabilité individuelle. En quoi chacun peut-il individuellement se sentir concerné ? On peut toujours refuser de se sentir partie prenante pourtant il ne faut pas oublier que les consciences communiquent entre elles jusqu'à former une âme commune

C’est la thèse de K Jaspers sur « la culpabilité allemande. »

Un peuple peut essayer de voir clair en lui-même en réfléchissant à son histoire, et c’est semble-t-il un effort tout différent de celui qui cherche à voir clair en lui seul. Pourtant le premier ne peut s’accomplir qu’à travers le second. Ce qui s’accomplit entre individus dans la communication, lorsque celle-ci est authentique, peut multiplier la prise de conscience chez un grand nombre de gens et prendre alors la portée d’une prise de Cs d’un peuple2

4) question porte sur le degré de responsabilité de chacun

Faut-il suivre la formule de Sartre, sortie de son contexte3« aussi profondément responsable de la guerre que si je l'avais moi‐même déclarée » Si tout le monde est également responsable de tout, personne ne l’est vraiment de rien. On tombe dans l’irresponsabilité de l’anonyme.

Pourtant on ne peut mettre de coté une forme de complicité liée à la masse des actes individuels petits ou grands qui ont contribué par leur acquiescement tacite ou exprès à la culpabilité des membres et des dirigeants de la communauté

La réflexion de G Deleuze sur la honte d’être un homme est éclairante

Il part de la formule de Primo Levi à son retour des camps d’extermination :

Quand j’ai été libéré, ce qui dominait, c’était la honte d’être un homme.

1 Correspond à la mégalomanie de la perfection

2 K Jaspers La culpabilité allemande p 106

3 Ainsi, totalement libre, indiscernable de la période dont j'ai choisi d'être le sens, aussi profondément responsable de la guerre que si je l'avais moi‐même déclarée, ne pouvant rien vivre sans l'intégrer à ma situation, m'y engager tout entier et la marquer de mon sceau, je dois être sans remords ni regrets comme je suis sans excuse, car, dès l'instant de mon surgissement à l'être, je porte le poids du monde à moi tout seul, sans que rien ni personne ne puisse l'alléger". Sartre, L'Être et le Néant, 1943, IVe partie, chap. I, 1943, Éd. Gallimard


LA GENUFLEXION DE VARSOVIE



Un article de Wikipédia

"La tombée à genoux de Varsovie" (Kniefall von Warschau en allemand, la génuflexion de Varsovie) de Willy Brandt eut lieu le 7 décembre 1970 le jour de la signature de l'accord de Varsovie entre la Pologne et la République fédérale d'Allemagne. Willy Brandt tomba à genoux après avoir déposé une couronne devant le mémorial du ghetto juif en mémoire des victimes du nazisme.

Le geste de Brandt fut étonnant, très discuté en Allemagne mais contribua considérablement à son image et à celle de la République fédérale à l'étranger. Il reçut le prix Nobel de la paix en 1971 pour cette action symbolique et plus généralement pour sa participation à l'Ostpolitik. Un sondage du magazine Der Spiegel effectué peu après auprès des Allemands révéla que 48 % des personnes interrogées avaient trouvé la tombée à genoux exagérée, 41 % convenable et 11 % n'avaient pas d'opinion.

CONTEXTE

Lors de ce voyage en décembre 1970, Willy Brandt est le premier chancelier allemand à venir en voyage officiel en Pologne depuis la Deuxième Guerre mondiale. Cette visite est donc un événement, plus de 30 ans après l'invasion du pays par les troupes d'Hitler.

Suite à la chute du régime nazi, en 1945, les frontières de l'Allemagne sont repoussées vers l'Ouest jusqu'à la ligne Oder-Neisse, et la population allemande vivant désormais en terre polonaise est expulsée jusqu'à la nouvelle frontière. La marche forcée fait de nombreuses victimes et crée un grave contentieux entre les deux pays, au point que l'Allemagne fédérale avait toujours refusé de reconnaître ses nouvelles frontières.

Le voyage de Willy Brandt est donc l'occasion, via le traité de Varsovie, de mettre fin à ce contentieux.


Les faits

Cet évènement survint lors de la visite du chancelier Brandt de décembre 1970 dans ce qui était alors la République populaire de Pologne communiste. Brandt se rendit le 7 décembre au monument en l'honneur du soulèvement du ghetto de Varsovie contre les nazis. Après avoir déposé une gerbe, Brandt, de façon très surprenante, et selon toute vraisemblance spontanément, tomba à genoux. Il resta silencieusement dans cette position pendant quelques minutes, entouré par un nombre important de dignitaires et de journalistes.




COMMENTAIRE DE DIVERCITY

"JE PORTE LE POIDS DU MONDE A MOI TOUT SEUL"

"Ainsi, totalement libre, indiscernable de la période dont j'ai choisi d'être le sens, aussi profondément responsable de la guerre que si je l'avais moi‐même déclarée, ne pouvant rien vivre sans l'intégrer à ma situation, m'y engager tout entier et la marquer de mon sceau, je dois être sans remords ni regrets comme je suis sans excuse, car, dès l'instant de mon surgissement à l'être, je porte le poids du monde à moi tout seul, sans que rien ni personne ne puisse l'alléger"  JP Sartre.

 Sans un sursaut éthique l'humanité est foutue!



samedi 28 juillet 2012

Sexisme : Milquet interpellée annonce le dépôt d'un projet de loi





La ministre de l'Intérieur réagit au reportage « Femmes de la rue » sur les agressions verbales à caractère sexiste dans les rues de Bruxelles. Elle déposera à la rentrée un projet de loi visant à défendre les victimes.

