samedi 29 septembre 2012

APPEL DE PATRICK JANSSENS AUX FRANCOPHONES


BEATRICE DELVAUX

Béatrice Delvaux a rencontré Patrick Janssens, à quelques semaines des communales qui le verra opposé à Bart De Wever. Le bourgmestre d'Anvers prévient : « Après avoir aidé Filip Dewinter, n'aidez pas Bart De Wever »


©Pierre-Yves Thienpont
Le sort de la Belgique se jouera-t-il le 14 octobre à Anvers ?
Une victoire de Bart De Wever contre Patrick Janssens, le bourgmestre sortant de la Métropole, pourrait bien précipiter le sort du Royaume.
Les sondages donnent le candidat nationaliste vainqueur, mais Patrick Janssens (sp.a) n'en perd pas pour autant sa sérénité. En 2006 déjà, on l'annonçait perdant face au Vlaams Belang de Filip Dewinter.
Dans l'entretien exclusif qu'il a accordé au Soir, Patrick Janssens accuse son adversaire d'utiliser Anvers pour des objectifs qui dépassent les intérêts de la ville et de ses habitants. Pour Janssens, au contraire, Anvers est plus important que la politique nationale.
Il demande à ses électeurs de ne pas oublier, au moment de voter, à quel point la ville s'est radicalement transformée au cours de son mandat, une évidence que même Bart De Wever se garde de nier.
Mais Patrick Janssens est conscient de la difficulté du défi qui l'attend, face à un adversaire bien plus malin que ne l'était Filip Dewinter. Le socialiste reconnaît aussi que De Wever n'est pas un extrémiste. Ils ont contribué ensemble au recul du Vlaams Belang.
 Il leur demande : « Dites des choses positives sur Anvers, pas des choses négatives sur De Wever ».

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
JULES DESTREE A L'ENVERS
"La NVA c'est l'armée mexicaine de la politique (ou l'armée du salut si vous préférez). Dans le désordre, la NVA aligne Marita Wuyts (celle qui dérape en comparant entre les demandeurs d'asile et les pigeons.), Vic Van Aelts (le tribun amateur de discours francophobes), André Gantman (condamné pour faillite frauduleuse) sans oublier Muyerts et sa calculette (celle qui est précise à un milliard près et qui ment) ou encore le DSK Flamand Pol Van Den Driessche. Si c'est ça le gratin , le top-level de la politique du plus grand parti de Flandre qui est plébiscité par l'électeur flamand.... permettez moi de hurler de rire ! " lance un internaute bien informé.
L'interview complète vaut son pesant de "bollekes" rafraichissantes.
Il n'empêche que le fringant anversois qui craint pour sa réélection demande aux medias francophones de ne pas en faire trop, question d'éviter de diaboliser excessivement Caliméro De Wever.
"De Wever est beaucoup plus malin que Dewinter. Plus créatif. dans le débat, il est invincible, il a toujours des argument, il réagit vite. C'est le débatteur le mieux entraîné de Flandre. Il ne fait que cela, n'a jamais fait autre chose?"
Patrick Janssens met en garde les francophones qui font le jeu de la N-VA en attaquant son président sans relâche, ce qui renforce sa popularité en Flandre
"Sire" semble nous dire Jannssens "il n'y a pas que des nationalistes en Flandre".

MG



LA « DEWEVERISATION DES ESPRITS » SE CONFIRME. ET LE SUD SE CHERCHE UNE IDENTITE. SUR FOND DE PLAN B. 

Nicolas Baygert


Chercheur au LASCO (UCL), enseigne les sciences politiques et sociales à l'IHECS.



La vision confédéraliste propre à Bart De Wever s'érige en réalité historique, boostée par une pléthore de sondages plaçant la N-VA au plus haut. Charles Picqué exhume le plan B des francophones et les astrologues de la presse écrite prédisent déjà la date d'abdication d'Albert II. La Belgique n'aurait globalement plus la cote. Les Diables rouges ne constitueraient eux-mêmes qu'un soin palliatif pour une Belgique en phase terminale. Aussi le belgo-scepticisme est un filon qui marche, alimentant éditos et messes cathodiques dominicales, et donnant lieu à un brainstorming généralisé sur l'horizon francophone post-2014.

Précisément, suite au nation-branding flamand mené avec succès ces dernières décennies, le couperet de 2014 provoque une fuite en avant vers la constitution d'un nouveau « nous » francophone - un sprint identitaire (préventif) vers le confédéralisme : paradoxe d'un nation-branding visant à offrir un vernis de respectabilité au plan B - au cas où. Mais ce processus se heurte à plusieurs obstacles.

Alors que la RTBF entame une nouvelle saison de The Voice Belgique, VTM diffusera sa seconde édition de The Voice van Vlaanderen. La titraille flamande n'étonne plus - marketing identitaire oblige. L'emballage « belge » est lui symptomatique d'un wishful thinking autour d'une « Belgique résiduelle » (sans les Flamands) : l'émission ertébéenne visant essentiellement les candidats issus de la Communauté française - rectifions : de la « Fédération Wallonie-Bruxelles ». Parlons-en de cette Fédération : la Belgique, nouvelle terre des matriochkas, s'offre le luxe d'une fédération dans une fédération existante. L'appellation FWB - au demeurant anticonstitutionnelle - est désormais matraquée dans le champ médiatique, le logo tricolore s'impose peu à peu dans les prospectus. La Fédération offre même du rêve : un « Coq de cristal » (jadis remis in extremis à un Jean-Paul Belmondo, dubitatif).

En parallèle, rappelons que la Région wallonne dépensa près de 500 000 euros pour son étude McKinsey sur la « marque Wallonie ». Là aussi, Rudy Demotte, double ministre-président, projette du symbole à tout-va. Exemple : la récente remise des Mérites wallons. « A l'heure où nous sommes appelés à exercer de plus en plus de compétences et d'autonomie, ces médailles prennent un sens plus profond encore » , dixit Demotte. Le plan B serait donc avant tout un plan Branding. Pourtant, celui-ci exige que l'on tranche d'abord entre deux entreprises de nation-branding en concurrence : destin régional ou communautaire ?

Le plan B se heurte à un troisième obstacle : l'« identité socialiste », qui court-circuite la genèse d'une identité territoriale dépolitisée, indispensable pour susciter l'adhésion de tous. En effet, là où le philosophe Jean-François Lyotard suggérait un déclin des « grandes narrations » dans leur capacité à structurer l'espace social et les comportements, le socialisme wallon fait figure d'exception. Mort de « Papa », mort de « Dieu », le PS n'en reste pas moins structurant dans la construction identitaire de bon nombre de Wallons, socialistes avant tout.

Et pendant que les référents identitaires s'entrechoquent sans réellement donner sens, peut-être serait-il indiqué de réinvestir pragmatiquement dans l'unique « Lovemark » à portée internationale, à savoir la Belgique.

"LA GRANDE ET HORRIFIANTE VERITE : IL N’Y A PAS DE BELGES.".JULES DESTREE, UN RACISTE WALLON ?




