dimanche 9 septembre 2012

Charles Picqué : «La Belgique est une illusion»


Le président de la Région de Bruxelles-Capitale ne mâche pas ses mots.
Le socialiste exhorte la classe politique francophone à préparer l'après Belgique.



« Trop de francophones y croient encore ; ils ne pensent pas assez à préparer l'après Belgique. Or cela pourrait aller plus vite qu'on ne pense ».
Charles Picqué lance un pavé dans la marre. Dans une longue interview accordée à La Première dans une émission en partenariat avec Le Soir (Le Grand Oral), le ministre président bruxellois s'est laissé aller à quelques franches confidences.
Il estime par ailleurs que l'on ne pense pas assez au Plan B en ce moment, du côté Francophone. « Certains ont peut-être encore l'illusion aujourd'hui de sauver le pays ». Mais selon le ministre
président bruxellois le PS songe toujours au plan B : « il ne nous a jamais quitté. Comment voulez-vous que du côté francophone on oublie la nécessité de penser sans plaisir, et enthousiasme à un plan B alors que les Flamands les plus influents annoncent eux carrément un plan B : la N-VA est à 40 % » et le ministre président de la Flandre se dit pour le confédéralisme. « Il ne faut pas être naïfs quand même».
Il estime qu'aujourd'hui, les francophones sont divisés entre ceux qui ont l'illusion de la survie du pays et ceux qui n'y croient plus mais n'osent pas préparer la suite.
Les grandes figures francophones sont entre deux chaises. Il y a ceux qui ont l'illusion qu'on peut maintenir une Belgique un peu transformée et ceux qui pensent à passer à autre chose mais hésitent à
prendre le leadership d'une grande communauté française qui prendrait également son autonomie.
Pour Charles Picqué, il est très urgent de s'organiser : « Les choses peuvent aller plus vite qu'on ne pense ». Selon le ministre-président, il ne faut pas ignorer l'actualité économique qui pourrait pousser les Flamands à aller plus vite vers l'autonomie.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
Y A -T-IL UN PILOTE DANS L'AVION BRUXELLOIS?
« La Belgique est une illusion » ou "Ça va peut-être plus vite qu'on ne pensait" Ce sont des petites phrases qui tuent. Elles permettent d'apparaître sans effort dans la presse en période électorale. (Picqué veut succéder à Picqué à Saint Gilles.)
Il se dit que l'homme serait assez désabusé. Voilà qu'il le confirme lui-même et sans vergogne.
"Il ya des décennies que la Belgique va mal et que notre Etat providence grève notre équilibre financier".
De Wever et son parti l'affirment de la façon la plus claire et plus de 40% des Flamands partagent cette opinion.
Guy Spitaels avant de nous quitter a dit tout haut ce que beaucoup pensaient: la Belgique est à bout de souffle et son évaporation se précise de plus en plus. Désormais et officiellement elle ne serait
plus qu'une illusion.
Donc  sortez les gilets et larguez les canots de sauvetage. "Ça va peut-être plus vite qu'on ne pensait" et la conjoncture économique ne nous aide pas et pourrait convaincre un peu plus certains Flamands d'opter pour l'autonomie"
Le capitaine semble vouloir quitter le navire prématurément. Charles Picqué a de fait laissé entendre qu'il pourrait quitter la tête de la Région bruxelloise avant octobre 2013: "Je ne peux pas imaginer que ce soit toujours moi qui fasse la déclaration de politique générale de la dernière session parlementaire avant les élections régionales" de 2014."
Plan B? La stratégie Maddens (le grand stratège et penseur de la N-VA) laisse supposer qu'il faut pousser les francophones à bout pour qu'eux-mêmes prennent l'initiative du grand divorce. Charles Picqué semble se prêter de bonne grâce à leur stratagème. Bravo!
Où est sa vision d'un Bruxelles métropolitain s'inspirant de celle de sa collègue Martine Aubry.
Rien que des lamentations sur le taux de chômage des jeunes, le manque de financement.
Aucun appel à la population, à l'Europe, à la jeunesse, aux expats pour un projet ambitieux non pas d'annexion pure et simple "façon Maingain" mais visant des synergies économiques, donc sociales entre les communes intra muros  et celles situées au delà du gordel ou carcan. Pourquoi ne pas avoir troqué BHV contre une dynamique de métropole urbaine débordant largement sur les Brabant wallon et flamand? Parce que le PS est obsédé par le binôme Wallonie-Bruxelles et n'entend pas collaborer avec la Flandre.
C'est selon nous une erreur de stratégie qui sera fatale à Bruxelles dont l'hinterlandéconomique est actuellement situé en Flandre.
Il est bien certain que puisque De Wever joue la carte de l'indépendance et de l'autonomie pure et dure il eût été bien inspiré de jouer celle d'une synergie avec les partis traditionnels de Flandre
en vue d'une nouvelle dynamique en faveur de Bruxelles.
Mais peut-être n'est-il pas trop tard. En politique les choses peuvent changer vite et les mentalités également.
Mais voilà les socialistes francophones sont paralysés par les tabous: index, sécu unitaire, wallo-brux, assistanat social, enseignement mixte. Et le CDH de suivre cette ligne comme le poisson pilote
accroché au requin. En face, du côté du MR on est sans vision à force de s'inspirer de manière réactive de la stratégie Maingain.
On aimerait qu'un Gosouin ou qu'un Clerfayt, tous deux bons bilingues, renversent la vapeur en s'inspirant de la question incontournable de Didier Reynders: "Que voulons nous, que pouvons nous
encore faire ensemble?"
Il voulut qu'on la posât il y a quatre ans déjà. Le PS et le CDh lui ont ri au nez.
Désormais c'est De Wever qui se moque.


PICQUE: "PEUT-ETRE QUE CERTAINS ONT ENCORE L'ILLUSION AUJOURD'HUI DE
SAUVER LE PAYS"

M. Picqué estime que l'ensemble du milieu politique francophone ne pense pas assez à ce Plan B.
"Peut-être que certains ont encore l'illusion aujourd'hui de sauver le pays", a-t-il poursuivi.
Toujours à propos de ce Plan, le ministre-président suggère qu'après les élections communales, les responsables des partis francophones se retrouvent et puissent déterminer une "méthodologie de travail un peu plus ambitieuse" entre autres en raison du facteur temps. "Ça va peut-être plus vite qu'on ne pensait" et la conjoncture économique ne nous aide pas et pourrait convaincre un peu plus certains Flamands d'opter pour l'autonomie, a-t-il commenté.
M. Picqué a par ailleurs laissé entendre qu'il pourrait quitter la tête de la Région bruxelloise avant octobre 2013. "Je ne peux pas imaginer que ce soit toujours moi qui fasse la déclaration de politique générale de la dernière session parlementaire avant les élections régionales" de 2014.
Il trouve par ailleurs qu'il serait sage que le candidat ministre-président puisse, avant le scrutin régional, dévoiler ses intentions dans une déclaration de politique générale et ainsi être mis en quelque sorte "sur une rampe de lancement".
M. Picqué n'a avancé aucun nom quant à un favori éventuel. Il s'est contenté de préciser que, pour remplir la fonction, il fallait "aimer l'enjeu urbain dans le statut ingrat d'une ville-capitale confrontée à
d'énormes problèmes, dans un Etat qui est en train de se démanteler et qui n'a pour sa capitale qu'une affection relative".
LB

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