Le Soir - Thomas Blairon

Mme Milquet déposera à la rentrée parlementaire, un projet de loi dans le but de définir légalement le concept de sexisme et, surtout, de défendre les victimes.

« Tout en demandant d'éviter les amalgames entre sexisme, précarité et/ou population d'origine étrangère, pour Joëlle Milquet, il ne fait aucun doute que le sexisme est intolérable et doit être combattu de la façon la plus ferme possible. Les remarques et injures sexistes doivent faire l'objet d'une condamnation sévère, qui rompt avec le sentiment d'impunité bien présent actuellement, à Bruxelles comme ailleurs, via notamment les sanctions administratives qui doivent devenir une des priorités de la politique de respect et de lutte contre l'incivilité dans le cadre de la future législation communale », ajoute Mme Milquet.

Il serait pour elle aussi utile par ailleurs de continuer à renforcer l'éducation à l'égalité et au respect pour les jeunes dans les écoles.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES VALEURS DE MOHAMMED

Milquet la sanguine monte au créneau à tout moment, s'énerve, s'agite et...n'obtient rien hormis un brouillard médiatique.

C'est déjà ça: elle se présente aux élections communales d'octobre. Non, on ne légifère pas sur le comportement des hommes et des femmes. Au mieux, on essaye d'éduquer et-malgré une ministre de l'enseignement CDh, le parti de Joëlle-cela ne marche pas fort très fort pourquoi?

Dans un livre majeur, "souffrance psychiques et crise sociale: les passions tristes", Miguel Benasyag et Gérald Schmit apportent un éclairage cru mais interpellant à cette question. Voyez plutôt.

"Depuis les années 70, marquant le début de la crise, deux ou trois générations ont vécu la rupture historique : le changement de signe du futur, le passage du futur-promesse au futur-menace. Les sentiments d'inquiétude et d'anxiété imposés par la crise vont de pair avec la remise en question des adultes." (p.39)

 "De l'autre côté, face aux adultes se trouve le jeune Mohammed. Son cadre référentiel est complètement différent de celui de ses professeurs." en majorité féminins! (p. 42)

"En réalité, le jeune Mohammed est "en phase" avec le monde actuel, beaucoup plus que ne le sont les adultes. Il sait que dans ce monde, le gagnant est celui qui peut écraser l'autre. Celui qui n'a apparemment pas compris le message de l'idéologie dominante, c'est précisément l'adulte qui parle de travail, d'effort, de récompense à la constance...L'adulte ignore-t-il qu'il ne sert à rien de  se sacrifier aujourd'hui qui est pure menace." (p. 43)

"Dans notre société comme dans toutes les autres, l'éducation, la transmission-par des femmes- des valeurs et des principes assurant la continuité d'une culture sont fondées sur la reproduction et la transmission de ses mythes fondateurs. Ainsi, dans la culture occidentale, éduquer signifiait inviter l'autre, le jeune, à s'engager sur un chemin: celui de la promesse, celui qui mène à ce futur qui nous attendait et qui nous permettait de nous sentir parties intégrantes, chacun dans son domaine, d'un projet commun. Comment peut-on désormais éduquer, comment peut-on transmettre et intégrer ces jeunes dans une culture qui a non seulement perdu son fondement central, mais qui a vu celui-ci s'inverser en son contraire, le futur-promesse étant devenu le futur menace?" p. 54.

"Le dealer du coin en décapotable représente la réussite telle que la télé la montre aux jeunes. Beaucoup plus que la prof avec sa petite voiture..." p. 138

"Chers citoyens, l'heure est grave... La barbarie frappe à la porte." p. 180. On croirait entendre Joëlle  

Un des problèmes de l'Europe en ce moment même: trop de valeurs différentes, concurrentes; trop de visions du monde antinomiques sur un même territoire"  par exemple celui de la Belgique voire même celui de la Région Bruxelles capitale.

Partout on se heurte à l'impuissance des dirigeants à proposer un modèle sociétal qui convienne à tous.
L'absence de valeurs communes, et surtout l'existence de trop nombreuses valeurs parfois incompatibles (on sait que  dans beaucoup de mosquées, des imams  douteux et haineux enseignent la misogynie et l'homophobie), au sein d'une même communauté implique tensions, violence, et in fine appelle la création  d'un état fort avec, forcément une privation de liberté. Il y a cependant des solutions. Notamment celle-ci qui est pratiquée en Allemagne: former les imams dans nos universités et leur inculquer les valeurs universelles. DiverCity défend cette thèse depuis des années. C'eût été une belle idée pour les assises de l'interculturalité organisées précisément par Joëlle Milquet et qui promettaient de renverser des montagnes. Elles ont accouché d'une souris. C'est tout Joëlle!

MG

Femmes insultées à Bruxelles : un documentaire crée la polémique





Une jeune femme dénonce le comportement misogyne et choquant de certains hommes lorsqu'elle se promenait dans les rues de la capitale.

Une jeune femme, originaire de Louvain, a habité, pendant deux ans, dans le quartier d'Anneessens, l'un des plus défavorisés de Bruxelles, et où vit une importante communauté maghrébine.

Étudiante en dernière année à la Haute École flamande Rits, elle est l'auteur d'un documentaire, « Femmes de la rue », qui entend dénoncer les injures dont elle a été victime. « Je suis originaire de Louvain, mais je suis venue habiter à Bruxelles, dans le quartier Anneessens, il y a deux ans, pour mes études », raconte-t-elle à « La Capitale » (Sudpresse). « J'ai été surprise de voir que chaque fois que je sortais en rue, j'étais la cible des remarques des hommes. »

Sifflets, remarques déplacées à tendance sexuelle, insultes et provocations ont marqué la jeune femme, qui, depuis, a quitté la capitale belge.

