jeudi 4 octobre 2012

Pourquoi choisit-on l’école catholique ?



Stéphanie Bocart (La libre Belgique)
Le religion n'a plus la cote. Et pourtant, de nombreux parents préfèrent confier leurs enfants à une école du réseau catholique. Pour quelles raisons? C'est ce qu'a tenté de décrypter l'anthropologue Olivier Servais (UCL).
On assiste à une espèce de paradoxe , entame Olivier Servais, docteur en anthropologie et professeur à l’UCL, c’est-à-dire qu’on assiste à une déchristianisation et une sécularisation massive de la société tandis qu’en contrepoint, il y a une croissance comme jamais atteinte de l’enseignement catholique en Belgique francophone." Un constat que démontre l’actualité récente : dans le cadre du décret inscriptions, en vigueur en première année secondaire, environ 80 % des écoles complètes relèvent du réseau catholique Voilà pourquoi, dans le cadre de son congrès 2012, le Secrétariat général de l’enseignement catholique (Segec) consacrera, le vendredi 19 octobre, une conférence sur le thème "Ethos de l’école catholique" par Olivier Servais. En voici la teneur.
Concrètement, "l’idée est de saisir ce qu’est, aujourd’hui, la communauté scolaire catholique au niveau local" , précise celui-ci. "Y a-t-il une culture particulière ? Qu’est-ce qui la distingue de l’officiel, de l’officiel subventionné ? Quelle est la spécificité de cet enseignement ? Pourquoi les parents se décident-ils pour l’enseignement catholique ? Comment les autres acteurs - enseignants, pouvoirs organisateurs (PO), directions - participent-ils à ce processus de choix ? Pourquoi, dans l’imaginaire des gens, attribue-t-on une qualité à l’enseignement libre ?" Bref, qu’est-ce qui détermine le choix d’une école catholique ?
Pour mener à bien cette recherche qualitative, Olivier Servais et Anne Baudaux, assistante de recherche à l’UCL et anthropologue de formation, ont réalisé 12 entretiens préliminaires avec les directeurs de 12 établissements (8 wallons et 4 bruxellois/6 du fondamental et 6 du secondaire). Dans un second temps, ils ont effectué 70 entretiens qualitatifs (parents, PO, enseignants, ) ainsi que des visites sur les sites des écoles.
Ces entretiens retranscrits, les deux chercheurs ont travaillé en groupes afin "de confronter les points de vue" et "sur la base de nos intuitions, examiner ce qui est vraiment partagé ou non" . Olivier Servais et Anne Baudaux ont ensuite analysé ces données.
LA PLACE DES CONVICTIONS
La place des convictions et valeurs dans l’école catholique. "En faisant une synthèse des entretiens avec les différents acteurs, il nous apparaît que l’école catholique est articulée autour de quatre dimensions" , rapporte le chercheur.
1) "Bien des acteurs interviewés considèrent que la transmission d’une culture occidentale en lien avec une histoire chrétienne, que l’on soit croyant, agnostique ou athée, est fondamentale et fait partie du rôle de l’école catholique" , indique M. Servais.
2) Pour beaucoup d’acteurs, l’école chrétienne est la garantie d’un "plus" . "Elle est perçue comme ayant un supplément d’âme , enchaîne-t-il. Ce sentiment provient tant d’acteurs de l’enseignement catholique que de personnes qui ont eu l’impression, en observant l’enseignement catholique, que ‘l’école était plus propre, qu’on allait plus loin dans la matière’ , etc." , complète Anne Baudaux.
3) Prime également le sentiment que "c’est une école qui a une identité forte, positive" , reprend Olivier Servais.
4) "L’école chrétienne est perçue comme une résistance à une dominante sociétale : elle est vue comme un frein à l’individualisme et au néolibéralisme" , poursuit-il.
Les valeurs associées à l’école
"L’école chrétienne est un compromis entre des valeurs plus traditionnelles comme la religion, l’autorité (par exemple, l’autorité morale du directeur), l’obéissance, le devoir, la responsabilité, etc. et des valeurs dites ‘postmodernes’ telles que l’épanouissement, la liberté, la sincérité, la tolérance, " , définit Olivier Servais.
L’imaginaire autour de l’école
1) Pour les parents, "une bonne école chrétienne est stricte, disciplinée, exigeante mais respectueuse et juste. Elle doit aussi être de bonne réputation" , décrit Anne Baudaux. "C’est aussi une école qui pousse à s’investir, qui est attentive, humaine et personnalisable, et qui favorise l’autonomie de l’enfant."
2) Les directeurs mettent, eux, davantage en évidence l’exigence. "Pour les directeurs, oui, l’école catholique est élitiste, mais dans le bon sens, c’est-à-dire qu’ils essaient de prendre tous les élèves là où ils sont et de les amener le plus haut possible" , continue-t-elle.
LE BUT DE L’ECOLE
Le schéma de quête de l’école ou quel est l’acteur central de l’école ? Et quel est le but de l’école ? "On retrouve chez tous les acteurs un même but : amener l’élève le plus haut possible , observe Olivier Servais. Par contre, l’acteur qui doit le mettre en œuvre peut varier car chacun a un regard lié à sa position au sein de l’école." 1) Le directeur. "Pour lui, l’acteur central est la communauté scolaire (parents, élèves, PO, enseignants, ) car le directeur est le rouage qui fait tourner la boutique" , souligne l’anthropologue. 2) Les parents. "Ils ont bien conscience que l’acteur central pour amener leur enfant le plus loin possible est l’école, mais tout en permettant l’épanouissement de celui-ci." 3) L’enseignant. "Pour lui, l’acteur central, c’est d’abord l’élève qui est dans un processus d’apprentissage." 4) Les PO. "Ce sont eux qui ont la vision la plus globale. Pour eux, l’acteur central est l’école chrétienne."
LA REPUTATION DE L’ECOLE
Finalement, qu’est-ce qui amène à choisir le réseau catholique ? 1) Du côté des parents. "Il y a bien sûr une condition préalable : avoir entendu parler de l’établissement" , constate Olivier Servais. Importent également les facilités logistiques (proximité, accessibilité). "Dans le fondamental, c’est la proximité locale qui compte tandis que pour le secondaire, la réflexion porte davantage sur l’accessibilité , commente-t-il. Par exemple, s’il y a des trains, mon fils se déplacera de Bruxelles vers le Brabant wallon, mouvement que l’on observe puisque des écoles du BW sont saturées par des élèves bruxellois, notamment." Ces conditions remplies, comment s’opère ce choix ? Quatre éléments entrent en ligne de compte : l’expérience propre et positive; l’expérience d’autrui, le bouche à oreille, et la réputation; l’ascension sociale pour des milieux plus populaires ou, au contraire, la reproduction sociale pour des classes moyennes ou plus aisées; enfin, la foi dans l’enseignement catholique, due à "une part d’irrationnel lié à des imaginaires, une histoire de l’enseignement catholique et de son propre rapport au réseau" . 2) Du côté des enseignants. Beaucoup ont étudié dans le réseau catholique et y poursuivent leur carrière tandis que "les ¾ se disent très fiers de la réputation de leur école et/ou réseau et ne voudraient pas travailler dans l’officiel même ‘s’ils imaginent qu’il y a aussi de bonnes écoles dans l’officiel’" , relaie Anne Baudaux. Pour eux comptent aussi le fait d’être bien avec les collègues et de se retrouver dans le projet de l’école ainsi que le contexte de travail (concertation entre collègues, soutien du directeur/du PO en cas de conflit avec les parents).

LES COMMENTAIRES HALLUCINANTS DES "FORUMEURS" DE LA LIBRE
La lecture fastidieuse des 300 commentaires, pour la plupart crus et sans nuances, des internautes s'exprimant sur le forum de la libre est du plus grand intérêt. L'un d'entre eux prétend avoir "rarement lu autant d'inepties sur un seul forum. " un autre affirme: "Cet article tendancieux sous-entend que l'école d'Etat n'a pas de valeurs, ni d'exigences de qualité"

Un troisième nuance avec prudence: "Quiconque connaît bien les deux réseaux sait qu'ils ont tous deux de bonnes et de moins bonnes écoles, de bons et de moins bons profs, et que le fait d'être passé par telle ou telle école et d'avoir eu tels ou tels profs n'est pas une garantie de réussite dans les études supérieures et dans la vie.
Il se fait que ma femme et moi avons enseigné chacun dans un réseau différent et que nos fonctions nous ont amenés tout au long de nos carrières à aller voir ce qui se passait dans les écoles (dans mon cas dans des écoles des deux réseaux). Et à pouvoir juger de la qualité des étudiants qui entraient dans le supérieur."
Il y a dans ce fatras, à boire et à manger et aussi de quoi vomir d'indignation. Nous avons choisi de "Boire ce calice jusqu'à la lie"
Passablement écœuré par cette lecture indigeste, qui ressasse un ramassis de clichés éculés , j'ai essayé de réorganiser l'essentiel de ces commentaires en regroupant d'une part les "PARCE QUE..." et d'autre part les "témoignages" partisans pour la plupart sans oublier un ou deux avis de dénégateurs.
D'entrée de jeu, je constate avec un commentateur avisé et objectif (il y en a quelques uns) qu'"il manque quelques informations"
Et de préciser:
- "le catholique vote des programmes imposés à l'officiel mais qu'il n'est pas lui-même obligé d'appliquer
- ségrégation économique parfois très forte
- refus d'inscrire certains enfants sur des bases parfois très floues ...
Depuis que libre et officiel votent ensemble les programmes, c'est le nivellement par le bas dans l'officiel, qui est OBLIGE (contrairement au libre) d'appliquer les inepties votées en inter-réseaux. Un peu comme si sur deux joueurs de Monopoly, l'un devait respecter les règles et l'autre non. De plus en plus d'enseignants de l'officiel refusent d'appliquer les programmes de plus en plus vides et enseignent avec passion et qualité."
Dont acte.

POURQUOI CHOISIT-ON L’ECOLE CATHOLIQUE ?

Peut-être simplement PARCE QUE:
1. Les directeurs sont sélectionnés et pas seulement nommés grâce à leur ancienneté ou leur carte du parti.
2. PARCE QUE les enseignants sont sélectionnés. Et que seuls les bons restent, les autres se sentent des Martiens
3. PARCE QUE les programmes d'étude sont ceux du SEGEC, qui les a réfléchis avec des enseignants du terrain. Il suffit de lire l'un ou l'autre programme pour s'en rendre compte
4. PARCE QUE les profs n'y comptent pas leurs heures. Quand il y a grève, il suffit de voir les écoles qui restent ouvertes et les autres.
5. PARCE QUE les élèves y apprennent le goût de l'effort et de l'excellence.

"L'étude devrait d'ailleurs analyser pourquoi les écoles du réseau libre non confessionnel et les écoles de certaines Villes et Communes sont tout aussi excellentes. ..Et dire que les jaloux du réseau officiel voudraient supprimer ces réseaux! Parce fusionner est un mot politiquement correct pour dire "supprimer"

Dont acte pareillement!

