mercredi 26 septembre 2012

Ahmadinejad estime que l'homosexualité est affaire de "capitalistes"




BELGA
"L'homosexualité met fin à la procréation."
La défense de l'homosexualité est l'affaire des capitalistes qui ne se soucient pas des vraies valeurs humaines, a déclaré lundi le président iranien Mahmoud Ahmadinejad dans un entretien à la télévision américaine CNN.
Selon M. Ahmadinejad, l'homosexualité est "une conduite très laide" qui selon lui a été condamnée "par tous les prophètes, toutes les religions et toutes les croyances".
Lors de son séjour à New York pour participer à l'assemblée générale de l'ONU, le président iranien s'est moqué des hommes et partis politiques qui donnent leur soutien aux gays et lesbiennes uniquement pour gagner "quatre ou cinq voix de plus".
Selon lui, la défense de l'homosexualité n'a rien à voir avec la défense du développement humain.
"Cette sorte de soutien à l'homosexualité est uniquement ancrée dans les pensées des capitalistes endurcis et de ceux qui sont favorables à l'accroissement du capital plutôt qu'aux valeurs humaines", a-t-il déclaré sur le plateau de l'animateur Piers Morgan.
Le président Ahmadinejad, qui estime que l'homosexualité est acquise et non innée, a esquivé la question sur ce qu'il ferait si l'un de ses trois enfants était homosexuel.
"L'homosexualité met fin à la procréation", a-t-il conclu.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUAND LA VOIX ISLAMISTE FAIT ECHO A LA VOIX STALINIENNE
En disant cela, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad ne fait que répercuter le point de vue islamiste sur l'homosexualité, pierre d'achoppement entre l'islam et l'occident. A moins qu'il ne reprenne purement et simplement la thèse de Staline qui était persuadé comme lui, que l'homosexualité est induite par une déviation de caractère capitaliste et bourgeois.
Et toujours nous revient à l'esprit la grande question du grand islamologue Mohammed Arkoun: Assistons-nous à la modernisation de l'islam ou à l'islamisation de la modernité?
MG

MOHAMMED ARKOUN ET LE DEFI CRITIQUE DE LA RAISON ISLAMIQUE
Par Mohammed Chaouki ZINE | le 16. septembre 2010
L’œuvre de Mohammed Arkoun est structurée par une triade conceptuelle d’une portée épistémologique considérable : « transgresser », « déplacer », « dépasser ». La lecture critique des textes de la tradition religieuse procède à revaloriser les concepts, les notions et les imaginaires qui ont pris, dans l’histoire de la pensée islamique, une teinture absolue, stéréotypée et immuable.



L’œuvre de Mohammed Arkoun est structurée par une triade conceptuelle d’une portée épistémologique considérable : « transgresser », « déplacer », « dépasser ». La lecture critique des textes de la tradition religieuse procède à revaloriser les concepts, les notions et les imaginaires qui ont pris, dans l’histoire de la pensée islamique, une teinture absolue, stéréotypée et immuable.
(...) Transgresser la couche sémantique du texte fondateur (le texte « sacré ») ne signifie pas son rejet pur et simple, mais son évaluation par le biais d’outils cognitifs empruntés aux sciences humaines et sociales (linguistique, histoire, anthropologie, herméneutique, psychologie..).
Ces outils servent de « Clavis » [clef] critique pour ouvrir les serrures de la tradition religieuse encore fermées et verrouillées par un savoir théologique canonisé qui empêche de dévoiler son aspect épistémologique et anthropologique. Cette tradition ne peut être abordée par des outils archaïques hérités de l’islamologie classique : « si l’islamologie classique n’a jamais entraîné une redistribution quelconque du savoir occidental, c’est que la plupart de ses praticiens sont restés solidaires de la vision historiciste et ethnocentriste » (1).
Vient ensuite le « dépassement » du discours conformiste et « mythologiste » qui parle à travers ces cadres intellectuels et culturels de pensée en mettant en valeur le caractère dynamique et évolutif inhérent qui impose un mode d’interrogation et de remise en question permanent. Le Professeur Arkoun admet que seule la raison interrogative et tâtonnante qui est en mesure de faire durer l’errance féconde et la soif continuelle de pousser la raison vers la quête d’autres univers de savoir. Il est nécessaire de signaler aussi que le climat idéologique nuit considérablement au bon déroulement de la tâche critique.
Ce climat asphyxie davantage les esprits par des slogans qui sèment, dans le champ social, les graines de méfiance et de rejet mutuel : « L’un des objectifs de l’islamologie appliquée est justement de substituer au climat de méfiance et de dénigrement réciproque, l’exigence d’une recherche scientifique solidaire.
Il faut rompre avec la critique purement idéologique dirigée contre l’érudition « orientaliste » ; de même qu’il convient d’éliminer les excès dangereux du courant d’opposition systématique à ce que les arabes nomment « l’agression culturelle » de l’Occident » (2). Bref, critiquer ne signifie pas « briser » ou « dénigrer », mais valoriser et évaluer selon des critères scientifiques, épistémologiques et objectifs.
Prendre la critique avec ce sens positif, créatif et fructueux signifie l’exorcisation d’une crainte millénaire vis-à-vis de la perte du sens, de la ruine de l’identité et du crépuscule des valeurs. La critique n’a rien de nihilisme et de scepticisme. Elle est éminemment créatrice et fondatrice. Telle est la devise de la pensée d’Arkoun en dépit des incriminations infondées. (...)
L’islamologie appliquée préconisée et entamée par le Professeur Arkoun est une véritable « archéologie » des discours sédimentés et des évidences sclérosées. Elle n’interroge pas uniquement le « texte » originel, mais aussi les interprétations et les imaginaires qui ont été tissés et fabriqués autour de sa vérité intrinsèque.
Autrement dit, non seulement le texte visé par l’ensemble des études qui doit être soumis aux exigences de la rationalité, mais aussi les textes qui essaient de le comprendre et l’étudier.
« Le Coran est un texte ouvert qu’aucune interprétation ne peut clore de façon définitive et "orthodoxe". Au contraire, les écoles dites musulmanes sont des mouvements idéologiques qui soutiennent et légitiment les volontés de puissance de groupes sociaux en compétition pour l’hégémonie » (3).

COMMENTAIRE DE DIVERCTY
POUR UNE PRATIQUE INTELLECTUELLE LIBRE ET LIBERATRICE
La pensée d’Arkoun plaide pour une pratique intellectuelle libre et libératrice où le « droit de la pensée » serait entièrement respecté.
Elle comprend le droit d'interpréter le texte fondateur et de le regarder comme un lieu de ressourcement personnel, comme une éthique pour le genre humain plutôt que comme une orthopraxie oppressante cherchant a niveler les masses en les soumettant au diktat d'un livre qui ne serait que normatif.
L'islam a besoin d'un Luther, d'un Calvin qui aient le cran de bousculer la tradition intégriste en revivifiant le texte fondateur et en incitant chaque croyant à l'appréhender dans son for intérieur comme si il lui avait été personnellement révélé ainsi que le prescrit un hadith.
« Le Coran est un texte ouvert qu’aucune interprétation ne peut clore de façon définitive et "orthodoxe".(MA)
MG

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