Pourtant, faire un rapprochement entre l'origine ethnique des habitants et leur attitude choquante et misogyne serait évidemment infondé et faux. « Non, personne ne m'a jamais taxé de raciste. Car mon constat porte plus sur la condition sociale des individus que sur leur origine ethnique : s'il y a une forte proportion d'étrangers parmi les garçons qui me font des remarques, c'est parce qu'il y a aussi une forte proportion d'étrangers parmi les populations fragilisées. »

Les autorités communales ont réagi en affirmant qu'elles seraient intransigeantes, et réfléchissaient à davantage punir de tels actes, rappelant l'effort d'éducation nécessaire.

Martin Cangelosi Le Soir


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES DIFFICULTES DU VIVRE ENSEMBLE

Commentaires de lecteurs:

"Voila ce qu'on leur apprend : Sourate IV-38. " Les hommes sont supérieurs aux femmes en raison des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci, et parce que les hommes emploient leurs biens pour doter les femmes. Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises ; elles conservent soigneusement pendant l'absence de leurs maris ce que Dieu a ordonné de conserver intact. Vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre l'inobéissance ; vous les reléguerez dans des lits à part, vous les battrez ; mais aussitôt qu'elles vous obéissent, ne leur cherchez point querelle. Dieu est élevé et grand. " Comment voulez-vous qu'on respecte les femmes après ça ?"

"J'ai vu le même comportement a Liège vis-à-vis des femmes d'origine maghrébine non voilées... Les insultes proférées en arabe, dans des quartiers non défavorises, par des jeunes et des moins jeunes... me semblaient particulièrement outragentes d'après la réaction de stupéfaction de ces demoiselles...".

"J'ai vécu et travaillé longtemps dans les pays du croissant de lune. La remarque de cette dame est la même que celles qui se promènent 'non bâchées' en rue dans leurs propres pays. Je ne continue pas, car je me ferais attaquer de toute part par tous les bobos bien pensants et défenseurs de la pensée unique."

"Pourquoi ce politiquement correct ? Les italiens qui ont immigré en Belgique à l'époque des charbonnages, ont vécu dans la pauvreté, la misère parfois. Il ont étés la cible de la xénophobie. Mais regardez les photos de leurs quartiers en 1960 ! Ils récupéraient les déchets dans les containers pour en faire des oeuvres d'arts et embellir leurs logements. Aucune dégradation, aucun vandalisme, le respect et l'intégration partout. Ici, la condition sociale de ces individus n'est pas la raison de ce comportement. La seule raison de leur comportement c'est l'islam prêché dans leurs mosquées."

On est assez d'accord sur ce dernier point. Ce n'est pas l'islam qui pose problème mais son interprétation restrictive par des imams traditionnalistes et réducteurs. Autrement dit le mislam de certaines mosquées. On ne saurait nier le phénomène ni le minimiser. Il conviendrait de le juguler. Comment. Nous l'avons écrit cent fois, en formant les imams ici, chez nous, dans nos universités et en les certifiant. Plus on attend et plus les tensions s'exacerberont.

Le machisme et l'homophobie des jeunes musulmans désoeuvrés est insupportable et on le sent, la population autochtone, et pas seulement les femmes ne le supportent plus.

Ceci nous promet des matins qui déchantent.

MG



Nationalisme is maar een middel. Waarom Jurgen Ceder zijn plaats had bij de N-VA







Of Jurgen Ceder straks kandidaat is voor de N-VA of niet, maakt niet veel verschil. Want de inzet is volgens MARC REYNEBEAU niet het nationalisme zelf, wel de conservatieve politiek die de N-VA wil voeren. (De Standaard)

Of Jurgen Ceder nu al dan niet op och-here de zesde plaats van de N-VA-lijst in Dilbeek staat, maakt op zichzelf niet zoveel uit. Even anekdotisch is het dat hij die kandidatuur nu opgeeft. Want daarmee is het knelpunt niet van de baan. Dat blijft immers waarom de N-VA het belangrijk vond om een zo prominent voormalig lid van Vlaams Belang, samen met enkele tientallen anderen, politiek onderdak te verlenen. De partij is inmiddels nog niet tot andere inzichten gekomen, want als ze nu openlijk zegt dat de operatie met Ceder niet kan doorgaan, is dat alleen als gevolg van externe druk en de angst voor imagoschade.

Natuurlijk moet niemand voor eeuwig een jeugdzonde worden nagedragen. Natuurlijk kunnen mensen van mening veranderen. Alleen domoren doen dat nooit, terwijl in de hemel meer vreugde is voor één zondaar et cetera. Maar de systematiek waarmee Ceder zijn verleden, dat meer omvat dan enkele jeugdzonden, blijft minimaliseren zonder er afstand van te nemen, toont aan dat van veel ‘voortschrijdend inzicht' toch geen sprake is. Toch kon hij, net als een Karim Van Overmeire in Aalst, met succes een overigens schimmige ‘screening' bij de N-VA doorstaan.

Wat bezielt voorzitter Bart De Wever dan met deze overlopers van Vlaams Belang? Op het eerste gezicht wil de N-VA tegen 2014 incontournable worden en haalt ze daarvoor alle nationalistische hens aan dek. Dan mikt ze in de eerste plaats op het ‘onnuttig' gebleven reservoir van Vlaams Belang, al moet het inmiddels al haast geheel opgepeuzelde LDD daarbij niet worden vergeten, in 2009 nog goed voor 7,6 procent van de stemmen.

