lundi 16 juillet 2012

TOT UW ORDERS !




Christine Laurent - Rédactrice en chef du Vif/L'Express



Il se fait peut-être rare au parlement flamand ou au Parlement fédéral, mais en stoemelings il est bien présent sur tous les fronts, Bart De Wever. Ainsi, depuis plusieurs semaines, mine de rien, il a réussi à semer une véritable pagaille au sein du gouvernement flamand.

Pas l'ombre d'une proposition qui trouve grâce à ses yeux. Nul, cet exécutif dirigé par Kris Peeters ! Ambiance délétère, règlements de comptes, foire d'empoigne... Après avoir plombé pendant des mois le moral des francophones, De Wever hante désormais les nuits des partis flamands. Un véritable cauchemar. Passé maître dans l'art du mouvement en politique, donc des surprises, il a toujours un coup d'avance. Et si sa silhouette n'est plus que l'ombre de celle rubiconde qu'il affichait encore il y a quelques mois, il n'a rien perdu de son mordant. Toujours plus vindicatif, pugnace... et destructeur. Sa tactique ? Le rampant.

Ces occupations plein temps au Nord ne l'ont pas détourné pour autant de sa mission sacrée : ébranler, pour mieux les voir s'effondrer un jour, les derniers piliers de la Belgique de papa. Alors la fusion de l'armée belge avec l'armée néerlandaise, il est bien entendu pour, De Wever. Une Leger van de Lage Landen, le rêve ! Non seulement, elle permettrait de « réaliser des économies d'échelle », mais elle favoriserait « une spécialisation de nos soldats et sauverait ainsi notre présence dans les opérations militaires hors de nos frontières », dixit le député N-VA Bert Maertens. Le projet figure en bonne place dans le programme du parti nationaliste qui ne plaisante pas quand il s'agit de torpiller la Belgique unitaire. Quand on sait que la N-VA est créditée de plus de 40 % des intentions de vote pour les prochaines communales et qu'à elle seule elle recueille autant de voix que les trois partis traditionnels, CD&V, Open VLD et SP.A réunis, ça fait un peu froid dans le dos. (...)

WAT OPVALT TUSSEN DE STOERE TAAL VAN DE WEVER DOOR: ZIJN TWIJFEL

Aan media-aandacht heeft de N-VA-leider geen gebrek, het is tegenwoordig zelfs moeilijk om niet op de hoogte te zijn van de vorderingen in zijn dieetkuur.

Zijn drang naar erkenning is ongelooflijk groot. Erkenning omdat hij het land gered heeft van het Vlaams Belang, iets waar hij naar eigen zeggen meer dan gelijk wie voor in de weer is geweest.

Ook opvallend: zijn isolationisme. 14 oktober belooft weinig goeds. Omdat De Wever vorig jaar tijdens de federale onderhandelingen geen keuze kon maken, hebben de drie Vlaamse beleidspartijen onder elkaar de gemeenten verdeeld. CD&V, sp.a en Open Vld sloten elk waar kon voorakkoorden. N-VA staat bijna overal aan de zijlijn.

Wat meest opvalt: zijn twijfel, tussen alle stoere taal door. Het lijkt alsof alles wat de historicus doet uiteindelijk draait om één opdracht: zijn afspraak met de geschiedenis niet missen. En daar knelt het schoentje.

(...)De Wever heeft het over een 'uitzonderlijk leider' die nodig is om de crisis in zowel Europa als eigen land te bezweren. Iemand die elke dag in de chaos de juiste beslissingen neemt. En dat hij dus twijfelt, en op een bepaald moment zal moeten beslissen: 'ja of nee'. Of hoe simpel de complexiteit van onze politieke toestand soms samengevat kan worden.

Wouter Verschelden
Hoofdredacteur De Morgen


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MAIS QUI DONC EST BART DE WEVER?

Le moment est venu de poser la question car l'homme qui prend de plus en plus de place dans le paysage médiatique et politique flamand semble de plus en plus obsédé par sa mission: libérer sa chère Flandre de son ancrage belge et l'éloigner pour de bon de tout ce qui la lie encore à des structures plus ou moins francophones et de gauche. BDW est un nationaliste et un populiste invétéré.

Il est né le 21 décembre 1970  à Mortsel, dans la banlieue d'Anvers dans un milieu petit bourgeois( de père cheminot, de mère commerçante) politiquement proche de la Volksunie, (parti nationaliste flamand) qui défend fortement les revendications flamandes. La famille De Wever demeurait dans un appartement situé au-dessus des locaux du Vlaams Nationaal Jeugdverbond (mouvement de jeunesse indépendantiste flamand) dont ses parents étaient concierges. Adolescent, il sera membre de ce mouvement. .Son grand-père avait été secrétaire du Vlaams Nationaal Verbond, le célèbre VNV d'extrême-droite, reconnu parti unique par l'occupant nazi (lors d'une interview, Bart De Wever tempéra le passé de son grand-père en affirmant qu'il n'avait pas réalisé d'actes de collaboration).

Son frère, Bruno De Wever, deviendra comme lui, un historien s'intéressant de près au nationalisme flamand.

Bart De Wever obtient, lui aussi une licence d'histoire à la Katholieke Universiteit Leuven. Durant ses années d'études, il est membre du Liberaal Vlaams Studentenverbond (Fédération des étudiants libéraux flamand: un détail qui vaut son poids de gaufres chaudes quand on sait combien il est proche des thèses du mouvement ultra libéral des Tea Parties). et des sections d'Anvers et de Louvain du Katholiek Vlaams Hoogstudentenverbond (KVHV, Union des étudiants catholiques flamands, 1991-1994).

En 1996, il est élu membre du conseil communal de la ville de Berchem et exerce un mandat d'assistant en histoire à la KUL. Il participe, en tant que collaborateur scientifique, à l’élaboration de la Nouvelle Encyclopédie du Mouvement flamand.

Il prépare un doctorat dont le sujet de thèse est-on l'aurait deviné- « Le Mouvement nationaliste flamand de l'après-guerre ». Il abandonne finalement cette thèse de doctorat pour se consacrer entièrement à la politique.

En 2001, à 41 ans, Bart de Wever fonde, avec Geert Bourgeois, la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA). Ce parti naît de l'éclatement de la Volksunie, parti nationaliste flamand qui a fait plusieurs fois partie du gouvernement belge. Comme la Volksunie, la N-VA défend les intérêts de la Flandre et milite pour son indépendance.

En 2004, la N-VA fait alliance avec le CD&V, un cartel qui présente une liste commune aux élections régionales de 2004. Le cartel CD&V-N-VA remporte ces élections et devient la formation dominante du gouvernement de la région flamande. Yves Leterme, du CD&V, en est le président. Bart de Wever est lui élu député au parlement flamand et il devient président de la Nieuw-Vlaamse Alliantie, qui résulte d'un simple maquillage sémantique de Volksunie.

Le 6 janvier 2005, il attire l'attention du grand public en menant un convoi de 12 camionnettes dans le sud du pays. C'est le nombre de véhicules qui serait, selon son parti, nécessaire pour transporter, en coupures de 50 euros, l'argent "transféré" chaque année par la région flamande aux régions wallonne et bruxelloise. Il fait symboliquement verser ce faux chargement au pied de l'ascenseur à bateaux de Strépy-Thieu, situé en région wallonne. Par ce geste poujadiste, Bart de Wever veut dénoncer les transfert financiers de la Flandre vers la Wallonie. "Je voulais signifier que la Flandre est prête à une solidarité efficace, mais pas à des transferts sans fin et sans conditions. ».

Aux élections communales de décembre 2006, il est élu au conseil municipal de la ville d'Anvers. (2006 à 2012)Aux élections législatives de juin 2007, Bart de Wever figure en deuxième position sur la liste  du cartel CD&V-NVA menée par Inge Vervotte dans l'arrondissement d'Anvers. Il est élu député fédéral. Le cartel CD&V-N-VA devient le groupe le plus important à la Chambre des Représentants de Belgique, avec 30 députés, dont 5 de la N-VA. Bart de Wever participe dès lors, aux côtés d'Yves Leterme, chef de file du Cd&V, aux discussions avec les autres partis pour former un nouveau gouvernement dans un climat de crise politique aigüe

En août 2007, alors qu'il se rend à la table des négociations, Bart De Wever, déclare que l'enlisement des débats sert la cause de son parti.

Les négociations aboutissent finalement en mars 2008, à la formation du Gouvernement Leterme I, une coalition composée de cinq partis. La N-VA refuse de participer à ce gouvernement mais vote cependant la confiance et demeure l'allié du Cd&V, Bart de Wever regrette le peu d'engagements concrets des partis en vue d'une réforme de l'État.

Durant toute cette période, la fermeté de Bart de Wever sur la question de la réforme de l'État et sa défense des intérêts communautaires séduisent de nombreux Flamands et renforcent  le crédit électoral de son parti.

