lundi 31 décembre 2012

Discours royal : Albert II avait été mis en garde, pourtant

Le Vif
Dans Le Vif/L’Express du 14 décembre dernier, vingt personnalités belges écrivaient au roi, à notre demande et à l’occasion du centenaire de la lettre de Jules Destrée (« Sire, il n’y a pas de Belges… »). Parmi les vingt personnalités ayant pris la plume, Siegfried Bracke, député fédéral N-VA, et Bert Maddens, politologue et prônant le confédéralisme.

Bracke rappelait que le fossé entre Wallonie et Flandre (il n’est jamais question de Bruxelles, évidemment) « n’a jamais été aussi grand
Maddens, lui, plus clairement encore, assène : « Depuis 2007, vous vous êtes employés à mettre hors-jeu les nationalistes flamands qui forment aujourd’hui le courant politique le plus important de votre royaume. Vos mises en garde contre le séparatisme feutré et vos louanges éculées sur les mérites du modèle belge n’émeuvent plus du tout la Flandre. De plus en plus nombreux sont les Flamands convaincus que la Belgique est mûre pour subir une transformation radicale en une confédération de deux Etats souverains. Vous avez le choix d’accompagner cette évolution inévitable ou de continuer à la contrarier. Dans ce dernier cas, la sécurité d’emploi de vos descendants pourrait bientôt appartenir au passé. »
Vu les réactions de la presse flamande et de la N-VA à ce discours de Noël, les prises de position « partisanes » d’Albert II émeuvent encore la Flandre, n’en déplaise à Bart Maddens. Au point d’accélérer sa désaffection pour et la Belgique et la monarchie ?
Dans tous les cas, voici les deux lettres.
SIEGFRIED BRACKE « FRAPPEZ, MAIS ECOUTEZ »

Sire,
Ma vérité – gênante – est suffisamment connue : il n’y a pas de Belges. Il y a un Etat, mais la nation fait défaut. Les Flamands, les Wallons, les Bruxellois vous connaissent comme leur roi, mais ne partagent pas un même espace public démocratique. Ils ont des partis politiques différents, des médias différents, des débats différents, des cultures différentes et, donc, des sensibilités différentes. Ce qui enthousiasme les uns laisse les autres de marbre. Et il y a les deux langues, encore que cela soit le moindre problème. Peu de Flamands se soucient de la qualité du néerlandais du Premier ministre, et encore moins de leur propre connaissance du français. Cette dernière réalité, je la regrette.
Sire, il n’y a donc pas de sensibilité belge, ce qui rend le fonctionnement de votre Etat de plus en plus difficile. Car, et c’est là une règle générale, si un Etat doit assurer la prospérité commune à deux peuples, aucun des deux ne peut se sentir lésé par l’autre partie.
Hélas ! Comme jadis les peuples vaincus payaient tribut aux vainqueurs, nous sommes soumis aujourd’hui à l’impôt de l’Etat. Or personne ne conteste plus que la Flandre offre davantage à l’Etat qu’elle n’en reçoit en retour. Voilà le problème fondamental de la pression fiscale. Pis, à Bruxelles et en Wallonie, l’argent flamand ne profite pas à une meilleure instruction publique, à de meilleurs équipements sociaux ou à une gouvernance plus efficace. Autrement dit : être solidaire ? D’accord ! Mais avec quoi ? Pour quoi ?
Reste la pire des choses. L’Etat nous prive de notre liberté. Si le Nord de votre Etat choisit blanc, et que le Sud opte pour le noir, c’est le noir qui gagne. Concrètement, si les syndicats wallons bloquent les chemins de fer, les trains ne roulent pas non plus en Flandre. Et cela se passe ainsi dans presque tous les domaines : les uns paralysent les autres, nous sommes tous à l’arrêt.
Les élections révèlent que le fossé n’a jamais été aussi profond. La Wallonie est toute dévouée au gouvernement. A peine y a-t-il de l’opposition. En Flandre, Di Rupo Ier n’a pas la majorité. Il est vrai qu’il y a aussi des socialistes en Flandre, et des libéraux en Wallonie. Mais s’il y a des canards et même des poissons volants, la règle est tout de même que les poissons nagent et que les oiseaux volent.
Et si vous croyez que les problèmes évoqués ici sont imaginaires, ou ne découlent que d’interprétations malveillantes, permettez-moi de vous répondre calmement et de vous prier de retenir la leçon de Thémistocle : « Frappez, mais écoutez. » Sinon, la solution la plus radicale sera la seule possible. Et ce serait très dommage.
Siegfried Bracke est député fédéral N-VA.
BART MADDENS « TRANSFORMATION RADICALE »