NIET ÉÉN EN ONVERDEELD

Die strategie past bij een oud zeer in de Vlaamse Beweging: haar ideologische verdeeldheid. Want nationalisme is niet echt een ideologie, of in alle geval slechts een onvolledige. Het streeft naar een maximale politieke autonomie van de ‘natie', maar zegt niets over hoe die natie intern moet worden georganiseerd en bestuurd. Dat kan ideologisch net zo goed links als rechts worden ingevuld, of pluralistisch, zoals het geval was bij wijlen de Volksunie. Dat is ook de gedachte achter de IJzerbedevaartterm ‘godsvrede': ideologische verschillen opzijzetten om, over de partijgrenzen heen, samen specifieke Vlaamse doelstellingen te realiseren.

Al was dat laatste historisch niet altijd het geval. Na de Eerste Wereldoorlog rangeerde de aanvankelijk pluralistische Frontpartij, naarmate ze aan belang won, haar linkervleugel uit. Dat was zeker zo toen het VNV in zijn electorale opgang van de jaren dertig koos voor een regelrecht fascistische koers. Toen het zich in 1978-79 van de Volksunie afscheurde, koos het Vlaams Blok ook al voor een extreemrechtse en zelfs racistische koers.

Eind 2003 zei De Wever daarover: ‘Het was ooit de charme van de VU dat ze maatschappelijk gemengd, “onzuiver” was. Nu bestaat die perceptie niet meer en word je al snel in de rechtse hoek gedrukt. Het is griezelig hoe men aanstuurt op een herhaling van wat in de jaren dertig is gebeurd.' Daarmee bedoelde hij de pogingen van het toenmalige Blok om N-VA'ers in te halen, een operatie waarin wijlen Marie-Rose Morel centraal stond.

De Wever voegde daar nog aan toe: ‘het is niet omdat je voor de rechterzijde kiest, dat je daarom buiten de democratische consensus wilt staan. Ik kan u verzekeren dat de reserves bij de N-VA tegenover het Vlaams Blok zéér groot zijn.' Daarin toonde De Wever zich altijd rechtlijnig: het nationalisme is voor hem slechts een middel, en wel om bij ideologisch rechts stemmen te verzamelen voor een uitgesproken conservatief en neoliberaal, maar wel democratisch programma. In die redenering kan alleen de Vlaamse onafhankelijkheid – wat het streefdoel van de N-VA blijft – de context creëren om die conservatieve ideologie in de praktijk te brengen.

Dat leidde in de catacombentijd van de jonge N-VA nog tot de groeipijnen, zoals toen de zelfverklaarde sociaaldemocraat Eric Defoort een tijdlang de partij verliet omdat ze, zoals deze krant toen stelde, ‘te veel de werkgeversorganisaties achterna liep' en het contact met de vakbonden weigerde. De N-VA streefde inderdaad nooit naar een ‘godsvrede' of een band met linkse flaminganten.

RECHTS EN POLARISEREND

Een ruime Vlaamse zelfstandigheid is vandaag trouwens amper nog een onderwerp van discussie. Alle Vlaamse partijen, ook SP.A en Groen, beroepen zich uitsluitend nog op een Vlaamse politieke polis. Het verschil met de nationalisten is alleen nog een kwestie van gradaties. Ook dat is de context waarin de N-VA zich als een rechtse partij profileert. Ze ziet daar in een Vlaamse ‘grondstroom' een democratisch draagvlak voor.

De Wever koos daarbij voor een directe polarisering. Hij deed dat openlijk toen hij begin juli vorig jaar de nota van toenmalig formateur Elio Di Rupo afwees, waarvan hij het centristische sociaaleconomische luik zo mogelijk nog harder aan spaanders hakte dan het communautaire gedeelte ervan.

Sindsdien heet het uitentreuren dat Di Rupo, samen met zijn Vlaamse partners, een ‘PS-belastingregering' leidt. Zij zou er alleen op uit zijn om de hardwerkende Vlaamse tweeverdiener geld uit de zakken te kloppen om een dubieus sociaal apparaat in stand te houden dat alleen het profitariaat aanmoedigt.

Dat neoliberale denken, dat economische vrijheid koppelt aan sociale discipline en controle, is Vlaams Belang nooit vreemd geweest. Het verschil is vooral dat het binnen de N-VA in een democratische partij kan voortbloeien. En een gemarginaliseerd Belang kan het Vlaamse nationalisme niet langer besmetten met zijn xenofobe ranzigheid. Zoals voorts elke extra stem natuurlijk welkom blijft.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE NATIONALISME EST UN MOYEN; LE DESSEIN DE LA N VA: DEVENIR UN PUISSANT PARTI CONSERVATEUR

En somme De Wever reprend à son compte la stratégie électorale de Nicolas Sarkozy: conquérir l'électorat d'extrême-droite pour vaincre le courant progressiste, en l'occurence Spa, Groen mais aussi Cd&V et Vld en Flandre et le dragon rouge de Wallonie, son ennemi absolu: Elio di Rupo: "België ontstrikken". (débarasser le pays de l'homme au papillon)  "Want nationalisme is niet echt een ideologie, of in alle geval slechts een onvolledige. Het streeft naar een maximale politieke autonomie van de ‘natie', maar zegt niets over hoe die natie intern moet worden georganiseerd en bestuurd." Le nationalisme n'est qu'un moyen, ce n'est pas une idéologie qui nous dirait comment gouverner une  Flandre devenue indépendante.

 (...) "Het nationalisme is voor hem slechts een middel, en wel om bij ideologisch rechts stemmen te verzamelen voor een uitgesproken conservatief en neoliberaal, maar wel democratisch programma. In die redenering kan alleen de Vlaamse onafhankelijkheid – wat het streefdoel van de N-VA blijft – de context creëren om die conservatieve ideologie in de praktijk te brengen."