PARCE QU'il n'y a tout simplement pas d'a-r-a-b-e-s ni de n-o-i-r-s..."

On s'étonnera simplement que le modérateur du forum de La Libre Belgique ne réagisse pas à des propos si peu "évangéliques". (MG)

PARCE QUE dans l'enseignement catholique secondaire on ne retrouvera pas des filles voilées, ni des glandeurs qui sont la pour les allocations familiales. Pas non plus de cours de religion musulmane, ni juive, ni orthodoxe etc. Pas non plus de repas halal à la cantine scolaire.
Ce qui veut dire que par rapport au discours politique du CDH entre autre prônant la mixité culturelle tellement enrichissante, et la réalité il y a un fameux gouffre. Ceux qui ont réalisé cette étude se sont bien gardés de mettre le doigt sur le fait que les écoles secondaires qui parfois accueillent 70% d'étrangers vont de plus en plus devenir des écoles "ghetto". C'est un cercle vicieux. Les parents surtout les "bourges" vont de plus en plus se diriger vers les établissements scolaires cathos pour les raisons énoncées dans l'article avec lesquelles je suis plus ou moins d'accord tout athée que je suis."

PARCE QUE "la bonne école est celle où mes enfants et petits enfants retrouvent les valeurs de la famille. Ces valeurs-là, je ne les aurais pas retrouvées dans l'officiel. Ce qui ne veut pas dire que ce réseau est globalement mauvais."

PARCE QUE "L’école chrétienne est perçue... comme un frein à l’individualisme et au néolibéralisme"

"Mon fils était dans une école officielle depuis la maternelle. En secondaire, nous l'avons inscrit dans une école catholique comme bon nombre d'autres parents de sa classe dont certains étaient totalement athées. La raison :
PARCE QU'il suffit de voir ce qui se passait dans l'officiel : racket, violence, gauchisme des enseignants, politisation à outrance,..."

PARCE QUE Le coût d'un élève dans l'enseignement officiel est plus élevé que dans l'enseignement libre. Pour des raisons objectives et d'autres qui le sont beaucoup moins".

PARCE QUE "l'école catholique ne dispense pas de cours de religion musulmane, elle attire donc beaucoup moins d'élèves a* ra* bes et est nettement moins pénalisée par le décret de mixité."

PARCE QUE "nous faisons comme Picqué qui met ses enfants dans le catho à Bruxelles."

PARCE QUE" nous sommes certains que le Pouvoir Organisateur de l'école ne sera pas aux mains d'apparatchiks PS (cf. Ha*RI*CHE à la ville de Bruxelles, qui détruit tout le réseau de la ville car écoles dites trop élitistes....jusqu'à faire des retenues sur salaires au préfet de Jacqmain)."

PARCE QUE "si tout n'est pas rose dans le catholique et il y a encore d'excellentes écoles élitistes dans le public, mais quelle différence de calme et de savoir-vivre entre bon nombre d'écoles cathos et les écoles poubelles communales où les classes sont remplies d'allochtones qui hurlent sans cesse et ne comprennent rien à ce qu'on leur dit.
Une des raisons principales pour laquelle de plus en plus de parents inscrivent leurs enfants dans le Libre secondaire, est que le Libre est plus stable que l'Officiel. Dans l'Officiel, ce qui compte , dans la désignation d'un chef d'école, c'est la carte du parti ou (et) du syndicat; ce dernier critère est une véritable catastrophe, les qualités pédagogiques et de meneur d'hommes du candidat désigné, n'interviennent pas du tout. Souvent, celui qui est désigné est là en attendant une autre promotion ou comme bouche-trou dans l'attente du définitif ! C'est ce que connaît très peu le Libre, d'où la stabilité dans sa direction. Evidemment, tout n'est pas rose dans le Libre. Au point de vue pédagogique, dans les écoles dites de "standing", la pédagogie se résume souvent à "Tu as compris, tant mieux, sinon prends des leçons particulières.".Je suis effaré quand je vois le rôle énorme que joue l'argent dans ce genre d'école."


PARCE QUE Le coût d'un élève dans l'enseignement officiel est plus élevé que dans l'enseignement libre. Pour des rasions objectives et d'autres qui le sont beaucoup moins.*

PARCE QUE les parents sensés recherchent une école où l'enseignement de notre culture existe encore, où l'apprentissage du respect et de l'autorité existent encore, où les impositions ''insolites'' et ridicules communautaristes sont rejetées, où les professeurs ne sont pas pistonnés mais sont motivés, où les options absurdes de Mai 68 ne sont plus prises en compte, où un projet pédagogique sérieux est institué, où la discipline n'est pas un vain mot, etc...
Tous nos ministres gauchistes de l'enseignement veulent niveler notre enseignement par le bas mais les parents sensés savent très bien qu'un diplôme au rabais n'est pas un gage de réussite future !
C'est tout simple, NON !"

"Pourquoi choisit-on l’école catholique ?".
Certainement pour plusieurs motifs dont le plus important est bien souvent la qualité de l'enseignement et la discipline que l'on peut encore y trouver. Et pourtant là aussi est passé le nivellement par le bas voulu par le politiquement correct. Le rénové est arrivé et avec lui la qualité a sans cesse diminué.
Sur le plan religieux et catholique il est constaté que là aussi le relativisme ambiant et une peur de froisser, bien mal comprise, a amoindri la qualité que beaucoup de parents pouvaient attendre d'un enseignement spécifiquement catholique et fier de l'être.

