mardi 24 juillet 2012

Migration : la N-VA se radicalise





Christian Laporte





Bart De Wever lance vraiment sa campagne à Anvers. En plantant des banderilles dans la politique migratoire fédérale.

Le président de la N-VA Bart De Wever n’est pas encore en vacances. Avant de boucler ses bagages, il a même lancé lundi la campagne des élections communales à Anvers, "sa" ville dont il rêve de ceindre l’écharpe mayorale. Et il l’a fait en usant d’un argumentaire et d’une posture dans laquelle il excelle : celle de la victime.

Le président du parti nationaliste flamand et ses lieutenants Theo Francken et Liesbeth Homans se sont, en effet, efforcés de montrer à grand renfort de chiffres et de tableaux que la ville portuaire est victime de la politique du gouvernement fédéral en matière d’asile et de migration. Pour ceux qui suivent l’actualité parlementaire, ce n’est plus une surprise, car à chaque initiative gouvernementale, la N-VA sort en contrepoint ses propres chiffres. Ils ont été compilés dans un "Baromètre de la migration". Une migration trop souvent incontrôlée aux yeux de la N-VA. Bart De Wever a admis que l’initiative n’était pas sans lien avec la mercuriale du procureur général d’Anvers, Yves Liégeois, qui avait fait en septembre dernier, lors de la rentrée judiciaire, un apparentement délicat entre une politique migratoire jugée en échec et des menaces qui pèsent sur la démocratie.

D’Anvers au fédéral et vice-versa, c’était aussi l’occasion de détourner l’attention de l’opinion du succès du 21 juillet mais aussi, et c’est plus pernicieux, de la querelle autour de l’accueil de Belangers même pas repentis au sein de la N-VA. Certes, De Wever a mis les points sur les "i" : non, la N-VA n’est pas un parti antiétrangers, ni même un parti antimigration, mais il est temps de nous inspirer du modèle canadien en la matière. Il a donc expliqué que la migration était trop "passive" en Belgique. Entendez : non pas une migration dynamique motivée par les études ou le travail, mais un accueil trop focalisé sur le regroupement familial et la régularisation, dix-sept fois plus importante que la moyenne européenne. Pour la N-VA, "on pourrait accueillir moins de migrants et en tout cas en faire venir d’autres" .

Selon Théo Francken, le député fédéral qui s’est spécialisé dans cette question "la politique de régularisation est trop laxiste et la loi sur l’acquisition de la nationalité, trop souple" . Et d’établir un lien avec les personnes en situation illégale : "Il n’y a eu que 4 500 expulsions l’an dernier alors que 28 000 ordres de quitter le territoire avaient été décernés."

Des illégaux aux criminels, il n’y a qu’un pas : "On a interpellé 4 665 personnes en situation illégale rien que sur les sept premiers mois de 2011 pour des délits, essentiellement des vols (67 %) mais aussi pour la consommation de drogue (8 %)." Comme il l’a déjà fait à la Chambre, M. Francken s’en est pris à la Secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Maggie De Block (Open VLD), qui "délivre des papiers à des illégaux sans toujours savoir s’ils n’ont pas déjà été condamnés" .

Et Anvers dans tout ça ? Pour la N-VA, il n’est pas question de stigmatiser la population allochtone, mais "36 % des habitants de la Métropole ne sont pas nés en Belgique et 17,4 % n’ont pas la nationalité belge" . Bart De Wever a cependant tenu à répartir les migrants anversois entre ceux au "profil élevé" (travailleurs des secteurs diamantaire et pétro-chimique) et des migrants plus "passifs" , qu’Anvers attirerait davantage que la moyenne de la Flandre.

S’il ne viendrait pas à l’esprit du président de la N-VA de critiquer la première catégorie, il a quand même déduit d’une avalanche de chiffres que "la politique migratoire du fédéral est une catastrophe et Anvers en est la victime" . Près de la moitié des chercheurs d’emploi anversois sont "d’origine allochtone" et leur nombre va croissant, alors qu’il y a de moins en moins de demandeurs d’emploi autochtones, a-t-il déploré. Si la N-VA a établi un baromètre de la migration, c’est aussi pour étudier les conséquences de cette politique sur d’autres domaines comme l’enseignement, le logement et le parcours d’intégration. Sans surprise, la N-VA insiste ici sur la connaissance du néerlandais. Mais néerlandophones ou pas, les criminels en situation irrégulière ne trouvent pas grâce aux yeux de De Wever. Ils devraient selon lui être envoyés dans un centre fermé alors qu’il faudrait expulser plus systématiquement les dealers en situation irrégulière.

Tout va donc si mal à Anvers ? Non, le président de la N-VA a fait l’éloge du parcours d’intégration, qui augmente les chances de décrocher un emploi. La N-VA a aussi conclu qu’"Anvers peut nettement mieux faire, victime d’une certaine impunité et d’un manque de courage, mais c’est impossible sans une prise de conscience responsable du fédéral" . Sous-entendu : ça irait mieux dans une Flandre indépendante.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA PANIQUE DES DEMOCRATES FLAMANDS FACE A LA N-VB

Qu'on ne s'y trompe pas, ce discours est exactement celui qu'on aime entendre dans les fermettes à quatre façades, sur les pelouses de barbecues de la classe moyenne et dans les innombrables caberdouches du plat pays. Certes il s'adresse en priorité au Anversois autochtones et aux immigrés "actifs" de la métropole. En vérité, répercuté par les medias, il s'adresse à la Flandre tout entière.

Pire, il n'est pas très différent de ceux de la campagne MR à Uccle. L'objectif visé est clairement la campagne de 2014 pour les régionales. Nous allons vivre non-stop deux années de campagne électorale extrêmement dures. La stratégie de De Wever est redoutable: siphonner dès à présent les électeurs du Vlaams Belang. En somme on retrouve ici la tactique de campagne d'un Sarkozy aux abois en fin de deuxième tour. La différence: Bart De Wever n'est pas aux abois. Mais ses adversaires commencent à sérieusement paniquer.

Non, ce n'est pas la N-VA mais la N-VB qui se radicalise!

MG








Het feit dat figuren als Ceder vandaag probleemloos de democratische toets van de N-VA passeert, is meer dan een fait divers. De N- VA probeert uit alle macht een brede volkspartij te worden. Maar het is nu al duidelijk dat dit niet voor ‘gansch’ het volk zal zijn.

Meyrem Almaci(Groen)

LE DEPART DE CEDER VA-T-IL APPORTER PLUS DE VOIX A LA N-VA QUE SA PRESENCE EFFECTIVE SUR LES LISTES ?

"La décision de Ceder de se retirer des listes N-VA démontre qu’il ne s’agit pas, ici, d’ambition personnelle, mais plutôt d’une erreur de jugement. Il n’a jamais nié que si son arrivée à Dilbeek nuisait au parti, il se retirerait illico des listes. Il a visiblement sous-estimé l’impact médiatique de ce parachutage. Cette affaire, en donnant l’impression que la N-VA est traitée différemment et de façon plus rude que les autres partis, renforce l’image de vilain petit canard qu’elle peut avoir. Une position de Calimero de la politique qui, en Flandre, a tendance à rapporter plus de voix que cela n’en coûte"

 Peter De Roover, Secrétaire politique du Mouvement populaire flamand (VVB) et rédacteur en chef de la section politique du magazine du Mouvement flamand Doorbraak.


BART DE WEVER SE DIT BLESSE PAR L'AFFAIRE CEDER

Jurgen Ceder a décidé de se retirer de la liste électorale NV-A de Dilbeek suite à la polémique déclenchée par son passé sulfureux au Vlaams Blok. « Cela nous a fait mal » a déclaré De Wever.

(Belga)

.Suite aux nombreuses tensions suscitées, l'un de ces nouveaux arrivants, Jurger Ceder a préféré se retirer de la liste des communales à Dilbeek. Son passé et sa nouvelle étiquette avaient été violemment critiqués ces derniers jours (lire nos différents articles à ce sujet).

Selon le président de la NV-A, Jurgen Ceder a pris personnellement la décision de se retirer de la liste parce qu'il ne voulait pas être « l'arme dans les mains des adversaires politiques du parti ».

Interrogé sur le passé sulfureux de Ceder, De Wever tient à mettre les choses au clair : « J'ai l'intime conviction que Ceder a rompu avec le passé. Il n'est pas raciste, mais par une campagne haineuse injuste, il n'a malheureusement pas eu la chance de le prouver ».

Et de fustiger les médias : « Une partie de la presse essaie de nous dire tout ce qu'il faut prendre. Cela nous a fait mal », conclut-il.

JURGEN CEDER EST UN «CHIC TYPE»

« Quelqu'un qui peut me convaincre qu'il a changé et veut coopérer de manière positive à mon projet, je suis humainement tenté de lui offrir une deuxième chance », a aussi déclaré le président de la NV-A en marge d'une conférence de presse sur la politique migratoire à Anvers.

Aux yeux de M. De Wever, Jurgen Ceder a « réellement rompu » avec le Vlaams Belang.

Bart De Wever a laissé entendre que M. Ceder avait été approché par un autre parti pour les communales à Dilbeek. Il a dénoncé une « chasse aux sorcières », qualifiant l'ancien idéologue du VB de «chic type» pour avoir choisi de se retirer afin de ne pas servir d'arme contre son propre parti.


M. De Croo: "Il ferait mieux de se regarder dans le miroir et de se demander comment son parti doit se comporter avec l'extrême-droite".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

EEN MAN, EEN VOLK, EEN TAAL

Tandis que les Wallons pêchent à la ligne le long des fraiches rivières assis sur leur bac de jupiler, que les Flamands sont à leur Vlaamse Kust à s'empiffrer de gaufres, de glaces, de moules, et que les Bruxellois pataugent à Hofstade, à Bruxelles-plage ou à la foire du midi, il se passe quelque chose de gravissime dans le plat pays: la N-VA tel le monstre de Frankenstein se transforme en N-VB.

 BHV à peine ficelé et digéré, voilà qu'on parle soudain sans tabous de choses biens plus inquiétantes: la fusion virtuelle de la droite extrême et de l'extrême-droite, le statut de Bruxelles et l'indépendance pour 2014.

Cet homme qui se dit blessé, quand il apparait au grand jour qu'il déroule le tapis rouge aux oukases du Vlaams Belang, est dangereux!. Ceder est « Quelqu'un qui peut me convaincre qu'il a changé et veut coopérer de manière positive à mon projet" et si ce quelqu'un était, avec ses trente ou quarante petits camarades en train de changer ce projet, justement?

Enfin BDW tombe le masque, mais apparemment cela n'enlève rien à sa popularité en Flandre: au contraire!

MG

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