Pour faire avancer la réforme de l'état, le premier ministre Yves Leterme propose de dialoguer de communauté à communauté. Sa stratégie est jugée trop laxiste par la N-VA. A la mi-août, Bart de Wever juge ainsi les résultat des discussions sur la restructuration de l'État très insatisfaisants

Le chef du gouvernement présente au roi sa démission le 15 août 2008. Ce dernier la refuse et Yves Leterme reste au pouvoir.

Le 21 septembre 2008, réunie en congrès à Gand, la N-VA décide de la scission du cartel avec le CD&V et rejoint l'opposition.

Bart de Wever reproche au Cd&V de ne pas tenir ses promesses électorales concernant la réforme de l'État et de faire trop de concessions aux francophones : « (...) On ne mange pas de ce pain-là : nous tenons nos promesses face à électeurs. Donc, on ne pouvait que quitter le CD&V. ».  Le CD&V ne semble pas avoir compris que dans une Flandre de plus en plus sécularisée, le C de Christen-Democratisch en Vlaams a beaucoup perdu de son impact sur le grand public. En somme la N-VA est une sorte de démocratie chrétienne sécularisée, c'est à dire déchristianisée mais hardiment nationaliste.

La frontière entre droite et extrême droite se brouille de plus en plus. Les gtransfuges libéraux vers la N-VA en attestent à l'évidence.  Les militants les plus droitiers du CVP qui avaient été attirés par l'aimant Verhofstadt, quittent désormais le VLD pour la rejoindre la N-VA.

POPULARITE RECORD EN FLANDRE

Lors des élections régionales du 7 juin 2009, Bart de Wever est élu député du parlement flamand avec 123.155 La N-VA obtient 16 députés sur 124 et est le 5e parti de Flandre.  De Wever négocie une tripartite, avec les sociaux chrétiens du CD&V et les socialistes du Sp.a, pour diriger la Région flamande. Deux membres de la N-VA, Philippe Muyters et Geert Bourgeois sont nommés ministres dans ce gouvernement.

En 2009, Bart de Wever participe au très populaire jeu télévisé, «de slimste mens ter wereld » (« l’homme le plus futé au monde ») sur la chaîne flamande VRT. Ses prestations brillantes et facétieuses  renforceront encore sa popularité.

Fin avril 2010, le Gouvernement Leterme II tombe sur le dossier communautaire de Bruxelles-Hal-Vilvorde, suite au retrait de l'Open VLD qui cherche par ce geste à se radicaliser.

Le 13 juin 2010, aux élections législatives fédérales, Bart de Wever est élu sénateur avec 785.771 voix de préférence. La Nieuw-Vlaamse Alliantie, dont il est le président, devient le premier parti de Flandre avec 17,40 % des suffrages  belges et 27 sièges sur 150 à la chambre des représentants. Son parti devient  ainsi un acteur central en vue de la formation d'une majorité parlementaire et d'un gouvernement de coalition.

Le 17 juin 2010, Bart De Wever est nommé informateur par le roi. Il n'arrivera pas à s'entendre avec le parti socialiste francophone (PS), qui a recueilli le plus de suffrages au sud du pays leur  préférant les libéraux (MR et Open VLD). Sa mission échoue, volontairement.

Alors commence la crise politique la plus longue de l'histoire de Belgique.

Au nord du pays, les partis flamands engagés dans les négociations ne veulent pas, contrairement à la N-VA, de la création d’un État républicain flamand, même s'ils approuvent les réformes à court terme demandées par la N-VA, (le transfert des compétences fédérales vers les régions et communautés et une plus grande autonomie financière des entités fédérées)

Le Roi confiera alors à Elio di Rupo, chef du parti socialiste francophone, une mission de formation. Di Rupo finira par réussir mais après bien de péripéties.

Lucide, Charles Picqué (PS), ministre-président francophone de la Région bruxelloise commente : « En aucun cas, il ne faut créer les conditions ou prendre l'initiative d'une scission du pays. Mais il serait irresponsable de ne pas se préparer à l'éventualité d'un divorce. ».

En Flandre. D'après tous les sondages Bart de Wever est de loin l'homme politique le plus apprécié: la N-VA a le vent en poupe.