PARCE QUE dans l'enseignement catholique, chacun est respecté comme être humain qu'ils soit croyant ou pas.
Dans l'Officiel, il est dangereux de se dire croyant (voir les commentaires antireligieux dans le forum) Déjà rien que pour cette valeur de respect, les écoles catholiques offrent un environnement plus propices à l'excellence.

PARCE QUE c'est plus cher ?
L'enseignement libre coûte intrinsèquement plus cher au niveau des dépenses scolaires, frais de voyages, etc. parce que subsidié à seulement 60% par rapport à l'enseignement officiel. Cela entraîne une proportion d'élèves issus de la classe moyenne et de la haute bourgeoisie beaucoup plus importante que dans le réseau de la Fédération W/B.
A partir du moment où l'environnement culturel et économique est plus favorable, il est normal que le niveau de base des élèves soit meilleur et donc le taux de réussite plus élevé, avec l'effet boule de neige qui s'ensuit au niveau de la réputation et des inscriptions qui en sont la conséquence."


PARCE QUE "paradoxalement (encore que) le libre examen est la valeur des écoles catholiques et pas celle des écoles officielles"

PARCE QUE" L'école catholique est une école plus proche des parents et de leurs préoccupations. Sa carence actuelle se trouve dans son manque d'énergie à enseigner la doctrine catholique avec courage et prospective."

PARCE QUE" l'école officielle est dans les faits une école de confession athéiste qui se fait subsidier par la collectivité, athées ou non. Beaucoup d'enseignants se considèrent et se comportent comme des soldats de l'athéisme, devant sauver les enfants non athées de leurs superstitions. Dans le cours de français, par exemple, on n'y trouve que les livres des prophètes de l'athéisme. Les enfants subissent un vrai bourrage de crâne prosélyte pour la croyance athéiste, à coups de versets athées bien sentis. Les textes qui évoquent la religion sont uniquement des textes qui la dénigrent ou la traitent de superstition obscurantiste. Seuls les enfants de famille athée s'y sentent à l'aise, car ils retrouvent les mêmes livres et prophètes qu'on leur fait lire à la maison. Les autres enfants se sentent agressés, caricaturés. Comment voulez-vous créer une ambiance sereine et propice à l'enseignement dans de telles conditions de conflits ?(signé "ouimaisnon")

Ici, un internaute s'insurge:
"ARTICLE PROPAGANDISTE SANS AUCUNE NUANCE, insultant envers l'ensemble de la communauté éducative." Et d'ajouter : si on en croit "Ouimaisnon" (un blogueur invétéré de la LB qui bouffe du laïc comme d'autres boufferaient du curé):
9h22 "Les athées se servent de l'école officielle pour faire leur propre prosélytisme et endoctriner les enfants à leurs croyances."
10h09 "Les athées enseignent à leurs enfants que leur vie n'a aucun sens et aucune valeur par elle-même."
10h27 "Beaucoup d'enseignants se comportent comme des soldats de l'athéisme. Les enfants subissent un vrai bourrage de crâne prosélyte pour la croyance athéiste, à coups de versets athées."
10h59 "seule l'espèce humaine a conçu l'existence de Dieu, et toutes les autres espèces animales sont athées par nature. Car elles ne sont pas sapiens."
11h11 " Les catholiques sont plus tolérants que les athées vis-à-vis des gens qui ne pensent pas comme eux. Ces écoles officielles ne sont jamais que des écoles de confession athéiste, mais déguisées."
Même s'il arrive que plus de 10 personnes votent pour de telles aberrations, cet individu ne représente heureusement (je l'espère) qu'une minorité des croyants qui s'expriment ici.
A la lecture des propos de @ouimaisnon, on ne peut conclure qu'il a fait ses études dans une ou des écoles où l'on enseignait le mépris et la haine des non croyants et qu'il y a subi un solide lavage de cerveau.
Il ferait mieux de se taire ; ce qu'il raconte est si faux et si excessif que ce n'est que de la contre propagande pour le réseau qu'il croit défendre.

Je me demande comment il peut se faire que les défenseurs de l'enseignement libre -- qu'ils ont bien entendu le droit d'être -- laissent ce grand défenseur du catholicisme qu'est @ouimaisnon éructer de telles âneries. Seraient-ils d'accord avec lui ?"

"J'ai connu pas mal d'écoles libres d'où, tenant ce genre de propos, cet individu se serait fait éjecter."
"La fédération Wallonie-Bruxelles serait incapable de financer un seul réseau en reprenant le libre. Ce serait beaucoup trop coûteux pour elle.
"Les religions DIVISENT les gens. L'enseignement DOIT ETRE NEUTRE, surtout par ces temps-ci. Les croyants sont les bienvenus dans l'officiel quoi que veulent faire croire certains mal intentionnés."

TEMOIGNAGES

"Je suis stupéfait de constater sur ce forum l'intolérance entre athées et croyants. Le sujet n'est même pas religieux, mais tout simplement une voie ou un moyen auxquels enfants et parents ont la liberté de choisir pour ce préparer au mieux pour affronter l'avenir. Quoi qu'il en soit, pour ceux qui tiennent à en faire une discussion de religion, sachez que le danger pour défendre nos normes et valeurs ne se trouvent pas entre athées et catholiques. Temps de vous réveiller..."

