mardi 24 juillet 2012

Ces Chinoises célibataires dont "personne ne veut"






Le terme à connotation très péjorative peut être traduit par "celles qui restent" ou "celles dont on ne veut plus".

Cela fait presque un an que Xu, jolie Chinoise trentenaire, fréquente le "Jardin de la joie", un club de rencontre de célibataires à Pékin pour échapper à sa condition de "sheng nu", ces femmes, littéralement, "dont personne ne veut" et de plus en plus nombreuses."J'espère y trouver un mari", raconte-t-elle installée devant une table de majong où elle attend son rendez-vous de la soirée, un célibataire trié sur le volet par sa "coach", l'employée du club qui suit son dossier."Je cherche juste quelqu'un avec qui j'aie des affinités mais aussi qui soit dans une meilleure situation financière que moi", explique cette directrice de marketing, propriétaire de son logement et qui gagne très bien sa vie.

Xu, qui préfère ne donner ni son nom, ni son âge, est l'une des milliers de "sheng nu" qui viennent au club régulièrement dans l'espoir d'y trouver leur futur mari.

Les "sheng nu", ces centaines de milliers de femmes sans homme, surtout citadines, diplômées et indépendantes financièrement, sont devenues un véritable phénomène de société en Chine. Le terme à connotation très péjorative peut être traduit par "celles qui restent" ou "celles dont on ne veut plus".

Ouvert en 2003, le "Jardin de la joie" compte aujourd'hui deux emplacements à Pékin et plus d'une dizaine de milliers de membres. Une centaine de célibataires viennent s'y inscrire chaque semaine dans le but d'échapper au stigmate."Pour rien au monde je n'aimerais être appelée sheng nu", explique Summer, 26 ans, qui vient au club pour la première fois."Les hommes ne veulent pas d'une femme de 30 ans", un âge considérée comme déjà avancé pour le mariage en Chine. "C'est important pour eux qu'elle soit encore jolie".

Le terme --dont l'équivalent masculin n'existe pas -- est apparu pour la première fois en 2007. Depuis le gouvernement l'a inscrit officiellement dans son lexique comme "toute femme célibataire de plus de 27 ans".

Un sondage très médiatisé publié en 2010 a entériné définitivement le nouveau phénomène sociologique. Organisé par la Fédération chinoise de la femme, le sondage révélait qu'il y avait 180 millions d'hommes et femmes célibataires en Chine et que 92% des hommes interrogés estimaient qu'une femme devait se marier avant l'âge de 27 ans.

Depuis, livres et films sur le sujet fleurissent et les magazines féminins ne se lassent d'expliquer pourquoi tant de Chinoises restent sur le carreau dans un pays qui compte bien plus d'hommes que de femmes."L'apparition du phénomène a plusieurs origines. D'une part les jeunes aujourd'hui travaillent beaucoup et ont peu de lieux de rencontre en dehors de leur travail", explique Wu Di, sociologue, qui vend ses conseils 130 dollars la séance et vient de publier un livre sur le sujet."D'autre part, on dit traditionnellement en Chine qu'on doit 'se contenter' d'être marié. Le mariage n'a jamais été synonyme de bonheur. Or, dans la nouvelle génération de femmes, beaucoup vivent très bien seules et ne voient pas l'intérêt d'abaisser leur niveau de vie pour se marier", ajoute la sociologue.

Pourtant la pression sur ces femmes est énorme. Conscient des déséquilibres démographiques liés à la politique de l'enfant unique, le gouvernement lance régulièrement des campagnes qui promeuvent un mariage jeune.

Il n'est pas rare de voir des femmes arrêter leur carrière à 30 ans et tout lâcher pour faire plaisir à leur entourage soucieux de voir leur seul enfant fonder une famille à son tour."La vraie raison pour laquelle je viens au club, c'est pour ne pas décevoir mes parents. J'aimerais les rendre heureux", raconte Xu.

