jeudi 22 novembre 2012

"Le salafisme reste la menace principale" pour l'Etat belge


La Belgique, « centre de rayonnement » des sectes apocalyptiques
Alain Lallemand

La Sûreté indique avoir atteint le « seuil critique » à partir duquel il lui deviendrait très difficile de continuer à remplir ses missions, lors de la présentation de son rapport annuel.

La Sûreté de l’Etat consacre cette année une large part de son rapport annuel aux activités des sectes. La Scientologie, bien entendu, dont les poursuites judiciaires semblent en permanence reportées, mais aussi – c’est nouveau – les sectes apocalyptiques, qu’elles soient ou non liées au calendrier maya annonçant la fin du monde pour 2012.
Selon la Sûreté, « un certain Patrick Geryl se prépare à plein-temps à l’apocalypse. A cet effet, il a fondé l’ASBL ’NEW GLOBAL TRUST’, désormais dissoute en raison de l’approche de la fin des temps. » Selon Patrick Geryl, il faudrait partir en Espagne, en Bulgarie ou en Afrique du Sud pour survivre.
La Sûreté épingle : « Louis De Cordier, dont la ’Mataha Foundation’ entretenait des liens étroits avec ’New Global Trust’ et s’efforce d’attirer à elle les ‘survivalistes’, défend aussi ces thèses. Patrick Geryl et Louis De Cordier ont fait de la Belgique un centre de rayonnement des croyances apocalyptiques. »
La Sûreté note aussi l’organisation ’Ramtha’s School of Enlightment’, qui joue elle aussi sur le registre de la peur et annonce la survenue d’éruptions volcaniques, de tremblements de terre, de raz-de-marée, d’épidémies virales…
Portes ouvertes à la Sûreté
Alors qu’il est généralement interdit d’entrer dans les locaux de la Sûreté de l’Etat avec un simple GSM, la Sûreté a pour la première fois tenu une conférence de presse dans ses locaux – avec présence de photographes ! – afin de présenter son quatrième rapport annuel. La conférence de presse se tenait sur invitation seulement, et se limitait exclusivement à la presse belge. Et pour cause : la profession de journaliste est l’une des couvertures les plus courantes pour les agents de renseignements étrangers…
Dans ce contexte très particulier, la Sûreté a souligné qu’elle avait désormais atteint le « seuil critique » à partir duquel il lui deviendrait très difficile de continuer à remplir ses missions, tant en terme de budget que de ressources techniques et ressources humaines. L’examen des volumes de recrutements et de départs montre que la Sûreté continue à perdre des agents. Une centaine d’employés manqueraient désormais pour remplir les effectifs du service de renseignement civil.

"Le salafisme reste la menace principale" pour l'Etat belge

La menace principale pour l'Etat belge et ses habitants émanait toujours, en 2011, du salafisme et du terrorisme islamiste, a indiqué mercredi Alain Winants, administrateur général de la Sûreté de l'Etat, à l'occasion de la présentation du rapport annuel 2011 des services secrets. Pour le patron de la Sûreté de l'Etat, les salafistes forment une petite minorité qui fait tout pour augmenter sa visibilité.

"Globalement, on compte quelques milliers d'adhérents au salafisme en Belgique", explique Alain Winants. "Quelques centaines forment un noyau dur et prennent part à des activités et quelques dizaines de personnes vont un pas plus loin et entreprennent par exemple un voyage à l'étranger pour suivre une formation religieuse, politique ou militaire."

Les zones où ces personnes partent se sont diversifiées ces dernières années, selon le patron de la Sûreté. "Avant, ils partaient principalement en Irak, au Pakistan ou en Afghanistan. Aujourd'hui, ils vont aussi en Syrie, au Yémen, en Somalie ou au Mali."
"La menace que fait planer le salafisme est double", poursuit Alain Winants. "Il y a d'une part le danger de violence, mais aussi le fait que le salafisme politique mène à l'isolement de certains groupes, qui se replient sur eux et créent une sorte de société parallèle. Ces comportements peuvent amener des réactions de l'extrême droite, qui elles-mêmes entraîneront une réaction de l'extrême gauche."
Le succès du salafisme et la radicalisation s'expliquent notamment par la difficulté d'accès à l'enseignement et au monde du travail pour certains jeunes.

Levif.be avec Belga

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