Sire,
Il n’y a pas de démocratie belge. Seules existent une démocratie flamande et une autre, francophone. Aux yeux de certains, vous êtes le ciment qui tient ensemble ces deux démocraties. Permettez-moi d’en douter. Depuis 2007 déjà, vous vous êtes employé à mettre hors jeu les nationalistes flamands qui forment aujourd’hui le courant politique le plus important de votre royaume. Et cela vous a bien réussi. Certains vous considèrent comme le sauveur de la Belgique. Or n’est-ce pas plutôt l’effet inverse que vous suscitez ? L’exclusion des nationalistes flamands n’a fait qu’accélérer le déclin de votre régime. Car cet isolement a conduit à une dislocation vraisemblablement fatale du système politique belge. Votre gouvernement repose sur une majorité écrasante du côté francophone, mais n’a pas la majorité en Flandre. Depuis quelques années, il n’y a plus le moindre rapport entre l’issue du scrutin en Flandre et la formation du gouvernement fédéral. Il fut une époque où les Flamands se résignaient à tolérer pareilles situations pour avoir la paix. Faut-il que je vous rappelle la suite donnée au référendum de 1950 sur le retour de votre père ? Or ces temps sont révolus pour de bon. Vos mises en garde contre le séparatisme feutré et vos louanges éculées sur les mérites du modèle belge n’émeuvent plus du tout la Flandre. De plus en plus de Flamands voient la Belgique comme une construction poussive et impraticable, qui ne réussit pas à rendre la Flandre plus florissante. La seule efficacité où excelle la Belgique, c’est de verrouiller la majorité flamande. Croyez-moi, de plus en plus nombreux sont les Flamands que cet état de fait exaspère. Ils sont convaincus que la Belgique est mûre pour subir une transformation radicale en une confédération de deux Etats souverains. Vous avez le choix d’accompagner cette évolution inévitable ou de continuer à la contrarier. Dans ce dernier cas, la sécurité de l’emploi de vos descendants pourrait bientôt appartenir au passé.

Bart Maddens est politologue.
VERHOFSTADT DENONCE LES "VERITABLES INTENTIONS" DE DE WEVER
Belga (La libre)
Bart De Wever, le président de la N-VA, a reproché la semaine passée au Roi de ne plus être neutre. Guy Verhofstadt réfute cet argument.
"En attaquant ce qui constitue par excellence le lien qui réunit ce pays, Bart De Wever a démontré plus clairement que jamais ses véritables intentions. La seule chose qu'il souhaite, c'est la fin de la Belgique, la scission du pays et la création d'une Flandre indépendante", dénonce lundi dans une carte blanche au Soir l'ancien Premier ministre et actuel député européen Guy Verhofstadt, une semaine après le discours de Noël du Roi Albert II.
Bart De Wever, le président de la N-VA, a reproché la semaine passée au Roi de ne plus être neutre. Guy Verhofstadt réfute cet argument. "Le Roi n'a donné à aucun moment l'impression qu'il ne voulait pas placer Bart De Wever à la tête du gouvernement. (...) Il a essayé (...) de convaincre les autres partis qu'ils devaient lui donner la direction du pays. La vérité, c'est que Bart De Wever lui-même ne voulait pas endosser cette responsabilité."
Pour l'ancien Premier ministre, si le président de la N-VA veut supprimer la Belgique, il doit le dire et demander l'avis des électeurs. Or, il se garde de faire campagne sur l'indépendance de la Flandre. "On ne peut pas, en "stoemelings", priver les électeurs de leur pays, de leur démocratie, de leur Constitution et de leur chef d'Etat. Si c'est cela qu'on veut, il faut (...) avoir le courage de le dire. Il faut appeler les citoyens à rejeter la Belgique", estime le député européen.
Au lendemain du discours de Noël, Bart De Wever estimait qu'Albert II était devenu un roi de "division". Guy Verhofstadt juge, lui, que le nationaliste a fait de la division sa marque de fabrique, lui qui "veut se débarrasser de la Belgique" et "prévoit plus de prospérité et de bonheur quand on sera débarrassé de ces francophones."