D'ailleurs le slogan du "Jardin de la joie" joue sur cette corde filiale pour attirer ses membres. " Tu es célibataire ? Pense aux sentiments de papa/maman. Ne les inquiète plus", peut-on lire sur une pancarte à l'entrée. Shelly a 34 ans. Ultra diplômée, cette consultante dans une entreprise de relations publiques, revient tout juste des Etats-Unis.

Depuis son retour, elle n'ose plus voir sa famille en province et fuit même ses amies proches qui ne cessent d'arranger pour elle des rendez-vous galants."J'ai de la pression de tous les côtés. Je sens bien que ma mère est déçue et triste lorsqu'elle voit les petits-enfants de ses copines", dit-elle.

Shelly s'apprête à retourner aux Etats-Unis pour faire un deuxième Master. En partie pour échapper au regard de ses collègues, parents et amis."Je pense rentrer en Chine à 40 ans. J'espère qu'à ce moment je serai tellement âgée, tellement 'incasable' qu'on me laissera tranquille", lance-t-elle. (RTL info)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LES NOUVELLES AMAZONES ET LE VIVRE ENSEMBLE

Elles sont belles, sexy, élégantes, intelligentes, spirituelles et sûres d'elles, les nouvelles amazones trentenaires.  Elles sont la crème de la crème. Ce sont les filles des quinquagénaires émancipées d'aujourd'hui et des post soixante-huitards qui les ont élevées dans le respect des valeurs démocratiques, humanistes et ajoutons-le sans rougir, féministes.

Si les hommes jeunes d'aujourd'hui les redoutent, c'est qu'elles leur font peur. Ils leur préfèrent les "béni oui oui", les carpettes qui se pâment devant leur machisme importé ou non. Et ceci concerne la majorité des jeunes mâles d'aujourd'hui et pas seulement les petits machos des quartiers défavorisés, lesquelles choisissent d'importer des épouses du fin fond du Maghreb ou de l'Anatolie pour mieux pouvoir les soumettre. Les jeunes musulmanes qui ont grandi ici les insupportent avec leur idées d'émancipation glanées avec des connaissances scolaires et sur internet dans tous les domaines. On le sait, si les gamins échouent, en revanche les filles, enfoulardées ou non, réussissent bien à l'école.

"Réflexe archaïque", certes mais non sans conséquences car il se répercute à la fois dans le discours salafiste (islamiste) et celui de la droite extrême qui monte, qui monte.

Il est vrai que d'aucuns  plaident encore et plus que jamais pour des mariages "arrangés" dès l'âge de 14 ans, l'incision, la burka hard ou le foulards soft  et l'interdiction de l'instruction aux filles. (les talibans afghans et leurs émules)

Les commentaires suivants du Vif m'ont fait sourire: "30 ans et toujours célibataire = anormal pour beaucoup de gens... par contre osez qualifier un couple homosexuel d'"anormal" et on vous remettra très vite à votre place. Je ne suis pas homophobe et ne désire pas créer la polémique mais n'y a-t-il pas une sorte de paradoxe quelque part? Laissons les gens vivre la vie qu'ils se choisissent, soyons ouverts et tolérants."

"Si certains hommes sont besoin d'une "nunuche" pour se croire "supérieurs" c'est qu'ils n'ont rien trouvé d'autre pour se mettre en valeur, tout comme ceux qui achètent une grosse voiture pour compenser leur QI. défaillant.
Pas très glorieux et pas grand chose dans leur ciboulot."

"Je pense que fondamentalement les femmes diplômées, jolies, intelligentes, qui ont de l'esprit, font peur à la majorité des hommes.
C'est sans doute un réflexe archaïque (que j'ai surmonté: j'ai épousé une amazone qui est une grande mathématicienne très diplômée, très jolie et très spirituelle.)"

"Le côté "sexy" n'est pas le coeur de l'affaire. Même hautement instruits eux-même, une bonne partie des mecs préfèrent apparemment une compagne envers laquelle ils puissent se sentir intellectuellement supérieurs. Donc plutôt une gentille fille un peu nunuche que qqu'un d'aussi gentille et jolie mais avec un peu plus dans le ciboulot..."