Le grand dessein c'est d'instaurer en Flandre  ce conservatisme "néo libéral" (style tea parties) qui plaît tellement  à l'électorat flamand  ulcéré par la politique social-démocrate du gouvernement Di Rupo, ressenti comme comme le principal responsable de la chape d'impôts qui pèse sur la classe moyenne flamande profondément poujadiste. De Wever rêve de conquérir la place occupée autrefois par le grand parti populaire CVP. Ce fut longtemps la stratégie payante de Guy Verhostadt avant que le Vld du fils De Croo ne rétrécisse comme peau de chagrin.

Pour y arriver, il est persuadé qu'il doit se situer quelque part entre la droite et la droite extrême , sur le fil du rasoir. "Dat neoliberale denken, dat economische vrijheid koppelt aan sociale discipline en controle, is Vlaams Belang nooit vreemd geweest. Het verschil is vooral dat het binnen de N-VA in een democratische partij kan voortbloeien."

Entre l'ancienne N-VA (qui se métamorphose en  nouvelle N-VB) et le Vlaams Belang il n'y a qu'un vernis de respectabilité démocratique. Gageons qu'au train où vont les choses, il se craquellera très vite.

On verra alors ce que veut vraiment la Flandre hostile à une Wallonie socialiste et à un Bruxelles saturé d'immigrés.

MG



vendredi 27 juillet 2012

Lot : le centre musulman sera flamand et intégré




Christian Laporte

L’implantation d’un centre culturel musulman dans la périphérie bruxelloise est un test intéressant pour l’intégration.

Dans la périphérie bruxelloise, le Vlaams Belang vend aussi ses idées racistes lorsque la situation communautaire locale ne se prête pas à la musculation linguistique. C’est, notamment, le cas dans la commune de Beersel, où, depuis un quart de siècle, le bourgmestre Hugo Casaer a réussi à apaiser les esprits en misant largement sur la carte européenne. On comprend dès lors que l’extrême droite flamande ait sauté très vite sur le projet de création et d’implantation, à Lot, d’un centre culturel musulman, à l’initiative du CICVB, en l’occurrence le "Cultureel en islamitisch centrum voor Vlaams Brabant".

D’autant plus qu’ils étaient tombés sur un dépliant qui l’évoquait, horresco referens, en français et en arabe. Les Belangers demandaient même la convocation d’un conseil communal extraordinaire pour bloquer l’initiative derrière laquelle ils voyaient - forcément - des mains extrémistes. Le VB a en tout cas créé une certaine peur puisque diverses associations, notamment environnementales, ont déploré que les autorités locales se claquemurent dans un surprenant mutisme.

La majorité composée du CD&V, du SP.A, de Groen ! et de la N-VA est cependant montée au créneau mercredi. Le bourgmestre et les quatre présidents des partis de la majorité ont annoncé qu’avant de prendre position, il fallait à tout le moins consulter les initiateurs du projet.

Ce qui a finalement été fait. "Il était trop facile de tomber dans des préjugés, sans savoir de quoi il sera question" explique le bourgmestre. Et la majorité a fort bien fait, semble-t-il, puisqu’on est loin de ce qui avait été annoncé par l’extrême droite.

"Tout d’abord, il s’agira d’un projet à petite échelle qui est porté par des citoyens de Beersel. Ce sont des immigrés de la deuxième et de la troisième générations qui parlent un néerlandais convenable. Mieux, leurs enfants sont scolarisés en néerlandais aussi. En fait, l’idée est de créer un espace de rencontre pour la communauté musulmane beerseloise." Ce n’est sans doute pas un hasard si celle-ci se trouve, notamment, du côté de la partie la plus industrielle de l’entité, en l’occurrence Lot, qui jouxte le canal Bruxelles-Charleroi.

Hugo Casaer tient aussi à préciser que ce ne sera pas une mosquée et qu’il n’y aura donc pas d’imam. "Les promoteurs du projet veulent permettre aux musulmans pratiquants de suivre les prescrits religieux sans devoir pour autant se rendre à Bruxelles où il n’y a que des institutions francophones pour les accueillir".

Et de préciser qu’à Lot, les deux seules langues de rigueur seront le néerlandais et l’arabe. "Cela aura un autre avantage qui nous a séduits : le centre pourrait aussi organiser des cours de langue, notamment de néerlandais et d’arabe, et créer une école de devoirs pour piloter les plus jeunes vers leur intégration définitive. En cela, la commune se retrouve aussi totalement puisque ces idées rejoignent notre parcours d’intégration communal. Et il n’y a pas de danger qu’il y ait un effet aspirateur d’immigrés bruxellois puisque les initiateurs nous ont bien confirmé que ce serait un projet beerselois par et pour des Beerselois".

Le bourgmestre se veut enfin apaisant pour les obsédés du linguistique : "les communications se feront exclusivement en néerlandais et toutes les inscriptions extérieures seront uniquement rédigées dans la langue de la région. Car le futur centre veut vraiment jeter des ponts entre les musulmans locaux et l’ensemble de la population locale".

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES EXTREMISTES PARLENT AUX EXTREMISTES

Un lecteur lettré commente: "Dire, comme le fait M. Laporte, que l'installation d'un centre musulman est " un test intéressant pour l'intégration " est une énormité car il n'y a pas pire obstacle a une ( vraie ) intégration que la pratique d'une religion dont les fondements essentiels sont le contraire de nos valeurs démocratiques. A moins que cela ne soit ce que voulait dire M. Laporte ?"

Quelle caricature de la religion! Le drame c'est que ladite religion se présente plus couramment sous sa forme caricaturale, islamiste, salafiste que sous sa forme la plus élevée: islam des lumières, de l'ouverture et de la tolérance. Les musulmans les plus critiques, les plus engagés, les plus érudits que j'aie rencontrés sont d'une tout autre farine. L'un d'eux s'est fait traiter de "peu représentatif" par une haute autorité politique bruxelloise qui à l'évidence donne la préférence à l'islam communautariste facile à fidéliser dans un rapport de clientélisme, autrement dit d'asservissement.

