vendredi 30 novembre 2012

Bruxelles a surtout besoin d’un projet


Beatrice Delvaux
éditorialiste en chef Le Soir
Il est de bon ton aujourd’hui de parler de la Wallonie et des enjeux auxquels elle est confrontée : la fin des transferts, le retard économique, etc. Mais ce n’est pas le vrai problème de ce pays.
La Région wallonne doit certes d’urgence voir ses PME grandir, stimuler la création d’emplois privés, rationaliser ses structures… Mais elle a des atouts : 1) un « fighting spirit » – nombre de Wallons croient à leur capacité de prendre leur sort en main ; 2) un cadre et des idées ; 3) une intelligentsia qui met la pression.
On ne peut pas en dire autant de la Région bruxelloise. Charles Picqué s’en va. L’homme s’est beaucoup battu et il a assumé largement sa part du défi. Ce n’est pas lui faire injure de dire que les derniers mois ont manqué de force ; on sentait d’ailleurs le ministre-président usé par les menaces flamandes pesant en permanence sur sa région, accompagnées désormais des velléités wallonnes de laisser Bruxelles à ses impossibilités existentielles. Certains au sud du pays estiment ainsi qu’il faut éviter de mettre le sort des Wallons entre les mains d’un gouvernement bruxellois qui n’évitera peut-être pas la paralysie, suite aux élections régionales. Cru, mais pas forcément mal vu.
Le casse-tête bruxellois est kafkaïen, entre le besoin d’argent pour assumer ses besoins, les luttes entre les baronnies communales, les envies flamandes de la faire disparaître, mais surtout le taux suicidaire de chômage des jeunes, la concentration des problématiques d’intégration, de mobilité, le déni général face à un tissu économique qui déborde des 19 communes, etc.
Tout projet bruxellois reste l’otage des discussions communautaires belges. Mais ce n’est pas une raison pour renoncer à oser une véritable réforme de la gestion de la Région/communes, un plan Marshall de l’enseignement, de la formation, de l’intégration, une nouvelle gouvernance basée sur cette nouvelle génération de Bruxellois, qui ont une identité très claire, qu’ils soient d’origine flamande, francophone, maghrébine ou autre et qui, eux, bougent et veulent que leur région ose.
Il ne suffira donc pas pour les partis francophones de pourvoir tactiquement à leur casting politique dans la capitale. Il faut élaborer une stratégie et placer à sa tête des hommes qui ont les pouvoirs et le soutien pour enfin lancer la « révolution bruxelloise ». Il y a des idées à trouver dans le travail de fond réalisé en neuf ans à Anvers, par Patrick Janssens.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
REVOLUTION BRUXELLOISE
Nous l'avons dit cent fois: nous apprécions l'angle d'attaque de Beatrice Delvaux. Une fois de plus, avec tact et respect pour l'homme Picqué, elle pointe la décevante fin de règne de celui qui fut un grand ministre président. On peut donc être et avoir été Charles Picqué.
Il fut longtemps un grand ministre président.
A l'évidence, le fédéral, la Flandre et même la Wallonie ont une très fâcheuse tendance à " laisser Bruxelles à ses impossibilités existentielles."
"Le casse-tête bruxellois est kafkaïen, entre le manque d’argent pour assumer ses besoins, les luttes entre les baronnies communales, les envies flamandes de la faire disparaître, mais surtout le taux suicidaire de chômage des jeunes, la concentration des problématiques d’intégration, de mobilité, le déni général face à un tissu économique qui déborde des 19 communes, etc."
Autrement dit, dans le contexte actuel, assurer la "gouvernance bruxelloise" pour utiliser le jargon moderne est devenu une mission impossible. A qui la faute? "Tout projet bruxellois reste l’otage des discussions communautaires belges. Mais ce n’est pas une raison pour renoncer à oser une véritable réforme de la gestion de la Région/communes, un plan Marshall de l’enseignement, de la formation, de l’intégration, une nouvelle gouvernance basée sur cette nouvelle génération de Bruxellois, qui ont une identité très claire, qu’ils soient d’origine flamande, francophone, maghrébine ou autre et qui, eux, bougent et veulent que leur région ose."
Or c'est bien le problème Bruxelles n'ose pas être Bruxelles à part entière.
Si Bruxelles est les verrou qui maintient fermée l'hypothèse Belgique (impossible de la scinder, comme on fit de BHL), elle en est aussi sa valeur ajoutée. Qui dans le monde ignore l'existence de Bruxelles? Et qui, par contraste connait celle de la Belgique, demandez le aux Tibétains, aux Somaliens ou Guatémaltèques , aux habitants de la Mongolie inférieure ou du Kamchatka de pointer notre petit pays sur le planisphère.
Bruxelles existe dans les têtes de près de neuf milliards de terriens. Elle existe hélas peu ou prou dans la conscience de ceux qui y résident et c'est le premier problème, un problème qui est aussi celui de l'Europe laquelle compte plusieurs centaines de millions d'habitants dont seule une toute petite minorité de citoyens vraiment européens, cosmopolites et fiers de leur identité plurielle.
Bruxelles est à l'image de l'Europe et inversement l'Europe en est le miroir, le macrocosme du microcosme bruxellois. C'est un chantier interminable et mal géré comme celui de la Babel biblique qui dégénéra dans la confusion.
Non, il n'existe pas de sentiment d'appartenance bruxelloise fort au sens où on est fier d'être Londonien, Parisien ou même Gantois ou Anversois. Non il n'existe pas de peuple bruxellois, pas plus qu'il n'y aurait de peuple européen.
Et ce n'est pas par hasard que nous citons ces deux villes dont l'exécutif est (ou fut pour le cas d'Anvers) géré par des socialistes comme Carles Picqué: Termont le Gantois et Janssens l'Anversois.
L'un et l'autre sont des sorciers qui ont fait de leurs villes respectives des chefs d'oeuvres du bien vivre et surtout, dans le cas de Gand du vivre-ensemble dans une ville dont la voiture est pratiquement bannie aux profit du cycliste et du piéton.
On se souviendra peut-être que Paul Magnette, futur bourgmestre de Charleroi a invité Termont dans sa ville pour demander conseil à ce municipaliste chevronné pour régénérer sa ville.
Et pourtant ce ne sont pas les études, les projets et plans qui ont manqué à Bruxelles, les tiroirs du cabinet Picqué en débordent, un cabinet qui cafouille de contradictions internes qui paralysent une administration régionale orpheline.
Que d'élans brisés et de brouillons jamais mis au net pour une ville qui est à l'image de son plus vaste chantier: la zone du canal. Une magnifique promesse en devenir mais en panne de réalisation. Autre métaphore, le fiasco de Bruxelles capitale de la culture, une montagne qui accoucha dans la douleur de la zinneke parade.
Qui a un projet pour la ville la plus originale du sous continent européen? L'Everois Rudy Vervoordt, bourgmestre d'Evere la plus terne des 19 communes? Le Liégeois Didier Reynders, excellent bilingue au demeurant, dont les dents griffent le parquet tant l'ambition le dévore. Bernard Clerfayt, étoile montante de Schaerbeek qui peut se vanter d'avoir collé sur son blason la tête de la méduse de Lasne?
Lequel des trois princes tirera Bruxelles "poubelle" de son sommeil de pas très belle au bois dormant?
Deux hommes de caractère ont incarné autrefois Bruxelles: son bourgmetre De Brouckère qui sous l'occupation allemande déposa simplement son stylographe à côté du revolver du représentant militaire du Reich allemand en 1914 qui se retira furieux de son cabinet maïoral et son successeur Adolphe Max le joyeux bourgmestre célibataire toujours accompagné, comme Tintin, de son fox terrier.
Mais comme l'écrit un internaute, "il ne suffira donc pas pour les partis francophones de pourvoir tactiquement à leur casting politique dans la capitale. Il faut élaborer une stratégie et placer à sa tête des hommes qui ont les pouvoirs et le soutien pour enfin lancer la « révolution bruxelloise ». Il y a des idées à trouver dans le travail de fond réalisé en neuf ans à Anvers, par Patrick Janssens et à Gand par Termont."
Pourtant, pour ceux qui ont répondu présent aux nombreux initiatives du trio Philippe Van Parys, Eric Corijn et Alain Deneef dans le prolongement des Etats Généraux, les idées de réforme citoyenne les projets en tout genre ne manquent pas.
Pointons tout de même la nécessité prioritaire à revoir la qualité de l'enseignement tel qu'il est prodigué chez nous.
Comprendre Bruxelles, l'aimer, la servir c'est déjà tout un défi.
A quand la grande révolution bruxelloise?
MG

mercredi 28 novembre 2012

‘Belgische onthouding is trendbreuk'


BDW
BRUSSEL - Kamerlid Eva Brems begrijpt niet waarom België zich donderdag zou onthouden bij de VN-stemming over de status van de Palestijnen. ‘Er is daarvoor geen enkele politieke reden.'
Het wordt behalve een symbolische stap ook een belangrijk politiek signaal: donderdag proberen de Palestijnen via een stemming in de Algemene Vergadering van de VN de ‘waarnemersstatus als niet-lidstaat' te verkrijgen. Omdat in de Algemene Vergadering geen veto geldt, maken ze daarbij een goede kans.
De Palestijnen, die eerder al lid werden van de Unesco, zijn ervan overtuigd dat deze stapjes erkenning een toekomstige tweestatenoplossing realistischer maken. Frankrijk zal de Palestijnen daarbij volmondig steunen. In België is er nog geen politiek akkoord, maar volgens hardnekkige geruchten zou België zich bij de stemming kunnen onthouden. Kamerlid Eva Brems vindt dat onbegrijpelijk.
WAAROM GEEN BELGISCH JA?
‘Er zijn geen logische politieke redenen waarom België zich donderdag zou onthouden. Vlak na het offensief op de Gazastrook vragen de Palestijnen op een vreedzame wijze om extra erkenning, en dan zou België zich onthouden. Dat is bovendien een afwijking van de Belgische lijn: het Palestijnse lidmaatschap van de Unesco heeft België wél gesteund. De Europese landen zullen verdeeld stemmen: als lidstaat heb je dan de keuze. Frankrijk stemt zeker ja, en Groot-Brittannië allicht ook, is een Belgische onthouding niets anders dan een duidelijke keuze pro Israël.'
WAAROM DIE AFWIJKING VAN DE BELGISCHE LIJN?
‘Dat is een vraag voor Didier Reynders. Het is mogelijk dat hij een andere politieke keuze wenst te maken. De MR heeft al langer de reputatie pro Israël te zijn, en dient eenzijdige resoluties in. Maar als minister van Buitenlandse Zaken behoort Reynders toch de Belgische bevolking te vertegenwoordigen. En net als de rest van Europa is ook onze publieke opinie voor de erkenning van een Palestijnse staat.'

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ETONNEMENT
On s'étonnera avec Eva Brems (membre de Groen, professeur des droit de l'homme à l'UGent, présidente de Amnesty International en Flandre, 2006-2010) de l'option abstentionniste de la Belgique. "Dat is een vraag voor Didier Reynders. Het is mogelijk dat hij een andere politieke keuze wenst te maken. De MR heeft al langer de reputatie pro Israël te zijn, en dient eenzijdige resoluties in. Maar als minister van Buitenlandse Zaken behoort Reynders toch de Belgische bevolking te vertegenwoordigen
Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, déposera jeudi une demande de reconnaissance d’un Etat de Palestine non membre de l’Onu. "Une manière de rappeler à la communauté internationale ses responsabilités envers le peuple palestinien." ." "Les Européens perdront leur crédibilité s’ils s’abstiennent" Leila Shahid



Etat de Palestine: "Les Européens perdront leur crédibilité s’ils s’abstiennent"


Entretien réalisé par Vincent Braun
La Libre Belgique
Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, déposera jeudi une demande de reconnaissance d’un Etat de Palestine non membre de l’Onu. "Une manière de rappeler à la communauté internationale ses responsabilités envers le peuple palestinien."