 Pour Paul De Grauwe, professeur d’économie à la KUL et à la London School of Economics le noeud du problème c'est que « la N-VA ne veut  conclure aucun accord. Ce parti paralyse l’activité politique, il vise les élections, il ne veut pas souscrire à un compromis. »

La Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA), le parti de Bart de Wever, souhaite clairement l'indépendance de la Flandre, négociée dans le cadre européen (point n°1 de son programme)

 Pour le politologue anversois Dave Sinardet : « Bart De Wever ne tient plus un discours nationaliste traditionnel, qui demande l’autonomie au nom de l’existence d’une nation flamande.  Il parle à peine d’identité flamande ; son argument favori c'est que la Belgique ne fonctionne plus.». "l'évaporation du pays est une issue logique qui va se réaliser progressivement" (...) Ce n'est pas une circonscription fédérale qui pourrait changer le cours de l'histoire. Mais il y a beaucoup de problèmes comme le statut de Bruxelles. Je suis un conservateur. Pas un révolutionnaire."

UNITED STATES OF BELGIUM

11 juillet 2012

 «Mon objectif est que la Belgique disparaisse sans que personne ne s'en aperçoive. Avec la Flandre et la Wallonie, nous avons déjà deux Etats qui fonctionnent avec chacun son Parlement et son gouvernement. A Bruxelles, le Premier ministre ne préside plus qu'une vaine conférence diplomatique. Il faut laisser le processus aller jusqu'à son terme.» (juin 2010).

Le 30 novembre 2010, lors d'une conférence au cercle de Wallonie, il s'y présente  comme un conservateur pur et dur.

La différence en droite extrême et extrême-droite s'estompe de plus en plus.

Pour Meyrem Almaci (Groen), la N-VA offre  un visage démocratique à certains membres extrêmes du Vlaams Belang – ex Vlaams Blok - sans que ceux-ci ne renient les prises de position antidémocratiques de ce dernier.

Pour Wouter Verschelden (De Morgen) le leader de la  N-VA-leider se laisse griser par son omniprésence médiatique. Il serait également obsédé par un besoin de reconnaissance pour avoir, selon lui, débarrassé la Flandre du Vlaams Belang. En vérité il l'a avalé comme la baleine, Jonas. Selon le même, le plus surprenanat serait que BDW se coimplaise de plus en plus dans l'isolationisme. De fait, dans la plupart des communes, CD&V, sp.a et l'Open Vld concluent des pré accords électoraux qui excluent la N-VA.

Tout se passe comme s'il n'était plus obsédé que par une seule chose: son rendez-vous avec l'histoire aux élections régionales de 2014.

Il se vit de plus en plus comme le sauveur qui doit guider la Flandre à travers les crises qui vont l'assaillir dans les années à venir: "een uitzonderlijk leider om de crisis in zowel Europa als eigen land te bezweren."

'N-VA MAG HET VLAAMS BELANG DANKEN'

REUTERS

Het succes van de N-VA is voor een deel toe te schrijven aan de figuur van Bart De Wever en aan het afkalven van de traditionele partijen, maar ook aan de overdreven onverdraagzame houding van het Vlaams Belang. "De N-VA mag het VB danken", zo schrijft Vlaams Parlementslid Bart Caron (Groen) op zijn blog.

Caron probeert een verklaring te zoeken voor het succes van de N-VA. Volgens hem ligt een deel van de verklaring bij het afkalven van de drie traditionele partijen CD&V, Open Vld en SP.A.

Maar de N-VA moet volgens Caron ook het Vlaams Belang dankbaar zijn. Die partij is te ver gegaan in haar onverdraagzame houding. "Het Vlaams Belang heeft net te diep gegraven in de onverdraagzame ingewanden van Vlaanderen", aldus Caron.

Daarnaast speelt de N-VA, volgens hem, in op de "anti-establishmenthouding en anti-Waalse onderstroom" in Vlaanderen. Op die manier weet de partij "op een slimme wijze de onderbuik van Vlaanderen te beroeren". "Niet racistisch, maar etnocentrisch. Wij zijn de beste van de wereld en dus de norm", aldus Bart Caron.

Tot slot speelt volgens Caron ook het "zeer aparte maar grote charisma van de leider (Bart De Wever, red.)" een rol. Al begrijpt hij niet goed hoe iemand als De Wever zo populair is kunnen worden. "Dat laat ik over aan psychologen", zegt hij. "Maar een ster is hij ongetwijfeld".

Caron verwacht verdere electorale succesen van de N-VA, maar tracht dat succes meteen te relativeren. "Vlaanderen zal er straks totaal anders uitzien, qua politieke evenwichten althans. Voor de rest... we trekken er ons geen kl... van aan. En dan staat er wel een nieuwe politieke ster op", besluit de Groen-politicus.