Martens : "Di Rupo a sous-estimé la mauvaise foi de certains Flamands"


Dorian de Meeûs
Le Soir
"En tant que Premier ministre, j’aurais insisté pour ne pas garder la référence aux années '30 dans le discours."
Un passage du discours de Noël du Roi Albert II a soulevé une polémique en Flandre. Le Premier ministre est-il le seul à relire le discours du Souverain et à l’approuver ? Elio Di Rupo a-t-il sous-estimé l’importance de la référence aux années ’30 ? La N-VA profite-t-elle de la polémique pour discréditer la monarchie ? Wilfried Martens, Premier ministre de 1979 à 1992, est l’Invité du samedi de LaLibre.be
EN TANT QUE FLAMAND ET CD&V, ESTIMEZ-VOUS QUE LE PREMIER MINISTRE ELIO DI RUPO N’AURAIT PAS DU APPROUVER CE DISCOURS ?
D’abord, tous les discours du Roi doivent toujours être couverts par la responsabilité du gouvernement. C’est une tradition et habitude constitutionnelle très importante. Pour un discours de Noël ou de la Fête nationale, cette responsabilité revient au Premier ministre. Ensuite, j’ai lu et relu ce discours. En ce qui concerne la partie sur le populisme, il évoque notre pays mais aussi d’autres pays européens où – je crois – le populisme représente un risque pour nos démocraties parlementaires. C’est le cas en Grèce, en Italie et en France aussi. Sur le contenu, je suis tout à fait d’accord.
VOUS AURIEZ DONC ACCEPTE CE DISCOURS ?
Concernant la référence aux années ’30 et connaissant toutes les sensibilités qui existent en Flandre, si j’avais été Premier ministre et confronté à ce texte, j’aurais émis une observation. Clairement, j’aurais maintenu tout le discours mais j’aurais dit au Roi de ne pas faire référence aux années ’30 afin d’éviter qu’elle puisse être utilisée après coup pour alimenter une controverse… comme cela a été fait ! J’aurais insisté pour ne pas garder cette référence-là dans le discours... et évité ainsi son utilisation contre le Roi.
ELIO DI RUPO A MANQUE DE NUANCE DANS CETTE DECISION ?
Je peux comprendre Elio Di Rupo. Tout homme politique a sa vision propre. Je suis persuadé qu’il était tout à fait de bonne foi, mais il a sous-estimé la mauvaise foi qui existe quelque part en Flandre. La mauvaise foi de certains Flamands.
APRES LE DISCOURS, BART DE WEVER (N-VA) DISAIT NE PAS SE SENTIR VISE PAR LE DISCOURS DU ROI QUAND IL EVOQUE LE POPULISME ET LES ANNEES ’30. AVANT DE FINALEMENT SORTIR DU BOIS POUR DIRE QUE C’EST INACCEPTABLE… ON A L’IMPRESSION QU’IL PROFITE DE L’OCCASION POUR IMPOSER SON AGENDA ET SES THEMES, NON ?
C’est absolument certain ! Il aurait reçu des milliers de mails après avoir dit qu’il ne se sentait pas visé, donc il profite pleinement de cette occasion.
CRAIGNEZ-VOUS QU’EN VUE DES LEGISLATIVES DE 2014, ON VA VOIR CE GENRE DE POLEMIQUES S’ACCUMULER ?
Tout dépend de l’attitude des quatre partis traditionnels en Flandre. S’ils maintiennent leur loyauté vis-à-vis de notre pays, de nos institutions et du rôle du Roi… ils peuvent résister. Cela ne dépendra que d’eux.