On connaît parfois l’Institut Jules Destrée, qui fait parler de lui aujourd’hui, jour de distribution de médailles pour les défenseurs de la wallonitude, On connaît sans doute moins Jules Destrée, l’homme politique.
Les gens cultivés savent qu’il est l’auteur d’une célèbre » lettre au Roi », adressée à Albert 1er en 1912 et d’une célèbre formule : « Sire, il n’y a pas de Belges ! ». L’inculture générale, puissamment aidée par la machine à décerveler médiatique, fait l’impasse sur le contenu de cette fameuse lettre.
Moi-même, je l’avoue, j’ai découvert aujourd’hui l’effarant contenu de ce texte qui vouerait son auteur – s’il avait été flamand (ou allemand) – aux gémonies par tous les militants de l’antiracisme. Destrée, et l’Institut qui porte son nom bénéficient, en Wallonie et à Bruxelles, d’une image favorable. Pourtant, à y regarder de plus près, la pensée de Destrée est sans doute une des clés interprétatives du radicalisme flamand.
Le texte commence par une phrase forte, qui est l’une des deux les plus couramment citée, « Et maintenant (…), laissez-moi Vous dire la vérité, la grande et horrifiante vérité : il n’y a pas de Belges. ». Suit alors un raccourci audacieux sur l’origine de l’État belge qui devrait discréditer totalement son auteur comme historien. Mais reconnaissons que lui-même ne souhaite pas étayer son argumentation par une analyse approfondie. Comme il dit : « Au reste, laissons ces controverses sur le passé aux historiens et aux journalistes, et voyons les faits actuels ».
Mais le pire est à venir. Destrée se livre à une analyse sidérante, dont l’occultation systématique d’aujourd’hui devrait interpeller tous les démocrates. Je vous en livre les meilleurs extraits, tout en admettant que ma sélection est purement subjective.
« Un paysan campinois et un ouvrier wallon sont deux types distincts d’humanité » [...] « En dehors de traits communs à tous les habitants de l’Europe occidentale, vous apercevrez vite des différences profondes : le Flamand est lent, opiniâtre, patient et discipliné ; le Wallon est vif, inconstant et perpétuellement frondeur de l’autorité. »
» Dès 1836 (…) les Flamands fondaient à Gand une société sous ce titre-programme : De taal is gansch het volk. Ils affirmaient par là que la langue est la caractéristique essentielle de ce qui constitue un peuple (…) ». Cette dernière citation me paraît particulièrement éclairante d’un des choix idéologiques fait par Destrée. Contre Renan, qui estimait que “la nation est un corps d’associés”, Destrée apparaît comme un adepte du Volksgeist, cette vision de la nation qui se fonde sur le sol et sur la langue. La référence qu’il fait au mouvement gantois ne sert pas de repoussoir, mais d’argument et cet ancien libéral, passé au socialisme, me semble ici bien plus proche des thèses de Herder que de l’esprit des Lumières et des idéaux de la révolution française.
Destrée, dans sa lettre au Roi, se positionne donc aussi clairement comme un confédéraliste. “Une Belgique faite de l’union de deux peuples indépendants et libres, accordés précisément à cause de cette indépendance réciproque, ne serait-elle pas un État infiniment plus robuste qu’une Belgique dont la moitié se croirait opprimée par l’autre moitié?”
Pour Destrée, en fait, comme pour la NVA ou le Vlaams Belang, l’amour du terroir combiné à la pureté linguistique sont les fondements incontournables de l’identité nationale. Il en résulte une conséquence logique, que j’ai découverte avec horreur parce qu’elle me touche personnellement : sa haine du métissage et particulièrement des Bruxellois.
Destrée, dont tout le monde s’accorde à reconnaître, la qualité de plume, se livre dans ce petit texte à une charge sans ambiguïté. Le lecteur n’a pas à craindre les erreurs d’interprétations, le propos est limpide. Il y a en effet, un obstacle à l’avènement de son utopie : Bruxelles. Et, si les journaux francophones d’aujourd’hui font régulièrement écho à un certain mépris flamand à l’égard de la capitale, ils s’honoreraient en rappelant les meilleurs passages de ce brûlot.
“Une seconde espèce de Belges s’est formée dans le pays, et principalement à Bruxelles. Mais elle est vraiment peu intéressante. Elle semble avoir additionné les défauts des deux races, en perdant leurs qualités. Elle a pour moyen d’expression, un jargon innommable dont les familles Beulemans et Kakebroek ont popularisé la drôlerie imprévue. Elle est ignorante et sceptique. Elle a pour idéal un confortable médiocre. Elle ne croit à rien, est incapable de générosité ou d’enthousiasme, soupçonne toujours chez autrui le mobile bas et intéressé, abaisse par la zwanze toute idée qui la dépasse. Certains laudateurs de cette platitude en ont voulu faire une vertu : le middelmatisme, mot aussi laid que l’état d’esprit signifié. Le patriotisme de ces middelmates est nul, ils accepteraient bénévolement toute domination qui ne dérangerait point leurs aises coutumières. Cette population de la capitale, dont quelques échantillons épars existent en province, n’est point un peuple : c’est un agglomérat de métis.”
Et Destrée est capable de pire. «Un homme comme Edmond Picard, par exemple, est le fils d’un père wallon et d’une mère flamande. Mais que de Kakebroek pour un Edmond Picard ! Et si M. Edmond Picard a été l’un des plus ardents défenseurs de cette illusion falote qu’on a appelée l’âme belge, l’ironie des destins a voulu qu’il fût aussi, dans ses écrits sur l’antisémitisme par exemple, le théoricien des races, du danger et de la stérilité de leurs croisements, le dénonciateur implacable de l’infériorité des métis. Non, Sire, il n’y a pas d’âme belge. La fusion des Flamands et des Wallons n’est pas souhaitable, et, la désirât-on, qu’il faut constater encore qu’elle n’est pas possible”.
Et voilà notre auteur, emporté par son élan et sa rhétorique, avançant les arguments de l’épuration ethnique ! Rien d’étonnant quand l’imbécillité de la rhétorique se conjugue avec le mépris de l’autre. On peut détester le Belang et crier « Leve de Geuzen’, on doit se méfier, toujours, des fanatiques quand ils parlent la même langue que nous.
Moi, qui suis un Kakebroek assumé – et qui emmerde Jules dans toutes les langues que je pratique et toutes les cultures que j’apprécie – j’ai un peu de mal à comprendre que M. Demotte ai besoin de la caution d’un idéologue de l’ethnicité pour faire la promotion d’une ‘Wallonie ouverte et accueillante’. Ceci dit et comme je peux lire Orwell dans le texte, je sais que l’histoire peut être réécrite pour servir les intérêts du politique. A quand des excuses – c’est tellement à la mode – de l’Institut – à la Région bruxelloise ?
Claude Wachtelaer (Publié le 13 septembre 2012 dans actualité et humeur.)

1 Réponse à “Jules Destrée, un raciste wallon ?”

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ON EST TOUS DES ZINNEKES
Etre bruxellois c'est être un zinneke, un métis, un sang mêlé un halfgebakken, un straton ou si on préfère un cosmopolite en herbe.
Bruxelles fut de tout temps et elle le deviendra de plus en plus, une ville multi, inter, transculturelle et espérons demain ouvertement cosmopolite. Il faut à tout prix encourager cette tendance en évitant, autant que faire se peut, le repli identitaire: celui des Marocains de Molenbeek, des Turcs de Saint Josse, des exilés fiscaux français et des rupins d' Uccle, des Portugais de Saint-Gilles etc.
Il faut aller passer quelques heures au Parc Josaphat , au parvis de Saint-Gilles ou au bistrot de l'Athénée à Saint Boniface pour se rendre compte que la mayonnaise inter et transculturelle prend à maints endroits.
Plus on découvre la Wallonie profonde (c'est mon cas), plus on mesure à quel point les noms de famille flamands y sont monnaie courante. Et il est ironique de constater que Jambon et Bourgeois sont les noms de Flamingands à toute épreuve.
Si Bruxelles, agglomérat de métis était une musique ce serait du jazz, quintessence du métissage culturel.
 MG

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