Les extrémistes musulmans donnent le ton et ils  parlent aux extrémistes nationalistes, leurs alliés stratégiques.


"... parlent un néerlandais convenable ...", "... deux seules langues de rigueur seront le néerlandais et l’arabe...", "...pas de danger qu’il y ait un effet aspirateur d’immigrés bruxellois...". La tolérance venant de Vlaanderen a comme un goût de je ne sais quoi ..."

En effet,  ce dernier commentaire est d'une rare pertinence. De même qu'on disait aux States au 19 ème siècle qu'un bon indien était un indien mort (général Philip Henry Sheridan) , on a tendance à penser en Flandre qu'un bon immigré est un immigré qui parle flamand (non nous ne disons plus néerlandais, à dessein). Donc il s'agit surtout de " permettre aux musulmans pratiquants de suivre les prescrits religieux sans devoir pour autant se rendre à Bruxelles où il n’y a que des institutions francophones pour les accueillir".

On ne peut pas dire et on ne dira pas que Christian Laporte soit un extrémiste. Comme Béatrice Delvaux du Soir, il prône avec beaucoup de talent et un bel engagement un rapprochement entre flamands et francophones par une meilleure connaissance mutuelle. L'intention est louable, admirable même. Mais voilà: elle ne prêche que les convaincus. En attendant le climat se détériore et il suffit de tendre l'oreille pour écouter les conversations sur les terrasses de Bruxelles, de Namur, de Mons ou de Louvain pour mesurer le niveau d'exaspération qui domine parmi les belgo-belges à savoir Flamands, Wallons et Bruxellois. Cela n'augure rien de bon.

MG




jeudi 26 juillet 2012

La cousine d'Emir Kir francophone et voilée sur une liste N-VA ?

 

La cousine du secrétaire d'Etat bruxellois Emir Kir (PS), Canan Kir, pourrait figurer sur la liste N-VA pour les élections communales à Saint-Josse, indique le site Brusselsnieuws.be.

La composition de la liste ne sera arrêtée que dans les prochaines semaines, a expliqué le président de la section locale des nationalistes flamands et candidat tête de liste, Lieven Tack à l'Agence Belga. "Canan Kir est une jeune femme motivée, d'origine turque, qui sait et voit bien ce qui peut aller mieux à Saint-Josse dirigée depuis des décennies par le PS. Elle est francophone mais est prête à apprendre le néerlandais. Elle a d'ailleurs commencé", a-t-il ajouté.

La commune de Saint-Josse est dirigée par Jean Demannez (PS). Lors des dernières élections, Emir Kir y avait toutefois recueilli plus de voix que le bourgmestre. Il pourrait lui succéder.

(belga)

 
COMMENTAIRE DE DIVERCITY

VOTE COMMUNAUTARISTE

Un lecteur commente avec malice et lucidité:

"Et voilà l'exemple parfait de ce que sera le vote communautariste et ethnique futur à Bruxelles ! Les voix qu'elle remportera ne seront non pas un vote politique, ni un vote de flamands contre francophones mais un vote des Turcs pour une Turque . Beau pied-de-nez de De Wever qui montre que l'immigration déterminera bientôt les votes à Bruxelles et que le FDF et la querelle francophone néerlandophone seront réduits à une anecdote par rapport au vote des immigrés musulmans contre celui des Belges de souche démocrates pour s'emparer du pouvoir à Bruxelles."

Il n'y a pas plus nationalistes que les Turcs. Cela se vérifie lors des Coupes du Monde par des marées de drapeaux rouges frappés d'un croissant blanc dans les rues de la capitale belge, européenne et flamande.

Après les Michel, De Croo, Tobback père et fils, les frère Van Rompuy et Happart, les Payfa, mère et fille, voici les Kir, cousins à la mode de Turquie. De nombreux Turcs de Saint Josse très "néerlandophiles" inscrivant leurs enfants dans des écoles flamandes lui donneront leur vote. Il se murmure dans les cafés turcs de Saint-Josse que les directives de l'ambassade sont claires: voter turc, quelle que soit la liste sur laquelle se présentent les candidats.

On imagine une coalition dans laquelle figureraient les cousins: une alliance contre nature Ps-N-VA.

Le voilà le pied de Nez de Bart. "Canan Kir est une jeune femme motivée, d'origine turque, qui sait et voit bien ce qui peut aller mieux à Saint-Josse dirigée depuis des décennies par le PS. Elle est francophone mais est prête à apprendre le néerlandais. Elle a d'ailleurs commencé", a précisé Lieven Tack, tête de liste N-VA. Tack? Un nom prédestiné!

Âgée de 30 ans, Canan Kir expliqué à la Capitale qu’elle avait choisi le parti nationaliste flamand pour qu’il y ait des changements dans sa commune de Saint-Josse. “ Le parti socialiste ne fait pas grand-chose, notamment pour la sécurité de ses habitants. En revanche, la N-VA a de bonnes idées ”.

“ J’ai eu des pressions, les socialistes ont essayé de me décourager d’aller chez la N-VA ”, nous avait-elle confié.

“ C’est exact ”, indiquait il y a peu Lieven Tack, tête de liste N-VA à Saint-Josse. “ Elle m’a raconté avoir eu des pressions et c’est pour cela qu’elle a hésité très longtemps. Mais c’est une bonne recrue si jamais elle confirme sa présence sur notre liste. ”

Demain Saint-Josse sera sans doute dirigée par le clan Kir, Molenbeek sans doute par un autre clan et d'autres communes suivront. Et on franchira des frontières ethniques, nationalistes en passant d'une commune à l'autre. C'est, selon nous, l'exact contraire de l'interculturel et cela conduit tout droit au choc des ethnies.

