mardi 2 octobre 2012


Limiter les naissances à Bruxelles : Thielemans veut pouvoir en parler
Le Soir
Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles Freddy Thielemans (PS) estime que le thème de la limitation des naissances devait pouvoir être abordé dans le cadre de la lutte contre la surpopulation. En dix ans, la population des dix-neuf communes a crû de 16,6 %.



Depuis quelques années, Bruxelles est confrontée à un boom démographique spectaculaire. En dix ans, la population des dix-neuf communes a crû de 16,6 %. Entre 2000 et 2020, Bruxelles devrait gagner 250.000 habitants ! L'effet conjugué, on le sait, d'un taux de natalité supérieur à la moyenne belge et des flux migratoires. Ainsi, en 2010, les registres de population ont enregistré 18.612 naissances (pour 9.433 décès), ainsi que 46.949 nouveaux migrants, contre seulement 17.543 départs, soit un solde très largement positif (29.406 migrants). Faut-il rappeler que, dans les années 80 et 90, la Région bruxelloise était confrontée à un exode urbain, non compensé par les migrations et la natalité ? L'une des préoccupations principales était alors de maintenir des habitants sur les 160 kilomètres carrés de territoire bruxellois. Aujourd'hui, cette nécessité de convaincre les classes moyennes de rester en ville est toujours d'actualité. Mais elle a cédé la priorité à la nécessité d'absorber le boom démographique – que personne n'avait vu venir ! On entend par là : construire, et vite, crèches, écoles et logements, acheter bus et trams…
Lors d'un débat en Flandre, Freddy Thielmans a estimé que le thème de la limitation des naissances devait pouvoir être abordé dans le cadre de la lutte contre la surpopulation.
Son porte-parole Nicolas Dassonville: «C'est un fait : nous avons, à Bruxelles, beaucoup de familles nombreuses comptant sept ou huit enfants. Elles demandent un appartement social, mais ces appartements n'existent habituellement pas ». Freddy Thielemans a par ailleurs souligné qu'il ne visait aucune communauté ou religion en particulier. « Ce problème, vous le trouverez aussi bien dans les familles musulmanes que dans les familles juives, et même parmi les chrétiens ». Le taux de natalité a connu sa plus forte hausse en Région bruxelloise. En 2011, on y dénombrait plus de 1,1 million d'habitants. D'ici 2060, ils devraient être 1,5 million.
DENSITE FORTE
En filigrane de ces urgences se pose, plus que jamais, la question de la densité urbaine. Avec 6.934 habitants, en moyenne, par km2, la Région bruxelloise explose la moyenne nationale (358,7 habitants/km2) ; à titre de comparaison, Liège est à 2.774 habitants/km2 et Charleroi à 1.985. Mais, surtout, ce chiffre global masque d'énormes disparités géographiques : on passe de 1.876 habitants/km2 à Watermael-Boitsfort à 23.057 habitants/km2 à Saint-Josse ! Or, ce déséquilibre flagrant n'est pas près d'être corrigé. C'est que les « nouveaux habitants » (les migrants et une majorité de naissances, dans les familles allochtones) se concentrent principalement dans les quartiers déjà très peuplés. Ceux-là mêmes qui, à Molenbeek, Anderlecht ou Saint-Josse, sont les plus précarisés.
PAUPERISATION
C'est précisément dans cette zone que tous les indicateurs socio-économiques sont au rouge (très foncé). On sait que Bruxelles souffre d'un chômage endémique qui ne décolle pas de la barre des 20 %. Mais, là aussi, la moyenne cache de profondes inégalités. Woluwe-Saint-Pierre compte 10,1 % de chômeurs au sein de sa population, Saint-Josse, 30,7 %. Beaucoup plus grave, le chômage des jeunes (moins de 25 ans) : 32,9 % dans la Région mais 40,9 % à Molenbeek ! Plus d'un quart des jeunes Bruxellois de moins de 18 ans vit dans un ménage sans emploi rémunéré. Sans surprise, c'est bien sûr dans les quartiers précarisés qu'on les retrouve, en immense majorité. Le problème ? Archiconnu : Bruxelles, troisième région d'Europe en termes de PIB, a une économie basée sur les services : le secteur tertiaire fournit 90 % des emplois. Comme à Londres ou Paris, plus de la moitié des postes (53 %) requièrent un diplôme de l'enseignement supérieur. Or, quatre Bruxellois sur dix de moins de 25 ans n'ont qu'un diplôme de l'enseignement secondaire inférieur. Cette inadéquation manifeste entre l'offre de travail, infraqualifiée, et la demande, supraqualifiée, explique que plus de la moitié des 696.000 emplois dans la capitale sont occupés par des navetteurs et que le chômage concerne, à Bruxelles, plus de 100.000 personnes.
Aurore Peignois, Véronique Lamquin Le Soir