"Ce n'est pas un phénomène uniquement chinois, beaucoup de femmes en Belgique sont indépendantes, bien diplômées, ont un chouette boulot, gagnent bien leur vie, ont 30 ans et plus et cherchent un homme. J'ai plusieurs amies dans cette situation et jusqu'il n'y a pas si longtemps, je faisais partie aussi de ce "phénomène de société". La pression sociale n'est peut-être pas aussi forte qu'en Chine mais néanmoins fort présente ici aussi. C'est désagréable car il faut perpétuellement justifier son célibat et l'absence d'enfant."


Voilà qui est tout à fait interpellant et mérite une réflexion approfondie." L'avenir de l'homme, c'est la femme. Elle est la couleur de son âme"  chantait Jacques Ferra inspiré par Louis Aragon, Le Fou d’Elsa.

Il semble bien pourtant, et nous le déplorons vivement, que le machisme à front de taureau prenne partout du poil de la bête (immonde) et pas seulement en terre islamiste mais également chez nous en Europe et pas uniquement dans les milieux communautaristes. Lisez donc les manifestes de la N-VB.

Il faut s'en inquiéter car ce qui se met partout en place aujourd'hui constitue les fondations de ce que sera demain. Et, nous ne puvons plus l'ignorer désormais:  "Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles." (Paul Valéry, 1924).

Cela pose un problème majeur en termes de "vivre ensemble".

Deux civilisations peuvent-elles vivre  côte à côte si la première prône l'émancipation et l'égalité de la femme et la seconde sa soumission pure et simple?

Qui des deux l'emportera? Rien n'est joué mais les choses se mettent en place dès à présent. Au train où évoluent les choses, il n'est pas du tout certain que la civilisation occidentale (démocratique, libertaire, émancipatrice, pluraliste et laïque) aura le dessus.

Le pire des cas de figures serait celui d'une collusion - à défaut d'une collision- entre un islamisme triomphant et une extrême-droite prenant partout le pouvoir en Europe.

Sauf prise de conscience des démocrates de toutes convictions, nous allons vers un retour global du patriarcat archaïque.

On constatera qu'on parle de moins en moins du mouvement "Ni putes, ni soumises".

C'est étrange et un peu inquiétant car c'est bien cela qu'on attend de nos compagnes émancipées et libres: qu'elle ne soient ni putes, ni soumises mais femme dans toute la plénitude du terme. Ici, en Occident mais aussi en Orient et jusque dans la lointaine Chine.

L'avenir n'est pas écrit, il se joue aujourd'hui, au quotidien.

MG


NOUS AUTRES, CIVILISATIONS, NOUS SAVONS MAINTENANT QUE NOUS SOMMES MORTELLES

"Nous avions entendu parler de mondes disparus tout entiers, d'empires coulés à pic avec tous leurs hommes et tous leurs engins; descendus au fond inexplorable des siècles avec leurs dieux et leurs lois, leurs académies et leurs sciences pures et appliquées, avec leurs grammaires, leurs dictionnaires, leurs classiques, leurs romantiques et leurs symbolistes, leurs critiques et les critiques de leurs critiques. Nous savions bien que toute la terre apparente est faite de cendres, que la cendre signifie quelque chose. Nous apercevions à travers l'épaisseur de l'histoire, les fantômes d'immenses navires qui furent chargés de richesse et d'esprit. Nous ne pouvions pas les compter. Mais ces naufrages, après tout, n'étaient pas notre affaire.

Élam, Ninive, Babylone étaient de beaux noms vagues, et la ruine totale de ces mondes avait aussi peu de signification pour nous que leur existence même. Mais France, Angleterre, Russie... ce seraient aussi de beaux noms. Lusitania aussi est un beau nom. Et nous voyons maintenant que l'abîme de l'histoire est assez grand pour tout le monde. Nous sentons qu'une civilisation a la même fragilité qu'une vie. Les circonstances qui enverraient les ouvres de Keats et celles de Baudelaire rejoindre les œuvres de Ménandre ne sont plus du tout inconcevables : elles sont dans les journaux."

(Paul Valéry  LA CRISE DE L'ESPRIT ,1924)


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