Près d’une semaine après le cessez-le-feu de Gaza signé entre Israël et le Hamas, nous avons rencontré Leila Shahid, la déléguée générale de Palestine auprès de l’Union européenne, de la Belgique et du Luxembourg. Pour elle, l’Union européenne jouera sa crédibilité sur la scène internationale ce jeudi, lorsque le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas proposera la reconnaissance de l’Etat de Palestine devant l’Assemblée générale de l’Onu.
PENSEZ-VOUS QUE CETTE OPERATION ISRAELIENNE A GAZA AIT CHANGE LA DONNE ?
Le résultat immédiat de ce nouvel épisode de cette guerre contre Gaza, c’est de faire du recours à l’Assemblée générale des Nations unies un appel pour la paix. Pendant huit jours, on a vu ce que donnait l’alternative : ce sont des Palestiniens qui se procurent des armes pour tenir tête à l’armée israélienne. Je pense que cette opération s’est retournée contre Benjamin Netanyahou, qui a été pris de court par la capacité militaire du Hamas, de même que le Jihad islamique, qui dispose désormais de missiles de longue portée.
L’AUTORITE PALESTINIENNE S’EN TROUVE-T-ELLE AFFAIBLIE ?
Le Fatah (le parti de Mahmoud Abbas) a fait un choix, qui est de renoncer à la lutte armée. Nous avons espéré que la négociation politique mènerait à notre revendication, un Etat palestinien reconnu. Après 20 ans de négociations (et même 23 puisqu’elles avaient commencé à Madrid en 1990), nous constatons que la seule réponse d’Israël a été une réponse militaire. Israël a été kidnappé par une mentalité militariste qui déshumanise les Palestiniens et qui voue les Israéliens à des confrontations militaires avec tous ses voisins. On a bâti un mur, on a créé un dôme de fer, on a construit une clôture contre les Africains, un mur avec le Sud-Liban. C’est George Orwell. C’est une vision effrayante pour les jeunes générations d’Israéliens qui seront vouées à être dans l’affrontement militaire et technologique.
C’EST LA STRATEGIE DU BUNKER. ISRAËL PENSE “AVOIR LA PAIX” EN CONFINANT SON TERRITOIRE…
Et c’est exactement le contraire qui se passe. A l’escalade militaire israélienne répond une escalade militaire du côté des milices palestiniennes. Surtout que ceux qui ont choisi la négociation n’ont pas été capables, en vingt ans, d’assurer ni la fin de l’occupation militaire, ni un Etat souverain et viable. Les Palestiniens en tirent les leçons, se disant que peut-être nous avons eu tort de faire ce chemin-là. D’où le désir du président Abbas de faire le point aux Nations unies. Notre demande (pour la reconnaissance d’un Etat de Palestine non membre de l’Onu, NdlR) n’est pas une déclaration de guerre. Il s’agit de mettre la communauté internationale devant ses responsabilités face aux violations systématiques de notre territoire, dont la plus importante est certainement la colonisation. Celle-ci est en train de détruire l’Etat palestinien à venir puisqu’elle lui prend tout son territoire. Pour rappel, la communauté internationale s’est engagée, à Madrid et à Oslo, à nous aider à mettre en œuvre notre Etat.
CETTE INITIATIVE CONSTITUE-T-ELLE UNE ETAPE CHARNIERE ?
Absolument. Nous nous devons de dire à nos partenaires dans le monde, où qu’ils soient, qu’ils ont aussi des devoirs à l’égard des résolutions qu’ils ont votées et qu’ils n’ont jamais mises en œuvre. Je rappelle qu’une décision de la Cour internationale de justice de La Haye demande la destruction du mur. Or, non seulement il n’est pas détruit mais il est prolongé tous les jours. Les Palestiniens ne constituent pas un sous-peuple qui n’aurait pas le droit d’être protégé par le droit international. Nous avons droit à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à un Etat. Il est temps que le monde reconnaisse ces droits inaliénables.
C’EST AUSSI UNE QUESTION DE SURVIE POUR L’AUTORITE PALESTINIENNE…
Nous sommes affaiblis parce que l’opinion publique palestinienne nous demande des comptes sur vingt ans de négociations de paix qui n’ont servi à rien, et qui, parfois, ont fait empirer les choses. Car, avant, il n’y avait ni le mur de séparation, ni les territoires (sous contrôle partiel israélien), ni ce nombre incroyable de près de 500 000 colons israéliens, qui ont construit une partie de l’Etat israélien dans ce qui devrait devenir l’Etat palestinien.
C’est donc l’échec des négociations qui affaiblit M. Abbas. C’est aussi l’échec de la communauté internationale parce qu’il y a un déséquilibre total entre Palestiniens et Israéliens à tout point de vue. Aucune garantie n’a été donnée ni par l’UE, ni par le Quartette, ni par les Etats-Unis. Nous voyons les colonies augmenter et l’espoir d’un Etat palestinien disparaître. Nous avons besoin de cette reconnaissance avant de revenir à la table des négociations.
Y A-T-IL D’AUTRES CONDITIONS PREALABLES POUR REPRENDRE LE DIALOGUE ?
Les seules conditions, elles n’en sont pas. Dans la feuille de route signée par Israël et nous, et garantie par le Quartette, nous devons renoncer à la violence et Israël mettre fin à la colonisation. Israël a violé systématiquement cet accord en continuant à créer des colonies. Cette colonisation est dénoncée par tous les conseils de ministres européens depuis 2009, qui reconnaissent que la poursuite de la colonisation menace la solution à deux Etats. Sur le papier, l’UE a des positions très claires. Même Obama. Le problème c’est que ce n’est jamais traduit (en actes). En ce qui concerne notre demande de reconnaissance, la capacité des membres de l’Union européenne de revoir leur position sera déterminante. Les Américains sont malheureusement presque prisonniers de leur alliance avec Israël. Mais les Européens, qui ont fait de la Méditerranée le cœur de leur politique étrangère, perdront complètement leur crédibilité dans le cas où ils s’abstiennent. Et je le redoute. J’espère que les Européens auront le courage de prendre en compte qu’il ne s’agit pas seulement de notre liberté, de notre souveraineté, mais aussi de la leur.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA POLITIQUE DU BUNKER
Comme à son habitude, Leila Shahid va à l'essentiel, sans détour et sans pathétique inutile. Ses arguments sont secs comme des coups de buttoir: reprenons les un à un:
" Israël a été kidnappé par une mentalité militariste qui déshumanise les Palestiniens et qui voue les Israéliens à des confrontations militaires avec tous ses voisins"
Près de 500 000 colons israéliens, qui ont construit une partie de l’Etat israélien dans ce qui devrait devenir l’Etat palestinien.
1. Nous voyons les colonies augmenter et l’espoir d’un Etat palestinien disparaître.
2. Dans la feuille de route signée par Israël et nous, et garantie par le Quartette, nous devons renoncer à la violence et Israël mettre fin à la colonisation.
3. Sur le papier, l’UE a des positions très claires. Même Obama. Le problème c’est que ce n’est jamais traduit (en actes).
4. Les Américains sont malheureusement presque prisonniers de leur alliance avec Israël. Mais les Européens, qui ont fait de la Méditerranée le cœur de leur politique étrangère, perdront complètement leur crédibilité dans le cas où ils s’abstiennent."
« Israël a choisi l’arrogance de la force et, pour son image, c’est une catastrophe. Il semble qu’il n’y ait plus rien à attendre d’un pays qui se croit de plus en plus en état d’insécurité depuis que le manque absolu de vision politique de ses dirigeants l’a conduit à l’isolement. »Jean Daniel 3 juin 2010.
En vérité l'humanité a besoin, si elle entend survivre, de sages plus que de pain ou de croissance.
Gandhi en fut un et pourtant, in fine il échoua du moins à court terme.
Dans une interview extrêmement émouvante, le sage de Duve explique simplement mais de manière irréfutable pourquoi les hommes de culture et/ou de religion différente se haïssent à ce point.
"Nous avons en héritage certains traits génétiques, apparus voilà cent mille ans. Il en est ainsi de l'égoïsme de groupe. Nos ancêtres ont tiré avantage du fait que s'entraider pour le bien du groupe permettait une meilleure survie individuelle. Ce trait fut imprimé dans nos gènes par la sélection naturelle, parce qu'il s'est avéré utile à leur survie. Et lorsque j'utilise la conjonction "parce que", cela ne doit pas évoquer une quelconque intention. Ceux qui par hasard avaient cette qualité d'égoïsme de groupe ont mieux survécu que les autres, et leur descendance, dont nous sommes, a conservé ce trait. L'autre volet de cet héritage génétique est l'hostilité entre groupes. Nos ancêtres dans la savane africaine formaient un groupe d'une cinquantaine d'individus. D'autres groupes vivaient là, qui, comme eux, cherchaient un climat clément, des terres giboyeuses, des femelles attirantes. Ils se rencontraient, se battaient pour ces ressources naturelles. L'hostilité entre groupes a été imprimée dans les gènes de nos ancêtres et nous la perpétuons. Ouvrez les journaux, vous le constaterez. On se bat partout et on s'entraide à l'intérieur du groupe."
(...)"L'humanité semble rester prisonnière de ses gènes, condamnée à répéter les erreurs du passé jusqu'à ce que la sélection naturelle aille au bout de son oeuvre fatale. Nous sommes une espèce menacée par la guerre, le conflit, l'épuisement des ressources, la surpopulation, le risque d'extinction au même titre que tous les hominidés qui nous ont précédés."
"La sélection naturelle est influencée uniquement par le présent, ce qui est utile hic et nunc pour la survie des individus, elle ne sélectionne pas des qualités utiles pour demain. Nous sommes les seuls capables de regarder l'avenir, de prévoir les conséquences de nos actes futurs. Cela échappe à la génétique.
Le sage dont notre monde a besoin se nomme Jésus, il y en a peut-être d'autres, mais c'est celui que je connais le mieux. Il enseigne exactement le comportement qu'il faut pour contrecarrer les méfaits de la sélection naturelle et sauver l'humanité de la perte à laquelle ses gènes la condamnent. Lorsqu'il dit : "Aimez-vous les uns les autres", il nous invite à agir contre l'égoïsme de groupe inscrit dans notre héritage. Il s'élève contre l'appât du gain, contre la poursuite égoïste du profit. Lorsqu'il désarme Pierre en lui disant : "Celui qui vit par le glaive périra par le glaive", il prend parti contre l'hostilité entre groupes, elle aussi inscrite dans notre patrimoine génétique"

DE DUVE, LE NOBEL QUI ROULE POUR JESUS
Christian de Duve, 94 ans, biologiste, Prix Nobel, publie "De Jésus à Jésus... en passant par Darwin" (Odile Jacob). Pour nous opposer à notre héritage génétique, il nous invite à retrouver Jésus.

LE POINT : QUI EST CE JESUS QUE VOUS RETROUVEZ APRES SOIXANTE-SEPT ANNEES DE VOTRE VIE CONSACREES A LA SCIENCE ?