" Ceci dit, les socialistes bruxellois comme Piqué ou Thielemans commencent sérieusement à m'agacer, ils deviennent aussi populistes que certains MR"
MOUREAUX : « AVOIR UN ENFANT EST UN DROIT QUI NE SE NEGOCIE PAS »
« Dans une société libre avoir un enfant est un droit et une richesse qui ne se négocient pas ». Par ce tweet envoyé vers 9h ce lundi matin, Philippe Moureaux, bourgmestre de Molenbeek semble répondre à Freddy Thielemans. Lors d’un débat en Flandre, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles avait estimé que le thème de la limitation des naissances devait pouvoir être abordé dans le cadre de la lutte contre la surpopulation.

THIELEMANS: "GEEN SPRAKE VAN GEBOORTEBEPERKING"
"Er is dus geen sprake van om de geboorten op eender welke manier wettelijk te beperken", stelt hij.
"Grote steden hebben volgens mij de roeping om iedereen op te vangen en om te blijven groeien. Het is mijn verantwoordelijkheid om na te denken over hoe we de demografische explosie kunnen opvangen inzake onderwijs, huisvesting, gezondheidszorg, gezinshulp,...", aldus Freddy Thielemans. De stad heeft reeds geïnvesteerd in 1.200 publieke wooneenheden en een duizendtal plaatsen in crèches en scholen, merkt hij nog op.

De woordvoerder van de burgemeester verklaarde nog dat Thielemans nooit gezegd heeft dat hij voorstander was van geboortebeperking. Wel heeft hij verklaard open te staan voor een debat.

Volgens de Coreliokranten verklaarde Thielemans dat "geboortebeperking bespreekbaar moet zijn omdat zoveel mogelijk kinderen hebben onverantwoord is".

Thielemans werd meteen teruggefloten door zijn collega-burgemeester en partijgenoot Philippe Moureaux. "In een vrije samenleving is het krijgen van een kind een recht en een rijkdom waarover niet onderhandeld wordt", stelde Moureaux op Twitter.

MR-parlementslid Alain Destexhe merkte ook al op Twitter op dat als een MR-lid dergelijk voorstel gelanceerd had, hij "extreemrechts" genoemd zou worden.

"Une loi n'e'st pas nécessaire : allocation familiale correcte pour le 1er enfant, pas d'alloc pour le 2nd et une taxe forfaitaire progressive pour les suivants. c'est simple et obligatoire si on veut encore pouvoir manger, boire, respirer, bouger dans 50 ans. La population mondiale doit redescendre au niveau de 1995. Tout le reste c'est du blabla et de la perte de temps."

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DES GESTIONNAIRES BRUXELLOIS SANS VISION
Sur le fond Thielemans a raison, la démographie bruxelloise galopante est un vrai problème à telle enseigne que tous les commentateurs parlent de défi démographique. On notera au passage que le sage de Duve dont nous publions la passionnante interview nous annonce que globalement l'humanité va droit dans le mur.
Sur la forme on constatera avec Beatrice Delvaux, qui une fois de plus porte le fer dans la plaie, que le premier citoyen bruxellois manque singulièrement de vision non seulement eu égard au défi démographique mais dans bien d'autres domaines. Pire, il semble que le président de la région Bruxelles-Capitale n'en ait pas davantage.



Bruegel l'ancien: la parabole des aveugles.
M. THIELEMANS, VOS PROJETS, SVP !
Beatrice Delvaux



Éditorialiste en chef
En pleines élections communales, le bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans, se dit favorable, dans un débat citoyen, à ce que l’on puisse débattre du contrôle des naissances.
Propos de fin de soirée ? Grrrrande fatigue électorale ? Après le tir du Standaard qui a capté l’info, le tweet assassin de Philippe Moureaux, la mise au point du PS – pas question de contrôle des naissances – et la marche arrière dudit bourgmestre, soyons clairs : le problème n’est pas le débat sur le contrôle des naissances à Bruxelles, dans les 19 communes, ou ailleurs en Belgique – qu’aucune formation politique démocratique n’a lancé, ni abordé.
Le seul problème soulevé ici est Freddy Thielemans.
L’interview de Patrick Janssens dans Le Soir, ce week-end, a marqué les esprits.
Par la détermination du propos du bourgmestre d’Anvers, prouvant que les villes, principaux lieux de vie du futur, réclament un manager à leur tête, porteur d’une vision, capable de proposer un plan d’action, d’en déléguer l’exécution, d’en surveiller l’implémentation et de générer des résultats.
Freddy Thielemans, candidat bourgmestre, tête de liste du PS à Bruxelles-ville, peut-il être cet homme, après douze ans de pouvoir ? C’est à l’électeur d’en juger le 14 octobre prochain. Mais d’ici là, c’est à lui de convaincre.
Sur le fond, en démontrant qu’il a sur les problèmes démographiques un vrai plan, crédible, efficace, non populiste, chiffré. Autre chose en tout cas que ces « galéjades » maïorales de fins de soirée qui, dans d’autres coins du pays, ont fini par ne plus faire rire personne. La même demande vaut pour la mobilité, la sécurité, la propreté.
Sur la forme, Freddy Thielemans et surtout le PS doivent faire toute la clarté sur ce qui reste d’une totale ambiguïté, et tient même, pour certains, du mensonge. Freddy Thielemans exercera-t-il la fonction de bourgmestre s’il est élu, durant la totalité de son mandat ? Ou est-il maintenu en tête de liste par le PS pour garantir au parti un score électoral, par la « vertu » de sa capacité à convaincre l’électeur dans la rue ? Freddy Thielemans nous jure qu’il sera bourgmestre pour six ans, mais au sein du parti, on continue à dire le contraire… Quelle est la vérité ? L’électeur mérite qu’elle vaille au-delà du 14 octobre.
Bruxelles, dont on ne cesse de dénoncer les besoins, vaut un plan d’attaque déterminé, porté par des gestionnaires politiques forts, à temps plein et non vassalisés par leur parti. Ce message-là s’adresse à tous les partis en campagne dans la capitale du pays

