jeudi 22 novembre 2012

Il faut sauver le soldat Erasmus


Paru dans L'Express
Parmi les innombrables sujets en suspens en Europe, il en est un, dont on ne parle pas assez et qui est pourtant déterminant pour l’avenir : le programme Erasmus, qui permet à des étudiants d’aller étudier six mois dans un autre pays de l’Union. Ce programme (dont la survie même est aujourd’hui menacée) est pourtant un très grand succès : depuis sa création en 1987, près de 3 millions d’étudiants de 33 pays (ceux de l’Union, les pays candidats, et ceux de l’AELE) l’ont utilisé. Il garantit la validité dans le cursus des études faites à l’étranger et le maintien des droits sociaux acquis dans le pays d’origine. Les échanges durent en moyenne 6 mois pour les études et 4 mois pour les stages. L’Espagne est la première destination comme le premier pays d’origine des échanges, comme le montre si bien le cinéma avec « L’Auberge Espagnole » de Cédric Klapisch.
Erasmus concerne maintenant aussi les enseignants et s’intègre dans un programme d’échange à tous niveaux : Comenius pour les écoles, Erasmus pour les études supérieures, Leonardo da Vinci pour l’enseignement et la formation professionnelle, Grundtvig pour l’éducation des adultes.
Pour l’année scolaire 2012-2013, 270 000 étudiants doivent en bénéficier, grâce à un budget annuel de 450 millions d’euros. En France, l’Etat y a consacré 52M€ en 2012 et 31 000 étudiants français suivent ce programme. Même si la bourse moyenne est faible (200 € pour les études et 358 € pour les stages) le nombre d’étudiants, en particulier non-boursiers, progresse rapidement.
Ce programme est essentiel pour l’avenir. Il assure l’équivalence des diplômes, l’émulation des universités, la mobilité et l’intégration culturelle européenne au meilleur niveau, celui de la jeunesse.
Il est aujourd’hui menacé : Il manque 90 millions pour boucler le budget 2012, en remboursement des prépaiements effectués par les États. Et si ce déficit n’est pas comblé, 15% des étudiants pourraient perdre leurs bourses, et des échanges seraient annulés à partir de la rentrée 2103.
Ne pas trouver les ressources nécessaires pour en assurer la pérennité et le développement serait une folie, à un moment où il faudrait au contraire l’étendre aux étudiants en alternance, qui ont plus de difficulté que les autres à financer par eux-mêmes un séjour à l’étranger.
Ce risque sur Erasmus s’inscrit dans un débat plus large sur le budget de l’Union. Pour 2013, la Commission a proposé un budget de 138 milliards d’euros, en hausse de 9 milliards (+6,8%) par rapport à 2012. Mais de nombreux pays, dont la France l’Allemagne, le Royaume Uni, la Suède, les Pays-Bas, refusent toute augmentation ; certains veulent même réduire la hausse du budget à l’inflation, ou même le voir décroitre. Et, à l’intérieur de cette enveloppe, chacun a sa priorité : l’agriculture pour la France ; l’aménagement du territoire pour l’Europe du Sud et de l’Est. Personne ne fait de la recherche, et encore moins des étudiants, les programmes prioritaires. Aussi, dans l’état actuel des discussions, Erasmus pourrait purement et simplement disparaitre du budget 2013.
Tout cela sera à l’ordre du jour du sommet extraordinaire de l’Union Européenne du 22 et 23 novembre. Il faudra veiller à ce qu’une fois de plus on n’y sacrifie pas l’avenir.
j@attali.com

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MESSIEURS LES ANGLAIS RETIREZ VOUS LES PREMIERS
Le programme Erasmus est au coeur même de la dynamique européenne: il concerne par priorité la formation du citoyen européen de demain.
Il faut, en effet, à tout prix le sauver.
Sans moyens pour stimuler ce genre de projets, l'Europe se tire dans le pied. On adore Guy Verhofstadt, Européen de coeur et d'action, lorsqu'il se fâche tout rouge contre le représentant le plus hostile à l'Europe de la perfide Albion, porte-avion des intérêts yankee.
Mais qu'attendent-ils donc pour mettre à exécution leur menace de quitter l'Europe une fois pour toute? Give them their money back and kick them out.
Les Anglais sont un peu peuple exquis et irrésistible mais ils ont un immense défaut: ces insulaires sont allergiques à l'idée européenne.
MG

VERHOFSTADT A FARAGE : "LE PLUS GRAND GASPILLAGE DE L'UE, C'EST VOTRE SALAIRE"
Belga
L'échange musclé est intervenu au terme d'une discussion entre ceux qui souhaitent doter l'Union d'un budget ambitieux et une minorité qui est opposée aux "gaspillages".
Le chef du groupe libéral au Parlement européen, Guy Verhofstadt, a lancé mercredi une attaque virulente contre l'eurosceptique Nigel Farage, à la fin d'un débat houleux au Parlement européen sur le cadre budgétaire 2014-2020 de l'UE.
"Le plus grand gaspillage, c'est le salaire qu'on vous paie", a-t-il lâché, accusant le trublion de "tromper" ses électeurs. L'échange musclé est intervenu au terme d'une discussion qui a mis aux prises les nombreux députés souhaitant doter l'Union d'un budget ambitieux avec une minorité, notamment dans les rangs britanniques, opposée aux "gaspillages". Parmi ces dernier, le plus virulent fut, comme à son habitude, Nigel Farage, le charismatique leader de parti UKIP prônant une sortie du Royaume-Uni de l'UE.
C'en fut trop pour Guy Verhofstadt, le plus ardent fédéraliste de l'assemblée. "Le plus grand gaspillage, c'est le salaire qu'on vous paie", a-t-il explosé, en accusant M. Farage de ne jamais assister aux réunion des commissions parlementaires.
"Le scandale, M. Farage, c'est le revenu que vous touchez à la commission pêche alors que vous n'y êtes jamais. (...) Vous trompez votre propres citoyens. (...) Et j'espère qu'on diffusera ceci à la BBC pour une fois ou sur une télévision privée britannique", a-t-il ajouté.


Aucun commentaire: