dimanche 14 octobre 2012

ELECTIONS COMMUNALES


Le sort belge dans l’urne d’Anvers
Beatrice Delvaux
Par Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef.


PHOTO BRUNO D’ALIMONTE

L’élection est nationale. Les votes par commune, par ville, vont modifier le destin d’hommes et de femmes et le cours de politiques locales, mais celui d’Anvers porte le sort du pays en son sein. Ce n’est pas pour rien que la presse étrangère se pressera dans la cité portuaire ce dimanche, scrutant depuis l’hôtel de ville qui, du leader nationaliste Bart De Wever ou du bourgmestre sortant Patrick Janssens, remportera le combat.
La Belgique n’a même pas eu une année de répit – son gouvernement, miraculeux, est né en décembre ! – que, déjà, elle rejoue son destin. Le Financial Times annonçait ainsi la couleur au monde dès ce vendredi en titrant : « Le vote d’Anvers met la sécession (belge) à l’agenda. » Elle venait à peine de le quitter…
(...)Il y a comme le sentiment diffus que la soif de ce nationalisme qui veut détacher la Flandre des « profiteurs » francophones, et/ou de ce programme économique « exterminateur du socialisme », n’est pas étanchée. La Flandre semble avoir faim de Bart, encore et toujours.
(...)Si les sondages disent vrai, et que De Wever gagne Anvers, il y a peu de doutes : la marche vers l’indépendance de la Flandre sera lancée par celui qui a fait de ce but le point un de son parti, mais surtout son unique objectif.
L’homme ne s’en est d’ailleurs pas caché : décrocher Anvers servira de rampe de lancement à son projet confédéraliste (l’indépendance qui ne dit plus son nom aux Flamands), qu’il a déjà proposé aux francophones de négocier dès après ce 14 octobre, sans attendre 2014 !
Et tout cela, – c’est la cerise sur le gâteau de l’angoisse –, alors que les partis du Sud sont très affaiblis. Face à un De Wever tout-puissant, plébiscité par une Flandre qui aura mis (consciemment ?) dans l’urne un mécontentement et un blanc-seing pour nous envoyer paître, nous aurons des partis francophones absolument pas préparés pour une nouvelle confrontation existentielle sur l’avenir du pays. Qui plus est, divisés, ou en tout cas, sans vision commune. MR, CDH, Ecolo ont un leadership faible alors que le PS, qui devrait être à la manœuvre, sera paralysé, « empêché », désorienté, par le fait que son leader tout-puissant devra assumer la tête du gouvernement

La victoire de  De Wever c’est une sorte de K.-O., suivi d’un chaos, qui pourrait s’ensuivre. Le gouvernement fédéral survivra-t-il ? Di Rupo, battu moralement par un vote flamand dont il est devenu la cible, sera-t-il en mesure de conserver sa légitimité et rassurer.
(...)La seule chose certaine à ce stade est que toute l’Europe, à nouveau, nous regarde.

EEN KEERPUNT IN DE GESCHIEDENIS
UN POINT DE NON RETOUR
« PREPARONS LA BELGIQUE CONFEDERALE »
LA PLUS GRANDE VICTOIRE DEPUIS LA GUERRE
DIT IS EEN ZWARTGELE ZONDAG
DE NVA WORDT DE NIEUWE VOLKSPARIJ VAN VLAANDEREN
DE KRACHT VAN VERANDEREING HEEFT HET GEDAAN

"NEEM U VERANTWOORDELIJKHEID EN BEREID CONFEDERAAL BELGIE"  (Bart Dewever)


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE BELGICA PREND L'EAU ET LE REMORQUEUR FLANDRIA CHANGE DE CAP

Jamais au royaume de Belgique, scrutin communal n'aura eu, comme cette fois, valeur nationale. La victoire de Bart De Wever dans la métropole anversoise bouscule d'autres dominos, entraîne le déclin du VLD, la mise à mal du CD&V, l'affaiblissement du gouvernement papillon et anticipe une victoire dramatique des nationalistes aux élections régionales de 2014. "ceci est un apéritif, le plat de résistance  est pour 2014 (Francis Delpérée)
Au-delà de ce tsunami se profile une nouvelle architecture de ce qui fut la maison Belgique. Le Belgica prend l'eau, tandis que le pilote du remorqueur Flandria détache le câble et change de cap en s'éloignant du Wallonia-Bruxella.  Mais attention, ce capitaine est un néophyte qui n'a jamais tenu la barre. "Le nationalisme veut détacher la Flandre des « profiteurs » francophones, et/ou de ce programme économique « exterminateur du socialisme ». "Ik begrijp de Franstaligen zeer goed,dat ze zo vasthouden aan Belgie. Je kan als Vlaming beter niet beginnen nadenken over de meerwaarde van Belgie.Te belastend."
Il faudra se demander désormais ce que nous voulons encore faire ensemble. Il ne restera peut-être plus grand chose à partager hormis la dette et des nostalgies passéistes.
En vérité, l'électeur wallon (qui continue à voter PS malgré une poussée du  PTB) ou bruxellois  ( où la droite se ressaisit sans pavoiser) qui ne vote forcément ni Anvers ni en Flandre n'aura  pas eu le moindre impact sur son propre destin. C'est insupportable. Il eut pour seul latitude de voter socialiste pour renforcer la position de l'homme au papillon. Et c'était là une manière d'affaiblir encore la Wallonie ou Bruxelles qui s'enfonce dans le déclin. Un lecteur commente: "Pourquoi les partis francophones en sont-ils arrivés là. Le plan de rechange ( un hypothétique plan B) aurait déjà dû être prêt depuis longtemps. Faute de cela, les partis francophones se sont déchirés et se retrouveront demain tout hébétés face à des  millions de francophones qui s'interrogent sur leur avenir."