POUR DE DUVE, NOTRE SOCIETE FONCE DANS LE MUR
Guy Duplat



Le Prix Nobel fête ses 95 ans. Dans “La Libre”, il lance un cri d’alarme. Si les “sages” ne prennent pas le pouvoir, le monde va droit à la catastrophe.
Entretien
Christian de Duve, seul Nobel belge toujours en vie, fêtera ses 95 ans mardi prochain. Malgré son grand âge, il garde l’esprit vif et alerte. Dans un entretien avec "La Libre", il en appelle à un sursaut des hommes. Ces dernières années, il a publié coup sur coup, chez Odile Jacob, des livres marquants, retraçant de manière saisissante l’histoire de la vie. Mais cet humaniste a aussi exprimé sa vision du monde, sans Dieu personnel, mais avec un appel à la responsabilité des hommes. Dans son livre important, "Génétique du péché originel", publié au printemps 2009, il lançait un cri d’alarme, estimant que l’humanité, si on ne faisait rien, allait droit dans le mur et il prônait, entre autres, une limitation généralisée des naissances dans le monde pour freiner l’explosion démographique. Nous l’avons rencontré dans sa maison située juste sur la frontière linguistique.
QUEL EST VOTRE ETAT D’ESPRIT A 95 ANS ?
Si je regarde en arrière et grâce à la longévité que m’ont donnée mes gènes, je constate que j’ai eu la chance de vivre le siècle le plus extraordinaire de toute l’histoire de l’humanité. Dans tous les domaines, les découvertes furent sensationnelles. En cosmologie, on découvrait le Big bang et les trous noirs. Au moment où on se parle, un véhicule envoyé par les hommes cherche des traces de vie sur Mars. En physique fondamentale, on a pénétré au cœur de l’atome et on attend avec impatience maintenant la décision du comité Nobel sur le fameux boson de Brout-Englert-Higgs confirmé par les expériences du CERN. S’il décide de consacrer cette découverte, reconnaîtra-t-il le mérite de notre compatriote François Englert ? On ne peut qu’espérer que ces experts suédois seront bien renseignés et ne céderont pas à un quelconque lobby anglo-saxon. Mais le plus révolutionnaire du siècle est dans mon domaine. Quand je suis entré à l’université, on ne savait quasi rien sur la vie, mais quand j’ai pris ma retraite il y a 30 ans, on savait comment la vie fonctionne dans l’ensemble du monde vivant, microbes, moisissures, végétaux, animaux et humains. D’avoir vécu tout cela fut extraordinaire et j’appartiens définitivement à une génération privilégiée. Car nous avons connu aussi le boom des technologies. Je me rappelle encore très bien le vol transatlantique de Lindbergh en 1927. J’ai vécu le développement du nucléaire civil comme militaire et toutes les révolutions électroniques. Il est impossible de trouver une génération qui a connu de tels changements. Mais qu’en a-t-il été des mentalités ?
C’EST LE COTE NOIR.
Comment la société a-t-elle réagi à toutes ces découvertes ? Certes, elle a utilisé la plupart des applications nouvelles (de la télévision à Internet), pas toutes (le nucléaire et les OGM ont été parfois diabolisés), mais les évolutions des sciences et techniques n’ont quasi pas influencé le mode de pensée des gens dont beaucoup continuent souvent à voir le monde comme on le voyait au Moyen Age. Même les journalistes qui font des efforts d’explication, cèdent souvent à l’émotif et au sensationnalisme. En regardant le futur, je suis extrêmement inquiet sur l’avenir même du monde. C’est surtout en matière de démographie que la cécité est la plus forte. De mon vivant, la population mondiale aura quadruplé avec ce que cela signifie comme occupation des derniers recoins habitables de la planète, pollution de l’environnement et exploitation irresponsable des ressources naturelles. Les conséquences de cette explosion démographique représentent une menace terrifiante pour l’humanité. Si on ne fait rien celle-ci pourrait disparaître et pas à très longue échéance, je parle en termes de quelques siècles ou même beaucoup moins. Je suis donc ébloui par le passé que j’ai vécu et effrayé par l’avenir.
EN QUOI LES MENTALITES N’ONT PAS EVOLUE ?
Les gens n’ont pas appris à raisonner avec la rigueur et l’honnêteté intellectuelle qu’essaient d’observer les scientifiques, à pratiquer le doute méthodique dont parlait Descartes. Ils manquent d’objectivité et sont obnubilés par des croyances et des certitudes qui ne se fondent sur aucune réalité démontrable. C’est vrai du Pape qui parle de "vérités révélées" et donc, non contestables et qui est pourtant suivi par 1,5 milliard de gens. C’est vrai des disciples de Mahomet, de José Bové qui lui aussi, lance des "vérités" sans les démontrer, ainsi que des fondamentalistes chrétiens aux Etats-Unis. Imaginez que 50 % des Américains ne croient pas dans la théorie de l’évolution de Darwin, dans le pays le plus développé du monde ! Mais il y a plus grave. Nous risquons d’aller vers de nouvelles guerres de religion qui pourraient embraser tout le Moyen Orient, mais avec des armes autrement destructrices que celles des Croisés.
