mercredi 1 août 2012

SAISON DE FIEL POUR LES ABEILLES







PATRICE LEPRINCE
Dominique Rodenbach

Nature. Mortalité record et récoltes en chute libre. En cause, un temps de chien. L'asbl Apis Bruoc Sella souhaite attirer l'attention de tous sur le dérèglement climatique et ses conséquences sur la nature.
Alors que les ruchers pullulent à Bruxelles et que l'engouement pour le miel urbain n'a sans doute jamais été aussi fort, l'abeille citadine bat pourtant clairement de l'aile. « Cette année nous avons enregistré un taux de mortalité de près de 40 % contre 5 % en moyenne les autres années, c'est vraiment colossal », entame Marc Wollast, de l'association Apis Bruoc Sella qui gère une vingtaine de ruches dans la capitale. Même topo pour la récolte de miel (lire par ailleurs) qui a carrément fondu en 2012.

Sur les hauteurs du magasin Caméléon à Woluwe-Saint-Lambert, les abeilles tourbillonnent autour des ruches pédagogiques installées par l'ASBL. « Regardez », lâche soudain notre interlocuteur en pointant du doigt, l'une d'entre elles qui agrippe une de ses homologues par les ailes. « C'est une ouvrière dont une des tâches en cette période est de mettre des mâles reproducteurs à la porte, puis viendra la période du massacre durant laquelle les ouvrières se débarrasseront des mâles. Au péril de leur vie puisque quand une abeille pique, elle meurt ».

Mais de péril il en est un de plus grand encore, à entendre Marc Wollast. Il a pour nom bouleversement climatique. « Je ne suis pas un scientifique et je ne souhaite pointer personne du doigt mais il est évident que ces phénomènes météorologiques extrêmes existent et ont un réel impact sur les écosystèmes, notamment sur les abeilles qui sont les sentinelles de l'environnement ». Et Marc Wollast de se replonger dans le calendrier 2011/2012. Qui démarre avec un automne jugé catastrophique car beaucoup trop chaud. « Ce qui n'a pas permis aux abeilles de se préparer pour l'hiver et a entraîné une mortalité très importante ». Même tremblement aux portes du printemps. « En mars il a fait excessivement chaud, comme c'est le cas une fois tous les cent ans. Le mois d'avril a, lui, été anormalement froid ». Juin n'a pas été anormal mais fut venteux, pluvieux et peu lumineux. « Tout ce que détestent les abeilles ».

Si pour le commun des mortels, il paraît compliquer de contrer les changements climatiques, Marc Wollast pointe toutefois plusieurs pistes pour favoriser l'implantation des abeilles. « Aujourd'hui 75 % de la population d'Europe du Nord vit en milieu urbain. Et dans certaines villes à la pointe du développement durable ont depuis longtemps mis l'accent, par exemple, sur la création d'espaces urbains comme les trottoirs ou les jardins avant en zone vertes favorisant la diversité des plantes que pourront butiner les abeilles ».

Certains réaménagements pourraient également être revus. Comme l'utilisation du tilleul argenté, plus résistant que notre tilleul à nous. « Mais sous lesquels on enregistre une mortalité anormale des abeilles ». On voit également de très nombreux ronds-points avec des fleurs ne produisant ni nectar ni pollen. « C'est joli, mais cela n'apporte rien en termes de biodiversité ».

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

BIODIVERCITY

La biodiversité est à la diversité ce que le raisin est au vin, la pomme au cidre, le blé au pain etc.

On se désole à voir nos abeilles menacées mais les accueillir en ville ne leur épargnera le « génocide » qui est en cours et qui à terme  mettra en péril l’espèce humaine. « On voit  de très nombreux ronds-points avec des fleurs ne produisant ni nectar ni pollen.  C'est joli, mais cela n'apporte rien en termes de biodiversité ». On en viendrait à se demander ce que font les verts dans les collèges ?

MG




Aucun commentaire: