mardi 31 juillet 2012

Une majorité d'Allemands pensent qu'ils seraient mieux sans l'euro




AFP et La Libre

Le sondage montre également que 71% des Allemands demandent que la Grèce sorte de la zone euro si elle ne tient pas ses promesses d'austérité.

Une majorité des Allemands pensent que leur pays serait en meilleure situation sans l'euro, selon un sondage paru dimanche, alors que le ministre de l'Economie a répété ses doutes sur le maintien de la Grèce dans la zone euro. Selon le sondage Emnid pour l'hebdomadaire Bild am Sonntag, 51% des Allemands pensent que l'économie de la première puissance européenne serait dans une meilleure situation si elle ne faisait pas partie des 17 pays de la zone euro.

Vingt-neuf pour cent pensent que la situation serait pire. Le sondage montre également que 71% des Allemands demandent que la Grèce sorte de la zone euro si elle ne tient pas ses promesses d'austérité. Le ministre allemand de l'Economie Philipp Roesler a de son côté estimé dans un entretien au journal qu'il y avait "des doutes considérables sur le fait que la Grèce tienne ses promesses de réformes".

"La mise en oeuvre (des réformes) est hésitante. Aucune administration fiscale fonctionnelle n'a encore été mise en place. En outre, il n'y a eu pratiquement aucune avancée dans la privatisation des biens publics promise. Si la Grèce ne remplit pas ses obligations, il n'y aura plus d'argent. Le pays sera alors insolvable", a déclaré M. Roesler.

Les bailleurs de fonds (UE, BCE, FMI) sont actuellement en Grèce pour évaluer les progrès du gouvernement dans la conduite de ces réformes. Leur rapport déterminera si la Grèce recevra la prochaine tranche de 31,5 milliards d'euros du programme d'aide nécessaire pour maintenir son économie à flot.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA FIN DU JAMBON

On jurerait entendre De Wever exprimant son mépris de tout ce qui n'est pas flamand. Lui aussi introduirait volontiers le DM en Flandre, pourvu qu'il n'ait pas cours en Wallonie.

Il faut savoir que ces constatations émanent de Bild Zeitung, le tabloïd allemand le moins sérieux et plus vendu, (tirage plus de 4 millions d'exemplaires).

Un internaute fâché ajoute avec à propos: "L'Euro a été sculpté selon leurs désirs quasiment exclusivement... Au grand malheur de la plupart des autres pays... Et maintenant ces messieurs-dames voudraient revenir au Reichsmark sans doute ?"

Un autre en remet une couche, si j'ose dire:

"L'aveuglement mortifère d'une population de "petits vieux" profondément égoïstes et conformistes.
Dans quelques années, ils ne trouveront même plus de garde-malades pour venir leur changer leurs langes "3e âge" à force de racisme primaire : la population allemande a déjà entamé sa propre disparition, faute de renouvellement des générations." Et c'est pareil pour la Flandre!

Autre constatation:  « les exportations allemandes hors UE chuteraient vertigineusement si ils n'avaient pas l'euro»

"De toutes façons, leurs exportations vont chuter, puisque leurs clients sont en faillite."

"Vivement un gouvernement européen digne de ce nom, nous avons déjà un parlement mais seulement devraient pouvoir y siéger des élus de partis ayant présenté des candidats dans tous les pays de l'union, pour éviter un phénomène que nous ne connaissons que trop bien en Belgique."

Ce dernier commentaire rencontre notre analyse. Selon nous, ce qu'on nous prépare c'est une zone euro plus restrictive et plus exclusive qui comprendrait la RFA, la Hollande, les pays scandinaves, le Bénélux mais pas forcément la France.

Il ne serait pas mauvais qu'on prenne un peu de hauteur comme nous y invite Attali avec le dernier post publié sur son blog magistral.

MG


G0

Paru dans L'Express | Publié dans Nouvelle Economie  sous la signature de Jacques Attali

D’une passionnante conférence, réunissant, sans autre but que d’échanger des idées, quelque-part aux Etats-Unis cette semaine, une trentaine de personnes d’une quinzaine de nationalités, je retiens quelques conclusions peut-être utiles à nos débats.

1. Il y a peu d’endroits au monde où l’on puisse ainsi faire venir pour deux jours, sans autre agenda que de réfléchir ensemble, les plus grands patrons et innovateurs de la Silicon Valley, les plus hauts responsables de quelques-uns des plus grands fonds d’investissement mondiaux, quelques-uns des meilleurs économistes du monde anglo-saxon, des chinois professeurs de philosophie et d’économie, des scientifiques du monde entier en neuroscience, genomique, énergie, des medecins, des diplomates d’Afrique et d’Inde, et seulement deux européens, dont une personnalité essentielle de la vie publique allemande. Sans communiqué. sans note, ni document préparatoire.