VOUS PENSEZ QU’ILS EN ONT LA VOLONTE ET L’INTERET POLITIQUE ?
Je crois, oui. Là, on a vu quelques réactions à chaud sur l’actualité, mais cela se limite à une simple réaction embarrassée. Mais je pense qu’ils vont maintenir ce que j’appelle ‘une loyauté fondamentale’.
REVENONS AUX DISCOURS ROYAUX EN GENERAL. CONCRETEMENT, COMMENT LE ROI PRESENTE-T-IL SON PROJET DE DISCOURS DE NOËL OU DE FETE NATIONALE AU PREMIER MINISTRE ?
Pendant les 12 ans où j’étais le Premier ministre, le Roi Baudouin me montrait un texte à la fin de notre audience au Palais en me disant « Voilà mon projet de discours. Qu’en pensez-vous ? Avez-vous des observations ?». Je pouvais lire le texte à côté de lui pendant cette audience. Je devais donner ma réponse ‘sur les bancs’, donc sans recul et sans l’avis d’un collaborateur. Cela se fait immédiatement, il était impossible d’emporter le texte au Cabinet ou ailleurs. C’est clairement un exercice intense où le Premier ministre – et lui seul – porte la responsabilité! Personnellement, j’ai fait des observations une ou deux fois sur des questions mineures. Pendant 12 ans, avec le Roi Baudouin, la décision se prenait toujours au Palais entre nous à la fin de l’audience. Le cabinet n’était jamais mêlé au discours.
A CE MOMENT-LA, LE PREMIER MINISTRE A-T-IL UN VRAI POUVOIR D’INFLUENCE OU LE ROI TENTE D’IMPOSER ‘SON’ MESSAGE ?
Non, non, non,… le Roi acceptait immédiatement les modifications. Car ce discours, comme tout autre acte du Roi, est fait sous la responsabilité politique du gouvernement. Il n’y a pas d’exception aux discours annuels.
EN OBSERVANT LES DISCOURS ROYAUX DEPUIS DES DECENNIES, OBSERVEZ-VOUS UNE EVOLUTION EN TERME DE NEUTRALITE POLITIQUE ?
Non. Je crois qu’il y a une très forte continuité, même entre les discours du Roi Baudouin et du Roi Albert. Même l’année dernière en pleine crise, le Roi est revenu sur les grands enjeux du moment. On est dans une grande continuité.
ON SENT DEJA LE DEBAT SUR UNE MONARCHIE PUREMENT PROTOCOLAIRE REFAIRE SURFACE. VOUS Y ETES FAVORABLE ?
Non, pas du tout ! Vous savez, pendant la crise politique de l’année dernière, même Louis Tobback disait « Si on n’avait pas eu le Roi Albert, on n’aurait jamais pu résoudre la crise politique ! On aurait dû l’inventer ». J’ai gardé cette citation, car je l’avais déjà dite à de nombreuses reprises bien avant! On fait souvent référence à la monarchie des Pays-Bas, mais c’est extrêmement simpliste comme raisonnement. On a là un pays non seulement unilingue, mais aussi beaucoup moins complexe sur le plan institutionnel. La situation belge est tout à fait autre : deux opinions publiques différentes, des régions et communautés… On ne peut pas comparer les deux systèmes!
MAIS ETES-VOUS DES LORS FAVORABLE A CE QUE LE ROI PUISSE AVOIR UNE FORME DE LIBERTE D’EXPRESSION DANS SES GRANDS DISCOURS?
Non, cela doit toujours se faire sous la responsabilité du Premier ministre. Ce n’est pas possible autrement.
Entretien : Dorian de Meeûs