Lees de blog van Bart Caron

Bart Caron@BartCaron

De Feestdag van N-VA. Over BDW, de onderbuik van Vlaanderen en nationaal-individualism. Een blog op bit.ly/NhVXsF

Meyrem Almaci

Meyrem Almaci is Kamerlid voor Groen.

LA N-VA SERT DE VERNIS DEMOCRATIQUE A DES PURS ET DURS DU BLOK

Pour Meyrem Almaci (Groen), la N-VA offre un visage démocratique à certains membres extrêmes du Vlaams Belang – ex Vlaams Blok - sans que ceux-ci ne renient les prises de position antidémocratique de ce dernier.

Filip Dewinter (Vlaams Belang) en Bart De Wever (N-VA)© Belga

Il faut l’admettre, la valse des membres entre partis n’a rien de bien nouveau. La manœuvre est même courante et plus particulièrement en période préélectorale. Certains changent même de partis comme de chemise en suivant la mode électorale du moment. Pourtant avec le transfert de Jurgen Ceder du Vlaams Belang, on franchit une nouvelle frontière.

Jurgen Ceder est officiellement un de co-auteurs du plan en 70 points réactualisé, l’un de membres de la direction du VB et le chef de son service juridique. Dans sa jeunesse, Ceder était aussi président de la NSV. Un groupement étudiant qui se disait apolitique, mais qui n’a jamais voulu adhérer à la loi contre le racisme. La NSV a marqué de son empreinte divers incidents violents. Le plus célèbre est la rixe dans les couloirs de l’assemblée étudiante de Louvain. Lors des troubles, un étudiant souffre d’une fracture ouverte. A l’époque, de nombreux témoins désignent Ceder comme coupable. L’assemblée avait pourtant interdit l’allocution de la NSV car, selon elle, cette dernière était raciste, fasciste et proapartheid. Pour étayer ses accusations, l’assemblée avait mis en avant des extraits du magazine du mouvement, « Signal ». Pour la petite histoire, ce dernier portait le même nom que le magazine de propagande des nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Ce qui fait tout de même beaucoup de coïncidences pour que cela relève du pur hasard.

On pourrait raconter le même genre d’histoires sur Karim Van Overmeire (ex-Voorpost, ex- présidente des jeunes VB, co-auteur du plan en 70 points, membre depuis 30 ans) et Bruno Stevenheyndens (ancien - NSV, membre depuis 25). Ces mêmes personnes, certes après une courte période de quarantaine, se seraient métamorphosées en politicien respectable. Tout le monde peut changer au cours de son existence. Mais avec des casseroles comme ceux que traînent ces messieurs, une déclaration publique pour prendre leurs distances envers les prises de position racistes du VB devrait être une obligation sine qua non de tout transfuge vers un autre parti. On parle tout de même ici d’un parti qui a été jugé pour ses appels à l'intolérance.

Depuis la liste des transfuges du VB ne fait que s’allonger. Parmi les dernières recrues, certaines ont été actives durant toute leur vie d’adulte dans des milieux fascistes et ont été des membres actifs dans la direction du VB. Les procédures d’adhésion au sein de la N-VA sont extrêmement floues. Tout au plus signale-t-on que les racistes ne sont pas les bienvenus. Étrange, lorsque Ceder lui-même ne cesse de dire que son passage vers la N-VA n’est pas un rejet des idées anti-démocratique de son ancien parti, mais bien une volonté de rejoindre un parti qui pourrait briser le joug des partis traditionnels. Il continue donc à soutenir le contenu du programme du VB et l’idée de démissionner ne lui serait venue que suite aux luttes intestines au sein du VB. Le transfert de certaines figures comme Ceder est bien plus qu’un fait divers. La N-VA essaye coûte que coûte de devenir un parti populaire au sens large. Même s’il semble évident qu’il ne s’agit pas ici de toute la population.

NB : Le programme du parti en 70 points fut, jusqu’au début des années nonante, le guide du Vlaams Blok pour résoudre le "problème des étrangers". Ce dernier viole à plusieurs reprises la Convention européenne des Droits de l’Homme. Fin 1998, suite à l’adoption par la Chambre d’une proposition de loi visant à refuser l’octroi d’une partie des subsides aux partis qui ne respectent pas la Convention européenne des Droits de l’Homme, le VB est contraint de le modifier et d’arrondir les angles, et ce, même s’il reste dans la ligne du précédent.





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