Et ce qui suit ne sont que quelques unes de mes conclusions personnelles.

2. L’Amérique doute d’elle-même, en ce que ses élites commencent à comprendre que son système politique est aujourd’hui totalement paralysé par l’importance des dépenses électorales, qui mettent l’exécutif et le législatif entièrement entre les mains d’intérêts particuliers et empêchent de prendre toute décision impopulaire, en particulier pour réduire les inégalités, qui vont encore croire.

3. La chine est vue à la fois comme une menace, remplaçant heureusement l’union soviétique disparue, et un modèle envié pour sa capacité à tenir compte du long terme dans ses décisions, ce que les démocraties ne peuvent faire.

4. L’Europe est considérée comme ayant déjà disparue de l’Histoire. PRESQUE PERSONNE NE CROIT QUE LES PAYS EUROPEENS, MEME S’ILS LE VOULAIENT, POURRAIENT ENCORE SAUVER L’EURO. ET BEAUCOUP PENSENT QUE LA DISPARITION DE LA MONNAIE UNIQUE EST UNE QUESTION DE MOIS SINON DE SEMAINES.

5. Pour tous, les principaux progrès à venir, qui sont gigantesques, viendront de la multiplication des réseaux réels et virtuels, de la capacité à maîtriser le stockage de l’énergie, de la capacité à apprendre, et de la possibilité de fabriquer à distance tout objet en 3 dimensions. Ils permettront de se concentrer alors sur le problème principal : comment apprendre mieux et plus vite ? Comment faire surgir une intelligence collective capable de penser plus vite que chacun des individus qui la composent ?

6. Devant ces progrès techniques immenses, les deux principaux défis pour le politique sont : faut-il avoir plus d’enfants, pour éviter d’avoir une société trop vieille, dépendant de trop peu de travailleurs ; ou faut-il au contraire en avoir moins, à un moment ou le progrès technique va faire disparaître un nombre considérable de métiers, sans les remplacer par d’autres.

7. Comment organiser une gouvernance mondiale dans laquelle tout le monde se reconnaisse sans espérer plus qu’une réorganisation de l’organisation des nations unies ?

A lire cela, on peut comprendre que le monde à venir, aux immenses promesses, ne sera dirigé ni par le G8 ni par le G20 ni par un G2 entre la Chine et les États unis, mais plutôt un G0 dans lesquels les pouvoirs appartiendraient aux entreprises, aux médias, aux ONG, aux cartels, dans un chaos dont nul ne peut promettre qu’il ne débouchera pas sur le pire.


Juncker : «La zone euro est prête à agir avec la BCE»

Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe.

Par Jean-Jacques Mevel 

Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe.Crédits photo : GEORGES GOBET/AFP
INTERVIEW - Le président de l'Eurogroupe s'inquiète de voir la zone monétaire prisonnière du débat politique allemand.

LE FIGARO. - Les résolutions du dernier sommet ont fait long feu, l'Espagne et l'Italie frôlent l'asphyxie financière, l'Euro revient dans la tourmente. Vous présiderez l'Eurogroupe jusqu'à la fin de l'année. Cinq mois décisifs?

Jean-Claude JUNCKER. - Les mois qui viennent seront tendus. Nous vivons sous la dictature de la courte vue. Les dirigeants sont poussés à réagir à tout, tout le temps, dans un feu d'artifice qui n'a rien à voir avec l'épaisseur des vraies questions. On ne se donne plus le temps de réfléchir. Moi, je prétends que les marchés se trompent aujourd'hui, comme ils se sont toujours trompés: lourdement. Pendant dix ans, ils ont fait croire que la Grèce se portait financièrement aussi bien que l'Allemagne! La crise donnera raison à ceux qui ont réagi dans le calme et la sérénité, pas à ceux qui ont suivi les hérésies et les bêtises du moment…

Quelles sont les décisions à prendre?

La zone euro en est à ce point où elle doit prouver par tous les moyens sa détermination à garantir la stabilité. Le monde parle de la monnaie commune comme si elle n'en avait plus que pour quelques mois. En Europe, nous n'avons que l'euro! Personne ne doit douter de la volonté collective des dix-sept pays. Personne ne doit penser que la politique est un mot creux.

Cela sauvera-t-il la Grèce?

Ceux qui croient qu'une sortie de la Grèce réglerait le problème se trompent. Ils ne comprennent rien aux causes profondes de la crise. La Grèce doit sûrement améliorer son bulletin de note. Mais personne ne peut ignorer l'énormité du coût d'une exclusion pour le reste de la classe, qu'il s'agisse de l'onde de choc ou du discrédit qui suivra. Tout le reste est de la basse politique.

