vendredi 3 août 2012

La stratégie de Bart De Wever à Anvers





V.R. (La libre)

Le président de la N-VA joue gros dans sa quête du pouvoir à Anvers. Il multiplie les transfuges pour étoffer la liste qu’il présentera en octobre.
C’est la bagarre qui va éclipser toutes les autres, celle qui opposera en octobre Patrick Janssens, l’actuel bourgmestre d’Anvers à son tout-puissant rival Bart De Wever. Les sondages donnent à ce dernier un certain avantage. Mais le chef de file de la N-VA sait qu’il n’a pas la partie gagnée. Les enquêtes d’opinion cernent assez difficilement les logiques électorales locales. Or Bart De Wever joue gros dans l’aventure. Il n’a jamais connu de défaite durant sa carrière politique. Un échec le priverait de son statut d’invincibilité et pourrait entraîner les siens dans une spirale négative. En Flandre, les descentes aux enfers peuvent être rapides.

Le président de la N-VA a donc - de toute évidence - décidé de mettre tous les atouts de son côté : il a choisi de ratisser large. Dernier épisode en date : l’annonce de l’arrivée sur sa liste, à l’avant-dernière place, de Youssef Slassi. L’homme est loin d’être un inconnu à Anvers. Consultant dans le secteur des assurances, Youssef Slassi est membre du conseil communal de la ville portuaire depuis 2001. Il a été élu sur la liste socialiste. A la fin de l’année dernière, il annonçait cependant son intention d’arrêter la politique. Ses relations avec le patron des socialistes, Patrick Janssens, s’étaient détériorées. Il éprouvait par ailleurs de plus en plus de mal à concilier sa vie professionnelle avec son activité politique. Ses anciens partenaires du SP.A ont donc été surpris d’apprendre que Youssef Slassi se présenterait finalement aux élections communales en octobre, mais dans les rangs d’en face. Mauvaise blague. Car sans être une locomotive de premier ordre, Youssef Slassi fait des scores honorables. La N-VA se frotte les mains. Elle élargit ainsi son audience auprès de la communauté maghrébine dont le poids électoral n’est pas mince à Anvers.

Ce n’est, du reste, pas le seul débauchage. La liste des transfuges qui se sont ralliés à la N-VA anversoise commence même à s’allonger fameusement. Ainsi, en quatrième position, on retrouve Ludo Van Campenhout, actuel échevin indépendant, élu en 2006 sur la liste Open VLD (avec 9 288 voix). Un autre ancien libéral figurera à l’antépénultième place de la liste N-VA : André Gantman, échevin à Anvers de 1995 à 2000. L’homme est une figure reconnue dans la communauté juive.

Ce n’est pas tout. Bart De Wever n’a pas oublié la droite plus radicale. Il accueille sur sa liste un transfuge de Vlott, un petit parti proche du Vlaams Belang (Karine Leys) et un autre de la Lijst Dedecker (Rob Van de Velde). Enfin, il a convaincu Chris Morel, de pousser sa liste. Ancien du CVP, Chris Morel est surtout le père de Marie-Rose Morel, tragiquement décédée en février 2011. Cette dernière, une ancienne miss Belgique, a longtemps été l’égérie du Vlaams Belang avant de claquer la porte du parti d’extrême-droite.

On peut donc dire que Bart De Wever est allé pêcher dans pratiquement toutes les eaux (on n’oubliera pas non plus de mentionner la présence sur sa liste du chanteur populaire Nest Adriaensen et de l’avocat étoile Vic Van Aelst). Un signe évident de l’importance que le leader nationaliste accorde à son combat pour la conquête du maïorat anversois. Mais cette stratégie a son revers. Elle dilue la ligne politique de la liste et lui donne un petit air opportuniste. Ce que les adversaires politiques du leader nationaliste ne manqueront pas d’exploiter. La tête de liste du Vlaams Belang, Filip Dewinter, a ainsi ironisé, affirmant que la N-VA commençait à devenir un pigeonnier. "Tout le monde est bienvenu sur la liste N-VA pourvu qu’on ramène des voix."



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

STALINGRAD ?

« Bart De Wever joue gros dans l’aventure. Il n’a jamais connu de défaite durant sa carrière politique. Un échec le priverait de son statut d’invincibilité et pourrait entraîner les siens dans une spirale négative. En Flandre, les descentes aux enfers peuvent être rapides. (on songe à Mark Eyskens, Tindemans, Leterme, Verhofstadt, who is next ?)

Le président de la N-VA a donc - de toute évidence - décidé de mettre tous les atouts de son côté : il a choisi de ratisser large » jusqu’à jouer la carte communautariste, joker des socialistes francophones pour qui il n’a que mépris. "Tout le monde est bienvenu sur la liste N-VA pourvu qu’on ramène des voix." Qu’il prenne garde à ne pas marcher sur son râteau : « «Cette stratégie a son revers. Elle dilue la ligne politique de la liste et lui donne un petit air opportuniste »

« Qu’il poursuivre dans cette voie et les Flamands sensés se feront une opinion plus juste du personnage. » commente un autre lecteur.

C'est comme en foot, pour gagner il ne suffit pas d'engager des joueurs, il faut créer une équipe. Les derniers arrivés seront, en cas de revers les premiers à quitter!
En cas de défaite le siège son siège d’Anvers pourrait ressembler à celui de Stalingrad.
Rien à voir avec l’interculturel et Bruxelles me direz-vous. Détrompez-vous !
La bataille d’Anvers ,on l’a dit et écrit ici et ailleurs, en annonce une autre: la bataille pour la domination de la Flandre en 2014. Celle-là est décisive pour la survie de l’entité Belgique.
D’ici là tout peut arriver et son contraire.

« Souhaitons qu'il soit élu, on verra enfin de quoi il est capable, et de quoi il est incapable. C'est la meilleure manière de le jauger réellement en vue de 2014. » écrit un internaute avec raison.
En somme l’avenir de la Belgique est aussi incertain que celui de l’euro et partant de l’Europe.
Tandis que tous les regards sont tournés vers le JO de Londres, cette débauche de velléités nationalistes et de chauvinisme britannique.
MG

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