samedi 4 août 2012

Une valise venue des Abruzzes





Expo permanente Cantine des Italiens

Mathieu Colleyn

Son père est décédé un an seulement après sa naissance, laissant la maman, qui ne parlait que son patois italien, seule à diriger et à nourrir cette grande famille.
Une chaise et une valise. C’est le simple héritage laissé par sa mère à Elio Di Rupo. "Il y avait cette valise dans le grenier, je l’ai prise" , confie le Premier ministre. Une valise assez imposante, de bois brun, dont l’intérieur fut tapissé de motifs fleuris, sans doute longtemps après son arrivée en Belgique. "Cette valise est celle que mon père avait lorsqu’il est arrivé à Morlanwelz, au début de 1947, pour travailler dans les charbonnages suite aux accords signés entre la Belgique et l’Italie , poursuit Elio Di Rupo. Cette valise, c’est lui qui l’a fabriquée avant de partir des Abruzzes."

L’objet a traversé les décennies, dans la maison familiale des Di Rupo. "Mon père n’avait pour patrimoine que cette valise, et quelques vêtements" , précise le socialiste montois. Il raconte. Nicola Di Rupo arrive seul dans le Hainaut, avant d’être rejoint par sa femme et ses enfants en 1949 dans le cadre d’un regroupement familial. Ils sont logés dans la "cantine des Italiens", un ancien camp de prisonniers allemands. "Dans des baraques de bois, à même le sol, qui était noir. C’est là que je suis né, dernier d’une famille de sept enfants."

Son père est décédé un an seulement après sa naissance, laissant la maman, qui ne parlait que son patois italien, seule à diriger et à nourrir cette grande famille. Celle-ci a notamment pu compter sur le secours de l’assistance publique, insiste encore le Premier. Cette aide qui fut précieuse à l’époque n’est sans doute pas étrangère à l’attachement d’Elio Di Rupo pour l’Etat. Mais cette valise surtout d’évoquer pour lui l’extraordinaire déracinement que cette immigration économique a provoqué. "Mon père a quitté un pays ensoleillé et les paysages fabuleux de sa vallée natale pour se retrouver dans un pays inconnu du Nord et travailler dans des galeries souterraines à sept cents mètres de profondeur. Il est difficile d’imaginer une telle chose. Ces hommes travaillaient un peu comme des esclaves, il fallait supporter l’obscurité, l’humidité et le danger. Le choc a dû être terrible."

Cette valise demeure donc comme un symbole de l’histoire familiale d’Elio Di Rupo mais aussi, quelque part, de celle de l’immigration italienne dans notre pays. Car les Italiens qui, à cette époque, quittaient par milliers un pays ruiné par la guerre "n’avaient pas le choix" . C’est la faim qui les a mis sur les routes de la migration, rappelle Elio Di Rupo. Tantôt vers la Belgique, tantôt vers le Canada ou l’Argentine. La destination dépendant des moyens mis en œuvre - souvent empruntés - pour effectuer le voyage. Ce sont donc les familles italiennes les plus pauvres qui sont arrivées en Belgique.

Intarissable, Elio Di Rupo évoque une enfance et une jeunesse "pauvre mais heureuse" . "Je n’ai jamais subi de xénophobie , confie-t-il en se rappelant une intégration plutôt réussie entre Belges et Italiens. Je n’avais pas conscience d’être Italien. Le premier signe d’hostilité, je l’ai vécu en 1982, lors de mes premières élections communales. On avait tracé une croix gammée sur mon affiche."

Les mineurs italiens travaillaient, ne gagnaient pas mal leur vie à l’époque. "Et puis, je crois que le charme, l’élégance et la culture - mais aussi la gastronomie - italiennes ont joué. Très vite, des couples mixtes se sont formés." Et puis il y a eu, fin des années 50, la catastrophe du Bois du Cazier, toujours tristement ancrée dans les mémoires. "Je me rappelle qu’à ce moment-là, le monde a changé , raconte Elio Di Rupo. Les Italiens avaient payé de leur sang l’essor de l’économie belge. Je dois dire que cet événement a suscité une sorte de communion qui a amélioré l’intégration des Italiens en Belgique."

La suite, on la connaît. Après de brillantes études en sciences, Elio Di Rupo, qui confesse avoir toujours eu "la politique dans l’estomac" , entre au cabinet Dehousse pour ne plus jamais quitter la sphère publique. Une vie guidée par le hasard des rencontres et partie d’un homme, arrivé en pays inconnu, une simple valise à la main.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

NO COMMENT

Qu’en disent les lecteurs ?

« A tous ceux qui le critiquent (pour la seule raison qu'il est PS), c'est sa belle histoire. Si vous êtes restés pauvres, c'est de votre faute. Il fallait faire comme lui. »

« Il utilise la valise de son courageux papa pour faire pleurer dans les chaumières mais oublie de dire que grâce à la "générosité" de son pays d'accueil, il peut aujourd'hui facilement remplir cette valise avec des billets de 500 €. »

« Et prochainement, dans le cadre de l'année de la culture, mis en scène par Franco Dragone, la comédie musicale "La valise en bois" ou "L'itinéraire d'un papillon rouge" ! »
« PUB !!!! »

« Il commence franchement à user la corde "famille pauvre", réussite sociale, donc je protège les plus faibles. »

« Tout ça avant les élections. »

« Un père et une mère courageux, une jeunesse heureuse et joyeuse, un fils qui employé ses moyens pour réussir avec l'aide de son pays d'accueil. »

« Quoi de plus. C'est une belle histoire qui appelle le plus grand respect. »

Un politicien qui fait son travail, c'est tout ce qu'on lui demande. Bien ou mal c'est selon les avis.


« Le seul reproche que je lui fais c'est de ne pas avoir été en mesure de purger son parti de tous les nuisibles, pour le reste chapeau pour son ascension sociale. »

« Les critiques et autres opinions construites sur base de lectures de magazines de salon de coiffure sont d'un niveau déplorable. »

« ca me rappelle un truc de Linda de Suza.... Linda de Souza n'avait qu'une valise en carton, elle, mais elle n'était pas socialiste..."
 
« Clairement la machine de propagande tourne à plein régime : à quand une statue pour le papillon et sa valise magique. »

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