Ce dimanche passera pour le plus noir de l'après guerre. Il augure à tout le moins d'une nouvelle ère confédérale et qui sait donne le signal de l'indépendance de la Flandre laquelle entrainera forcément un autre jeu de dominos: celui de l'émancipation de la Catalogne, de l'Ecosse et qui sait de la Corse. La Bavière n'a pas encore annoncé qu'elle entendait elle aussi lâcher le câble  Länder à la remorque comme elle le fit pour la  Grèce aux abois.
Autrement dit, la victoire nationaliste d'Anvers est un sale coup porté à l'Europe qui pourra toujours se consoler en savourant son prix Nobel de la paix.

Et l'interculturel la dedans?

MG



"JE N’AI JAMAIS VU ÇA! A ANVERS, L’ENJEU NATIONAL DEPASSE DE TRES LOIN L’ASPECT ANVERSOIS."

A la veille des élections communales et provinciales, LaLibre.be vous propose une analyse des enjeux du scrutin « vu de Flandre » avec l’éditorialiste du Laatste Nieuws Luc Van der Kelen

QUELS SONT LES VERITABLES ENJEUX DE CES ELECTIONS COMMUNALES ?
Elles ont évidemment une importance locale, comme chaque fois. Mais c’est aussi l’avant-match de 2014 avec, qui sait, la négociation finale de la Belgique. Personne ne sait ce qui va se passer dans 2 ans ! On ne peut certainement pas oublier l’importance nationale de ces élections.
EN FLANDRE, LA N-VA MENACE - COMME JAMAIS - LE CD&V.
Le CD&V est le plus grand parti, mais la N-VA veut s’imposer au niveau national et prendre cette place. Les deux se battent pour être le « Volkspartij » en Flandre (Parti du peuple). A côté de cela, une victoire électorale de la N-VA serait un premier pas de Bart De Wever pour devenir le prochain ministre-président flamand. Et pour engager en 2014 une nouvelle réforme de l’Etat vers le confédéralisme ou le séparatisme... Qui sait ?
JUSTEMENT, LES ELECTEURS DE BART DE WEVER SONT-ILS CONSCIENTS DE VOTER POUR UN PARTI « SEPARATISTE » OU SE FOCALISENT-ILS SUR LE PROGRAMME SOCIO-ECONOMIQUE DE LA N-VA ?
Oui, je le crois ! La plupart des électeurs en Flandre savent TRES BIEN ce qui peut se passer dans 2 ans. Ceux qui votent pour la N-VA sont tout à fait conscients de cela et ils espèrent parvenir « enfin » à une République flamande. C’est le premier point du programme de ce parti. On ne parle de rien d’autre en Flandre. A Anvers, l’enjeu national dépasse même de très loin l’aspect anversois.
PATRICK JANSSENS DISAIT RECEMMENT QU’UNE LARGE VICTOIRE DE BART DE WEVER SERAIT LA FIN DE LA BELGIQUE. VOUS PARTAGEZ CELA ?
Une grande victoire de la N-VA avec reprise du pouvoir de ce parti pourrait amener à un nouveau système ou paysage politique. Dans ce cas, c’est certainement possible, oui.

LES FRANCOPHONES NE COMPRENNENT PAS FORCEMENT QUE LA N-VA PUISSE FAIRE UN CARTON AUX COMMUNALES, ALORS QUE SEUL BART DE WEVER EST TRES CONNU. A SES COTES ET DANS LES COMMUNES, IL N’Y A PAS GRAND MONDE…
Mais ils ont d’autres arguments. A commencer par un discours de droite qui passe bien chez les gens, des propositions populaires et un discours contre le PS. L’ennemi est tout trouvé pour eux : « ce sont les Wallons ou francophones qui prennent notre argent ». De Wever est très malin et utilise un langage facile et populiste qui passe bien. A cela, il ajoute des propositions économiques du CD&V et de l’Open VLD. C’est un cocktail d’idées populaires. Le tout, servi par celui qu’aucun autre homme politique n’est capable de battre lors des débats télévisés… En ce domaine, c’est le meilleur de Belgique.

CONCRETEMENT, SI LA PERCEE DES NATIONALISTES EST SPECTACULAIRE CE DIMANCHE, VOUS IMAGINEZ DES CONSEQUENCES SUR LA STABILITE DU GOUVERNEMENT FEDERAL DES LA SEMAINE PROCHAINE ?
Non, ça je ne le pense pas. Le fédéral devrait tenir jusqu’en 2014. Il y a de la nervosité pour le moment, mais cela va disparaître après les élections et on va retourner à un agenda normal avec le budget. Peut-être qu’il y aura un changement à la tête des libéraux flamands avant fin janvier, mais cette élection est prévue dans les statuts de l’Open VLD. Ce possible changement dépendra de leurs résultats. Côté CD&V, il y a une très grande nervosité.
QUEL REGARD PORTEZ-VOUS SUR LES ENJEUX COMMUNAUX A BRUXELLES, SA PERIPHERIE ET EN WALLONIE ?
Pas de grandes surprises. Ce sont des enjeux habituels en Wallonie et en périphérie, avec toujours les mêmes discussions communautaires à Rhode ou ailleurs, car il n’y a pas de réelle pacification. Pour moi, le plus important, c’est Bruxelles… et la venue à Uccle de Didier Reynders.
REYNDERS A UCCLE, GRAND ENJEU SELON LES FLAMANDS ?
Oui, si Anvers a un impact sur 2014… la venue de Reynders aussi ! Faut être clair, Reynders ne vient pas à Uccle pour Uccle ! Dans deux ans, il va essayer de faire de son parti le premier de Bruxelles, au détriment du PS, et devenir le ministre-président de la région. Il pourrait ainsi y avoir une alliance Bruxelles-Flandre contre les socialistes wallons et Di Rupo. En Wallonie, Reynders et le MR ne sont pas parvenus à prendre le pouvoir à Liège… Mais là, il y aura une deuxième occasion à Bruxelles. Une nouvelle alliance de droite avec le FDF, présidé par un Clerfayt ou Gosuin, n’est pas impensable pour prendre le pouvoir à Bruxelles. Je rappelle que c’est Charles Michel qui a laissé partir le FDF et mis fin au cartel, pas Didier Reynders. C’est là aussi un enjeu national, car Reynders a conservé ses bonnes relations avec le FDF. Il n’a pas abdiqué (rires)… pas du tout !

DE FEDERALE REGERING HEEFT EEN ERNSTIG PERCEPTIEPROBLEEM
OPINIE  DM COLUMN
Jan Callebaut is communicatieadviseur en marktonderzoeker. Hij kijkt tweewekelijks naar mens, samenleving, media en politiek.
De vraag is zelfs: gunt christelijk Gent het de moslim Veli Yüksel werkelijk om haar pleitbezorger te zijn in een paarse, vrijzinnige stad?
Natuurlijk heeft deze stembusgang ook een federaal belang. Natuurlijk zal de uitkomst iets zeggen over de stand der dingen in België. Er zal blijken of de revolutie van Bart De Wever zo nabij is als hij zelf verhoopt. In weerwil van het werk van vele ministers heeft de federale regering hoe dan ook een ernstig perceptieprobleem. Ze slaagt er niet in om Vlaanderen te overtuigen van het belang van een nuttig België dat efficiënt werkt, dat de ondernemingen ondersteunt, de export stimuleert en progressief solidair is met de jongeren die voort moeten met dit land, jongeren die nog meer dan 30 jaar in België zullen werken, leven en op hun beurt kinderen krijgen. Een nuttig België maakt zijn deelstaten sterker.
 Dat is de ware roeping van België. Beste Franstalige vrienden: il n'y a pas une Belgique émotionelle, une Belgique de coeur, mais néanmoins, il peut y avoir une Belgique hyperfonctionelle. België kan alleen overleven als het een structurele steunpaal is voor levendige en werkende gemeenschappen in Vlaanderen en Wallonië. Als de federale overheid de verkiezingen van 2014 vertrouwensvol tegemoet wil kunnen zien, zal ze dit liedje moeten leren zingen.

Een presidentieel, doorheen het land paraderende, premier die vastzit in oude dogma's en geen zuurstof geeft, helpt ons niet verder.

UN LECTEUR COMMENTE
"Ik begrijp de Franstaligen zeer goed,dat ze zo vasthouden aan Belgie. Je kan als Vlaming beter niet beginnen nadenken over de meerwaarde van Belgie.Te belastend."

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