Christian de Duve : Ce n'est pas le Jésus qui me fut enseigné. Il n'est ni celui du catéchisme ni celui de l'histoire sainte. Les mystères de la consécration, la divinité du Christ et sa résurrection sont des notions difficilement crédibles. Je n'accepte pas toute cette mythologie. La science, à laquelle j'ai consacré ma vie, m'a permis de comprendre combien ces dogmes sont faux, car fondés sur des affirmations gratuites. La science fait des hypothèses, puis imagine des expériences qui permettent de les vérifier ou de les réfuter. On y part du principe que rien n'est connu avec certitude. Or il n'existe aucune preuve de ce que m'ont enseigné les jésuites. Jésus, disent-ils, est le fils de Dieu. Où est la preuve ? Il est ressuscité. Où est la preuve ? J'appelle aujourd'hui l'humanité à écouter un second Jésus, l'homme dépouillé de ces attributs merveilleux, l'auteur d'un message d'amour et de concorde, dont l'actualité est brûlante.
Je ne suis pas croyant. Est-ce que je défends le christianisme ? Non, car je refuse ce mot même de Christ qui est lié à toute une mythologie. Je voudrais aujourd'hui parler du message "jésuiste", comme on dit bouddhiste, confucianiste. Je suis un disciple du philosophe, du sage Jésus. Nous avons besoin de ses paroles.
VOUS REDOUTEZ NOTRE EXTINCTION PROCHAINE. EN CAUSE, CE QUE VOUS NOMMEZ LE PECHE ORIGINEL GENETIQUE ?
Nous avons en héritage certains traits génétiques, apparus voilà cent mille ans. Il en est ainsi de l'égoïsme de groupe. Nos ancêtres ont tiré avantage du fait que s'entraider pour le bien du groupe permettait une meilleure survie individuelle. Ce trait fut imprimé dans nos gènes par la sélection naturelle, parce qu'il s'est avéré utile à leur survie. Et lorsque j'utilise la conjonction "parce que", cela ne doit pas évoquer une quelconque intention. Ceux qui par hasard avaient cette qualité d'égoïsme de groupe ont mieux survécu que les autres, et leur descendance, dont nous sommes, a conservé ce trait. L'autre volet de cet héritage génétique est l'hostilité entre groupes. Nos ancêtres dans la savane africaine formaient un groupe d'une cinquantaine d'individus. D'autres groupes vivaient là, qui, comme eux, cherchaient un climat clément, des terres giboyeuses, des femelles attirantes. Ils se rencontraient, se battaient pour ces ressources naturelles. L'hostilité entre groupes a été imprimée dans les gènes de nos ancêtres et nous la perpétuons. Ouvrez les journaux, vous le constaterez. On se bat partout et on s'entraide à l'intérieur du groupe.
DEPUIS CENT MILLE ANS, NOS GENES N'AURAIENT-ILS QU'A PEINE CHANGE ?
Pendant tout le temps qui s'est écoulé depuis les origines, peu de traits nouveaux se sont révélés suffisamment avantageux pour être retenus par la sélection naturelle. Le patrimoine génétique de l'humanité ne s'est pas grandement modifié depuis les jours où nos ancêtres poursuivaient une existence précaire au coeur de l'Afrique. L'humanité semble rester prisonnière de ses gènes, condamnée à répéter les erreurs du passé jusqu'à ce que la sélection naturelle aille au bout de son oeuvre fatale. Nous sommes une espèce menacée par la guerre, le conflit, l'épuisement des ressources, la surpopulation, le risque d'extinction au même titre que tous les hominidés qui nous ont précédés.
SERIONS-NOUS PERDUS ?
Grâce à notre cerveau, nous avons acquis la possibilité de faire ce que la sélection naturelle ne fait pas : regarder l'avenir. La sélection naturelle est influencée uniquement par le présent, ce qui est utile hic et nunc pour la survie des individus, elle ne sélectionne pas des qualités utiles pour demain. Nous sommes les seuls capables de regarder l'avenir, de prévoir les conséquences de nos actes futurs. Cela échappe à la génétique.
Le sage dont notre monde a besoin se nomme Jésus, il y en a peut-être d'autres, mais c'est celui que je connais le mieux. Il enseigne exactement le comportement qu'il faut pour contrecarrer les méfaits de la sélection naturelle et sauver l'humanité de la perte à laquelle ses gènes la condamnent. Lorsqu'il dit : "Aimez-vous les uns les autres", il nous invite à agir contre l'égoïsme de groupe inscrit dans notre héritage. Il s'élève contre l'appât du gain, contre la poursuite égoïste du profit. Lorsqu'il désarme Pierre en lui disant : "Celui qui vit par le glaive périra par le glaive", il prend parti contre l'hostilité entre groupes, elle aussi inscrite dans notre patrimoine génétique.
CET HOMME JESUS, SI SINGULIER, POUVAIT-IL N'ETRE QU'UN HOMME ?
Que voulez-vous qu'il soit ?
L'ÉGLISE CATHOLIQUE PERPETUE L'ENSEIGNEMENT DE JESUS. PUISQUE VOUS APPELEZ A ENTENDRE SON ENSEIGNEMENT, VOUS DEVRIEZ ETRE CATHOLIQUE, NON ?
L'Église catholique est une église autoritaire et dogmatique. Je n'accepte pas qu'on me dise : ceci est la vérité. Je veux trouver des preuves.
LE PRIX NOBEL QUE VOUS ETES RECONNAIT QUE LA CONSCIENCE HUMAINE DEMEURE UN MYSTERE.
Les neurobiologistes sont trop affirmatifs lorsqu'ils disent, comme Francis Crick, que nous ne serions qu'un paquet de neurones, donc de cellules nerveuses. J'accepte qu'on dise qu'il n'y a pas de conscience sans neurones, car, si on prive nos neurones d'oxygène, en effet nous perdons conscience. Alors, oui, la conscience est une émanation de l'activité des cellules nerveuses, mais de là à expliquer ce phénomène mystérieux, que chacun de nous connaît par expérience personnelle mais qui échappe à toute caractérisation objective... on n'a toujours pas d'explication.
.
Dieu n'est pas une question scientifique. Je ne suis pas d'accord avec mes collègues militants athées parce que je trouve que leur affirmation de l'inexistence de Dieu est gratuite, elle relève du dogmatisme tout comme l'affirmation de l'existence de Dieu. Il n'y a de preuves en faveur ni de l'une ni de l'autre. Notre capacité à appréhender certains aspects de la réalité dépend de notre cerveau, et cette réalité dépasse ce dont notre cerveau actuel est aujourd'hui capable, même si celui-ci nous permet d'appréhender de nombreuses faces intelligibles. Si j'avais un cerveau dont le volume serait augmenté de 20 %, que pourrais-je comprendre, ressentir, dont je ne suis pas capable aujourd'hui ? Entre les 1 000 centimètres cubes du cerveau de l'Homo erectus et les 1 350 centimètres cubes du nôtre, il y a tous les progrès merveilleux de la science. Le bond a été spectaculaire. Quelles opérations mentales, quelles expériences pourraient réaliser des individus dotés d'un cerveau encore plus gros ? Apprendront-ils la théorie de la relativité au jardin d'enfants ? Nous ne pouvons répondre à cette question avec notre cerveau d'aujourd'hui, sauf en affirmant que nous serions dépassés. Nous ne sommes que provisoirement le sommet de l'évolution.
LA MORT EST-ELLE UNE FIN ? N'Y A-T-IL RIEN APRES, COMME IL N'Y EUT RIEN AVANT ?
Que reste-t-il après la mort ? L'enveloppe charnelle pourrit. Depuis que les humains ont atteint le stade de savoir qu'ils vont mourir, ils croient à ce mythe d'une résurrection. Il n'existe aucune preuve valable de quelqu'un qui soit ressuscité. Le message de Jésus doit être débarrassé de la mythologie développée autour de lui, qui réserve sa portée centrale aux seuls croyants. Dans son essence, il annonce une nouvelle forme de rédemption qui correspond à ce que notre vision darwinienne de la condition humaine recommande si nous voulons échapper aux conséquences fatales de la tache originelle imprimée dans nos gènes par la sélection naturelle.
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE TEMPS DES SAGES
Heidegger, à la fin de sa vie pensait que seul un nouveau Dieu nous sauverait, Garaudy l'égaré était persuadé que de nouveaux prophètes nous viendraient en aide, Edgar Morin pense que seul l'imprévisible sauvera l'humanité du naufrage. De Duve croit dans le message des sages de l'humanité.
Il est vrai qu'ils sont impressionnants ces nonagénaires aux neurones fatigués mais toujours en bon ordre de fonctionnement qui ont largement décanté leur vaste savoir et jouent parfaitement leur rôle de donneurs d'alarme.
Songeons à Edgar Morin, Helmut Schmidt, Jean Daniel, Christian de Duve, et Stephane Hessel pour ne citer que les plus célèbres.
L'allongement de la vie serait-il de nature à produire dans les décennies à venir une génération de sages capables de remettre l'humanité devenue folle sur la voie de la sagesse et de la rectitude?
MG





lundi 26 novembre 2012

Les chiffres du vote ethnique

Le Vif
A Bruxelles, Liège, Charleroi, Anvers et Verviers, notamment, les élus d'origine étrangère ont fait un nouveau bond en avant lors des communales du 14 octobre dernier. Faut-il s'en inquiéter, parce que nos valeurs seraient menacées? Faut-il s'en réjouir, parce que notre société s'ouvre et se transforme davantage? Les vrais chiffres du vote ethnique et l'enquête, dans Le Vif/L'Express de cette semaine.

Les deux élus de la liste Islam, à Anderlecht et Molenbeek, et leur intention proclamée d'instaurer la charia en Belgique ont occupé toute la place médiatique. Mais le 14 octobre, ils sont des centaines de candidats d'origine étrangère (maghrébine, turque et d'Afrique subsaharienne) à avoir été élus, sur des listes PS et CDH essentiellement. Ce vote "communautaire", ou "ethnique", alimente une crainte diffuse dans la population belge de souche: "nos valeurs, nos traditions, notre culture sont menacées, à terme." Et l'affaire du sapin de la Grand-Place de Bruxelles n'a pas calmé les inquiétudes et les accusations, plutôt infondées. Oui, les chiffres que révèle cette semaine Le Vif/L'Express démontrent une augmentation d'élus d'origine étrangère. Mais l'augmentation est logique, puisque la population d'origine étrangère augmente, elle aussi (25% des Belges ont au moins un grand-parent né à l'étranger). Le professeur Paul Wynants (Université de Namur) a calculé la participation et le profil des élus locaux d'origine extra-européenne en Région bruxelloise: "On est passé de 14 conseillers communaux sur 651 en 1994 (2,6% du total) à 90 sur 652 en 2000 (13,8%), 138 sur 663 en 2006 (20%) et 161 sur 685 en 2012 (23,5%). En cumulant les résultats de 2006 et 2012, il apparaît que près de 60% des élus de l'immigration extra-européenne dans les 19 communes sont d'origine marocaine, environ 16% d'origine turque et près de 9% d'origine congolaise." Les élus d'origine marocaine se trouvent d'abord au PS (51,2%) puis au CDH (20,3%) et chez Ecolo (10,6%). Les élus d'origine turque principalement au PS (54,8%) loin devant le CDH (16,1%) et le MR (12,9%). Le CDH reprend la tête avec ses élus d'origine congolaise (44,4%), devant le PS (38,9%) et le FDF (16,7%). Les élus d'origine étrangère se concentrent à Saint-Josse, Schaerbeek, Molenbeek, Saint-Gilles et Bruxelles-Ville.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VOTE ETHNIQUE
Premier sujet d'étonnement: il se dit que la communauté étrangère la plus importante de Bruxelles serait d'origine française.On ne parle nulle part d'élus de cette origine, or il y en a... Parce qu'on se focalise sur les candidats d'origine extra-européenne .
Curieusement, en France, le vote le vote des étrangers n'est toujours pas autorisé, pas même au niveau municipal alors qu'en Belgique il va totalement de soi depuis bien des années déjà.
Selon l'éditorialiste du Vif, " l'immigration renforce le vote de gauche" qui ne se cache pas de pratiquer de son côté une forme de clientélisme ethnique de caractère communautariste.
Ce n'est pas un scoop, loin s'en faut.
Dans bien des domaines, la Belgique si volontiers décriée par les Belges, a pris une belle avance et caracole en tête dans le peloton européen.


