samedi 15 septembre 2012

La voiture, responsable de l’immobilité en ville ?




Ce dimanche, dans plusieurs grandes villes, et particulièrement à Bruxelles, aura lieu une journée sans voiture. Pour ses organisateurs, il s'agit d'une belle occasion de sensibiliser les citoyens à la nécessité de modifier leur manière de se transporter, et de renoncer à la voiture, quand c'est possible. Cette initiative ne fait pas l'unanimité.
La voiture, responsable de l’immobilité en ville ?
Oui. On manque de courage pour faire perdre des privilèges aux automobilistes. Il faut développer les transports publics et cela peut se faire avec des mesures comme le péage urbain. LA JOURNEE SANS VOITURE A-T-ELLE UNE REELLE UTILITE ? QU’EST-CE QUE CELA CHANGE, LE RESTE DE L’ANNEE ?
En matière de mobilité, la journée sans voiture n’a aucun impact. C’est une grande kermesse, qui permet de sortir différemment mais qui ne va entraîner aucune attitude de mobilité différente ou positive.
QUE FAUDRAIT-IL FAIRE POUR AMELIORER LA MOBILITE DANS LES GRANDES VILLES ET A BRUXELLES EN PARTICULIER ?
Ce qu’il faut faire pour la mobilité à Bruxelles, c’est la repenser de manière homogène et globale. Et revenir sur certains privilèges acquis par la voiture ces cinquante dernières années. Pour rééquilibrer l’espace entre les usagers. Il faut reconstruire le partage de l’espace public. On voit quels efforts il faut faire pour récupérer un mètre carré dévolu aux automobilistes !
DONC, POUR VOUS, LA VOITURE EST LA PRINCIPALE RESPONSABLE ?
Le principal responsable, ce sont les politiques de mobilité. Mais, effectivement, c’est la voiture qui empêche le développement des alternatives. L’automobiliste est de bonne foi. Mais les alternatives ne lui permettent pas de se déplacer convenablement et de façon sûre. Donc, forcément, pour les gens, la voiture reste souvent la meilleure solution personnelle.
Quelles alternatives voyez-vous ?
Il faut investir massivement dans des structures sûres pour les vélos. Il faut vraiment rendre une place plus confortable aux piétons. Il faut absolument développer les transports publics et cela peut se faire avec des mesures courageuses, comme le péage urbain qui permettrait rapidement de développer des budgets et d’inciter les gens à utiliser autre chose que leur voiture.
EST-CE UN SUCCES LA OU CELA A ETE IMPLANTE, COMME A LONDRES ?
Il est difficile de faire une généralité sur tous les endroits où cela a été mis en place. A Londres, le péage urbain est bien trop cher. C’est 12 euros pour entrer dans la ville. Je ne pense pas que ce soit un succès d’un point de vue social. Quand on parle d’un péage urbain, à Bruxelles, on envisage une redevance autour de 2 euros, soit l’équivalent du prix d’un trajet en transport en commun. Encore faut-il que les revenus tirés du péage soient investis dans les alternatives comme les transports en commun.
EN MATIERE DE TRANSPORTS EN COMMUN, JUSTEMENT, LE RESEAU EST-IL SUFFISAMMENT EFFICACE ?
Le réseau n’est pas assez performant parce que les transports en commun de surface sont encore bien trop souvent bloqués par les voitures privées. Et on est dans un cercle vicieux. Le tram est bloqué au feu rouge et on a tendance à prendre sa bagnole. Et tant qu’il y a des voitures plus confortables que les transports en commun, on ne prend pas ces derniers.
C’EST UN MANQUE DE VOLONTE POLITIQUE ?
Sans aucun doute. Et aussi un manque évident de collaboration entre les différents niveaux de pouvoir que sont les communes et les trois régions. On manque de courage pour faire perdre des privilèges aux automobilistes.
LA JOURNEE SANS VOITURE A-T-ELLE UNE REELLE UTILITE ?
Oui, certainement. C’est une journée festive, où les gens se rencontrent. Mais on ne va pas dire que, ce jour-là, on trouve toutes les solutions aux problèmes de mobilité auxquels Bruxelles est confronté. D’ailleurs, on ne peut pas imaginer qu’une telle journée trouve sa place en semaine.
QUAND ON ENTEND LES ORGANISATEURS DE CETTE JOURNEE, ON PENSE QUE LA VOITURE EST DEVENUE L’ENNEMI PUBLIC N°1 EN MATIERE DE MOBILITE. VOTRE REACTION.
On le constate de plus en plus et c’est très dommage. C’est une erreur qu’on fait depuis tant d’années. On met toujours en concurrence les différents moyens de transport. C’est le transport en commun “contre” la voiture. C’est une dialectique qui n’a pas d’avenir. Si on veut vraiment améliorer la situation de la mobilité et des citoyens, il faut que les différents moyens de transport puissent se renforcer mutuellement. Et on n’emprunte pas cette voie-là, actuellement. Je fais, par exemple, référence à un slogan de la SNCB – “Un jour, vous allez oublier les routes” –, c’est crapuleux. Ce n’est pas comme cela que çà fonctionne. Il n’y a pas de transport en train sans qu’il y ait avant ou après la route.
POUR PRENDRE LE CAS DE BRUXELLES, Y A-T-IL DES SITUATIONS PRECISES POUR LESQUELLES VOUS POURRIEZ DIRE QUE LA VOITURE EST DEVENUE LA VICTIME ?
Il y a plusieurs aspects qui nous font douter de la qualité du plan de mobilité qui est développé à Bruxelles. Tout d’abord, on n’a pas un plan commun mais autant de plans qu’il y a de communes. Celles-ci font à peu près ce qu’elles veulent en matière de places de parking, notamment. Pas question d’avancer si on n’a pas une approche uniforme de la mobilité sur Bruxelles. Ensuite, on voit que la voiture est toujours visée : on envisage la suppression de 20 000 places de parking, d’ici cinq ans, on coupe les grands axes, on coupe l’accès aux quartiers résidentiels. A proximité des grandes stations de métro, il n’y a pas moyen de garer sa voiture pendant toute la journée. Durée maximale, quatre heures. C’est aberrant.( interview complet dans La Libre)
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MANQUE DE GOUVERNANCE



Demain je sors ma bécane pour arpenter Bruxelles avec mon appareil photo. Il fera beau et je m'en réjouis.
Pour le reste, je limite l'usage de la bicyclette à des petits trajets ne dépassant pas cinq kilomètres. Je supporte mal l'agressivité des automobilistes et me sens en perpétuel danger à vélo. "Il faut investir massivement dans des structures sûres pour les vélos. Il faut vraiment rendre une place plus confortable aux piétons."
Et pourquoi ne le fait-on pas? A cause de la faiblesse, pour ne pas dire de la paralysie, de la gouvernance à Bruxelles. "Il y a plusieurs aspects qui nous font douter de la qualité du plan de mobilité qui est développé à Bruxelles. Tout d’abord, on n’a pas un plan commun mais autant de plans qu’il y a de communes. Celles-ci font à peu près ce qu’elles veulent en matière de places de parking, notamment. Pas question d’avancer si on n’a pas une approche uniforme de la mobilité sur Bruxelles."
Qu'on aille donc voir à Gand comment on réussit concrètement à bannir la bagnole de la ville et à rendre par la même occasion la cité merveilleusement conviviale.
En attendant savourons chaque année un peu plus le plaisir de circuler librement dans la ville pendant une pleine journée.
Surtout ne boudons pas notre plaisir.
MG

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