dimanche 29 juillet 2012

DEUX BLESSES DANS UNE MANIFESTATION DE CONGOLAIS A BRUXELLES




Le Soir

Environ 335 Congolais se sont rassemblés à Bruxelles, pour manifester contre les violences qui secouent l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Deux manifestants blessés ont été conduits à l’hôpital.

Selon la police de Bruxelles, 335 personnes participaient samedi après-midi à la manifestation, organisée dans la capitale, contre les violences perpétrées dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Ils jugent également inadmissible la passivité dont la communauté internationale fait preuve, selon eux, face à ces événements.

La manifestation était partie vers 15h30 de la Place du Trône, avant de rallier l’avenue de Tervueren via la rue Belliard et le parc du Cinquantenaire.

ECHAUFFOUREES DEVANT L’AMBASSADE DU RWANDA

Des échauffourées ont éclaté vers 18h00 devant l’ambassade du Rwanda, avenue de Tervueren à Woluwe-Saint-Pierre.

La police a été contrainte de faire usage de spray au poivre pour disperser des manifestants lançant des pierres. Un autre groupe de manifestants a également tenté de franchir des chevaux de frise, nécessitant là aussi l’intervention des forces de l’ordre.

DEUX MANIFESTANTS BLESSES

Deux manifestants ont été blessés samedi lors des affrontements qui ont eu lieu devant l’ambassade du Rwanda. Un homme a été victime d’une fracture au bras gauche et un second a été blessé à l’épaule gauche.

Ils ont tous les deux été conduits à l’hôpital. Aucun policier n’a été blessé, a indiqué Ilse van de Keere de la police de la zone Bruxelles-Capitale/Ixelles.

Par ailleurs, la police a précisé que deux abribus avaient été détruits, que deux voitures avaient été endommagées et qu’une vitre de l’ambassade d’Ouganda avait été brisée.

« Les derniers manifestants ont rejoint le métro Montgomery vers 21h00 et le calme est revenu. Plusieurs personnes ont été interpellées lors de notre intervention mais il n’y a pas eu d’arrestation », ajoute la porte-parole.

G.M. d’après Belga



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

INTERCULTUREL CONNAIS PAS!

"CE QUI DOMINAIT, C’ETAIT LA HONTE D’ETRE UN HOMME"

En lisant les commentaires de internautes du Soir on se rend vite compte que l'interculturel n'est vraiment pas entré dans les moeurs de nos compatriotes, loin s'en faut. Voyez plutôt:

"La Belgique, quel beau pays quand-même ! Hey negros, laissez-nous faire ou foutez nous la paix, putain ! Compréhension, compassion et tolérance ! Merci Lidju ! Votre lumineux esprit illumine ma soirée !!!

"Si les congolais veulent que les belges retournent au Congo pour géré le pays, qu'ils le disent carrément. Sinon, qu'ils arrêtent de nous interpeler. On en a rien à foutre du Congo, du Rwanda ou autres fonds de jardin."

"Il m'est très difficile de comprendre que la Belgique aide le Congo et que d'autre part nous accueillons des réfugiés politiques congolais. Ou on soutient ce régime ou on ne le soutient pas. Mais les deux à la fois manque de cohérence"

Mais il y a au moins un Belge qui regarde les choses d'un autre  oeil, l'oeil de la compassion, et c'est Guy Verhofstadt:

« LE GENOCIDE DU RWANDA FUT MA REVELATION »





"Oui, suite au drame du Rwanda. A l’époque, Je suis dans la politique, j’essaye de briser cette majorité et ce monopole démocrate-chrétien et socialiste qui représente pour moi cette société corporatiste et sclérosée. On grapille chaque fois 1 ou 2 % aux élections mais je n’arrive pas à gagner mon combat. Je me retire donc de l’avant scène politique. J’entre alors dans cette affaire du Rwanda, d’une manière assez étrange.

Je me rappelle très bien. J’étais à Paris, fasciné par l’affaire Dreyfus

Quand on parle de la politique française, on dit toujours « Ah, l’affaire Dreyfus ! ». C’est le cœur même de la politique française, responsable de toutes les divisions jusqu’à aujourd’hui : elle a fait la gauche, la droite. Encore aujourd’hui, c’est le nœud. Et donc je veux tout savoir de cela. Je collecte tout ce qui existe. Je vais dans les librairies, j’achète des livres sur cette affaire scandaleuse qu’on essaye de mettre sur le dos d’un français parce qu’il est juif. On profère des mensonges à son propos, des documents sont falsifiés. Et la France ne veut pas reconnaître ses erreurs. Il y a le « J’accuse »de Zola : fantastique de lire ses tracts.