QUI SOMMES-NOUS ?
Le Vif: « Il n’y a pas de vote ethnique [...]. Il y en a eu naguère un peu. Maintenant, c'est totalement fini », affirmait Philippe Moureaux, le 21 octobre dernier. On l'a connu plus inspiré. Notre enquête minutieuse le prouve sans détour, le vote ethnique a bondi aux communales de 2012. De quoi faire chavirer bien des fausses certitudes. Et mettre à mal les bonimenteurs qui préfèrent les mirages aux réalités. Et qui pourraient être contrariés.
Le vote ethnique, le dernier tabou, la question sulfureuse ? Pourquoi donc ? La vérité n'a rien à gagner à l'irréalisme et aux faux-semblants. Pour mieux l'appréhender, pourquoi ne pas regarder notre monde tel qu'il est ? Pourquoi s'auto-bâillonner au prétexte fallacieux que certains faits devraient être tus ? Informer, c'est être condamné à la rigueur. Au-delà du politiquement correct affiché, hélas, par de nombreux politiques et médias.
« Dis-moi qui tu es, je te dirai pour qui tu votes. » Oui, le corps électoral évolue en fonction de la démographie. La population belge connaît un accroissement historique qu'elle doit, pour une bonne part, à l'immigration. Ces nouveaux citoyens ont des devoirs, mais aussi des droits. Eux aussi doivent devenir les sujets et les acteurs de leur histoire. Faut-il donc être surpris qu'ils votent pour des candidats issus de l'immigration ? « Notre origine détermine notre rapport au politique. L'origine a donc un poids en soi et il n'est pas réductible aux logiques sociales du placement politique », conclut une étude récente réalisée en France par l'Ined (Institut national d'études démographiques). Qui révèle aussi qu'incontestablement l'immigration renforce le vote de gauche. Une analyse confortée par les experts révèle qu'à Bruxelles, les 51,2 % d'élus d'origine marocaine et les 54,8 % d'élus d'origine turque (résultats cumulés 2006 et 2012) du PS aux communales. Un record. Des électeurs attirés par le programme socio-économique « favorable aux défavorisés » du parti d'Elio Di Rupo ? Sans doute. Mais comme pour le CDH, aux résultats tout aussi interpellants, parce que le parti socialiste est à la source d'emplois municipaux, de logements sociaux et d'aide sociale. Identifier et flatter quelques groupes pour gratter des voix peut ainsi se révéler payant.
Clientélistes, les partis qui multiplient les candidatures « allochtones » ? Plus que probable. A contrario, leur mérite n'est-il pas de canaliser des flux susceptibles de s'éparpiller sur des listes nettement moins « recommandables » ? Mais qui sont ces nouveaux élus ? Quel projet caressent-ils pour la Belgique ? Quel modèle de société ? Notre vie politique ne va-t-elle pas se teinter, par petites touches, de thématiques religieuses ou de causes nationales étrangères importées, comme le conflit israélo-palestinien, par exemple ? Des interrogations, voire des fantasmes qui rencontrent rarement de vraies réponses. La faute à qui ? Aux partis, pardi ! Et aux élus eux-mêmes. Pour favoriser le bien vivre ensemble ne devraient-ils pas faire toute la lumière ? Lever les doutes ? Rassurer ces « majoritaires » déstabilisés par cette nouvelle donne, agités par les pires alarmes et qui craignent de perdre leur identité, leurs valeurs, leur culture dans cet immense brassage politique sans retour ? Ceux-là mêmes qui flottent au milieu de tout ce chambardement. Non, il ne s'agit pas de rétropédaler collectivement. Mais de couper court à tout racisme ou tout dérapage xénophobe qui pourrait poindre son nez. « Les gens ne pensent pas, ils ressentent », prétendait Margaret Thatcher. Aujourd'hui, le ressenti de nombreux citoyens, c'est la peur, irrationnelle certes, comme toutes les émotions. Mais elle est là. Et l'urgence, c'est bien de les rassurer.

dimanche 25 novembre 2012

VOICES TO SHARE



MONDAY 3 DECEMBER –8 pm - FLAGEY
The « Voices to Share » concert will gather on stage to celebrate cultural diversity, sharing and solidarity, singers drawing their inspiration from the wandering of the Roma, a European minority that preserved the wealth of their traditions through the ages and adversity and whose precariousness deeply concerns the European Union.
Brought together on the stage of Flagey by the International Yehudi Menuhin Foundation and introduced by Dani Klein, the amazing voice behind Vaya con Dios, singers from various origins will share with us their talent in keeping with a message, dear to Yehudi Menuhin and carried forward through his Foundation: that sharing our cultures leads to a better understanding.
Iva Bittova, a Czech singer and violinist will unveil the palette of her virtuosity and perform a dialogue with Red Gjeci, the Albanian violinist of Vaya con Dios. Marianne Aya Omac will convey to us the cultures of the world with the warmth of her voice accompanied by her guitar and the rumba rhythm of her percussions. Amparo Cortés will transport us in the mesmerising world of Flamenco. And Maurane, who with Dani Klein, is the godmother of the evening, will give us the richness of her musical universe with her distinctive warmth. The evening will conclude with a finale which will include all the artists in a sonorous and colourful explosion.
This concert perpetuates a long line of events organised by the Menuhin Foundation that each years gathers on stage artists from various cultures presenting a creative and heartfelt dialogue that can but seduce the audience, moved by the emotion generated by this generous and joyous encounter.
Furthermore this tradition of sharing cultures is developed by the Foundation through its various programmes with the support of the European Union: the programme « Voices for Tomorrow » carried by the ambassador-artists from different origins and disciplines who together work on the emergence of collective intelligence through participative workshops and concerts in Europe, the MUS-E® programme aimed at children of all cultures aged between 6 and 12, and more recently the project « art4rom » aimed at Roma children.

samedi 24 novembre 2012

72,4 % des snack-pittas ne respectent pas les mesures d’hygiène


Le Soir
À peine un quart des vendeurs de pittas respectent les conditions d’hygiène demandées par l’AFSCA. Les points noirs sont la propreté ou encore la rupture de la chaîne du froid.

Le bilan présenté par l’AFSCA (l’Agence fédérale pour Sécurité de la Chaîne Alimentaire) a de quoi inquiéter les consommateurs.
Sur les 273 snacks pittas contrôlés récemment, 72,4 % d’entre eux ont reçu un avis défavorable et 25,8 % ont bénéficié d’un jugement favorable (en hausse de 5 %), mais avec des commentaires relatifs aux améliorations à faire, note Sudpresse.
Parmi les problèmes les plus fréquents, l’AFSCA note l’absence de propreté, l’absence de respect des températures lors du stockage, la méconnaissance des pratiques liées à l’hygiène ou l’absence de self-contrôle.
L’HYGIENE LAISSE A DESIRER DANS L’HORECA
En juin dernier, l’Agence tirait déjà la sonnette d’alarme. Si la note globale du Royaume s’améliorait légèrement, la cote attribuée aux hôtels, restaurants et cafés contrôlés restait déplorable.
Concrètement, sur 11.720 établissements du secteur Horeca inspectés, à peine 55 % sont conformes sur le plan des installations et de l’hygiène. Le constat n’est pas plus positif dans les commerces de détail, avec 54 % de maisons en conformité, sur les 10.297 magasins contrôlés.
AMENDES A LA HAUSSE
Globalement (Horeca et hors Horeca), les 171.000 inspections et visites d’entreprises effectuées par les agents de l’Afsca, en 2011, se sont soldées par quelque 21.000 sanctions: essentiellement des avertissements, mais aussi près de 1.500 saisies (220 tonnes de produits alimentaires, au total), et 172 fermetures temporaires d’établissements (à 95 % dans la distribution).
Le montant des amendes infligées a augmenté de 8 % : il est passé de 2,245 millions à 2,422 millions. Leur montant peut varier de minimum 137,50 euros à 27.500 euros. En moyenne, en 2011, l’établissement sanctionné a dû payer 569 euros (contre 504 euros en 2010).
La situation n’est pas meilleure dans les autres types d’établissements contrôlés : 59,9 pc d’avis défavorables dans les pizzerias, 58,3 pc pour les restaurants et 51,6 pc pour les friteries.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PETITE RESTAURATION HALAL
Question subsidiaire: combien de ces 273 snacks pittas contrôlés récemment sont halal?
Certes, ces innombrables pitas bars sont un vivier d'emploi pour des milliers de jeunes non ou peu qualifiés. Toutefois ils sont largement responsables avec les restos fast food (plus hygiéniques) de l'explosion de l'obésité chez les ados.
Alors à quoi bon ces hideuses officines à microbes et à calories?
Sur la route qui longe la Meuse de Namur à Givet, on compte une friterie tous les 15 kilomètres.
Il serait intéressant de connaître le nombre de bars à pitas et à durum au km2 à Bruxelles, spécialement dans les communes les plus défavorisées.
MG

