lundi 22 octobre 2012

L'enseignement catholique dispensera-t-il à nouveau des cours de religion islamique?


Belga
"Comment construire un vrai dialogue inter-convictionnel dans les écoles, sachant que la relégation du religieux dans la sphère privée n'offre aucune solution à l'égard des risques de dérive fondamentaliste ?"
L'enseignement catholique a demandé samedi de pouvoir à nouveau dispenser des cours de religion islamique, dans une perspective de dialogue inter-convictionnel à l'école. "Est-il juste, lorsqu'une majorité des élèves qui fréquentent une école catholique est de confession musulmane, de ne pas offrir le choix de suivre un cours de cette confession", a demandé Etienne Michel, directeur du SeGEC (Secrétariat général de l'enseignement catholique), au terme d'un congrès sur les perspectives de l'enseignement catholique pour les dix prochaines années.
Actuellement, une seule école catholique d'enseignement fondamental à Cheratte (province de Liège) bénéficie d'une dérogation pour pouvoir dispenser un tel cours, que le cadre légal exclut de l'enseignement catholique depuis plus d'une dizaine d'années.
"Comment construire un vrai dialogue inter-convictionnel dans les écoles, sachant que la relégation du religieux dans la sphère privée n'offre aucune solution à l'égard des risques de dérive fondamentaliste ? Plutôt un vrai cours de religion, donné par quelqu'un de formé, que des discours simplistes tenus dans des arrière-salles de café", plaide Etienne Michel.
Nombre de familles musulmanes inscrivent leur(s) enfant(s) dans des écoles de l'enseignement officiel, où les cours de religion islamique sont dispensés.
Un débat sur l'opportunité d'instaurer un tronc commun de cours dits "philosophiques" dès l'enseignement fondamental fera l'objet d'auditions dès mardi, en commission de l'Education du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Côté laïc, le CEDEP (Centre d'étude et de défense de l'école publique), favorable à la création d'un cours commun de philosophie, y sera entendu de même que, côté chrétien, la CSC (syndicat), l'UFAPEC (parents) et le SeGEC (pouvoir organisateur).
Le directeur du SeGEC a également insisté sur la nécessité d'une évaluation formelle des enseignants, pour objectiver les évaluations "informelles, diffuses, permanentes, par l'intermédiaire du regard des élèves, de la direction, des parents, des autres enseignants".
Il a aussi plaidé pour le développement d'une centrale d'achat de l'enseignement catholique. Une asbl se met sur pied pour aider les écoles, confrontées à la complexité d'un nombre croissant de marchés publics et demandeuses d'économies d'échelle.
L'enseignement catholique scolarise un élève sur deux en Fédération Wallonie-Bruxelles. Un millier de participants ont fréquenté ses trois jours de congrès décennal à Louvain-la-Neuve.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
GAGNER DES PARTS DE MARCHE
Depuis plusieurs semaines, la Libre Belgique se livre à une formidable opération de communication marketing vantant sans vergogne les mérites de l'école catho.
A lire ces articles et surtout l'important courrier de lecteurs qui les accompagne, l'école dite libre c'est à dire privée et catho, se révèle de moins en moins catholique au point de revendiquer des subventions pour organiser des cours de religion islamique. Un comble pour qui se veut un tant soit peu cartésien.
C'est dire que le message évangélique qui en principe détermine la spécificité de son projet éducatif semble s'estomper et passer au second plan.
On veut nous faire croire, et on y réussit fort bien, que le projet évangélique s'est évaporé au profit d'un objectif qui se veut "d'excellence". En somme le message subliminal est celui-ci: la différence entre le libre et l'officiel? Il n'y en a pas, sauf que le libre catho est meilleur puisque les parents lui font davantage confiance.

Parmi les dizaines de commentaires d'internautes, celui-ci a retenu notre attention: "Une seule volonté, c'est de gagner des parts du marché de la religion! L'immigration fait marcher le commerce, un client est un client."
Décidément, hormis l'arsenal marketing qu'il met en œuvre au service du client roi, on finirait par se demander ce qui sur le plan des structures distingue encore l'enseignement catholique de l'enseignement officiel.
Pour le patron du Segec, "les deux réseaux doivent former la culture scolaire." Mais alors pourquoi ne pas décider, enfin, de ne plus en former qu'un seul, comme en Finlande où il est organisé, de façon très efficace et en toute indépendance par les municipalités?
Et cela surtout en fonction de l'argument suivant : "il est grand temps de prendre acte d’une transformation profonde des conditions de l’éducation dans la société contemporaine. Selon le philosophe Marcel Gauchet, ces transformations majeures sont observables sur quatre "fronts" : les relations de l’école avec la famille, le sens des savoirs qu’elle dispense, l’autorité dont elle a besoin et sa place dans la société."
Puisqu'on on est là, il devient nécessaire et urgent  d'organiser : "Un débat sur l'opportunité d'instaurer un tronc commun de cours dits philosophiques dès l'enseignement fondamental" dans une " société actuelle qui tend a se séculariser".
Et ceci d'autant plus que “de plus en plus de voix s’élèvent pour considérer l’enseignement catholique comme une sorte d’héritage du passé"
Mais voilà qu'au même moment et au rebours de cela, il faut bien constater que se concrétise la possibilité de voir se créer à assez court terme un nouveau réseau libre mais cette fois de confession musulmane.
Mais s'est-on vraiment demandé, (à l'aube de l'instauration du confédéralisme) si la Communauté française, déjà exsangue, pourra encore  financer longtemps des réseaux d'enseignement concurrents.
Mais où est le parti, où sont les hommes, les femmes politiques téméraires qui prendront enfin l'initiative hardie de plaider pour un réseau unique avec un cours sur les religions et les philosophies commun à tous?
Surtout, comment allons nous faire face à la question fondamentale "Comment construire un vrai dialogue inter-convictionnel dans les écoles, sachant que la relégation du religieux dans la sphère privée n'offre aucune solution à l'égard des risques de dérive fondamentaliste ?"
Assurément personne n'ose  répondre à cette question que DiverCity considère comme absolument fondamentale.
Il existe cependant une approche alternative: remplacer les réseaux concurrents par une école unique et pluraliste.

MG

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