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE CD&V SERA-IL LE PREMIER A ROMPRE LA COALLITION ANTI DE WEVER?
Si Bart devient premier, tout changera très rapidement and not for the better. Verhofstadt a raison, il n'a qu'une idée en tête: détruire la Belgique et devenir le premier chef d'Etat d'une Flandre indépendante.
Reste à savoir s'il voudra être le prochain premier ministre fédéral ou régional pour parvenir à ses fins. Hypothèse beaucoup moins vraisemblable: il demeurerait bourgmestre d'Anvers.
Kris Peeters, cel ne fait pas le moindre doute, est prêt à se mettre à plat ventre pour demeurer Ministre président de Flandre.
Le cirque médiatique que Bart Premier vient d'organiser à l'occasion du discours royal et les très nombreux commentaires (notamment de Maddens et de Braeke) visant à mettre désormais le roi hors jeu dans le processus de formation gouvernementale semblent indiquer qu'il veut désormais le poste d'Elio.
Il est certain -et il le sait- que le Palais fera tout pour éviter ce cas de figure et le Ps également. Comme le dit Martens, tout dépendra de la réaction des trois partis traditionnels de Flandre lors du prochain scrutin fédéral en 2014.
L'interview tout en nuance de Martens est tout à fait intéressante à bien des égards ainsi que la réaction vive de Guy Verhofstadt.
Celui qu'on interroge aujourd'hui en sa qualité de sage notable n'était-il pas perçu autrefois par les francophones comme le De Wever de l'époque, le paragon du flamingantisme,l'organisateur du Walen buiten, le radical par excellence?
Et voici que cinq décennies plus tard, auréolé de respectabilité, il devient la référence et l'arbitre par excellence.
Le roi Bart pourrait changer de stratégie et viser une autre cible: tenter d'entraîner la défaite du parti d'Elio.
En attendant, on redoute, Philippe Moureaux a raison, une réédition du cartel CD&V-N-VA. il est clair que Kris Peeters, le Ministre président flamand se situe d'ores et déjà dans cette ligne.
Plus que jamais, Bart de Wever a le vent en poupe et on ne voit pas, à priori, ce qui pourrait faire tourner ce vent mauvais.
Le VLD est en pleine mutation, pour ne pas dire en déroute, le SPa est en mal de leader et le CD&V se prépare à s'unir, selon Moureaux à la N-VA.
Le prochain (et dernier?) gouvernement fédéral risque bien de voir le Ps dans l'opposition.
Reynders pourra alors reposer son éternelle question: "Que sommes nous encore prêts à faire ensemble." Reste à savoir quelle ligne adoptera le CDH post Milquet.
On l'aura compris De Wever et les siens font flèche de tout bois pour faire du discours du roi l'amorce d'une nouvelle affaire royale, monarchie étant le dernier ciment qui tient ensemble deux peuples qui s'ignorent de plus en plus superbement.
DiverCity dont l'objet est l'étude et la promotion du vivre ensemble ne saurait être indifférent au prurit nationaliste et populiste dont le premier dessein est de mettre fin à 182 ans de vivre ensemble.
C'est peu par rapport aux siècles de bon voisinage qu'ont toujours entretenu les comtés,les duchés et les baronies flamandes et francophones.
MG


MOUREAUX: "ON A TELLEMENT PEUR D’EFFLEURER DE WEVER"
Entretien, Mathieu Colleyn (Le Soir)