"Le hasard m'a fait fréquenter plusieurs universités, mes enfants aussi. Ma famille a aussi fréquenté plusieurs réseaux dans le secondaire. L'aspect croyance n'a pas transparu dans ces choix et dans ce vécu. Ce qui nous parait évident est l'aspect plus collectif des équipes dans ces réseaux. La qualité de la direction, non, mais une culture d'entreprise différente. La croyance y a sa place, mais les valeurs et la culture construite sur ces bases ont une grande importance. Les clients de ces organisations doivent tenir compte de ces éléments dans leur choix; C'est un peu ce que je comprend de ce résultat de recherche. Il faut ajouter que la politisation, la bureaucratie administrative, la syndicalisation à outrance et l'antagonisme anticlérical sont des problèmes qui minent le réseau officiel (et on le constate dans certaines réactions de ce Blog).

Après mes secondaires en enseignement catholique - de qualité - j'ai étudié à l'ULB."
"Et bien moi je fais donc partie de cette minorité qui n'aime pas le réseau des écoles catholiques. Selon moi, la pédagogie dans une école chrétienne se résume à
- obéissance, fut-elle aveugle
- productivité, au détriment de créativité
- encaisser (pcq dans la vie future c'est comme ça)"

"L'école est là pour apprendre au jeune / enfant à grandir, à s'épanouir, à tracer sa route, à être ouvert sur le monde, à être bien dans ses bottes et dans son corps, et à avoir un bagage pour entreprendre (études, métier) à la sortie. L'école catholique ne s'occupe bien souvent que de ce dernier point, alors que les autres sont au moins aussi fondamentaux"
.
"En primaire, nous avons inscrits nos enfants dans des écoles proches de chez nous, nous les avons toutes essayées car nous n'avons jamais été satisfaits. Aucune école ne voulaient se pencher sur nos enfants pour les comprendre et les aider. Nos rapports ont été peu satisfaisants.....
En secondaire, pour avoir visité, plusieurs écoles du Libre et de l'officiel avant d'opter pour celle du Libre à moins bonne réputation de notre région pour notre ainée, nous pouvons, mon conjoint et moi même, dire que l'accueil a été plus chaleureux dans le Libre. Tant dans les écoles de l'officiel que dans celles du le Libre élitistes, nous avons été accueillis par un froideur, une rigueur, des chiffres d'échecs scolaires à faire pleurer et nous nous sommes repliés sur la plus humaine, car notre désir était de trouver une école épanouissante, c'était notre critère majeur. Nous n'avons jamais cherché d'écoles sévères et exigeantes....."

"L'étude devrait d'ailleurs analyser pourquoi les écoles du réseau libre non confessionnel et les écoles de certaines Villes et Communes sont tout aussi excellentes. .."

"C'est fou !
1. La plupart des commentaires portent sur des expériences individuelles et conduisent à des généralisations dont le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elles sont abusives.
2. La plupart des intervenants sont passés par le libre ou y ont mis leurs enfants, et en sont satisfaits, bien entendu. Ceux dont l'expérience du libre a mal tourné se taisent évidemment, comme se taisent ceux que l'officiel n'a pas rendus heureux.
3. Si autant de gens qui ont été formés dans l'officiel et qui ont réussi professionnellement et dans la vie s'exprimaient, nous en serions déjà à au moins 120 réactions.
4. C'est aux résultats que se juge la qualité d'une école et je ne suis pas sûr que les résultats dans le supérieur du libre et de l'officiel révèlent une quelconque différence de qualité."

"Au contraire de ce que certains affirment, l'école catholique est ouverte à toutes et à tous.
Le collège Saint-Michel n'est pas le modèle suivi par toutes les écoles catholiques mais, pour les bouffeurs de curé, Catteau est également à part dans l'enseignement d'Etat.
Notre fils, non baptisé, a été admis dans le catholique tout comme son meilleur ami, musulman.
Ils ont d'ailleurs effectué leurs études supérieures dans le réseau catholique . Et pour finir, notre fils a épousé une indienne de confession hindoue!"

"Mon expérience: les autres écoles n'ont pas la cote parce que c'est la gauche réunie. Les gens qui votent massivement à gauche n'y envoient pas leurs enfants. Les nombreux fonctionnaires votent à gauche dans leur intérêt immédiat mais préfèrent ne pas envoyer leurs enfants dans des établissements pareils"

"CONCLUSION Je pense en effet qu'il s'agit surtout de trouver l'enseignement qui convient à chaque enfant et donc telle école avec tel directeur et ce qu'il y insuffle et tels profs feront beaucoup plus (ou beaucoup moins) pour que l'enfant y soit bien et prenne du plaisir à étudier. Ce qui peut être différent au sein d'une même fratrie. Mon frère, ma sœur et moi n'avons pas fréquenté les mêmes écoles ou les mêmes réseaux en secondaire et pourtant nos valeurs sont communes...(bon, c'était du temps où ce fichu décret d'inscription n'existait pas;-)"






COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UNE ECOLE LIBRE PLUS TRES CATHOLIQUE
LA GUERRE DES RESEAUX AURA -T- ELLE LIEU?
On ne s'étonnera pas que la Libre s'intéresse essentiellement à l'enseignement de régime catholique. Une question pourtant nous taraude. Sœur Marie-Thérèse, comme on nommait autrefois La Libre, aurait-elle par cette initiative hardie -c'est un véritable brûlot- tenté de relancer la guerre scolaire? Elle le voudrait qu'elle ne s'y serait pas prise autrement.
On finirait par s'en persuader à lire "Pourquoi choisit-on l’école catholique ?" et surtout à constater le déferlement inouï de réactions de lecteurs de la Libre qu'elle suscite: plus de 300, du jamais vu.