vendredi 23 novembre 2012

Le fiasco du Parlement bruxellois dans lutte contre la pauvreté


Mathieu Colleyn
La Libre Belgique
Dix ans plus tard, un projet est tombé dans les oubliettes de l’histoire.
La lutte contre la pauvreté ne mobilise que trop peu le monde politique. L’espoir né au Parlement bruxellois fin 2001 était donc beau : créer un vaste réseau de pouvoirs régionaux à l’échelon européen en vue d’en dégager et généraliser "les bonnes pratiques" pour endiguer la précarité. Le Réseau européen transrégional pour l’inclusion sociale (Retis) était né à l’initiative de la présidente de l’hémicycle d’alors, Magda De Galan (PS). Un important soutien financier de la Commission européenne s’élevant à plus de 500 000 euros par an servira, entre 2003 et 2007, à l’organisation de congrès, de colloques à travers l’Europe, à la publication de brochures, mais aussi à la rémunération du personnel de l’ASBL.
Dix ans plus tard, ce projet est tombé dans les oubliettes de l’histoire après avoir englouti des centaines de milliers d’euros de subsides. Plus grave, le Réseau présentait en juillet 2012 une dette ONSS de près de 100 000 euros, qui furent en leur temps directement réclamés à Magda De Galan (PS) alors que cette dernière avait quitté la structure à son départ du Parlement bruxellois (2004).
Comment en est-on arrivé là ? La gestion de Retis aura progressivement contraint la Commission à rejeter le remboursement de certains frais de l’ASBL. Outre la Région-Capitale, celle-ci réunit au départ la Toscane et le Comté Hampshire au Royaume-Uni. Au fur et à mesure des années, d’autres régions rejoindront le réseau.
D’après de nombreux document que "La Libre" a pu consulter, Retis a éprouvé les pires difficultés à justifier certaines de ses dépenses auprès de la Commission européenne. Dans sa lettre de démission envoyée au moment du naufrage, mi-2007, Jan Beghin (SP.A), administrateur de l’ASBL, met clairement en cause la gestion du directeur de Retis, Arrigo Zanella, proche collaborateur de Magda De Galan. "Le secrétaire général de Retis a une conception tout à fait différente de la mienne quant à la notion de bonne gestion administrative et financière" , écrit-il. Plus loin : " J’ai pris l’initiative, en tant que trésorier de Retis, d’écrire une lettre recommandée au secrétaire général Zanella et au comptable Stonska pour demander plus de rigueur et une meilleure préparation des dossiers et des contrôles de la Commission européenne. J’ai insisté [ ] sur leur responsabilité professionnelle."
Contacté par "La Libre", Jan Beghin confirme. Il ajoute que la Commission a refusé de prendre en charge la totalité du salaire de M. Zanella. D’après un document comptable relatif à l’année 2005, son coût pour l’ASBL s’élevait à 91 555 euros exactement. Retis fonctionnait avec un budget annuel de plus de 800 000 euros. En 2005, plus de 520 000 euros furent dépensés pour payer le personnel et un nombre important de voyages dans diverses villes d’Europe. Retis est ironiquement qualifiée d’agence de voyage dans les couloirs du Parlement bruxellois.
PETITS COPAINS ?
En juillet 2007, dans une lettre adressée à la députée socialiste Anne-Marie Mouzon, alors vice-présidente de Retis, Arrigo Zanella expose les difficultés liées à la justification de ces frais. Il précise aussi que la Région a fourni en 2003-2004 un important soutien logistique à Retis, citant locaux, photocopie, heures de prestations de fonctionnaires. Anne-Marie Mouzon ne met pour sa part pas en cause la gestion de Retis, mais conclut simplement à l’impossibilité de coordonner des pouvoirs publics différents dans un même projet, notamment pour les faire contribuer financièrement à son fonctionnement. Selon ses informations, la liquidation judiciaire de l’ASBL est terminée, l’ensemble des subsides européens ont finalement été versés. Dossier clos donc.
Qu’en restera-t-il ? "Un gâchis d’argent public intolérable, estime Emmanuel De Bock, le député FDF qui a levé le lièvre au Parlement bruxellois. On aurait pu aider beaucoup de gens avec ces subsides européens. Il faut lutter contre le subventionnement public d’ASBL qui n’ont d’autre finalité que le clientélisme politique et l’offre d’emplois aux petits copains." Parmi les acteurs de Retis, on préfère évoquer un beau projet qui s’est avéré impraticable.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE TRIOMPHE DE L'INÉGALITÉ
Quand je redescends ma rue vers de Delhaize je tombe invariablement sur une demi douzaine de SDF polonais qui fourragent dans la bulle de déchets de verre pour en extraire des bouteilles à consigner, ils y bivouaquent de jour et de nuit. Quand je remonte ma rue je croise un mendiant amérindien éternellement assis sur sa chaise de toile pliante et, plus loin, un accordéoniste roumain jouant éternellement la même rengaine, un peu plus loin encore, un autochtone vend son éternelle gazette des SDF. Si j'en crois le traité des inégalités de Stiglitz, il y a peu de chances que la situation s'améliore demain.
A Bruxelles, la pauvreté devient de plus en plus visible, de plus en plus criante.
MG


Le top 10 des salaires en Belgique
Alexis Carantonis
Mis en ligne le 22/11/2012
La fine fleur patronale belge perçoit 15 fois moins que la crème américaine !
Ils sont riches, très riches. Trop riches ? Les grands patrons, aux États-Unis, comptent leurs émoluments annuels en dizaines de millions de dollars. Le champion poids lourd ? Tim Cook, CEO d’Apple, plus grosse capitalisation boursière de l’histoire.
C’est que si Apple semble courir derrière l’innovation et son sex-appeal, sa rentabilité est absolument exemplaire. Quelle que soit la source (New York Times, Wall Street Journal ou tout récemment la chaîne télé financière CNBC), tous s’accordent à le dire : le boss d’Apple ne croque pas que la Pomme, mais aussi le plus gros traitement annuel en tant que P-DG. Il a palpé, sur les cinq dernières années, quelque 95 millions $ par an !
Mais quid de la Belgique ? Une question que s'est posée la Dernière Heure. Nos big bosses les mieux payés du BEL20 ont-ils la carrure pour boxer sur les mêmes courbes financières que leurs homologues états-uniens ? Pas une seconde ! Par rapport aux grands patrons de la première puissance industrielle mondiale, les déjà immenses salaires des grands patrons belges paraissent bien… rikiki.
Rassurez-vous pour eux : le bas de laine est suffisamment épais pour que les vieux jours de leur lointaine descendance soient ensoleillés. Mais on ne joue pas dans la même cour : les cinq patrons les mieux payés aux States palpent, en chœur, 319 millions de dollars (250 millions d’euros). Là où le top 5 belge ne se contente que de 16,7 millions d’euros… La fine fleur patronale belge perçoit donc 15 fois moins que la crème américaine !
Gare toutefois : il convient de ne pas faire, dans l’un des nombreux pays où gagner beaucoup est souvent mal perçu, de démagogie dégoulinante ou de populisme : la Belgique est une terre au tissu patronal bien plus éthique qu’ailleurs. Si le patron de Delhaize gagne 150 fois plus que sa caissière la moins bien payée, Tim Cook rafle en un an l’équivalent de 15.000 années de salaire à l’usine Foxconn, qui monte les iPhone et iPad…
Ce qui ne veut bien sûr pas dire que les dérives (comme le bonus 2011 de 1,2 million de Mariani, ex-patron d’une banque Dexia aux abois cette année-là) n’existent pas…
Le top 10 des gros salaires belges:
1. Roch Doliveux (UCB) : 4.076.922 euros
2. Albert Frère (GLB): 4.068.122 euros
3. Gérard Mestrallet (GDF Suez): 3.089.367 euros
4. Pierre-Olivier Beckers (Delhaize): 2.890.000 euros
5. Didier Bellens (Belgacom): 2.580.147 euros
6. Carlos Brito (AB InBev): 2.490.000 euros
7. Roland Junck (Nyrstar): 2.451.359 euros
8. Christian Jourquin (Solvay): 1.984.156 euros
9. Bert De Graeve (Bekaert): 1.783.500 euros
10. Duco Sickinghe (Telenet): 1.551.597 euros

jeudi 22 novembre 2012

"Le salafisme reste la menace principale" pour l'Etat belge


La Belgique, « centre de rayonnement » des sectes apocalyptiques
Alain Lallemand

La Sûreté indique avoir atteint le « seuil critique » à partir duquel il lui deviendrait très difficile de continuer à remplir ses missions, lors de la présentation de son rapport annuel.

La Sûreté de l’Etat consacre cette année une large part de son rapport annuel aux activités des sectes. La Scientologie, bien entendu, dont les poursuites judiciaires semblent en permanence reportées, mais aussi – c’est nouveau – les sectes apocalyptiques, qu’elles soient ou non liées au calendrier maya annonçant la fin du monde pour 2012.
Selon la Sûreté, « un certain Patrick Geryl se prépare à plein-temps à l’apocalypse. A cet effet, il a fondé l’ASBL ’NEW GLOBAL TRUST’, désormais dissoute en raison de l’approche de la fin des temps. » Selon Patrick Geryl, il faudrait partir en Espagne, en Bulgarie ou en Afrique du Sud pour survivre.
La Sûreté épingle : « Louis De Cordier, dont la ’Mataha Foundation’ entretenait des liens étroits avec ’New Global Trust’ et s’efforce d’attirer à elle les ‘survivalistes’, défend aussi ces thèses. Patrick Geryl et Louis De Cordier ont fait de la Belgique un centre de rayonnement des croyances apocalyptiques. »
La Sûreté note aussi l’organisation ’Ramtha’s School of Enlightment’, qui joue elle aussi sur le registre de la peur et annonce la survenue d’éruptions volcaniques, de tremblements de terre, de raz-de-marée, d’épidémies virales…
Portes ouvertes à la Sûreté
Alors qu’il est généralement interdit d’entrer dans les locaux de la Sûreté de l’Etat avec un simple GSM, la Sûreté a pour la première fois tenu une conférence de presse dans ses locaux – avec présence de photographes ! – afin de présenter son quatrième rapport annuel. La conférence de presse se tenait sur invitation seulement, et se limitait exclusivement à la presse belge. Et pour cause : la profession de journaliste est l’une des couvertures les plus courantes pour les agents de renseignements étrangers…
Dans ce contexte très particulier, la Sûreté a souligné qu’elle avait désormais atteint le « seuil critique » à partir duquel il lui deviendrait très difficile de continuer à remplir ses missions, tant en terme de budget que de ressources techniques et ressources humaines. L’examen des volumes de recrutements et de départs montre que la Sûreté continue à perdre des agents. Une centaine d’employés manqueraient désormais pour remplir les effectifs du service de renseignement civil.

"Le salafisme reste la menace principale" pour l'Etat belge

La menace principale pour l'Etat belge et ses habitants émanait toujours, en 2011, du salafisme et du terrorisme islamiste, a indiqué mercredi Alain Winants, administrateur général de la Sûreté de l'Etat, à l'occasion de la présentation du rapport annuel 2011 des services secrets. Pour le patron de la Sûreté de l'Etat, les salafistes forment une petite minorité qui fait tout pour augmenter sa visibilité.

"Globalement, on compte quelques milliers d'adhérents au salafisme en Belgique", explique Alain Winants. "Quelques centaines forment un noyau dur et prennent part à des activités et quelques dizaines de personnes vont un pas plus loin et entreprennent par exemple un voyage à l'étranger pour suivre une formation religieuse, politique ou militaire."

Les zones où ces personnes partent se sont diversifiées ces dernières années, selon le patron de la Sûreté. "Avant, ils partaient principalement en Irak, au Pakistan ou en Afghanistan. Aujourd'hui, ils vont aussi en Syrie, au Yémen, en Somalie ou au Mali."
"La menace que fait planer le salafisme est double", poursuit Alain Winants. "Il y a d'une part le danger de violence, mais aussi le fait que le salafisme politique mène à l'isolement de certains groupes, qui se replient sur eux et créent une sorte de société parallèle. Ces comportements peuvent amener des réactions de l'extrême droite, qui elles-mêmes entraîneront une réaction de l'extrême gauche."
Le succès du salafisme et la radicalisation s'expliquent notamment par la difficulté d'accès à l'enseignement et au monde du travail pour certains jeunes.