Philippe Moureaux craint un cartel N-VA/CD&V.
En vieux briscard de la tuyauterie belge, Philippe Moureaux (PS) revient sur la polémique qui agite la Flandre à la suite du discours royal de fin d’année. Et évoque un débat inévitable sur le rôle de la monarchie en Belgique.
CETTE REFERENCE AUX ANNEES 30 ETAIT-ELLE UNE ERREUR SELON VOUS ?
Je pense qu’elle n’est pas fausse. On me l’a d’ailleurs personnellement reprochée un jour. Maintenant est-ce que c’était indispensable dans un discours ? Je ne sais pas. J’ai des doutes sur l’opportunité de tout ce débat mais en tout état de cause, ce n’est pas la fin du monde. C’est un rappel de certains principes. Dans les circonstances actuelles, on aurait pu s’en passer. Ce n’est pas choquant en soi mais c’est peut-être une erreur face à l’atmosphère qui règne pour le moment en Flandre.
LE PREMIER MINISTRE AURAIT-IL DU ETRE PLUS ATTENTIF A CE RISQUE ?
Je ne sais pas dans quelles circonstances cela s’est fait.
COMME L’USAGE LE VEUT, APPAREMMENT.
Oui. Mais si on prenait ce texte in abstracto, ce n’est pas un discours fracassant. Je constate que dans la sensibilité actuelle au nord du pays, on ne peut quasi plus rien dire au départ du chef de l’Etat.
MEME LES FLAMANDS MODERES SE SONT OFFUSQUES DE CETTE REFERENCE.
Oui. Ce qu’a dit le Roi n’est pourtant pas une nouveauté. Il y a une nervosité de ce côté qui est assez extraordinaire. En plus, le vrai souverain de la Flandre est M. De Wever. On a tellement peur de l’effleurer, de faire des allusions qui pourraient faire penser qu’on s’attaque à lui. On n’ose plus rien dire.
C’EST TOUT DE MEME UNE FORMIDABLE OCCASION POUR LUI DE REVENIR AVEC SES REVENDICATIONS.
C’est pour cela que je pense que ce n’était pas tellement opportun. On sait bien que Bart De Wever allait jouer la victime. Mais ce qui est le plus inquiétant, c’est de voir tout le ramdam que l’ont fait autour de quelque chose qui, somme toute, aurait déjà été oublié si on n’avait pas fait tout ce chahut.


vendredi 28 décembre 2012

Discours royal : Maingain salue un « discours courageux »


Belga et Le Soir
Parmi les réactions qui font suite au discours de Noël du roi Albert II, le président du FDF Olivier Maingain a pris la défense de souverain, saluant « la pertinence de l’analyse posée par le discours royal ».

Le président du FDF, Olivier Maingain, a pris la défense du « discours courageux » prononcé par le roi Albert II à l’occasion de la Noël, prenant le contre-pied de la N-VA qui en avait profité pour rappeler son souhait d’abolir les pouvoirs du souverain.
« Les réactions, principalement au nord du pays, à la suite du discours courageux du chef de l’État, sont révélatrices d’une dérive d’une partie de l’opinion publique flamande qui n’accepte plus la moindre critique par rapport à ses choix nationalistes et populistes. Ceci confirme la pertinence de l’analyse posée par le discours royal », a souligné M. Maingain dans un communiqué.
Pour le président des Fédéralistes démocrates francophones, « cette tendance au repli identitaire, accompagnée d’un refus d’assumer les solidarités en période de crise, n’est pas propre à un certain courant politique en Flandre mais est malheureusement répandue dans plusieurs régions d’Europe et partagée par des forces politiques nationalistes ou régionalistes qui menacent le devenir de l’Union européenne ».
« En faisant un rappel historique judicieux, le chef de l’État n’a ni commis une comparaison outrancière ni tenu un propos excessif. Il a eu l’audace de la clarté salutaire en ces moments d’avenir incertain pour la construction de l’Europe », a ajouté M. Maingain.
« Même si les discours royaux sont généralement rédigés par un membre de son cabinet et approuvés par le Premier ministre, en l’occurrence, le discours royal, par son contenu éminemment politique, au sens le plus noble, doit être avalisé par le gouvernement dans son ensemble. A défaut, le gouvernement ne serait pas à la hauteur de l’importance du message royal », a conclu le président des FDF.
Belga