Si on en juge d'après la virulence telle qu'elle s'exprime dans les commentaires des "forumeurs", les esprits sont on ne peut plus échauffés. On attend avec impatience et intérêt une riposte des réseaux officiels.
"Il y a des années qu'on nous dit et qu'on nous répète à l'envi que l'enseignement est devenu le plus grand enjeu de société. Un internaute constate:
"On n'en sortira pas en donnant des coups d'encensoir au catho"
Il serait temps en effet qu'on regarde enfin les choses en face au-delà d'une analyse de caractère pamphlétaire.
Il faut du temps et un bel esprit de tolérance quand on est issu de l'autre réseau pour lire sans bondir les 300 réactions partisanes du forum de la libre. De toute évidence, cette lecture est extrêmement instructive.
Les arguments qui y sont développés de la manière la plus crue mettent l'accent sur divers éléments le plus souvent subjectifs et quelquefois objectifs :
1. L'endoctrinement gauchisant semble déplaire au lectorat de la LB
2. La ségrégation sociale, autrement dit l'apartheid scolaire, semble confirmée voire approuvée par plusieurs intervenants.
3. La motivation xénophobe voire raciste de certains choix d'école est indéniable.
4. Le darwinisme social semble guider ces choix.
5. Le choix sélectif des équipes enseignantes plaide pour beaucoup d'intervenants en faveur du libre et "l'effet directeur" également.
6. L'autonomie du libre catho et le manque d'autonomie des autres réseaux est pointée par beaucoup
7. Le réseau catho est géré comme une entreprise où le client est roi. A l'évidence, le client roi aime ça.
8. Le réseau officiel de la communauté serait quant à lui, selon certains, géré comme un véritable soviet
9. Le réseau communal serait géré en bon père de famille quand il échappe au diktat socialiste.

En lisant cela on comprend mieux pourquoi l'enseignement officiel a perdu la guerre scolaire au profit du libre qui de plus en plus s'arroge le privilège de former les élites francophones.
Est-ce une fatalité? Sûrement pas, mais on voit mal comment l'officiel pourrait reprendre des parts de marché perdues au profit de son principal concurrent. Le principal, mais pas le seul, beaucoup de parents optent en effet, depuis quelques années, pour l'enseignement flamand de Bruxelles qui a bonne presse, surtout auprès de la nouvelle bourgeoisie turque et marocaine.
Il y a un peu plus de cinquante ans l'enseignement catho et l'officiel négocièrent une trêve et signèrent un pacte scolaire.
Il s'est révélé très préjudiciable pour les réseaux officiels.
MG

LAISSEZ VENIR A MOI LES PETITS CENT FRANCS, OU FAUT-IL MIEUX FINANCER LE LIBRE SUBVENTIONNE ?
Publié le 27 août 2012 dans actualité et enseignement.
Il fallait sans doute s’y attendre, l’enseignement catholique profite des circonstances (la croissance démographique dans certaines régions) pour ré entonner son chant favori : « nous voulons du pognon » sur l’air de « je suis chrétien, voilà ma gloire… ».
Ainsi donc, le SEGEC et le CDH, qui lui sert de chambre d’écho, veulent une « réelle égalité » entre les réseaux subventionnés. L’écho médiatique est immédiat et la confusion s’installe d’emblée. Les médias généralistes sèment la confusion avec allégresse, s’appuyant sur les raccourcis audacieux de Benoît Lutgen, en essayant de faire croire que le subventionné officiel et le subventionné libre ne seraient pas traités avec équité. On fait donc – consciemment ou pas – semblant d’ignorer que l’égalité en matière de subventions (traitement ou fonctionnement) est totale. Là où l’on peut discuter, c’est en matière de financement des bâtiments scolaires.
Dans ce secteur, j’ai l’une ou l’autre remarque à faire. La première étant celle de la propriété des bâtiments. Le SEGEC pourrait-il m’expliquer pourquoi un argumentaire a été diffusé aux directions de l’enseignement catholique de Schaerbeek à la fin des années 90 pour les aider à justifier la vente de près de 25 000 m² de locaux scolaires ? L’une des justifications de cette opération (qui concernait notamment des bâtiments situés près de la rue de Brabant), était que les parents du quartier n’adhéraient plus au projet éducatif de l’enseignement catholique ! En termes moins subtils : débarrassons-nous de ces écoles qui n’accueillent plus que des musulmans. La deuxième, qui en découle, porte sur la manière dont on réconcilie ce type de décision avec la notion de continuité du service public ?
Cet exemple concret illustre l’ambiguïté permanente de notre système scolaire. Celui-ci entretien systématiquement la confusion entre l’enseignement organisé par les pouvoirs publics (avec ses lourdeurs et ses insuffisances) et un enseignement privé – au service d’un projet éducatif idéologiquement connoté : l’évangélisation – qui se déguise (avec l’aide de nombreuses complicités passives et actives) en « service public fonctionnel ». Ce positionnement ambigu est évidemment rendu possible par le soutien inconditionnel d’un parti politique qui change parfois de nom, mais certainement pas d’objectif.
Les défenseurs de l’enseignement officiel auront probablement entendu, avec surprise et déception, le président du PS botter en touche dans ce dossier pendant son interview sur RTL ce 27 août. Pas un mot pour recadrer les revendications du CDH, pas un mot pour remettre les pendules à l’heure. Au lieu de ça, on aura entendu avec étonnement Thierry GIET parler de l’égalité de tous les enfants, ce vieux slogan PSC qui n’avait d’autre objectif que d’amorcer la pompe à fric. Faut-il rappeler à M. Giet que si la Constitution consacre le principe de l’égalité, elle nuance celui-ci par une référence aux « différences objectives » ? Que l’enseignement catholique fasse de ce texte une lecture sélective c’est de bonne guerre, mais que le président du PS ne s’appuie pas sur la suite du texte m’inquiète.
Avons-nous à ce point renoncé à la belle idée de l’Instruction publique pour nous taire quand les grands principes doivent être défendus ? Si l’enseignement confessionnel a droit à toutes les largesses des pouvoirs publics, s’il peut jouer habilement sur les deux tableaux de l’égalité absolue et de l’autonomie quasi complète pour le seul motif que beaucoup de parents font le choix de ce réseau, alors passons à autre chose. Ce n’est pas de fusion des réseaux dont il faut parler (ni le SEGEC, ni le CDH n’en veulent), c’est la privatisation de l’enseignement qu’il faut envisager en ressortant le vieux dossier du « bon scolaire ».
Si – et c’est Mme Simonet qui le dit – il y a davantage de places disponibles dans les écoles bruxelloises que de demandes, faut-il vraiment financer la construction de locaux supplémentaires au Collège St Pierre de Jette au prétexte que c’est leur choix de parent ? C’est aussi mon choix de voyager en première classe, mais est-il légitime pour moi d’obtenir satisfaction au même prix que celui qui voyage en 2e ?
Au 19e siècle la doctrine de l’Église voulait qu’en matière d’enseignement, l’État ne joue qu’un rôle supplétif. Au 21e siècle, dans une société sécularisée, pluraliste et interculturelle, ne serait-il pas temps que ce soit l’enseignement confessionnel qui assume ce rôle supplétif ?
Claude Wachtelaer



COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MON TEMOIGNAGE PERSONNEL


Je commençai ma scolarité bien avant la signature du pacte scolaire.
Issu d'une famille de moyenne bourgeoisie j'ai été inscrit en 1953 dans l'école primaire de proximité sur conseil du pédiatre. Mes parents optèrent pour la communale bien que l'école catho soit plus proche -elle avait moins bonne réputation, ce que confirmait le pédiatre pourtant catho lui-même.
L'enseignement y était rigoureux, terne mais très efficace.
Deuxième étape de ma scolarité l'enseignement secondaire à l'Athénée F Blum de Schaerbeek. Accueil glacial "messieurs", (ce n'était pas mixte) "vous allez passer ici six ans, sept peut être, certains huit. Mais quand vous sortirez de rétho, si vous arrivez jusque là, vous serez capable de résister à tout."
La réalité confirma ces rudes paroles de non-accueil.
C'était la rigueur sans le visage humain. Il fallait trimer pour réussir dans cet enseignement qu'on qualifierait aujourd'hui d' élitaire, c'est-à-dire très sélectif. Résultat: 80% de réussites à l'université.
On nous y enseignait dans une langue très pure l'exigence, l'humanisme et le libre-examen.
C'était rude, mais bon nombre de professeurs, à défaut d'être bons pédagogues, étaient de véritables éveilleurs. Ils enseignaient en profondeur et dans la lenteur:
"L’accélération du temps rend aujourd'hui insupportable l’effort patient, ardu, heureux qui résidait dans la lecture lettrée ou la résolution d’un problème mathématique ; la démocratisation des sociétés déstabilise la féconde inégalité entre le professeur et l’élève sur laquelle se fondait la transmission du savoir. " (Déshérence in Libération)
C'était pareil, à quelques nuances près, dans le secondaire communal à Ixelles, à la ville de Bruxelles, à Anderlecht, à Koekelberg et même à Saint-Josse.
Puis, l'enseignement communal fut de moins en moins soutenu par les finances communales. Certes le gros des subventions venaient de l'Etat, mais elles ne permettaient plus de financer l'entretien et le chauffage d'un parc scolaire datant largement du 19ème.
Un grosse partie de l'enseignement secondaire officiel communal fut par conséquent repris par l'Etat (Ixelles, Koekelberg, Saint-Josse), désormais la Communauté française.
Le réseau communal de Bruxelles était un réseau de combat contre le monopole catholique, une création des libéraux face à la domination scolaire exercée par un enseignement massivement clérical.
A Schaerbeek il était géré, quand je le fréquentai, par un ancien de Charles Buls : Gaston Williot, Echevin de l'Instruction Publique et rédacteur en chef de La dernière Heure. Le réseau communal était cohérent, parfaitement organisé et efficace: une vingtaine d'écoles primaires, un athénée et un lycée, une école professionnelle pour les garçons et une école professionnelle pour les filles. Plus rationnel que ça on ne peut pas.
Roger Nols, qui détestait l'intelligence et les universitaires, mit toute sa créativité pour démanteler cette belle cohérence mais n'y parvint que partiellement.
Trente ans après, le réseau tient encore, mais les décrets inscriptions font plus de dégâts que n'en fit la guerre des réseaux.
Mes professeurs étaient pour la plupart des érudits. Il étaient dirigés magistralement par un préfet éclairé, élu par ses pairs, comme ses prédécesseurs et ses successeurs dont je fus.
Le passage à la mixité et au rénové se produisit sans heurts et la réputation de l'établissement se maintint jusqu'à aujourd'hui, nonobstant l'évolution démographique et sociale de Schaerbeek.
J'y fus successivement élève, enseignant, préfet et père d'élève, à ma plus grand satisfaction. Comme préfet je bénéficiai de la part du pouvoir organisateur d'une très grande autonomie d'initiative, jusqu'au choix des enseignants à recruter, condition essentielle pour constituer une équipe de valeur capable d'atteindre et de maintenir la qualité pédagogique dans la stabilité.
La recherche de l'excellence y est toujours de rigueur, une rigueur qui se veut désormais "à visage humain", selon le slogan de l'établissement bientôt centenaire.
Il n'empêche que, globalement, la "paix scolaire" semble largement perdue par l'officiel au profit du catho. Certains bastions comme Schaerbeek ont assez bien résisté grâce à la détermination des successeurs de Roger Nols. D'autres établissements communaux bruxellois maintiennent ce cap avec opiniâtreté face au réseau catho.