UN EXEMPLE DE CE MANQUE D’OBJECTIVITE EST SELON VOUS, LE DEBAT SUR LES OGM.
J’ai été choqué de voir comment on a immédiatement titré "Les OGM sont dangereux" sur base d’une seule étude qui n’a même pas reçu la caution du monde scientifique. C’est comme si, après le drame du Softenon, on avait conclu : "Les médicaments sont dangereux". De plus, l’étude dont il est question est très critiquable sur le plan scientifique, ayant été effectuée sur un nombre réduit d’animaux connus pour développer spontanément le genre de cancer que les auteurs attribuent à l’OGM. Enfin, les auteurs de l’étude sont des adversaires déclarés des OGM. Il y avait donc conflit d’intérêt comme c’est le cas, d’ailleurs, lorsque Monsanto en sens inverse, fait des études sur les OGM. Il s’agit, en effet, dans le cas en cause, d’un OGM résistant à un herbicide donné et donc sans utilité si on n’utilise pas cet herbicide (fabriqué par la firme en question). Il faut des études objectives, sans a priori. On peut rejeter un OGM mais en accepter un autre par exemple. Personne n’a rappelé que des centaines de millions d’Américains mangent des OGM depuis des années sans qu’on ait signalé le moindre accident. En réalité, il règne une peur irrationnelle basée sur l’ignorance et parfois, la malhonnêteté intellectuelle. Tous les organismes ou presque, qui nous entourent ont été modifiés par l’homme depuis 10000 ans, par sélections et croisements des espèces. L’homme de Cro-Magnon ne les reconnaîtrait pas. Seule différence, nos ancêtres ont exploité des modifications génétiques existantes dues au hasard. Avec les OGM, on choisit une modification génétique rationnellement dans un but déterminé. Est-ce un tort de remplacer le hasard par la raison ? On se trouve devant un nouveau fondamentalisme, pour lequel tout ce qui est naturel est sacré. Cela n’a aucun sens. La nature n’est ni bonne ni mauvaise; elle est indifférente. La nature, ce n’est pas seulement les beaux paysages ou la moisissure qui fabrique la pénicilline, c’est aussi le bacille de la tuberculose et le virus du Sida. J’adore la nature mais ce n’est pas pour autant que tout y est forcément bon. On trouve une autre forme de respect de la nature dans la doctrine catholique qui voit dans la nature une œuvre voulue par Dieu à laquelle on ne peut pas toucher, dans le contrôle des naissances, par exemple, où seule la méthode dite "naturelle" est admise.
EXAGERE-T-ON LE PRINCIPE DE PRECAUTION ?
Je suis pour un contrôle sociétal par des gens compétents et pour une application raisonnable du principe de précaution, mais on va parfois trop loin. Ainsi des applications de vaccination anticancéreuse ou l’utilisation d’un riz doré avec ajout de vitamine A sont retardées depuis des années parce que leur innocuité n’a pas été entièrement démontrée, au risque de ne pouvoir sauver à temps un grand nombre de vies humaines.
CELA VA DE MAL EN PIS ?
Je le crains, même si j’espère toujours que la sagesse nous amènera à réagir avant qu’il ne soit trop tard. Mais d’où viendra la réaction ? Qui seront les éducateurs de demain qui pousseront à cette sagesse nécessaire ? Ce fut longtemps le rôle des religions mais elles s’enferment dans un prosélytisme pour défendre des positions doctrinales soi-disant révélées et, dès lors, incontestables. J’aimerais que le pouvoir soit occupé par des sages, mais dans l’histoire, les sages, qu’ils se nomment Socrate, Jésus ou Gandhi, ont été éliminés. On ne veut pas de "sages" car les solutions qu’ils apportent n’ont pas de profits immédiats alors que c’est ce que nos sociétés cherchent, entraînées par un processus de sélection naturelle dont elles sont les esclaves. Il faudrait que ces "sages" puissent agir sur l’éducation dès le berceau. C’est pourquoi je mets beaucoup d’espoir dans une participation plus grande des femmes dans la société. La première éducation des enfants est en grande partie dans leurs mains et elles sont peut-être, comme les autres femelles de mammifères, génétiquement moins agressives que les mâles. Je suis pessimiste aujourd’hui, mais je veux rester aussi, optimiste car je ne veux pas que mes petits-enfants héritent d’une catastrophe. Avec son cerveau quatre fois plus gros que celui d’un chimpanzé, l’homme est le seul être vivant qui pourrait s’opposer à la sélection naturelle. S’il le voulait bien.

