samedi 20 octobre 2012

Philippe Moureaux le machiavélique

Par un retournement d'alliance inattendu, le bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean a été poussé vers la sortie. Ce croquemitaine avait poussé très loin le flirt avec les musulmans.


Philippe Moureaux.© Image Globe
Le premier, il intégra des personnes issues des minorités ethno-religieuses sur ses listes communales, puis aux élections régionales. Sans ce réflexe, l'électorat socialiste bruxellois se réduirait aujourd'hui à 10 %. Mais la créature a échappé à son maître. A force de flatter les mosquées, Philippe Moureaux est devenu, aux yeux des Wallons et d'une partie des Bruxellois et des Flamands, l'incarnation du communautarisme. C'est lui et quelques autres qui bloquèrent toute restriction dans le domaine de l'immigration et acceptèrent des entorses au « pacte républicain ». Tournées électorales dans les mosquées, consultation des chefs religieux, prêt de locaux communaux pour des classes de religion islamique, « dispositif ramadan », etc. A force, Philippe Moureaux est devenu le patron informel de la communauté marocaine de Belgique, donnant des gages politiques au royaume du Maroc sur le Sahara occidental et agissant comme « juge de paix » en Belgique (il trancha une énième querelle de l'Exécutif des musulmans de Belgique en promotionnant la frange des Frères musulmans).
Sur le terrain, cependant, il perdait pied. Trafics de drogue dans la rue et dans les cafés, afflux de populations pauvres, harcèlement des femmes non voilées et des homosexuels dans la rue, politique occupationnelle des jeunes, faible maîtrise de l'espace public malgré une centaine de gardiens de la paix dénués de pouvoir coercitif, prolifération des foyers de radicalisme... Ces aspects de la vie urbaine ne sont pas propres à Molenbeek mais, en s'attaquant aux porteurs de mauvaises nouvelles plutôt qu'aux problèmes énoncés, Moureaux a donné une image caricaturale de sa commune. Sa succession n'était pas assurée. Après que Laurette Onkelinx, son héritière putative, eut refusé de s'établir à Molenbeek, il s'appuyait sur des échevins sans stature véritable. Pour une population de plus de 90 000 habitants, en plein boom démographique, il pouvait légitimement s'inquiéter. Le retournement d'alliance intervenu sous la houlette de Françoise Schepmans (MR), avec le soutien des trois autres partis démocratiques et leur pendants flamands, lui ôte ce souci.
Marie-Cécile Royen (Vif)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
EFFET CLERFAYT (SUITE)
"Et maintenant que va faire Madame Schepmans pour redresser une situation que nous pouvons qualifier de catastrophique ?" demande un internaute. Excellente question qui s'adresse à tous les bourgmestres bruxellois de la couronne du Nord.
Quand Milquet, Onkelinx et Moureaux mordent la poussière, c'est tout une conception du vivre ensemble qui s'effondre. Le communautarisme et le clientélisme ethnique sont une stratégie politique qui a bien réussi au PS et au CDH mais qui a beaucoup favorisé la progression de l'islamisme fondamentaliste dans leurs communes respectives. Elle vient de montrer ses limites avec le putsch démocratique de Kir à Saint Josse et la montée inquiétante du parti "Islam" (qui ne dit pas non à la sharia) à Molenbeek, Anderlecht et à la ville de Bruxelles.
Il est urgent de mettre au point une autre stratégie politique de caractère résolument interculturel qui associe tous les citoyens, quelle que soit leur origine, à la gouvernance et à la gestion de la Cité.  A cet égard, Schaerbeek semble marquer des points. Mais il ne faudrait pas que, pour des considérations purement tactiques, on y favorise au niveau des distributions d'échevinat en cours une ethnie au détriment d'une autre. Il faut une vraie dynamique d'interaction fondée sur un respect mutuel.  Il se dit que, excellents lobbyistes comme partout, les ressortissants d'origine turque font de plus en plus entendre leur voix à Schaerbeek également. Il est vrai que les communautés turques de la région bruxelloise font preuve d'un dynamisme commercial qui laisse pantois. Il n'en demeure pas moins que ces communautés particulièrement nationalistes ont une forte tendance à se replier sur elles- mêmes en se détournant des valeurs et de la langue du pays d'accueil. C'est insupportable.
On s'étonnerait également qu'un bourgmestre schaerbeekois, qui se dit déterminé à promouvoir l'interculturel dans sa commune et qui ne manque pas une occasion d'affirmer que son collège a marqué une rupture définitive avec le Nolsisme, conserve plus longtemps en son sein un échevin, et non des moindres, qui fut un fidèle lieutenant et défenseur de Roger Nols et de ses idées nauséabondes. Il y a en effet sur sa liste plurielle de brillants ressortissants des diverses communautés qui brûlent d'impatience de faire leurs preuves.
Un fait ne vaut-il pas un Lord maire? En l'occurrence, c'est sur des choix politiques comme celui-là que se jouera l'avenir politique régional du brillant maire de Schaerbeek.
Bernard Clerfayt sera-t-il le hardi leader interculturel que la Région Bruxelles Capitale attend pour sortir de l'impasse de fin de règne de Charles Picqué? Il en a assurément l'étoffe et le caractère. Reste à savoir s'il en aura la volonté...
MG


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