Au même moment, dans la presse belge, à la première page du journal « De Morgen » paraît un texte qui dit que les Belges savaient que le génocide du Rwanda était en préparation au Rwanda. Et je me dis : « Voilà ! Dreyfus, cela peut se passer partout, tous les jours, dans chaque Etat moderne. Nous avons aussi notre affaire Dreyfus. »

Deux ans avant, au moment où le génocide se produit, le 6 ou le 7 avril 1994, j’étais dans le bureau de Rabin, le Premier ministre d’Israël. J’avais rendez-vous avec lui comme chef de l’opposition en Belgique. Et Rabin me demande : « Que se passe-t-il au Rwanda ? ». Je lui réponds : « Ce sont des luttes ethniques classiques comme on les connaît en Afrique. » La réponse classique. On avait une vue tout à fait erronée sur ce génocide. On ne savait pas en fait.

Et donc en 1996, dans mon petit bureau du Sénat, je fais venir le rédacteur en chef du « Morgen « Yves Desmet et le journaliste auteur du dossier (Walter De Bock) qui me montrent les documents qui prouvent leurs dires. Et je me dis : « C’est pas sérieux. Cela fait déjà des mois qu’il y a des indications que la Belgique était au courant ! » Cela commence comme cela. Au Sénat, on a créé d’abord une sorte de petit groupe qui a eu l’occasion d’examiner tous les documents. On avait créé une sorte de chambre avec la police militaire devant la porte. J’ai vécu des semaines dans cette pièce et j’ai tout parcouru. A la fin, j’avais 120 pages d’indications.

La chose la plus marquante pour moi pendant ces deux semaines, fut le voyage que je décide de faire au Rwanda, avec l’accord de tous, pour vérifier un certain nombre d’éléments. C’est mon premier déplacement en Afrique. Ce fut le choc. Nous sommes en 1996, tout était encore là. Ce n’était pas le Kigali d’aujourd’hui. C’était affreux (il a les larmes aux yeux). Surtout dans cette église, à 30 kms de Kigali, tous les os, c’est, enfin… inimaginable. Je suis resté complètement bloqué dans cette église, avec l’horreur devant moi.

Ce fut une évidence soudain : lutter contre le mal, c’est la meilleure chose qu’on puisse faire. Au delà de toutes les idéologies, les tendances, les pensées, c’est la lutte contre la haine, l’intolérance, le racisme, la xénophobie, le fanatisme, et tout ce qui conduit à cela, qu’il faut mener. C’est cela qu’il faut faire. Pour moi c’était comme une révélation.

J’ai poursuivi le travail dans la Commission d’enquête, qui a produit un rapport de 1000 pages.

VOUS AVEZ PRONONCE EN 2000 A KIGALI LES EXCUSES DE LA BELGIQUE AU PEUPLE RWANDAIS, EN TANT QUE PREMIER MINISTRE ?

Oui. J’étais choqué il y a deux semaines par l’interview de Mr Swinnen, l’ancien ambassadeur belge au Rwanda au moment des faits, parue dans « De Morgen ». Vous avez lu cette interview ? Vous l’avez bien lue ? Il y a une phrase dedans qui est épouvantable, où il trouve « inapproprié » qu’on ait prononcé les excuses au Rwanda. Et le même jour, il m’envoie une lettre pour m’inviter à aller parler dans un cercle ! Je l’ai jetée, directement. Incroyable ! Incroyable ! Il y a encore maintenant des gens qui disent qu’il était inapproprié de s’excuser ! La Belgique a fait des erreurs capitales là-bas, et surtout l’erreur capitale de convaincre – pour une fois qu’on y réussit – tous les autres au sein du Conseil de sécurité de partir du Rwanda, un retrait qui est à la base de quelques cen-tai-nes-de-milli-iers-de-morts de plus ! Et c’est « inapproprié » ? Stupéfiant !

QU’EST-CE QUE CELA DIT DES HOMMES ? QU’ILS SONT LACHES ?

Ce n’est pas typiquement belge. Voyez nos amis hollandais avec Srebrenica, cela continue aussi. Et notre attitude aujourd’hui envers la Syrie, c’est la même chose. Là non plus, on n’a pas encore appris.