Un catho pas très catholique à dire vrai. En ce sens que les valeurs évangéliques inscrites dans son projet pédagogique semblent solubles dans un pragmatisme pédagogique de bon aloi et une gestion de caractère très libéral.
Le réseau libre catholique a su tirer grand profit du "Walen Buiten" en construisant au cœur du Brabant wallon une université flambant neuve, loin des ghettos bruxellois. Il vint s'y joindre une Silicone Valley brabançonne attirée par ses campus ("ici se construisent les cerveaux de demain".) De nombreuses écoles secondaires ont commencé à accueillir dans le Brabant wallon prospère les enfants d'une bourgeoisie fuyant Bruxelles dès la fin de années soixante (le Brabant wallon bourgeois est un démenti criant du cliché d'une Wallonie pauvre, désindustrialisée et ringarde).
A Bruxelles, dans les communes pauvres, demeurent massivement les paumés et les relégués du système, ceux qu'il n'arrive pas à scolariser correctement.
Le politique qui veut y instaurer la mixité sociale à coups de décrets fait fuir les derniers irréductibles Bruxellois de souche vers la périphérie. Ce n'est pas par hasard qu'une mandataire CDH, Marie Dominique Simonet dirige la manœuvre initiée par le Ps -en toute bonne foi, nous dit on?
A Bruxelles , hormis quelques exceptions, l'école officielle est devenue, en gros, une école de la relégation. La paix scolaire semble perdue au profit du réseau catho de moins en moins catholique. Les églises sont vides mais les écoles catholiques font le plein.
L'officiel a hérité des enfants à problèmes. Dans l'enseignement de la Communauté, monopole socialiste, les syndicats font la loi. L'enseignement des Communautés a globalement assez mauvaise réputation (il y a des exceptions) et attire beaucoup moins les bons élèves. Les meilleurs ont fui, fuient, et fuiront de plus en plus vers le libre catholique. Non pas parce qu'il est catho, mais parce qu'il n'est pas socialiste et surtout parce qu'il n'est pas peuplé d'immigrés.
La bourgeoisie, y compris la bourgeoisie laïque fuit Bruxelles et ses écoles ghettos pour s'installer dans la banlieue verte et inscrire ses enfants dans les écoles cathos de "bonne réputation". Elle ne vote pas CDH pour autant. Curieusement, le MR est devenu le chantre de l'école catholique. L'officiel aura tout vu: les ravages du socialisme et des syndicats et l'abandon des libéraux.
Et en Flandre? En Flandre près de 80% fréquentent l'école catholique. mais l'école officielle a bien meilleure réputation qu'en Communauté française car elle échappe d'avantage à la tutelle politique.
Il faut bien voir que dans tous les domaines se marque de plus en plus une polarisation PS d'une part et "non PS" de l'autre. C'est vrai dans le bras de fer DeWever-Di Rupo qui tourne largement à l'avantage du premier, c'est vrai aussi dans le choc frontal entre le pot de fer de l'enseignement libre face au pot de terre officiel.
Non ce n'est pas une question de subsides, l'officiel est au moins aussi généreusement financé que le libre (plus selon certains) mais bien de projet éducatif. C'est là que le bât blesse. Et c'est la raison pour laquelle la situation n'est pas désespérée.
En Flandre le "non PS" c'est la N-VA populiste et nationaliste. A Bruxelles le "non PS" se cristallise dans l'école catho.
Il y a une solution et elle est économiquement incontournable, socialement nécessaire et politiquement périlleuse: le réseau unique.
Mais attention, pas un réseau unique entre les seules mains de l'officiel, ni dans celui des seuls cathos.
Ce réseau unifié devrait être dirigé par une instance neutre, comme l'est l'enseignement officiel en Flandre.
Une autre raison de le faire maintenant, sans tarder, est la volonté de plus en plus affirmée de certains milieux musulmans de créer un réseau d'écoles islamiques à Bruxelles.
On en parle de plus en plus et la Constitution le permet.
S'il devait se créer, il drainerait sans doute à Bruxelles tous les élèves de l'officiel actuellement inscrits au cours de religion musulmane ainsi qu'un grand nombre de ceux qui fréquentent le réseau libre catholique.
Plus que d'une réforme, il s'agirait d'une révolution, voire d'une métamorphose au sens où l'entend Edgar Morin souvent cité sur ce blog.
Notons au passage que l'enseignement finlandais si souvent cité pour son excellence et sa grande autonomie pédagogique dépend des seules municipalités et n'est pas organisé en réseaux, cette relique de la Belgique de papa et de grand-papa.
Une métamorphose dans le sens d' économies budgétaires considérables pourraient être opérée et surtout les considérations philosophiques, politiques, religieuses et sociologiques le céderaient à un pragmatisme soucieux d'efficacité, d'intégration de tous et de plus grande justice sociale.
C'est le seul moyen d'éradiquer ce fléau social et culturel qu'est l'apartheid scolaire tel qu'il est organisé actuellement, singulièrement en région bruxelloise.
MG


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