samedi 27 octobre 2012

Islam-christianisme: des extrémismes des deux côtés


afp et La Libre

"La plupart de nos problèmes sont provoqués par les déclarations et activités dangereuses de groupes extrémistes marginaux des deux côtés".
Les extrémistes de l'islam et du christianisme provoquent la plus grande partie des problèmes entre eux, a affirmé au Vatican un archevêque nigérian, appelant les deux religions à travailler ensemble plutôt qu'à se concurrencer dans leur "mission divine".
"Nos deux religions prétendent à une mission globale. Comme nous nous trouvons dans le même +village global+, nous devons chercher des moyens de concilier ce sentiment d'avoir une mission mondiale avec le devoir que nous donne Dieu de vivre en paix avec nos semblables", a écrit l'archevêque d'Abuja, Mgr John Olorunfemi Onaiyekan, insistant sur "la liberté de conscience comme liberté fondamentale".
Alors que le Nigeria est endeuillé par une longue série d'attentats perpétrés par la secte islamiste Boko Haram, qui frappe surtout les églises chrétiennes, le prélat a fait distribuer son intervention aux membres du synode sur la "Nouvelle évangélisation" réuni au Vatican.
Faute de temps, ce discours n'a pas été prononcé  par Mgr Onaiyekan. "La plupart de nos problèmes sont provoqués par les déclarations et activités dangereuses de groupes extrémistes marginaux des deux côtés", observe-t-il.
"Les différences entre l'islam et le christianisme ne sont pas négligeables, mais il y a aussi des domaines de valeurs communes", ajoute-t-il, en rappelant le document "Nostra Aetate" du Concile Vatican II qui avait prôné le respect des autres religions.
Il appelle les deux religions les plus importantes dans le monde à "promouvoir des valeurs partagées, dans un monde qui a un grand besoin de ces valeurs".
Le prélat catholique, qui n'a cessé ces derniers mois de lancer des appels à refuser l'engrenage de la vengeance, souligne qu'"il y a beaucoup de sortes de musulmans" et que ceux qui "sont amicaux sont la majorité" au Nigeria.
En matière de cohabitation, "nous pensons avoir appris quelques leçons qui peuvent être utiles au reste du monde", estime-t-il.
La crainte de l'islamisme radical et violent et l'accent sur les difficultés d'un vrai dialogue avec l'islam ont été jusqu'à présent omniprésents dans la bouche de nombreux évêques arabes et africains au synode.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
Voici un article qui devrait interpeller les habitués de DiverCity.
Toutes les religions prônent la tolérance, mais paradoxalement toutes cherchent à dominer !
L'islam à progressé cimeterre au clair. Les catholiques qui pendant des siècles ont évangélisé les "païens", souvent par la force avec l'inquisition et la colonisation font aujourd'hui mine, par l'intermédiaire de leurs évêques africains, d'être les seuls à tendre la main avec leur plaidoyer pour l’œcuménisme et dialogue interreligieux. Intéressant!
Mgr Onaiyekan appelle les musulmans et les catholiques à "promouvoir des valeurs partagées, dans un monde qui a un grand besoin de ces valeurs".
Valeurs partagées? Entend-il par là: valeurs éthiques par exemple "Bel Agir" (Mohammed) et "amour du prochain" ( Jésus), empathie (Bouddha) ?
Paradoxal quand la haine et la volonté de meurtre habitent les communautés chrétiennes et musulmanes établies au Nigéria et dans bien d'autres territoires.  Les religions s'y combattent plus qu'elles ne collaborent au bonheur et à la qualité du vivre ensemble des hommes et des femmes.
Ce prélat catholique africain, n'a cessé ces derniers mois de lancer des appels contre l'engrenage de la vengeance. En matière de cohabitation,  il pense "avoir appris quelques leçons qui peuvent être utiles au reste du monde" au delà de la crainte de l'islamisme radical et violent et de la difficulté de créer un vrai dialogue avec l'islam".
"La plupart de nos problèmes sont provoqués par les déclarations et activités dangereuses de groupes extrémistes marginaux des deux côtés".
Les extrémistes sont-ils vraiment aussi marginaux que ne le laisse entendre ce prélat?
 "Les différences entre l'islam et le christianisme ne sont pas négligeables, mais il y a aussi des domaines de valeurs communes".
Un intégriste catho qui sévit quotidiennement sur le site de la Libre commente: "Si même le Vatican se met a faire la propagande d'un islam modère ( contrairement au fameux discours de Ratisbonne du Saint Père ) , alors on est foutu".Sidérant!
Pourtant, le même ajoute: "Je vous recommande très chaudement la lecture du livre "le moine, l'imam et le rabbin", discussions entre 3 religieux sur les bases de leur religion et sur l'actualité post-11 septembre. Ça fera tomber bien des préjugés sur le pseudo-impossible dialogue ou l'incapacité des interlocuteurs valables dans les autres religions."
Un autre internaute rebondit avec beaucoup d'à propos sur les propos de Mgr Onaiyekan, relatif à "la liberté de conscience comme liberté fondamentale".
"En matière de religion ou d'athéisme la seule attitude raisonnable est de laisser une petite place au doute. Le doute est présent chez le croyant aussi. C'est ce qui lui permet de refaire à chaque fois un choix éclairé par sa réflexion et son questionnement."
Le questionnement c'est le contraire du dogme et de la conviction qu'on impose à autrui, le cas échéant par la force et la coercition.
Drewermann écrit:
"Le christianisme, j'ose l'affirmer, ne parviendra à capter le message du Christ que s'il se laisse enseigner par les autres religions.
Du judaïsme il apprendra ce que Jésus, le juif, a vraiment pensé et voulu.
Des bouddhistes, en quoi consiste la sagesse de cet homme, comment se trouver soi-même, comment parvenir à clarifier ses sentiments à sonder son âme.
Des musulmans enfin, comment la foi pourrait être chose simple au regard des amas de lois qui nous oppressent. " (Drewermann: Dieu immédiat  page 54")
Voilà qui participe intelligemment d'un dialogue interconvictionel pour lequel nous plaidons ici depuis des années.
Mais...
"Les croyants savent qu'ils croient, et les incroyants croient qu'ils savent."  commente un autre internaute.
Et d'ajouter: "Une religion est une conception du monde, et une manière dont l'homme est 'relié' à ce monde."
La science recherche « comment » fonctionne ce monde, et la religion « pourquoi » ce monde existe." Les athées ne croient pas que... Ils savent que... du moins quand la science offre une réponse "
Il arrive fréquemment que la science soit en contradiction avec les religions (genèse, créationnisme, etc).  La science a souvent dû s'opposer à la religion qui la contredisait, ce qui explique que la plupart des scientifiques soient athées.

La science progresse en posant les bonnes questions, en doutant, en expérimentant de découverte en découverte et en trouvant des réponse provisoires, toujours remises en question par la communauté anonyme des scientifiques du monde entier, l'élite de l'humanité. Les religions ne sont pas dans le doute, elle prônent la fixité du dogme non soumis à révision.
Le vrai drame c'est que la science  progresse à un rythme accéléré que le commun des mortels est incapable de suivre. Il s'en suit un hiatus terrible entre les happy few qui la comprennent à peu près et les milliards de unhappy many qui sont complètement dépassés par elle. En conséquence, ces derniers, ignorants et incultes se tournent de plus en plus vers les formes les plus frustes de religion, les sectes et les mouvements évangélistes et islamistes divers. Et si c'était cela le drame du XXIème siècle?
MG



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