mardi 14 août 2012

Une nouvelle vie pour le village olympique


 Une nouvelle vie pour le village olympique


Par Jean-Bernard Litzler . Le Figaro

Après avoir accueilli jusqu'à 17.000 agents et athlètes, le village olympique se transformera en 2818 habitations. Crédits photo: DR




Au coeur d'un vaste projet de rénovation urbaine, le site d'accueil des Jeux olympiques doit devenir rapidement un nouveau quartier de Londres, East Village.

Pas de répit pour les sites olympiques londoniens. Si la flamme vient de s'éteindre, les lieux auront rapidement une nouvelle vie. Ils termineront leur carrière purement sportive avec l'accueil des Jeux paralympiques du 29 août au 9 septembre avant de devenir l'un des fers de lance du renouveau urbain de l'est londonien. Avec un prix du mètre carré qui avoisine les 10.000 euros et des loyers qui sont redevenus les plus chers d'Europe (voir cette étude du cabinet ECA international), pas question de laisser se développer ici une friche urbaine ou de laisser des installations à l'abandon.

Après avoir accueilli jusqu'à 17.000 agents et athlètes, le village olympique se transformera en 2818 habitations dont 1379 logements sociaux, le reste étant destiné à la vente ou à la location. Tout a été prévu pour suivre la devise des lieux: «des lits pour les athlètes, des maisons pour les Londoniens». L'hébergement des sportifs comprenait en effet de nombreuses cloisons démontables qui seront rapidement retirées pour diminuer le nombre de chambres, créer des salons, installer des cuisines et de nouvelles moquettes ou parquets. Au final la gamme de logements s'étalera du studio à la maison de ville.

Le nouveau quartier résidentiel prendra le nom de East Village et bénéficiera de nouveaux parc, d'espaces verts, ainsi que d'un réseau de transport efficace. Pour compléter le tout, un vaste centre pédagogique ouvrira ses portes dès septembre 2013. Incluant crèche, école maternelle, primaire et secondaire, la Chobham Academy proposera un enseignement gratuit «de calibre international» et pourra accueillir jusqu'à 1800 élèves. Enfin, de nouveaux équipements médicaux devrait compléter le tout.



Le parc olympique à Londres.

Quant au parc olympique, il ne sera pas en reste. D'ici à 2014, il est appelé à devenir l'un des plus grands parcs urbains d'Europe. Confiés à des cabinets d'architectes, les 226 hectares du site accueilleront cafés, aires de jeu, salles de concerts, espaces culturels et de repos. Avec une touche écolo: les concepteurs promettent que l'on pourra manipuler les systèmes d'irrigation des plantes, observer des insectes ou même construire sa cabane. Rebaptisé «Queen Elizabeth Park», l'endroit ouvrira dès le printemps 2013 pour sa partie nord, le reste devant suivre au plus tard en juin 2014.

Les exemples à suivre... ou pas

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Des logements reconvertis à Barcelone. Crédits photo: Flickr

MODELE - Avec ses jeux olympiques en 1992, Barcelone a prouvé qu'il était possible de se servir de l'événement pour remodeler profondément et durablement une ville. Le quartier du village olympique a notamment permis d'étendre la ville vers le front de mer.

GACHIS - La Grèce a dépensé 13 milliards d'euros pour ses Jeux en 2004 et bon nombre des infrastructures construites à l'époque sont aujourd'hui à l'abandon. Pire, l'entretien de certains sites inutiles continue à coûter cher et la facture totale de l'aventure olympique serait responsable pour 2 à 3%, selon le CIO, de l'augmentation de la dette extérieure du pays.


Le village olympique à Montréal. Crédits photo: Geneviève Ducret/Flickr

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EN VENTE - Ces deux pyramides de 23 étages ont accueilli les athlètes des JO de Montréal en 1976. La structure compte actuellement 980 appartements principalement loués à des personnes âgées et est actuellement en vente. La transaction pourrait relancer des projets d'aménagement des vastes terrains qui entourent les deux immeubles.(Figaro)


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

BRUXELLES 2020 ?

Depuis Barcelone on sait que les jeux peuvent être une bénédiction; depuis Athènes  une malédiction financière.

Le bilan de Londres est mitigé.

A l’évidence les Jeux ont donné un shoot d’adrénaline au nationalisme british même si financièrement le bilan est difficile à établir.

Ce n’est certes pas peu de chose.

Et si Bruxelles était candidate pour 2020 ?

C’est une vraie question puisque la France est semble-t-il désireuse de prendre le relais avec une possible candidature de Paris.

Imaginons le cas de figure.

Où les stades et infrastructures  olympiques devraient ils être construits ? A l’intérieur des 19 communes ? Pas de place ; problèmes de mobilité, de coordination entre 19 administrations  etc. Donc en dehors ? Chez les Flamands donc ou autour de Wavre chez les Wallons ?

Le casse-tête se pose d’entrée de jeu.

On se souviendrait qu’Anvers accueillit les jeux en 1920, la seule fois où ils furent organisés en Belgique.

Qu’on se souvienne aussi des retombées favorables pour Bruxelles de l’expo 58 et de l’expo 35. C’est grâce à 58 que Bruxelles, il ne faudrait pas l’oublier, devint capitale de l’Europe, un statut que lui envient toutes les mégapoles européennes à commencer par Berlin. C’était du temps de la Belgique unitaire de papa.

Qu’on ne perde surtout pas de vue que le grand enjeu de demain c’est la concurrence entre les mégapoles. Une compétition dans laquelle la communauté urbaine de Lille a marqué beaucoup de points.

Bruxelles, à force de se profiler sans vision, sans projet finira par être simplement sans avenir.

MG

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