dimanche 1 juillet 2012

« Non, je ne veux pas d'une Egypte islamiste »






La place Tahrir a explosé de joie à l'annonce de la victoire de Mohamed Morsi. Plus discrets, des Egyptiens ont aussi exprimé leur crainte.

POURQUOI LA PLACE TAHRIR EST EN LIESSE ?

Mohamed Morsi, est le premier islamiste à accéder à la tête de l'Egypte. Il est aussi le premier président à être élu démocratiquement. « C'est aujourd'hui le premier jour de la véritable chute du régime », a déclaré un Egyptien à France 24 .

En effet, tous les prédécesseurs de Mohamed Morsi étaient tous issus des rangs de l'armée. Le rival de Mohamed Marsi, Ahmad Chafiq, avait notamment le soutien des réseaux de l'ancien parti de M. Moubarak. Beaucoup de révolutionnaires craignaient donc le retour d'un membre de l'ancien régime.

C'est pourquoi la victoire de Mohamed Morsi a donc été saluée par une explosion de joie place Tahrir au Caire, où des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées en scandant notamment « Allah akbar ! » (Dieu est le plus grand).

POURQUOI LES EGYPTIENS ONT ENCORE PEUR ?

Les Egyptiens ont voté par défaut, ils avaient le choix entre un islamiste Mohamed Morsi ou un candidat issu du régime Moubarak, Ahmad Chafiq.

Les Egyptiens craignent que leurs libertés soient restreintes, que le président islamiste, Mohamed Morsi, impose la charia, la loi islamique, qui codifie à la fois les aspects publics et privés de la vie d'un musulman.

« Je ne reconnais plus mon pays a confié une jeune Egyptienne » à France 24.« C'est horrible ! L'Égypte aujourd'hui est tombée. Non, je ne veux pas d'une Égypte islamiste. D'ailleurs, j'ai de la famille en Allemagne, je compte partir du pays au plus vite, et revenir quand il y aura une démocratie, » jure une autre Egyptienne.

POURQUOI LA MARCHE DE MANOEUVRE DU PRESIDENT EST REDUITE ?

Fort d'une légitimité acquise dans une élection où les Egyptiens ont pu pour la première fois choisir leur président librement, le chef de l'Etat disposera toutefois d'une marge de manœuvre très réduite face au Conseil militaire. Dans une « Déclaration constitutionnelle complémentaire », l'armée a en effet récupéré le pouvoir législatif après la dissolution à la mi-juin de l'Assemblée nationale, contrôlée par les islamistes, en vertu d'un jugement déclarant illégal le mode de scrutin. Toute réforme restera donc, jusqu'à l'élection d'une nouvelle Chambre des députés, à une date non précisée, soumise au contrôle des militaires.

L'armée garde également un droit de regard sur la rédaction de la future Constitution, ainsi que des prérogatives importantes en matière de sécurité et de maintien de l'ordre dans ce pays de quelque 82 millions d'habitants.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SHARIA 4 EGYPT?

"Les Egyptiens craignent que leurs libertés soient restreintes, que le président islamiste, Mohamed Morsi, impose la charia, la loi islamique, qui codifie à la fois les aspects publics et privés de la vie d'un musulman. "

Décidément, on ne parle plus que de l'islamisme volontiers triomphateur.

A mettre les choses au pis on pourrait très bien, dans les dix ans qui viennent, se retrouver dans un terrible face à face entre un islamisme partout triomphant et dominateur et un populisme nationaliste, voire militariste d'extrême-droite qui monte, qui monte partout en Europe (Wilders, Le Pen, N-VA etc) et aux USA: les Tea parties.

Ce qui est certain c'est que notre chère démocratie qui est dans le collimateur des islamistes comme des radicaux de la droite extrême ne survive pas à cette double attaque venant, hélas de la base, de plus en plus mécontente de la détérioration de son niveau de vie, surtout en Europe! A suivre de très près!

MG


MORSI SAYS HE WILL WORK FOR RELEASE OF SHEIK JAILED IN U.S.

By DAVID D. KIRKPATRICK (NYT)

CAIRO — President-elect Mohamed Morsi of the Muslim Brotherhood pre-empted the military’s choreographed swearing-in ceremony by taking an oath of office a day early on Friday, in a televised speech to tens of thousands of supporters in Tahrir Square.

But a promise Mr. Morsi made as part of his speech may provoke Washington: to work for the release of Sheik Omar Abdel Rahman, the Egyptian-born militant Islamist convicted after the 1993 World Trade Center attack of plotting to bomb several New York City landmarks.

Mr. Morsi referred briefly to Mr. Abdel Rahman in an almost offhand aside in the context of a vow to free Egyptian civilians imprisoned here after military trials under the rule of the generals. “I see signs for Omar Abdel Rahman and detainees’ pictures,” he said. “It is my duty and I will make all efforts to have them free, including Omar Abdel Rahman.”

A Brotherhood spokesman said later that Mr. Morsi intended to ask federal officials in the United States to have Mr. Abdel Rahman extradited to Egypt on humanitarian grounds. He was not seeking to have Mr. Abdel Rahman’s convictions overturned or calling him a political prisoner.

An Obama administration official, speaking on the condition of anonymity, shrugged it all off as empty talk, saying, “There is zero chance this happens.”

Egyptians were far more concerned about the spectacle of the speech in Tahrir Square — the proving ground of the country’s revolution — as the latest power play in the standoff between the Muslim Brotherhood and the ruling generals over Egypt’s future.

(...)The Brotherhood and Mr. Morsi demanded that the swearing-in take place before a reinstalled Parliament, as did thousands of their supporters who have occupied Tahrir Square for more than a week demanding the return of Parliament and the withdrawal of the interim charter.

“I am here today with you, with the Egyptian people,” he said. Later, pulling open his sport coat, he said: “I have nothing to protect me from any bullets. I fear God almighty and then I work for you.” The moment was in vivid contrast to Mr. Mubarak’s heavily guarded public speeches.

(...)In an interview with Shadi Hamid of the Brookings Doha Center, Mr. Morsi once said he harbored suspicions that unknown hands might have played a role in the attacks on the World Trade Center on Sept. 11, 2001.

“When you come and tell me that the plane hit the tower like a knife in butter, then you are insulting us,” Mr. Morsi said, according to an article Mr. Hamid wrote in Foreign Policy magazine. “How did the plane cut through the steel like this? Something must have happened from the inside.”

Although it is nearly impossible to find an Egyptian who supports terrorist attacks like those on Sept. 11 or the 1993 car bombing of the World Trade Center garage, many are very skeptical of official American accounts about who was responsible.

Mr. Morsi’s pledge to seek Mr. Abdel Rahman’s extradition may also play well with Egyptians who perceived Mr. Mubarak as a lackey to Washington. But it runs sharply counter to assiduous efforts over many years by Brotherhood leaders to convince the West that their group advocates only peaceful reform and does not condone violence.

Mr. Abdel Rahman, who is blind, is serving a life sentence at a federal prison in North Carolina. He was convicted of conspiring to conduct a war of urban terrorism against the United States through acts that included the 1993 World Trade Center bombing, though he was not accused of helping to carry out that attack. He was also convicted of plotting to kill Mr. Mubarak during a planned visit by the Egyptian leader to New York in 1993 that never materialized.

Mai Ayyad contributed reported from Cario, Benjamin Weiser from New York, and Mark Landler from Washington.






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