Levif.be avec Belga

Bruxelles veut être la capitale de la finance islamique



ENTRETIEN FRÉDÉRIC CHARDON
La Libre
"A Bruxelles , la finance halal fera du lobbying", explique Benoît Cerexhe, ministre bruxellois de l'Economie et du Commerce extérieur.
La Région bruxelloise s’apprête à mener une mission économique très stratégique dans les pays du Golfe. Selon nos informations, il s’agit d’attirer à terme des banques islamiques dans la capitale belge. Le cabinet du ministre régional de l’Economie, Benoît Cerexhe (CDH), confirme. Nous avons interrogé ce dernier.
POURQUOI VOULOIR ATTIRER PARTICULIEREMENT LES BANQUES DES PAYS MUSULMANS A BRUXELLES ?
On est encore en pleine crise et il est important de pouvoir mobiliser des capitaux pour des investissements. Bruxelles a toujours été très active pour aller chercher des capitaux étrangers. Regardez tout ce qui a été fait par exemple pour faire venir des investisseurs chinois… Désormais, notre objectif est d’aller prospecter dans les pays du Golfe où sont concentrés des moyens financiers extrêmement importants.
QUELLE EST L’AMPLEUR DE CES CAPITAUX ?
La finance islamique pesait 700 milliards de dollars en 2008 et 1 100 milliards de dollars en 2011… De 2003 à 2007, elle a progressé à un rythme de +15 % par an au niveau mondial, poussée par le dynamisme économique des pays du Golfe et de l’Asie du Sud-Est.
MAIS CES PAYS POURRAIENT-ILS VRAIMENT ETRE INTERESSES PAR DES INVESTISSEMENTS EN EUROPE ET A BRUXELLES ? LE VIEUX CONTINENT N’EST PAS VRAIMENT EN CROISSANCE…
Le Qatar, par exemple, a décidé d’investir 10 milliards d’euros pour prendre des parts dans des groupes français et nouer des partenariats dans plusieurs pays. Cela donne un indice de la force financière des pays du Golfe… Quand on voit ce que font la France, le Luxembourg et le Royaume-Uni pour attirer l’économie musulmane, Bruxelles ne peut pas rester les bras ballants… On doit aussi avoir notre part de ces investissements. Le contexte bruxellois va aussi jouer en notre faveur : un tiers de la population bruxelloise est musulmane. On assiste à la multiplication de la production de produits halal à Bruxelles.
CETTE POPULATION MUSULMANE BRUXELLOISE, C’EST AUSSI DES FUTURS CLIENTS POUR DES BANQUES Islamiques…
En effet, c’est un atout dans nos discussions avec ces pays. On veut aussi attirer des fonds d’investissement musulmans dans l’économie bruxelloise. Sachant qu’il y a, pour ces fonds, interdiction d’investir dans des entreprises liées aux jeux de hasard, à l’alcool et à l’armement. Attention, ces principes moraux ne veulent pas dire qu’il s’agit d’investissements à caractère religieux.
CONCRETEMENT, QUELS SONT LES OBJECTIFS DE LA MISSION DE DECEMBRE ?
Nous allons faire passer le message auprès des organismes de régulation de la finance islamique que Bruxelles est, comme centre politique de l’Europe, la ville idéale pour approcher les institutions européennes. Ces organismes pourront faire du lobbying auprès d’elles dans le but de pouvoir influencer la législation financière. Ce point est notre priorité.
QUELS SONT LES PAYS CIBLES ?
Lors de cette mission, on va prospecter en Arabie saoudite, au Bahrein et à Dubai. On va rencontrer, notamment, la Banque islamique de développement. Cette mission est réalisée par des membres de mon cabinet et l’agence régionale à l’exportation, Brussels Invest&Export. On veut convaincre les opérateurs financiers de ces pays que Bruxelles est “the place to be” et établir une relation de confiance. Au 1er semestre 2013, nous espérons signer un accord de principe avec ces pays sur le sujet. Pour mettre toutes les chances de notre côté, on a mobilisé les ambassades, un consultant spécialiste du droit et de la finance islamique, les attachés économiques représentants la Région dans ces pays, etc.
ET ENSUITE ?
Dans un deuxième temps, il s’agit d’attirer des banques islamiques à Bruxelles pour qu’elles y développent leurs activités commerciales. Mais, avant toute chose, il faudra modifier la législation. C’est donc un objectif à plus long terme. Dernier axe : les quartiers en développement. Je veux attirer les fonds d’investissement des pays du Golfe sur des projets d’entreprises bruxelloises.
ADAPTER LA LEGISLATION POUR ACCUEILLIR DES BANQUES ISLAMIQUES ? POURQUOI ?
La finance islamique est basée sur deux grands principes : l’interdiction du prêt avec intérêts et la responsabilité sociale dans les investissements. Les banques islamiques sont quasiment absentes à Bruxelles actuellement. Les faire venir demande plus de temps car il y a un obstacle législatif qui existe par rapport au prêt sans intérêts et aux constructions financières liées à cette interdiction.
PAR EXEMPLE ?
Au lieu du prêt hypothécaire classique à rembourser avec les intérêts, dans la finance islamique, c’est la banque qui achète la maison pour le compte de l’acheteur réel et qui la lui reloue alors pendant un certain nombre d’années avec des “frais de gestion” qui remplacent les intérêts. A la fin, le bien devient la possession officielle de la personne. Il y a donc deux opérations immobilières en une et cela coince au niveau légal.
MAIS, SI LES CAPITAUX DU MONDE MUSULMAN SONT SI IMPORTANTS, N’Y A-T-IL PAS URGENCE A ADAPTER LES REGLES BELGES ?
En France et au Royaume-Uni, des adaptations légales ont eu lieu. Mais, pour l’instant, en Belgique, on est nulle part… Les quatre partis francophones étaient tombés d’accord en 2009 pour lancer un groupe de travail pour une révision de la législation financière. Mais, à ma connaissance, ça n’a pas mené à grand-chose.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FINANCES HALAL
C'est assez inattendu mais mérite en effet d'être sérieusement mis à l'étude.
Tous les aspects de la question devraient être mis en lumière aussi bien économiques que juridiques, politiques et socio culturels tels que le renforcement de la communautarisation, le financement renforcé des mosquées et celui d'un réseau d'enseignement libre musulman qui, selon nous, serait de nature à encourager toujours plus les velléités identitaires.
MG


Il faut sauver le soldat Erasmus


Paru dans L'Express
Parmi les innombrables sujets en suspens en Europe, il en est un, dont on ne parle pas assez et qui est pourtant déterminant pour l’avenir : le programme Erasmus, qui permet à des étudiants d’aller étudier six mois dans un autre pays de l’Union. Ce programme (dont la survie même est aujourd’hui menacée) est pourtant un très grand succès : depuis sa création en 1987, près de 3 millions d’étudiants de 33 pays (ceux de l’Union, les pays candidats, et ceux de l’AELE) l’ont utilisé. Il garantit la validité dans le cursus des études faites à l’étranger et le maintien des droits sociaux acquis dans le pays d’origine. Les échanges durent en moyenne 6 mois pour les études et 4 mois pour les stages. L’Espagne est la première destination comme le premier pays d’origine des échanges, comme le montre si bien le cinéma avec « L’Auberge Espagnole » de Cédric Klapisch.
Erasmus concerne maintenant aussi les enseignants et s’intègre dans un programme d’échange à tous niveaux : Comenius pour les écoles, Erasmus pour les études supérieures, Leonardo da Vinci pour l’enseignement et la formation professionnelle, Grundtvig pour l’éducation des adultes.
Pour l’année scolaire 2012-2013, 270 000 étudiants doivent en bénéficier, grâce à un budget annuel de 450 millions d’euros. En France, l’Etat y a consacré 52M€ en 2012 et 31 000 étudiants français suivent ce programme. Même si la bourse moyenne est faible (200 € pour les études et 358 € pour les stages) le nombre d’étudiants, en particulier non-boursiers, progresse rapidement.
Ce programme est essentiel pour l’avenir. Il assure l’équivalence des diplômes, l’émulation des universités, la mobilité et l’intégration culturelle européenne au meilleur niveau, celui de la jeunesse.
Il est aujourd’hui menacé : Il manque 90 millions pour boucler le budget 2012, en remboursement des prépaiements effectués par les États. Et si ce déficit n’est pas comblé, 15% des étudiants pourraient perdre leurs bourses, et des échanges seraient annulés à partir de la rentrée 2103.
Ne pas trouver les ressources nécessaires pour en assurer la pérennité et le développement serait une folie, à un moment où il faudrait au contraire l’étendre aux étudiants en alternance, qui ont plus de difficulté que les autres à financer par eux-mêmes un séjour à l’étranger.
Ce risque sur Erasmus s’inscrit dans un débat plus large sur le budget de l’Union. Pour 2013, la Commission a proposé un budget de 138 milliards d’euros, en hausse de 9 milliards (+6,8%) par rapport à 2012. Mais de nombreux pays, dont la France l’Allemagne, le Royaume Uni, la Suède, les Pays-Bas, refusent toute augmentation ; certains veulent même réduire la hausse du budget à l’inflation, ou même le voir décroitre. Et, à l’intérieur de cette enveloppe, chacun a sa priorité : l’agriculture pour la France ; l’aménagement du territoire pour l’Europe du Sud et de l’Est. Personne ne fait de la recherche, et encore moins des étudiants, les programmes prioritaires. Aussi, dans l’état actuel des discussions, Erasmus pourrait purement et simplement disparaitre du budget 2013.
Tout cela sera à l’ordre du jour du sommet extraordinaire de l’Union Européenne du 22 et 23 novembre. Il faudra veiller à ce qu’une fois de plus on n’y sacrifie pas l’avenir.
j@attali.com

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MESSIEURS LES ANGLAIS RETIREZ VOUS LES PREMIERS
Le programme Erasmus est au coeur même de la dynamique européenne: il concerne par priorité la formation du citoyen européen de demain.
Il faut, en effet, à tout prix le sauver.
Sans moyens pour stimuler ce genre de projets, l'Europe se tire dans le pied. On adore Guy Verhofstadt, Européen de coeur et d'action, lorsqu'il se fâche tout rouge contre le représentant le plus hostile à l'Europe de la perfide Albion, porte-avion des intérêts yankee.
Mais qu'attendent-ils donc pour mettre à exécution leur menace de quitter l'Europe une fois pour toute? Give them their money back and kick them out.
Les Anglais sont un peu peuple exquis et irrésistible mais ils ont un immense défaut: ces insulaires sont allergiques à l'idée européenne.
MG

VERHOFSTADT A FARAGE : "LE PLUS GRAND GASPILLAGE DE L'UE, C'EST VOTRE SALAIRE"
Belga
L'échange musclé est intervenu au terme d'une discussion entre ceux qui souhaitent doter l'Union d'un budget ambitieux et une minorité qui est opposée aux "gaspillages".
Le chef du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, a lancé mercredi une attaque virulente contre l'eurosceptique Nigel Farage, à la fin d'un débat houleux au Parlement européen sur le cadre budgétaire 2014-2020 de l'UE.
"Le plus grand gaspillage, c'est le salaire qu'on vous paie", a-t-il lâché, accusant le trublion de "tromper" ses électeurs. L'échange musclé est intervenu au terme d'une discussion qui a mis aux prises les nombreux députés souhaitant doter l'Union d'un budget ambitieux avec une minorité, notamment dans les rangs britanniques, opposée aux "gaspillages". Parmi ces dernier, le plus virulent fut, comme à son habitude, Nigel Farage, le charismatique leader de parti UKIP prônant une sortie du Royaume-Uni de l'UE.
C'en fut trop pour Guy Verhofstadt, le plus ardent fédéraliste de l'assemblée. "Le plus grand gaspillage, c'est le salaire qu'on vous paie", a-t-il explosé, en accusant M. Farage de ne jamais assister aux réunion des commissions parlementaires.
"Le scandale, M. Farage, c'est le revenu que vous touchez à la commission pêche alors que vous n'y êtes jamais. (...) Vous trompez votre propres citoyens. (...) Et j'espère qu'on diffusera ceci à la BBC pour une fois ou sur une télévision privée britannique", a-t-il ajouté.


mercredi 21 novembre 2012

Des islamistes repérés dans l'armée belge


Christophe Lamfalussy
La Libre

En février 2010, la police a contrôlé une femme en niqab qui partait pour le Maroc. il s'avéra qu'elle était sous-lieutenant dans l'armée belge.
L’armée belge a mis sous surveillance une dizaine de soldats pour leurs convictions salafistes et pour s’assurer de leur loyauté au pays, a appris de bonne source "La Libre Belgique". La surveillance est menée par le renseignement militaire, le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS), et la Sûreté de l’Etat.