SUBLIME
L’HOMME EST LE SEUL ETRE VIVANT QUI POURRAIT S’OPPOSER A LA SELECTION NATURELLE.

Freddy for President !



Cher Monsieur Thielemans,
Permettez-moi de vous féliciter pour votre dernière prise de position ! Contrôler les naissances afin de résoudre les problèmes de démographie galopante à Bruxelles, est une idée qui allie le courage et la hardiesse. Une vision si novatrice qu’il vous aura fallu à peine onze ans et onze mois à la tête de la capitale de l’Europe pour en peaufiner les termes. Encore que, comme vous le confessez avec une modestie peu courante, dans la classe politique, « personne n’avait rien vu venir ».
Je ne sais si ce plan intrépide et pourtant pétri de ce « bon sens belge » si souvent vanté par feu M. Vanden Boeynants, est né en marge d’un déplacement en Chine ou au terme de l’une de ces cures qui rendent force et jouvence aux hommes de votre trempe. Peu importe : cet idée de tarir le mal à la source, de couper l’eau avant que ne survienne l’inondation si l’on ose dire, est tout bonnement géniale. C’est bien simple si j’étais Bruxellois, ma voix vous serait acquise (las, avec six fils à charge, vous comprendrez qu’il a fallu que je m’exile à la campagne…).
J’ajoute que vous faites preuve d’un œcuménisme qui tranche avec les préceptes sectaires du parti auquel vous adhérez. En effet, vous prenez soin de prévenir que parlant des familles « de 7 à 8 enfants » qu’il est désormais impossible de caser en vos murs, vous visez tant les parentelles « musulmanes, juives que chrétiennes ». C’est admirable et comme de bien entendu, cela a immédiatement fâché votre collègue, voisin et camarade M Moureaux qui, toutes voiles dehors, a cru bon de déclarer que « avoir un enfant était un droit non négociable ». Mais on croirait entendre Benoît XVI, ne trouvez-vous pas? Encore heureux qu’il ne vous ait pas traité de salafiste au prétexte fallacieux que vous vous empareriez à votre tour du corps des femmes...
Dès lors, je vous en conjure : ne vous arrêtez pas en si bon chemin et un jour sans doute, parlera-t-on de « l’effet Thielemans » comme on évoque l’effet papillon. Il y a tant à faire ! L’alcoolisme est un fléau ? Imposez la prohibition. Le trafic de drogue mine la cité ? Coupez les mains des dealers ! La N-VA empoisonne la vie du royaume ? Baliverne : faites interdire le parti et reléguer son abominable chef à Wallis et Futuna. Et si la Belgique se meurt quand même, interdisez que diable qu’elle défuncte et annexez par décret le Luxembourg !
Assurément, Monsieur, le PS a trouvé en vous son nouveau guide. Nul doute que vos pairs l’auront mesuré et vous appelleront toutes affaires cessantes aux plus hautes fonctions.
Thielemans président ? Diantre: pourquoi pas ! Mais que faire de M Di Rupo, demanderez-vous en esquissant un sourire pur, juste et bon ? Bah ! il suffirait d’introduire dans les statuts si souples du parti un amendement interdisant le cumul des fonctions de Premier ministre, de bourgmestre pas un instant empêché et de président intrinsèque et indubitable . Croyez-moi : votre ami, le gentil M. Giet, ne vous en voudra pas du tout bien au contraire, le rôle de potiche semble énormément le fatiguer.
Porté par cet indicible espoir d’Ordre, de Calme, d’Espace et de Renouveau moral , je vous prie, M. Thielemans d’agréer, l’expression renouvelée de ma gratitude
Luc Delfosse
Journaliste, éditorialiste et auteur de « Et ta mère » (ed. Onit.net)
facebook.com/luc.delfosse.1
twitter : @LucDelfosse

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