ET DONC DANS CETTE EGLISE AU RWANDA...

Je réalise que lutter contre le mal est la seule chose qui compte. J’ai eu la même impression quelques années plus tard quand je suis allé à Auschwitz mais c’était un peu différent. Au Rwanda, j’étais tout seul, tout seul, au milieu de cette église. Et on savait qu’il y avait eu 800.000 morts en deux mois à peine deux ans plus tôt !

Je me suis dis que l’analyse économique, le marché libre c’est important, mais qu’il existe des choses plus cruciales, qui vont au delà.

ET VOUS AVEZ DONC L’OCCASION COMME PREMIER MINISTRE DE PRONONCER LES EXCUSES AU NOM DE VOTRE PAYS, SUR PLACE ?

C’était le voyage le plus intense que j’aie jamais fait. Ce premier voyage avec les familles des paras. J’ai encore des contacts, quelques fois par an, ils m’envoient des sms, comme ça, en me disant « Ah on vous a lu, là bas, bravo, oui c’est vrai, il faut continuer, etc. »

N’EST-CE PAS LA QUE VOUS CONSTITUEZ ALORS UNE COMMUNAUTE « HUMAINE « QUI TRAVERSE LES CLICHES ?

Tout à fait. Je travaille pour la première fois avec des socialistes. C’est là que j’ai connu Roger Lallemand. Il ne s’agit pas d’une coalition mais d’un vrai travail de fond. Certains ont essayé de politiser ce travail réalisé avec la Commission mais ils n’y sont pas parvenus. Ce rapporte est resté. Et nombre de nos politiques militaires ont été basées ensuite sur les leçons qu’on a tirées là-bas. "(interview donnée à Béatrice Delvaux il y a moins d'un mois.)

Le geste fort de Guy Verhostadt demandant pardon au nom de la Belgique, comme Willy Brandt s'agenouillant face au mémorial des victimes des massacres du ghetto de Varsovie. La différence? C'est que si le geste de Brandt est resté inscrit dans l'inconscient collectif en revanche celui de Verhofstadt est tombé dans l'oubli.



 LA REPENTANCE PRESENTATION

Comment demander pardon pour des actes commis dans un autre temps ?

1) pourquoi l’église se repent des croisades ou l’inquisition ? N’est-ce pas absurde ?

Pourtant quand une communauté fait l’inventaire de son passé il semble juste si elle se félicite de ses hauts faits qu’elle prenne en compte aussi les actions basses :

Ce n’est pas parce qu’elles font tache dans sa mémoire identitaire qu’il faut nier leur présence.

2) Devant les crimes du passé on rencontre deux attitudes opposées

- ceux qui disent que demander pardon met en question les fondements de la communauté. Ils se réfugient dans la bonne conscience en s’aveuglant sur les malheurs des victimes et des vaincus, trouvant des excuses comme ne pas juger une autre époque qui avait d’autre moeurs.

- ceux qui s’adonnent à une auto-accusation ostentatoire et sans vergogne en sacrifiant tout motif de fierté. Souvent même ils se retournent agressivement contre ceux qui ne les suivent pas dans leur auto-flagellation ; c’est le propre de l’hypermoralisme arrogant1

QUELLE SERAIT ALORS LA JUSTE DISTANCE ?

3) question concerne le rapport de l’individu et du collectif

On parle de responsabilité collective mais c’est une métaphore. la morale repose sur la responsabilité individuelle. En quoi chacun peut-il individuellement se sentir concerné ? On peut toujours refuser de se sentir partie prenante pourtant il ne faut pas oublier que les consciences communiquent entre elles jusqu'à former une âme commune

C’est la thèse de K Jaspers sur « la culpabilité allemande. »

Un peuple peut essayer de voir clair en lui-même en réfléchissant à son histoire, et c’est semble-t-il un effort tout différent de celui qui cherche à voir clair en lui seul. Pourtant le premier ne peut s’accomplir qu’à travers le second. Ce qui s’accomplit entre individus dans la communication, lorsque celle-ci est authentique, peut multiplier la prise de conscience chez un grand nombre de gens et prendre alors la portée d’une prise de Cs d’un peuple2

4) question porte sur le degré de responsabilité de chacun

Faut-il suivre la formule de Sartre, sortie de son contexte3« aussi profondément responsable de la guerre que si je l'avais moi‐même déclarée » Si tout le monde est également responsable de tout, personne ne l’est vraiment de rien. On tombe dans l’irresponsabilité de l’anonyme.

Pourtant on ne peut mettre de coté une forme de complicité liée à la masse des actes individuels petits ou grands qui ont contribué par leur acquiescement tacite ou exprès à la culpabilité des membres et des dirigeants de la communauté

La réflexion de G Deleuze sur la honte d’être un homme est éclairante

Il part de la formule de Primo Levi à son retour des camps d’extermination :

Quand j’ai été libéré, ce qui dominait, c’était la honte d’être un homme.

1 Correspond à la mégalomanie de la perfection

2 K Jaspers La culpabilité allemande p 106

3 Ainsi, totalement libre, indiscernable de la période dont j'ai choisi d'être le sens, aussi profondément responsable de la guerre que si je l'avais moi‐même déclarée, ne pouvant rien vivre sans l'intégrer à ma situation, m'y engager tout entier et la marquer de mon sceau, je dois être sans remords ni regrets comme je suis sans excuse, car, dès l'instant de mon surgissement à l'être, je porte le poids du monde à moi tout seul, sans que rien ni personne ne puisse l'alléger". Sartre, L'Être et le Néant, 1943, IVe partie, chap. I, 1943, Éd. Gallimard


LA GENUFLEXION DE VARSOVIE



Un article de Wikipédia

"La tombée à genoux de Varsovie" (Kniefall von Warschau en allemand, la génuflexion de Varsovie) de Willy Brandt eut lieu le 7 décembre 1970 le jour de la signature de l'accord de Varsovie entre la Pologne et la République fédérale d'Allemagne. Willy Brandt tomba à genoux après avoir déposé une couronne devant le mémorial du ghetto juif en mémoire des victimes du nazisme.

Le geste de Brandt fut étonnant, très discuté en Allemagne mais contribua considérablement à son image et à celle de la République fédérale à l'étranger. Il reçut le prix Nobel de la paix en 1971 pour cette action symbolique et plus généralement pour sa participation à l'Ostpolitik. Un sondage du magazine Der Spiegel effectué peu après auprès des Allemands révéla que 48 % des personnes interrogées avaient trouvé la tombée à genoux exagérée, 41 % convenable et 11 % n'avaient pas d'opinion.

CONTEXTE

Lors de ce voyage en décembre 1970, Willy Brandt est le premier chancelier allemand à venir en voyage officiel en Pologne depuis la Deuxième Guerre mondiale. Cette visite est donc un événement, plus de 30 ans après l'invasion du pays par les troupes d'Hitler.

Suite à la chute du régime nazi, en 1945, les frontières de l'Allemagne sont repoussées vers l'Ouest jusqu'à la ligne Oder-Neisse, et la population allemande vivant désormais en terre polonaise est expulsée jusqu'à la nouvelle frontière. La marche forcée fait de nombreuses victimes et crée un grave contentieux entre les deux pays, au point que l'Allemagne fédérale avait toujours refusé de reconnaître ses nouvelles frontières.

Le voyage de Willy Brandt est donc l'occasion, via le traité de Varsovie, de mettre fin à ce contentieux.


Les faits

Cet évènement survint lors de la visite du chancelier Brandt de décembre 1970 dans ce qui était alors la République populaire de Pologne communiste. Brandt se rendit le 7 décembre au monument en l'honneur du soulèvement du ghetto de Varsovie contre les nazis. Après avoir déposé une gerbe, Brandt, de façon très surprenante, et selon toute vraisemblance spontanément, tomba à genoux. Il resta silencieusement dans cette position pendant quelques minutes, entouré par un nombre important de dignitaires et de journalistes.




COMMENTAIRE DE DIVERCITY

"JE PORTE LE POIDS DU MONDE A MOI TOUT SEUL"

"Ainsi, totalement libre, indiscernable de la période dont j'ai choisi d'être le sens, aussi profondément responsable de la guerre que si je l'avais moi‐même déclarée, ne pouvant rien vivre sans l'intégrer à ma situation, m'y engager tout entier et la marquer de mon sceau, je dois être sans remords ni regrets comme je suis sans excuse, car, dès l'instant de mon surgissement à l'être, je porte le poids du monde à moi tout seul, sans que rien ni personne ne puisse l'alléger"  JP Sartre.

 Sans un sursaut éthique l'humanité est foutue!



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