vendredi 6 juillet 2012

Cette forêt de Soignes qui cache Bruxelles






Une étude de Brussels Studies met en avant l'impact de la forêt de Soignes sur l'urbanisation du sud de Bruxelles.

Belga

Lee Christopher Roland, chercheur et enseignant à la Faculté LOCI (Architecture et Urbanisme) à l'UCL, publie dans Brussels Studies, revue en ligne des recherches sur Bruxelles "Quand les arbres cachent la ville". Pour le chercheur, à côté de son statut de poumon vert de la capitale, la forêt de Soignes a paradoxalement déterminé l'urbanisation du sud-sud-est de Bruxelles. Elle joue aussi un rôle dans la construction et la représentation du paysage urbain.

LE CENTRE-VILLE NE S'EST PAS DEVELOPPE DE MANIERE AUTONOME, L'EMPRISE HISTORIQUE DE LA FORET EST PERTINENTE.

La continuité installée par les chaussées de Waterloo, de Tervuren et de Wavre vis-à-vis des bassins centraux, ainsi que les rapports qu'elle permet avec le Coudenberg, Tervuren et d'anciens sites religieux témoignent de l'importance de la forêt pour une série d'acteurs urbains de l'Ancien Régime. Réintégrés par les grands tracés urbanistiques du 19e siècle, cette armature oriente le développement de Bruxelles, tant sur un plan géographique que sociologique. Si bien qu'elle interroge les définitions conceptuelles et spatiales actuelles de la ville.

VOUS EVOQUEZ LE DEVELOPPEMENT SOUTENABLE POUR LA FORET. QU'EST-CE QUE C'EST ?

Le développement soutenable ne va pas sans interroger au préalable les échelles et les cadres normatifs qui orientent les méthodes. Les plans de développement urbanistique régionaux disent s'inscrire dans cette optique mais connaissent-ils suffisamment les réalités physiques sur lesquelles ils agissent? À titre d'exemple, la géologie et la topographie de la forêt interviennent directement sur les dynamiques hydrologiques bruxelloises et brabançonnes. Or, aujourd'hui, aucun outil réglementaire ne cherche à objectiver ces questions au regard de l'urbanisation et de sa planification.

CONCRETEMENT, COMMENT LES BRUXELLOIS PEUVENT-ILS AGIR POUR UN DEVELOPPEMENT TENANT DAVANTAGE COMPTE DE LA FORET ?

Les espaces que l'on habite ne sont pas de simples produits des pratiques socioculturelles, ce sont des constructions qui orientent toute action collective, et qui en gardent par ailleurs la trace. Il importe de veiller à ce que ces constructions, qu'elles soient spatiales, politiques et/ou scientifiques, n'entretiennent pas un écart trop important avec la réalité factuelle, sous peine d'inefficacité ou d'actions contre-productives. Mieux connaître, c'est agir en connaissance de cause. En démocratie, c'est agir à l'aune du bien commun. Article disponible sur le site www.brusselsstudies.be/publications

Propos recueillis par Sandrine Lana (st.)


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

QUEL CHARABIA!

Je rejoins totalement le commentaire d'un internaute en colère:

"Le développement soutenable ne va pas sans interroger au préalable les échelles et les cadres normatifs qui orientent les méthodes."?! Qui est réellement capable de répondre ça oralement lors d'un interview? (Personne, puisqu'il s'agit de toute évidence d'une interview écrite, qui n'a pas été éditée par le journaliste) Plus généralement, je crains un peu que l'incapacité de certains chercheurs à utiliser un langage adapté au média (/à l'audience) à laquelle ils s'adressent soit aussi une des causes - malheureuse - de la difficulté à dégager des financements publics pour la recherche... Autre effet pervers plus direct: comment voulez-vous que la recherche éclaire efficacement les décisions des pouvoirs publics s'il faut d'abord traduire ce charabia."

"Evidemment que la sacralisation excessive de la forêt est un frein aux exigences basiques de la vie....des hommes !"

Quelle chance. Sans cela la cette forêt magnifique qui nous console de l'absence d'un grand fleuve aurait été sacrifiée au béton.

Nous ne prenons pas assez conscience du bonheur que constitue la présence de ce merveilleux poumon vert aux portes de la ville.

Bruxelles est presque aussi verte que Berlin qui est sans doute la capitale la plus arborée. En comparaison, Paris, Madrid ou Rome sont très minérales.  Hélas cette merveille est coupée par deux autoroutes urbaines. Quand elles furent construites, les forestiers ont redouté une mort rapide de cette oasis fabuleuse. par chance elle a résisté, jusqu'ici!

Elle est gérée par trois instances régionales: Bruxelles , la Flandre et la Wallonie.



 

2 commentaires:

Anonyme a dit…

La façon dont s'exprime l'auteur est dans l'article est à l'identique de son mode verbal habituel...fort imprégné il est vrai du corpus référent des urbanistes
marie

Françoise a dit…

L'auteur mérite d 'être reconnu pour sa compétence et la pertinence de sa recherche strictement scientifique et sans influence politique,il contribue plus que jamais à comprendre sur quoi est construite la ville de Bruxelles, l'incidence de cette situation sur son urbanisation et l 'importance de la forêt ancestrale poumon de son univers qui a le mérite d'exister et d'être présente pour que le futur de Bruxelles contribue à recréer Bruxelles plus actuelle que actuellement classée comme la quatrième ville la plus propre