L'Espagne est aux urgences. L'Eurogroupe a-t-il une solution?

Nous avons déjà traité le problème, vite et bien. L'Espagne consolide ses finances publiques et se réforme, tous les dirigeants européens vous le diront. Notre volonté est maintenant de séparer risque d'État et risque bancaire. Jusqu'à 100 milliards d'euros sont mis de côté pour ramener les banques espagnoles dans des eaux plus tranquilles. La question sera réglée. Nous n'allons pas nous agenouiller devant les faux médecins des marchés. Cela vaut aussi pour l'Italie.

Le trésor espagnol court à l'asphyxie: à 7 %, la charge des intérêts neutralise l'effet des économies budgétaires. Quel est le remède?

Les taux se calment depuis que le président de la BCE, Mario Draghi, a dit, sagement, que tout sera fait pour préserver l'euro. Pour ce qui est d'agir, nous déciderons à l'examen des marchés d'ici à quelques jours. Il n'y a plus de temps à perdre.

Le sommet de l'euro du 29 juin a écrit la prescription: des achats d'obligation d'État par le fonds de sauvetage sur le marché secondaire, en liaison avec la BCE. Est-il vrai que l'Allemagne résiste et que la France s'impatiente?

Je n'ai aucun doute que les décisions prises au sommet seront appliquées. Nous sommes arrivés à un point crucial. Mais il reste à préciser le rythme et la mesure. Nous agirons ensemble avec la BCE, sans toucher à son indépendance. Quand je dis «nous», il s'agit du fonds de sauvetage FESF, c'est-à-dire des dix-sept gouvernements. Je ne veux pas aiguiser l'appétit des marchés, mais comme l'a dit Mario Draghi, cela se traduira par des résultats.

Soulager les taux est une troisième tentative, après les plans grec, irlandais et portugais, puis le renflouement des banques espagnoles. Le traitement change, rien ne s'arrange?

Nous répondons à une contagion. Les investisseurs et les agences de notation devraient cesser de considérer qu'il n'y a qu'une série de problèmes à court terme. Tous les pays de la zone euro sont en train de tailler dans leurs déficits et de consolider leurs finances. C'est exactement ce que les marchés voulaient il y a quelques mois, mais ils l'ont apparemment oublié!

Pourquoi les marchés font-ils davantage confiance à la BCE qu'aux dix-sept gouvernements de l'euro?

La crédibilité de la BCE est sûrement plus élevée que celle de la classe politique européenne. Ce n'est pas le problème de la banque, mais celui des hommes politiques. La BCE est indépendante, elle ne prend pas ses instructions des gouvernements et elle n'a pas à réconcilier leurs points de vue. Si la banque s'exprime et que les marchés réagissent bien, cela me convient à merveille. Et croyez-moi, le président Draghi dit tout haut ce que les chefs de gouvernement pensent tout bas.

L'Espagne paie-t-elle la cacophonie des pays de l'euro?

Après chaque sommet, les présidents, les ministres et les autres adorent fournir des explications de politique intérieure à des décisions qui transcendent les frontières. Du coup, ils finissent par trahir l'esprit européen. C'est souvent stupide et parfois franchement nuisible. Une question parmi d'autres: comment l'Allemagne peut-elle se payer le luxe de faire de la politique intérieure sur le dos de l'euro? Si les seize autres pays en faisaient autant, que resterait-il du projet commun? La zone euro n'est-elle plus qu'une succursale de la République fédérale?

Cela vaut-il aussi pour la France?

En Allemagne, l'opinion s'est répandue que François Hollande serait un président velléitaire et dépensier, un négationniste du redressement en quelque sorte. En France, c'est Angela Merkel qui passe pour une «euro-individualiste». Je les connais bien tous les deux, je leur parle tout le temps. Ces idées simples peuvent frapper en politique intérieure. Mais elles sont fausses.

L'an prochain, Wolfgang Schäuble sera-t-il votre successeur à la tête de l'Eurogroupe?

Le ministre allemand me semble avoir toutes les qualités requises. Il n'est pas le seul, mais il pourrait s'y atteler sans problème. Nous avons besoin d'un vrai ministre européen des Finances, doté d'un pouvoir de veto sur les budgets nationaux…

Et qui contrôlera ce gardien?

C'est un sérieux problème de souveraineté nationale et de responsabilité démocratique. J'ai du mal à m'imaginer l'Assemblée nationale française acceptant sans broncher les oukases d'une officine à Bruxelles. Il faut réfléchir à une vraie procédure de légitimation du chef de l'Eurogroupe. Personne ne connaît la réponse et la question reste en plan.

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