MG




D1 : il y a plus de footballeurs étrangers que de Belges


PATRICIA LABAR

Le championnat de football qui reprend ce week-end bat un record. Il y a actuellement 217 joueurs avec un passeport étranger pour 216 qui ont la nationalité belge.



Jérémy Perbet © Le Soir (Roger Milutin)

C'est Anderlecht qui compte le plus de joueurs non-belges dans son noyau,révèle le Niewsblad qui sort un dossier complet ce mercredi. Soit 23 joueurs étrangers représentant 64 % du noyau mauve et blanc.

À Charleroi, il y a 16 joueurs étrangers mais cela équivaut à 67 % du noyau carolo.

OHL Louvain et le Cercle de Bruges ne comptent respectivement que 4 et 6 joueurs étrangers.

C'est la nationalité française qui est la plus représentée avec ses 35 joueurs, soit 11 de plus que la saison dernière.

Faut-il y voir un effet Jérémy Perbet ?

 
COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES MERCENAIRES DU FOOT

Qu'est-ce à dire? Que pour briller sur les stades il faut des qualités de caractère qui visiblement font défaut aux autochtones puisqu'ils faut faire appel en masse à des étrangers. Il s'agit là d'un très bel exemple d'immigration sélective et non pas passive comme appelle désormais avec mépris Bart De Wever celles et ceux qui viennent se réfugier chez nous pour raison économique.

Ce n'est pas le moindre paradoxe de constater la présence de vedettes étrangères sur des stades dont le public pratique volontiers une xénophobie au raz des pelouses.

On est prêt à payer cher, très cher des mercenaires sportifs pour qu'ils assurent un spectacle de qualité à nos populations abruties par l'hyperconsommation, le stress de la peur du lendemain et des loisirs au rabais.(programmes TV débiles, bac de jupiler, motos, bistro, libido). Clairement ce sont là des signes indéniables de décadence. Panis et circences!


Il faut bien voir également que le foot est le meilleur amplificateur de nationalisme. Il suffit de voir lors de l'Euro ou du Mondial avec quel passion les supporters enragés portent les couleurs de l'équipe nationale qui vient de remporter un match important.


Il est piquant de constater que le sélectionneur français a songé à solliciter le Français Jérémie Perbet pour renforcer l'équipe de France. Perbet, mercenaire bien payé en Belgique a refusé poliment.


JEREMY PERBET NE CROIT PAS A L'EURO: «LE PROBLEME, C'EST QUE J'AI DEJA RESERVE MES VACANCES, ET QUE JE N'AI PAS PRIS D'ASSURANCE»

INTERVIEW - Meilleur buteur du championnat belge avec Mons, le Français a été cité comme une surprise possible par Laurent Blanc lui-même pour sa pré-liste des joueurs de l'étranger...

 
«Après tout, je pourrai prendre le meilleur buteur français du championnat belge, Jérémy Perbet». Laurent Blanc n’y croit sans doute pas lui-même. Mais c’est bien le nom de l’attaquant du RAEC Mons qu’il a donné dans une interview à L’Equipe quand il lui a été demandé si il prévoyait une surprise du type Chimbonda, dans la liste des joueurs évoluant à l’étranger convoqués pour l’Euro qu’il dévoile mercredi à 18h. Le joueur lui-même n’y croit pas, mais ce petit coup de projecteur au pays de la Jupiler League l’a bien fait rigoler.

 

mercredi 25 juillet 2012

Verhofstadt: « Le génocide du Rwanda fut ma révélation »



BEATRICE DELVAUX



« Un homme politique ne doit pas suivre la vague », confie Guy Verhofstadt. En passe de sortir le livre « Debout l'Europe », écrit avec son ami et collègue Daniel Cohn-Bendit. Un manifeste pour plus d'Europe.


Guy Verhofstadt (59 ans) est en passe de frapper un grand coup. Avec Daniel Cohn-Bendit, l'ex gourou de mai 68, son « collègue » du Parlement européen mais surtout désormais, son ami. Le premier octobre, leur livre « Debout l'Europe » va débarquer dans les librairies d'Europe en six langues. Un « Manifeste » pour plus d'Europe, qui servira de point de départ à une plateforme politique fédéraliste – encore à imaginer –, la première du genre, en vue des élections européennes. Il sera lancé à Bruxelles et présenté ensuite à travers l'Europe. Il comprend deux parties : le manifeste d'abord et une interview « making of » ensuite des deux auteurs, réalisée par le, journaliste français Jean Quatremer. « Verhof la révolte » est de retour. Et, comme toujours dans son histoire, son combat est fougueux, part de lectures, d'une rencontre et aboutit dans un texte pour forcer à l'action.

Les livres qui l’ont influencé

Au cours de l'entretien, Guy Verhofstadt a cité un certain nombre de livres qui ont été des références pour lui. Comme « Le Loup des steppes « de Hermann Hesse, « Demain le capitalisme » de Henri Lepage, « The Road to Serfdom » de Hayek, « The Open Society and its Enemies » de Popper, « The Public Choice » de Buchanan, l'article « J'accuse » de Zola pour terminer par le dernier livre en date à le mettre sous influence, « Why Nations Fail » de Acernoglu et Robinson.