COMMENTAIRE DE DIVERITY
IL Y A DEUX EUROPE COMME IL Y A DEUX BELGIQUES
C'est sans doute la première fois que nous adhérons au propos de Olivier Maingain. Mais de fait, il a tout à fait raison dans son analyse, singulièrement pour ce qui concerne l'évolution au niveau européen où les fourmis Germania, Hollandia, Flandria et autres jettent la pierre aux cigales méditerranéennes.
Comme toujours, la Belgique est une Europe en réduction, à la fois latine (les cigales) et germanique (les fourmis).
Jacques Delors vient d'inviter les Britanniques à se retirer de l'Europe. Bravo. Sans un minimum de solidarité l'intégration européenne est un leurre. Cohn Bendit-Verhofstadt ne disent pas autre chose dans leur pamphlet "debout l'Europe"
Ce discours royal est un électrochoc pour les Belges mais également pour les Européens.
Un peu comme le fut le grand air de le Muette de Portici
"Amour sacré de la Patrie
Rends-nous l'audace et la fierté
À mon pays je dois la vie
Il me devra la liberté"
Oui,l'allusion à la montée des périls qui rappelle les années trente est parfaitement pertinente.
En général on dénonce la fadeur des discours royaux, leur reprochant l'obsession du consensus.
Oui, le roi est sorti de sa réserve en mettant les Belges en garde face à la montée de la menace populiste.
MG

Les années 30, le miroir

Pascal Martin
Albert II renvoie aux années 30. Parfum de guerre. Info ou intox ?
Les populistes ont connu une série d’impressionnants succès en Europe depuis une vingtaine d’années. Leur acharnement à combattre les structures démocratiques en place est-il susceptible de les conduire au pire, à la manière du nationaliste flamand Staf De Clerq qui accueillit l’Occupation allemande à bras tendu.
Des discours populistes » qui « s de nombreux pays européens et aussi chez nous », alors que « la crise des années 30 et les réactions populistes de cette époque ne doivent pas être oubliées ».
En réservant quelques lignes de son allocution de Noël aux « discours » et « réactions populistes », le roi Albert II a ému plus d’un nationaliste flamand. Ce n’était pas une première. Mais en se référant aux années 30, il a en quelque sorte ajouté un facteur aggravant, puisque les « populistes » – mot fourre-tout dans lequel on peut ranger une large gamme d’acteurs de l’antidémocratie – ont conduit alors l’Europe et le monde à la guerre. Bilan : cinquante millions de morts, militaires et civils.
Le Roi n’a-t-il fait qu’agiter avec ce discours un épouvantail outrancier ? Ou au contraire la référence aux années 30 est-elle plus indiquée que jamais ? La réponse à ces questions est moins évidente qu’il n’y paraît. Si les historiens n’aiment pas les anachronismes, jugeant chaque situation unique en soi, ils savent aussi que l’Histoire a ses tendances lourdes, qu’elle repasse les plats. Aux politiques d’éviter qu’elle ne s’étrangle.

© D.R.

jeudi 27 décembre 2012

De Wever : « Le Roi doit être au-dessus de la mêlée »

Belga
Le président de la N-VA Bart De Wever plaide également pour que la formation du gouvernement soit désormais confiée au Parlement et non plus au Roi

