mardi 24 juillet 2012

JO : le dilemme des athlètes musulmans face au ramadan



Par Judith Duportail






Le judoka français Sofiane Milous rattrapera les jours de jeûne après les Jeux olympiques.

Le ramadan et les Jeux olympiques tombent cette année à la même date. Une majorité d'athlètes croyants ont décidé de reporter le jeûne, mais les autorités religieuses jugent qu'il s'agit d'un péché.

Saisir pleinement la chance de sa vie ou rester fidèle à ses convictions religieuses. Les 3000 athlètes musulmans prenant part aux Jeux olympiques de Londres font tous face à ce dilemme. Pour la première fois depuis 32 ans et les JO de Moscou, les Jeux tombent en plein ramadan. Le judoka français Sofiane Milous a, comme une majorité d'athlètes, choisi de reporter le jeûne. «C'est un choix personnel, chacun pratique sa religion comme il le veut. Je ne jugerai les choix de personne, comme personne ne doit juger les miens», confie le sportif au Figaro. Il rattrapera donc chaque jour non jeûné après les Jeux olympiques. «On a un an pour le faire», précise Sofiane Milous.

Le rameur britannique Moe Sbihi a lui aussi annoncé qu'il ne jeûnera pas pendant les JO, mais offrira en échange 1800 repas aux personnes défavorisées, rapporte The Daily Mail . D'autres ont décidé de privilégier la religion et de ne pas participer du tout aux compétitions. Les deux footballeurs américains les frères Abdullah ont par exemple annulé leur participation aux Jeux et se rendent à la place en pèlerinage à La Mecque.

«C'EST UN PECHE, L'ATHLETE DOIT L'ASSUMER»

Pour permettre aux athlètes de participer aux Jeux olympiques en pleine possession de leurs capacités physiques, le Maroc ou Dubaï ont notamment demandé aux responsables musulmans d'émettre des fatwas (des avis juridiques) exemptant de jeûne les athlètes olympiques. «Mais c'est impossible», explique Fateh Kimouche,fondateur du site al-kanz.org. «Si l'on s'en tient à l'interprétation des textes, tout le monde doit jeûner pendant le ramadan sauf les personnes malades, les voyageurs et les femmes enceintes, sous certaines conditions. Le sport n'est pas une excuse valable, personne n'est obligé de faire du sport.»

Aucun sportif ne peut donc prétendre que l'islam cautionnerait son report du jeûne, poursuit le spécialiste. «Un homme qui décide de reporter le jeûne peut le faire, c'est un choix personnel. Mais il ne peut pas prétendre que la religion l'y autorise. Il doit assumer son péché. Il y a des musulmans qui boivent de l'alcool par exemple, ils savent que ce n'est pas bien. C'est pareil.» Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, refuse également de statuer sur cette question: «C'est un choix personnel, il n'y a rien à dire de plus», répète-t-il, avant de couper court.

Les croyants qui suivront le jeûne devront se lever vers 4 heures du matin pour manger et boire. Une privation d'autant plus difficile que les journées d'été à Londres peuvent durer plus de 16 heures. Le CIO s'est engagé à laisser les restaurants olympiques ouverts toute la nuit pour permettre aux croyants de se restaurer. Car pour certains athlètes, le jeûne du ramadan, en faisant travailler leur force mentale, les rend plus performants. Suleiman Nyambui, secrétaire générale de l'association tanzanienne d'athlétisme et ancien coureur, encourage les athlètes à jeûner. «Le plus dur, c'est l'entraînement, pas la compétition en elle-même», explique-t-il. Pour preuve, en 1980, il avait lui-même décroché en plein ramadan une médaille d'argent sur le 5000 mètres.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

C'EST UN CHOIX PERSONNEL

Dalil Boubakeur: «C'est un choix personnel, il n'y a rien à dire de plus»
J'aime ce commentaire lapidaire de Mr Boubakeur recteur de la mosquée de Paris.
Il ne dit pas "Cela regarde chacun, individuellement, en conscience, d'accepter de commettre un péché en ne faisant pas jeûne pour raison sportive", mais précise que "cela regarde chacun, de considérer en lui-même, par lui-même si c'est un péché, ou si ce n'en est pas un".  Cette attitude participe du choix de se montrer intelligent, voire critique en matière de religion. De ne pas laisser son intelligence avec ses babouches à la porte de la mosquée. Autrement dit, de ne pas se comporter en mouton de Panurge suivant la meute- à la mode salafiste- mais en être humain digne et debout.

Vivre sa foi devrait-être être avant tout une affaire personnelle entre le croyant et son Dieu.
Que chaque athlète agisse donc selon sa conscience. "Appréhender le Coran comme s'il vous avait été révélé" dit un hadith plein de sagesse. Nous le citons volontiers.

Il est vrai qu'un islam de la responsabilité demande plus de caractère qu'un islam de l'obéissance cadavérique (celle qu'exigeaient les dirigeants jésuites de leurs ouailles).

L'islamisme de tendance salafiste prône un islam de la passivité et de la soumission- au garde à vous- qui rêve de conquérir et de soumettre le monde à sa botte.

MG



1 commentaire:

Un sportif qui jeûne mais qui ne se trouve pas d'excuse a dit…

Comment pouvez vous conclure de la sorte après un article assez objectif quand même :

L'islamisme de tendance salafiste prône un islam de la passivité et de la soumission- au garde à vous- qui rêve de conquérir et de soumettre le monde à sa botte.


Ceci est un ajout de votre part si je ne m'abuse et montre bien votre position anti islamique salafiste. Mais la n'est pas le rapport, nous parlons de sport Chere judith qui tombe pendant ramadan, qu'est ce que le salfisme à avoir????? A MEDITER