Dans certains cas, les contrôles ont été efficaces, mais dans d’autres, les candidats pourtant bien connus dans les milieux islamistes ont échappé à la vigilance des recruteurs. L’armée redoute des infiltrations. Elle craint de former des islamistes qui ensuite partent faire le djihad aux quatre coins du monde. Au pire, ceux-ci pourraient se retourner contre des soldats belges dans des terrains comme l’Afghanistan.

Il voulait entrer dans la Marine

Le SGRS a ainsi stoppé la carrière militaire d’Abdel Rahman Ayachi, alors qu’il avait déjà fini son instruction militaire. C’est au moment où il a demandé une habilitation de sécurité, vers 2006, que le service s’est rendu compte qu’il était l’un des fils du cheikh Bassam, le fondateur du Centre islamique belge (CIB), déjà bien connu à l’époque, notamment pour avoir marié religieusement l’homme qui allait tuer en Afghanistan le commandant Massoud en septembre 2001.

Abdel Rahman voulait entrer dans la Marine et, à ce titre, avoir accès à une formation sur les radars, ce qui supposait une demande d’habilitation. Celle-ci lui a été refusée. Par la suite, en 2009, avec son ami Raphaël Gendron, le fils Bassam a été acquitté en appel comme webmaster du site Assabyle.com pour la prévention de négationnisme. Mais la justice belge l’a rattrapé le 25 juin dernier en le condamnant à huit ans de prison et à une amende de 5 000 euros, pour avoir envoyé, avec d’autres prévenus, une vingtaine de personnes faire le djihad en Irak et en Afghanistan. Abdel Rahman Ayachi a fui en Syrie juste avant son procès où il est devenu le webmaster d’un groupe de rebelles salafistes, les Faucons de Damas.

Parmi les personnes condamnées en juin figurait un autre prévenu bien connu de l’armée : Olivier Dassy. Ce jeune métis belge, né à Kinshasa, était dès le début des années 2000 l’un des piliers du CIB. Lui a réussi à passer les mailles du filet et à suivre une instruction de quinze mois chez les Chasseurs ardennais. "Le problème , explique une source, est qu’il n’y a pas de contrôle avant l’instruction. Pour entrer dans l’armée, il suffit d’un casier judiciaire vierge. Le candidat est interrogé par des responsables, mais pas plus." Ce n’est qu’au stade de l’habilitation que le contrôle est plus serré. Olivier Dassy a été condamné en juin à cinq ans de prison. Le groupe est tombé grâce à un policier qui a infiltré le CIB. L’homme portait un masque. Il s’était fait passer pour un soldat français qui, grièvement blessé au visage, avait dû quitter l’armée. Il avait filmé Dassy se lançant dans des prêches enflammés ("LLB" du 24/4/2012).

Sous le niqab, un sous-lieutenant

Parfois, les contrôles sont dûs au hasard ou au flair des policiers. "La Libre" a ainsi appris qu’en février 2010, la police fédérale a contrôlé à l’aéroport de Gosselies une femme portant le niqab qui s’apprêtait à embarquer vers Nador au Maroc. La police fédérale enquêtait sur les mariages blancs. La jeune Bruxelloise, 26 ans, convertie à l’islam, déclara qu’elle partait se marier avec un Marocain. Lorsqu’on lui demanda quelle profession elle exerçait, elle répondit qu’elle était sous-lieutenant dans l’armée belge.

La jeune femme a aujourd’hui le grade de lieutenant et est sous surveillance. Mais rien ne peut lui être reproché. Ses convictions font partie de sa liberté de pensée. Les enquêteurs se sont cependant souvenus de Muriel Degauque, cette jeune convertie belge qui avait été le 9 novembre 2005 la première femme d’origine européenne à avoir commis un attentat-suicide au nom de l’islamisme, à Bakouba en Irak.

Autre incident : le 31 mai dernier, parmi les neuf personnes interpellées à Molenbeek après des émeutes protestant contre le sort réservé à une jeune femme portant la niqab, figurait également un militaire. Il a été relâché.

D’autres screenings ont eu lieu, particulièrement parmi les convertis. Ils n’ont rien donné. "Nous les surveillons, le SGRS les surveille , explique un responsable de la Sûreté de l’Etat, mais sur quels critères pouvons-nous les mettre de côté ?"

mardi 20 novembre 2012

La franc-maçonnerie: Secrets, symboles et influence actuelle




La Libre
Entretien : Dorian de Meeûs

"L’idée qu’on formerait un lobby est fausse"
Comment la franc-maçonnerie a-t-elle évolué face aux catholiques ? Comment se positionne-t-elle face aux débats de société d’aujourd’hui? Quelle est son influence réelle sur la politique et la magistrature ? Qui sont ses membres ? Mystères et idées reçues sur ses rites et symboles… Jef Asselbergh, Grand Maître du Grand Orient de Belgique (GOB), est "l’Invité du samedi" de LaLibre.be
VOUS ETES LE PRESIDENT OU GRAND MAITRE, DIT AUSSI "SERENISSIME", DE L’OBEDIENCE DU GRAND ORIENT DE BELGIQUE. CECI DIT, VOUS N’ETES NI LE CHEF, NI LE PORTE-PAROLE DE CES MAÇONS ADOGMATIQUES BELGES...
Je suis le représentant du GOB, mais surtout le gestionnaire administratif au quotidien de cette fédération de loges. Il y a aussi le Grand Collège des vénérables maîtres, qui réunit les présidents des 111 loges adogmatiques. Celui-ci régit l’ordre du jour de l’Assemblée générale, l’organe suprême et législatif du GOB, qui compte quelques 10.000 membres sur les 20 à 25.000 francs-maçons de Belgique. (NDLR : chaque frère est libre des ses opinions politiques et religieuses. Si le GOB est adogmatique, dans d’autres obédiences ou pays (G-B), la croyance en un Dieu unique/Grand Architecte est la règle.)
LES LOGES SE REUNISSENT A QUELLE FREQUENCE ?
Une fois par semaine. D’autres, 2 fois par mois. Disons que tous les jours de semaine, des milliers de francs-maçons se réunissent dans leurs loges. C’est une activité très intense.
ET COUTEUSE ?
La cotisation annuelle varie entre 150 et 250 euros par an. Elle permet de financer les locaux, temples, le chauffage, les réunions hebdomadaires, le fonctionnement de l’Obédience,…
VOS LOGES (ASBL) RECRUTENT-ELLES INTENSIVEMENT ?
Non, on privilégie la qualité du travail à la quantité des membres. On ne fait pas de prosélytisme, mais du recrutement tout de même. Certains candidats frappent eux-mêmes à notre porte. La procédure de sélection est importante. La loge qui reçoit un candidat fait un premier examen et test de fiabilité. Ensuite, tout franc-maçon belge aura connaissance de cette candidature et pourra – si nécessaire – partager une information à son sujet. Exemple, un Anversois qui viendrait se présenter à Bruxelles car il a des choses à se reprocher… cela ne passerait pas. Ce serait trop simple ! On communique les noms entre loges et en discutons ensuite oralement au sein de celles-ci.
SI J’ETAIS MAÇON, VOUS LE SAURIEZ, CONTRAIREMENT A MON ENTOURAGE DIRECT. POURQUOI UN TEL SECRET AUTOUR DE L’IDENTITE DES MEMBRES ?
Il y a 2 raisons à cette discrétion. Tout d’abord, vu que c’est un laboratoire de pensée, l’interdiction de rapporter ce qui se dit en loge permet cette liberté d’échange et d’expression. Un politicien ne parlerait pas s’il craignait qu’un journaliste de la même loge reprenne ses propos. Ensuite, nous traînons derrière nous un passé marqué par les persécutions nazies. D’autres croient encore aujourd’hui en un soi-disant complot judéo-maçonnique.
LE SECRET SUSCITE LE FANTASME DU GROS COMPLOT OU DE LA RECHERCHE DU GRAAL. LES ROMANS SURFENT SUR CES THESES.
On a découvert très récemment que la première chose que les nazis aient faite en occupant les villes occidentales, c’était de mettre la main sur nos archives. Tenez-vous bien, ils croyaient que dans le Savoir maçonnique figurait le secret du Graal et de l’alchimie. Celui qui pouvait mettre la main dessus deviendrait le Maître du Monde. Ils étaient fort déçus, car il n’y a rien de tout cela. On y trouve juste qu’à telle date, un Frère a planché sur tel sujet dans sa loge, etc. (rires)
CA VOUS AMUSE QUELQUE PART…
Non, cela aurait pu nous amuser, si cela n’avait pas coûté des vies.
QUEL EST L’INTERET POUR UN HOMME D’ETRE FRANC-MAÇON ?
Celui de participer et s’enrichir à travers un échange d’idées. Il peut poser des questions et surtout écouter les autres et se remettre en question. Chacun fait ce qu’il veut de ce qu’il aura entendu. En clair, « corrigez-vous vous-même et la société sera meilleure ! ». Il s’engage ainsi dans des valeurs humanistes et universalistes.
EN FRANCE, ON DIT QU’AUCUNE DECISION POLITIQUE IMPORTANTE NE PEUT ETRE PRISE SANS ‘LA BENEDICTION DES FRANCS-MAÇONS’…
C’est excessif ! J’imagine mal que quelqu’un comme Sarkozy ait régulièrement contacté les obédiences pour savoir ce qu’il devait ou pas faire. Il faut toujours voir et comprendre les loges à partir de la société dans laquelle elle vit. Mais surtout, la France n’est pas la Belgique ! Ca se ressent dans la franc-maçonnerie française qui, traditionnellement, prend régulièrement des positionnements politiques ou sociétaux. (NDLR : l’initiation présumée de Nicolas Sarkozy à la franc-maçonnerie n’a jamais été confirmée, mais des rumeurs circulent car il signait « avec 3 points » certains documents)

SELON CERTAINS, NOS LOIS SUR L’AVORTEMENT ET L’EUTHANASIE AVAIENT ETE DECIDEES « EN LOGE ».
Concrètement, je ne conteste pas qu’on ait eu de nombreuses discussions sur ces thématiques sociétales. C’est même normal, car c’est un fait de société. Puis, certains ont exporté ce sujet en dehors de la loge… mais à titre individuel uniquement! Donc, je conteste que ce débat ait été imposé aux politiques par les maçons. L’idée qu’on formerait un lobby commun est fausse. Je peux être ‘pour’ et mon voisin de loge ‘contre’. De plus, il n’y a pas de vote de résolution, ni recherche de consensus, ni prise de position,… Nous n’avons pas ce pouvoir ou cette intention.
EN TANT QUE PROFANES (NON-INITIES), ON PEUT S’ETONNER QUE DES HOMMES D’UN TEL NIVEAU SE REUNISSENT CHAQUE SEMAINE… SANS AVOIR LE MOINDRE OBJECTIF D’INFLUENCER QUELQUE CHOSE SUR LE PLAN POLITIQUE, JUDICIAIRE OU ECONOMIQUE.
C’est justement ça qui est compliqué à comprendre. Nous ne nous réunissons pas dans un objectif d’entente ou de consensus. On y trouve des opinions très différentes : socialistes, libérales,… Si vous rassemblez 10.000 personnes, vous avez un échantillon de la société belge, soit avec ses idées différentes et opposées. On ne sort pas du temple en disant « Ca, c’est notre position ! » Je dirais que les Cercles d’anciens étudiants ont encore plus d’influence que nous, car leurs membres sont homogènes.
LES FRANCS-MAÇONS NE SONT PAS SURREPRESENTES AU SEIN DES CONSEILS DES MINISTRES, DES PALAIS DE JUSTICE ET DES HOPITAUX ?
Non, ce sont les plus visibles. Vous ignorez une telle appartenance pour un professeur, un employé, un chauffeur de bus, un coiffeur,… Vous ne vous posez même pas la question. Ensuite, ils ne viennent pas en loge pour des préoccupations professionnelles, mais pour développer le fait qu’ils sont humains.
VOTRE ‘BIBLE’, SI JE PEUX ME PERMETTRE L’EXPRESSION, CE SONT LES CONSTITUTIONS D’ANDERSON. OR, IL Y EST ECRIT « DANS DES CONDITIONS IDENTIQUES, DONNE LA PREFERENCE A UN FRERE PAUVRE… AVANT TOUTE AUTRE PERSONNE DANS LE BESOIN. »
Cette règle est dépassée !
CELA TEND A CONFIRMER QUE LES MAÇONS S’ENTRAIDENT… ET QU’IL FAUT EN ETRE POUR REUSSIR PARMI EUX.
Je ne peux pas dire qu’il n’y a pas de favoritisme, car je ne peux pas parler pour les autres Frères. Celui qui ferait ça se trompe et le regrettera vite. Faut remettre cette phrase dans son contexte historique, car il y est aussi dit qu’on doit protéger et aider un Frère qui serait impliqué dans un complot contre le gouvernement. A l’époque, il y avait des complots. Ce problème est résolu depuis la mi-18ème siècle. Cela n’a rien à voir avec les francs-maçons actuels.
DEPUIS PLUSIEURS ANNEES, LA FRANC-MAÇONNERIE SE DEVOILE DAVANTAGE. EST-CE UN PROCESSUS DIFFICILE POUR LES FRERES ?
Oui, c’est une démarche encore assez difficile, car il n’est pas évident pour encore beaucoup de croyants d’accepter le fait maçonnique… même si depuis plus d’un siècle, la franc-maçonnerie belge ne joue plus aucun rôle politique. Ici, on peut avoir une croyance, mais on la laisse au vestiaire.
LE VATICAN INTERDIT AUX CATHOLIQUES DE S’INSCRIRE DANS UNE LOGE MAÇONNIQUE. C’EST MEME CONSIDERE COMME UN ‘PECHE GRAVE’ (CONGR. DE LA DOCTRINE DE LA FOI, CARDINAL RATZINGER, ROME LE 26 NOVEMBRE 1983).
Je pense qu’il y a relativement peu de croyants au GOB. Il y a des juifs, des musulmans, des protestants,… et cela ne m’étonnerait pas qu’il y ait quelque part l’un ou l’autre catholique. L’essentiel, c’est d’être adogmatique et d’accepter une opinion opposée à la sienne.
SELON VOUS, POURQUOI LES RELATIONS AVEC L’EGLISE CATHOLIQUE SONT-ELLES SI COMPLIQUEES ?
Il ne faut pas oublier qu’au 18ème siècle la franc-maçonnerie est la première association de la société civile à avoir vu le jour en dehors des structures ecclésiastiques et sociales (Gildes,…). Cette libre association, qui s’intéresse à la philosophie et aux sujets de société, ne réjouit pas l’Eglise qui avait à ce moment-là le monopole de ces débats. Tout commence là. Nous n’avons jamais exclu la religion… c’est elle qui s’est opposée à la franc-maçonnerie. En Belgique, l’Eglise catholique a dit en 1839 que ses fidèles ne pouvaient pas être franc-maçon. Ce n’est pas nous qui avons dit cela… Il s’est fait que des curés et des évêques nous ont quittés. Aujourd’hui, on se parle, mais on ne s’entendra pas forcément et ne sera pas d’accord.
LES FRANCS-MAÇONS ONT-ILS EVOLUE AVEC LEUR TEMPS ?
L’obédience et ses membres évoluent avec la société : aristocratique au 18ème, bourgeoise au 19ème et davantage démocratique au 20ème siècle. Nous avons maintenant aussi quelques immigrés dans nos loges. (NDLR : Parmi les Frères, on citera Léopold Ier, Mozart, G. Washington, Voltaire, Pinochet, J. Edgar Hoover (FBI) ou encore Victor Horta)
J’AIMERAIS CONNAITRE L’OPINION DES FRANCS-MAÇONS SUR LA LAÏCITE FACE A L’ISLAMISATION, LES NEGOCIATIONS BUDGETAIRES ET L’AVENIR DE LA BELGIQUE, MAIS VOUS N’AVEZ PAS DE MANDAT POUR ETRE CE PORTE-PAROLE. CELA DIT, VOUS EVOQUEZ BEAUCOUP CES SUJETS EN LOGE?
Oui, l’Islam comme phénomène sociétal fait régulièrement l’objet de réunions. Le contraire serait honteux. Après, quelle position adopter ? La plus simple ou simpliste est de dire qu’on ne va quand même pas accorder à cette religion des droits qu’on a réduits aux catholiques. Mais, comme la société, on doit apprendre à comprendre l’Islam et son rôle dans la société, qui n’est pas comparable à celle de l’Eglise.
LES FRANCS-MAÇONS ONT-ILS DES ŒUVRES CARITATIVES POUR AIDER LES VICTIMES DE LA CRISE, COMME L’EGLISE CATHOLIQUE ?
Oui, la solidarité et la charité sont des clés de voûte de notre fonctionnement. Bien sûr, avec 25.000 membres, les ressources ne sont pas énormes. On soutient des projets pour sans-abri, handicapés,… mais il est essentiel pour nous que cette charité se fasse de manière discrète. Pour nous protéger, mais aussi protéger celui qui reçoit les dons, car il n’en est pas forcément fier.
LES SYMBOLES UTILISES PAR LA FRANC-MAÇONNERIE PARTICIPENT PLEINEMENT A ALIMENTER LE MYSTERE ET LES FANTASMES. L’EXPRESSION « PLANCHER SUR UN SUJET » EN VIENT.
En fait, le jargon maçonnique est essentiellement emprunté à la construction, comme celui de « tailler sa pierre », de « grand architecte »,… Ici, on mettait sur une « planche » le sujet à l’ordre du jour de la loge. Si vous lisez le traité d’architecture du Romain Vitruve (1 siècle av J.C.), vous reconnaîtrez de nombreux termes maçonniques, car ce livre a inspiré les fondateurs! C’est par exemple Vitruve qui indique que l’autel se situe à l’Est, soit à l’Orient. C’est lui aussi qui explique que l’architecte est là pour mettre de l’ordre dans le monde matériel. Il explique que l’architecte doit avoir les qualités de force, de sagesse et de beauté s’il veut accomplir du beau travail.
 Crédit photo: http://www.gob.be/
ON RETROUVE LE SYMBOLE DES 2 COLONNES DANS LES LOGES.
Dans la Bible, à propos de la construction du Temple de Salomon, il est question de 2 colonnes sur le parvis, décorées de grenades. On retrouve ici l’origine chrétienne des fondateurs. Le sol en damier noir et blanc fait référence aux oppositions qui existent en tout: bien-mal, lumière-obscurité,... A chaque opinion ou thèse, il est donc possible d'opposer son contraire.
PUIS LES INCONTOURNABLES EQUERRES, COMPAS, « G »… ET TRIANGLES, QU’ON RETROUVE AUSSI DANS LA STRUCTURE DU PARC ROYAL OU A L’ULB (LOGO ET CERTAINS BATIMENTS)
L’interprétation la plus courante est la Géométrie. Ces symboles classiques sont des outils dans notre réflexion et rituel. Il ne faudrait pas non plus croire qu’un maçon se cache dans le coin de chaque triangle. Pour le Parc royal, je crois que c’est une légende. L’Esprit saint est aussi représenté par un triangle chez les Chrétiens. Pareil pour l’œil dans le triangle, il était présent en Egypte et dans le symbolisme chrétien. Ces symboles sont des outils, pas un but.
PAS UN BUT ? POURTANT, LE FRANC-MAÇON SIGNE AVEC « 3 POINTS » POUR ETRE IDENTIFIE. VOUS LE FAITES ?
Bien sûr que non. Les 3 points, c’était pour se faire connaître, mais cela ne se fait presque plus à cause des ordinateurs… ou alors dans notre communication interne.
Le cas échéant, cela pourrait être un moyen de pression sur le destinataire du courrier.
Faudrait demander à ceux qui le font… mais personnellement, je ne comprends pas cet argument. Si je reçois une telle lettre ‘en tant que catholique’, cela aura plutôt tendance à desservir celui qui l’envoie. Il croit pouvoir m’impressionner avec ces 3 points ? J’aurais plutôt une attitude de rejet.
Entretien : Dorian de Meeûs

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MACONNERIE, COSMOPOLITISME ET DEFENSE DE L'ENSEIGNEMENT?
Ouimainon, le célèbre bouffeur de maçons de la Libre n'en revient pas:
"Bravo à LLB (et bravo à ce Grand Maître) d'avoir osé lever un coin du voile sur cette franc maçonnerie, qui nous fabrique toutes nos lois en Belgique. Voilà au moins une démarche qui va dans le sens d'un retour possible à la démocratie dans ce pays, à la souveraineté du peuple."
 « C'est valable pour tous ...surtout en ces temps....et je n'appartiens ni à la loge ni à aucune religion ...d'ailleurs, il y a des gens valables dans tous les secteurs, domaines religions, partis...mais aussi le contraire.... »

"Pourquoi alors est-il interdit à la grande masse du peuple de bénéficier de cette merveilleuse initiation maçonnique ? Puisque ce message ne s'adresse qu'à une élite strictement sélectionnée, comment peut-on espérer que la société en devienne meilleure ? C'est incohérent. Ou bien les maçons croient en leurs idées, et ils essaient alors d'en faire bénéficier tout le monde. Mais s'ils restent dans leur tour d'ivoire cadenassée, cela ne ressemble à rien. Sauf à vouloir imposer au peuple ses idées, par des lois et décrets, sans qu'il puisse décider lui-même si ces idées sont valables et lui conviennent."

"Comme les chrysanthèmes à la Toussaint et les oeufs à Pâques, le sujet "Franc-maçonnerie" réapparaît épisodiquement, il doit faire vendre. Pourtant après le centième ouvrage ou interview on n'en sait pas plus car on ressort toujours les mêmes réponses aux mêmes questions."

Reste deux questions essentielles qu'on aurait souhaité entendre poser :
Comment se fait il que cette société humaine, si élitaire dans son recrutement et si cosmopolite par ses idéaux, semble s'investir si peu apparemment dans le combat pour l'interculturel et la promotion du cosmopolitisme ici à Bruxelles, en Belgique et en Europe?
Deuxième question plus difficile encore: pourquoi la "puissante" FM, qui autrefois fonda l'université de Bruxelles ainsi que l'enseignement officiel, est elle si frileuse aujourd'hui à défendre cet enseignement, comme si elle se résignait à ce que l'enseignement libre, de confession catholique, de plus en plus forme nos élites?
MG