Durant sa traversée du désert de 1996, lorsqu'il se retire de la vie politique, sa plongée dans les livres sera bien plus large. A 45ans, il découvre les maîtres du XXème siècle, comme « A la recherche du temps perdu » de Proust, « Ulysse » de James Joyce, œuvre décisive pour comprendre la vie sensitive de notre mémoire, puis tout Céline, tout Stendhal. « La divine comédie » de Dante, « Faust » de Goethe. Sans oublier les auteurs sud-américains dont le réalisme magique le marque. Il lit aussi des écrivains américains et russes, avec une préférence pour Dostoïevski. Sans oublier les Belges, dont l'incontournable Hugo Claus (« Le Chagrin des Belges » ) qui devient son ami. Il se plonge encore dans la littérature française du XIXème siècle. (Extrait de « Numero Uno » Olivier Mouton et Boudewijn Vanpeteghem Editions Racine)

C'est à Gand qu'il nous reçoit pour nous expliquer ce qui a fait de lui, apôtre du libéralisme, un rebelle européen. « J'aime vivre ici, c'est ma ville, un beau mélange avec une grande université, de l'industrie, une vie culturelle. » Il va bientôt quitter sa maison de maître de 1788 pour s'installer dans ce centre ville dont il a toujours rêvé, maintenant que ses enfants, Charlotte et Louis sont à l'université. Il y a acquis une maison d'époque, rouge sang de bœuf, les pieds dans l'eau, qui fut le premier tribunal des Comtes de Flandre.

C'est l'heure du petit-déjeuner. Il est décontracté. Il va éclater de rire, souvent. Taquin, grave, révolté, spontané. Très touchant. Demandant plus d'une fois grâce pour cet « examen psychiatrique » qui lui est infligé alors qu'il s'est jeté dès l'université à l'assaut du monde, avec la volonté de le changer, sans réfléchir son mouvement. Mu moins par une ambition de carrière que par des visions puisées dans des lectures et des rencontres.

Ce ne sont d'ailleurs pas des photos qu'il exhibe pour illustrer ses racines élémentaires- nous les identifierons après avec lui – mais des livres. Le Loup des steppes de Herman Hesse, Demain le capitalisme de Henri Lepage, The Road to Serfdom de Hayek, The Open Society and its Enemies de Popper, The Public Choice de Buchanan, J'accuse de Zola pour terminer par le dernier en date à le mettre sous influence, Why Nations Fail de Acernoglu et Robinson.

Son épouse est à la maison ce matin là. Dominique Verkindere, bras droit de Philippe Herreweghe, le directeur du Collegium Vocale, chœur baroque de réputation mondiale, a toujours mené sa vie parallèlement à celle de l'ex-Premier ministre et ex-président de parti. Un roc à ses côtés mais sans visibilité publique. Délibérément. Pas trop lourd de vivre avec une conscience européenne ? Elle réfléchit et répond doucement : « C'est une vie bouleversante, surtout pour lui. Parce qu'il doit voyager beaucoup. C'est plus difficile que la politique belge pour arriver à un changement. Mais il a beaucoup de courage, il va y arriver je pense. » On se prend à avoir envie qu'elle ait raison.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PUS EST EN NOUS : "L'IDENTITE EST TOUJOURS MULTIPLE"

"Et, comme toujours, son combat est fougueux, part de lectures toniques, d'une rencontre et débouche un texte pour pousser, forcer à l'action."

Daniel et Guy, les deux font la paire. Ce duo super-européen, tout à fait "imprévisible", se compose d'un écolo franco-allemand, pape de la contestation soixante-huitarde et de l'ancien Baby Thatcher, ex premier ministre flamando francophone, pape du libéralisme.
Leur  point commun: un anticonformisme digne de gentlemen excentriques anglais, un cosmopolitisme chevillé au corps, un goût forcené de la contestation, de la politique et surtout de la provocation, une intelligence vive et créative.

Qu'on les déteste ou qu'on les adore, ces deux indignés ne sauraient nous laisser indifférents.

Ils sont l'exact contraire des Le Pen, De Wever, Wilders et autres nationaux populistes aux dents longues:"Le problème avec le nationalisme, ce n'est pas que les gens se sentent flamands, mais qu'être flamand ne fonde pas notre identité" affirme Guy Verhofstadt dans sa longue et passionnante interview au Soir introuvable sur le net. Et d'ajouter avec force et conviction: "L'identité est toujours multiple."

"C'est que quand les nationalistes regardent la nationalité uniquementsous l'angle ethnique, linguistique ou religieux, ils cherchent à opposer les citoyens: nous et les autres. Ils ne voient l'humanité qu'à travers les yeux du groupe dans lequel ils vivent.

(...) Être flamand est un très mauvais concept pour organiser la société. L'identité est multiple par définition.

(...) Moi je me sens profondément européen.

J'ai le sentiment d'appartenir à une civilisation européenne, la même d'ici à la Volga.

Elle existe et se vit à travers la culture, la littérature, l'architecture européenne bien plus que par les Etats-nations.Ceux-ci ont fait éclater cette civilisation au risque de la faire disparaître.

Une vie en commun homogène? C'est devenu une réalité minoritaire et le sera de plus en plus. La thèse nationaliste est à l'opposé de la réalité.
Mais elle entend bien s'imposer et c'est ce qui crée les tensions dans notre société. Les thèses monoculturelles, et mono ethniques selon lesquelles il faudrait redouter un monde globalisé et se retirer sous la coupole de la communauté locale qui va vous protéger, sont tout simplement des contre-vérités.

Il y a encore beaucoup de pain sur la planche d'ici à 2014.

Ce sera une rude bataille où pour la première fois les fédéralistes européens vont devoir s'organiser pour vaincre les eurosceptiques et remporter les élections.

L'Europe souffre parce qu'il n'y a pas assez d'Europe. Il faut un saut en avant."(Guy Verhofstadt)

Plus d'Europe donc parce que "plus est en nous"!

MG