jeudi 9 août 2012

Bruxelles: le sexisme s’invite dans la campagne





Le film de Sofie Peeters Femmes de la rue dans lequel elle montre comportements déplacés, insultes et propositions indécentes dont elle et d’autres femmes sont victimes dans le quartier Anneessens, n’a pas fini de faire réagir. C’est en tout cas ce qu’espèrent deux candidates CD&V à Bruxelles qui ont décidé d’arpenter le boulevard Lemonnier pour sensibiliser les hommes à la problématique du sexisme. “On est là pour poser des questions. Savoir s’il est normal qu’une femme seule ne puisse pas circuler sans se faire aborder, siffler ou insulter” , explique Bianca Debaets qui ajoute que toutes les femmes à Bruxelles ont déjà connu pareille situation.

Une manière de réaffirmer que l’espace public appartient à tout le monde : “Les hommes ont le droit de se balader main dans la main sans être ennuyés, tout comme les femmes ont le droit de mettre des jupes et des décolletés” , ajoute la candidate CD&V.

Les passants arrêtés se prêtent d’ailleurs facilement au jeu même s’ils jurent, par tous les saints, n’avoir jamais manqué de respect à une inconnue. “Je trouve ce genre de comportement lamentable. Je veux que ma femme puisse sortir comme elle veut à l’heure qui lui plaît sans être importunée”, fait valoir Marc.

À l’issue de la campagne de sensibilisation, Véronique Peters se dit satisfaite : “Personne n’a dit que ce sont les femmes qui provoquent les insultes, ce qui est déjà un bon début.” Reste que pour les candidates, si les amendes administratives peuvent être une arme contre ce type de comportement, il ne faut pas s’arrêter là. “Pour de nombreux jeunes d’origine étrangère, le sexe est un sujet tabou à la maison. Il faut absolument un lieu où l’on puisse répondre à leurs questions. Ce lieu pourrait être l’école ou les maisons de jeune” , conclut Bianca Debaets.

Nathan Gonze



Education sexuelle obligatoire à l’école
La Libre

Les centres de planning se réjouissent que l’Evras soit une mission scolaire.
L’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (Evras) va entrer dans les objectifs généraux de l’enseignement fondamental et secondaire inscrits dans le décret Missions de 1997, selon un projet de décret adopté fin juin 2012, à l’unanimité en commission de l’Education du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette modification décrétale vise à signifier clairement que l’Evras fait partie des missions de l’école. Tout établissement scolaire a dès lors l’obligation de prendre des initiatives en la matière.

L’autonomie d’action des établissements est toutefois préservée. "On pourra prendre en compte les réalités rurales ou urbaines, l’histoire ou le vécu des élèves", a commenté la ministre de l’Enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet (CDH). L’objectif est aussi d’envisager cette éducation sur l’ensemble de la scolarité, "dans le respect de soi et de l’autre et de l’égalité des hommes et des femmes". L’Evras devra se situer dans une approche globale intégrant les approches scientifiques et techniques, mais aussi les dimensions relationnelles, affectives, psychologiques, sociales et culturelles. Ce type de cours est déjà "bien ancré dans certains établissements, mais moins dans d’autres", a relevé Mme Simonet. Désormais, le rapport d’activités triennal de l’établissement scolaire devra mentionner les initiatives prises en la matière.

La Fédération des centres de planning familial des Femmes prévoyantes socialistes (FCPF-FPS), la Fédération laïque des centres de planning familial (FLCPF) et le Centre d’action laïque (CAL) "se réjouissent" de ce projet de décret. Ils soulignent "l’avancée que représente cette proposition. L’éducation à la sexualité est porteuse d’enjeux majeurs tant en termes de santé publique que de projet de société." Pour eux, les jeunes doivent être égaux face à l’information et bénéficier des mêmes chances en matière d’éducation à la sexualité. Ils s’interrogent toutefois sur les modalités du décret, recommandent une définition légale de l’Evras et insistent sur l’importance d’associer les acteurs de terrain dans le processus de généralisation de l’Evras. "Les centres de planning familial bénéficient de plus de trente ans d’expérience en la matière", argumentent-ils. (Belga)



COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ON CROIT REVER
Comment est-il possible qu'en 2012 un cours d'éducation sexuelle ne soit pas obligatoire et ce dès l'école primaire?
L’autonomie d’action des établissements sera préservée. "On pourra prendre en compte les réalités rurales ou urbaines, l’histoire ou le vécu des élèves", a commenté la ministre de l’Enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet (CDH).
Autrement dit, pour ne pas choquer certains parents, adapter les cours d'éducation sexuelle selon les sensibilités culturelles ou cultuelles?
Pourquoi l'Evras ne serait-elle pas, comme les autres matières scolaires, soumise à un programme contrôlé?

VDB


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