Bart De Wever, président de la N-VA et nouveau bourgmestre d’Anvers, a réagi au discours de Noël d’Albert II qui suscite de nombreuses critiques en Flandre.
Dans son allocution télévisée, le Roi a, sans la nommer, pointé du doigt la N-VA et fait une comparaison excessive avec l’essor du fascisme dans les années 1930. Mercredi, Bart De Wever avait fait savoir via son porte-parole qu’il ne sentait pas visé par référence aux années 30.
Ce jeudi, le président de la N-VA a réagi via le quotidien De Standaard et dans une intervention télévisée évoquée par De Morgen,
« Le souverain doit être au-dessus de la mêlée politique afin de pouvoir représenter l’ensemble de la nation. (…) Mais Albert II ne remplit pas correctement ce rôle. Il a choisi le chemin d’une royauté de division. Son message de Noël en constitue un triste sommet », déclare en substance M. De Wever.
Le nationaliste flamand renvoie à son tour aux années de guerre. À l’époque un souverain « a pris des libertés avec sa neutralité.
Léopold III a voulu poser des choix politiques, (…) et ceux-ci ont mené le pays au bord de la guerre civile. Léopold III a finalement été contraint à l’abdication et le maintien de la royauté en Belgique est dû à un soutien massif de la région flamande. » « Une royauté politique est incompatible avec la démocratie », ajoute M. De Wever.
DE WEVER S’EN PREND AUSSI A DI RUPO
Ce dernier fustige également le Premier ministre, Elio Di Rupo, qui a contresigné le discours du souverain, lui accordant ainsi la couverture du gouvernement et c’est scandaleux estime Bart De Wever.
LA FORMATION DU GOUVERNEMENT
Bart De Wever souhaite que le Roi ne joue plus aucun rôle dans la formation du gouvernement après les prochaines élections législatives. D’après lui, la formation devrait être confiée au Parlement. Le président de la N-VA estime que cela est par ailleurs possible sans modification de la Constitution.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BDW LE REGICIDE
Pardon de revenir une fois encore sur ce discours, mais il nous semble toucher au point névralgique du vivre ensemble au sein du royaume de Belgique. A l'évidence, le couvercle de la boite de Pandore a sauté: la campagne des législatives et des régionales de 2014 est annoncée par un violent coup de canon.
Discours politique? Discours testament?
Discours engagé, à tout le moins.
Bart De Wever, historien de formation (comme Philippe Moureaux) et Elio di Rupo docteur en chimie ont au minimum une référence commune: Machiavel.
La carte blanche que l'homme de la N-VA a consacrée dans De Standaard de jeudi au discours du roi vaut son pesant de nitroglycérine. "In een moderne democratie hoort een vorst niet aan politiek te doen. Dat zouden de ervaringen van zijn vader Leopold III in die zo veelbesproken jaren dertig hem toch geleerd moeten hebben?"
Sa thèse est assassine, autrement dit régicide: il veut la mort symbolique de Albert II qu'il assimile à son père le très contesté Léopold III, lequel a pris le thé à Berchtesgaden (résidence d'été du Führer) et s'est heurté à ses ministres et a conduit le pays à la crise de régime la plus aigüe de son histoire. Bref, De Wever veut mettre en scène une nouvelle affaire royale car selon lui,notre roi divise le royaume quand son rôle serait de concilier les deux nations qui le constituent. "Nederland kiest uitdrukkelijk voor het model van een ‘verenigend koningschap".
Et de citer Jean-Luc Dehaene: "In zijn memoires zegt hij daarover: ‘Het Paleis bepaalt autonoom de thema's en schrijft de basistekst: daar ben ik als premier nooit in tussenbeide gekomen. De vorst heeft dus het initiatief en is daar volledig autonoom in."
Et BDW de préciser que les discours royaux sont une invention relativement récente: "Pas sinds 1961 houdt de koning een kersttoespraak en pas twintig jaar later zou hij zich ook op 21 juli jaarlijks tot de bevolking richten."
Et de planter les premières banderilles: "In een democratie moet een vorst boven de politiek staan om de gehele natie te kunnen vertegenwoordigen."
On se souviendra peut être que le palais s'était justifié autrefois en appellant le constitutionnaliste anglais Walter Bagehot à la rescousse.
Cela n'a pas échappé au nouveau bourgmestre d'Anvers:
"In 2011 verwees de koning naar The English constitution van Walter Bagehot, waarin de koninklijke rechten opgesomd staan: the right to be consulted, the right to encourage, the right to warn. Op dat recht om te waarschuwen kan het Hof zich dus beroepen om politieke boodschappen tot het publiek te richten."
Et de sortir son épée avec un bel effet de muletta: "voor publieke uitspraken is de koning, conform artikel 88 van de Grondwet, onverantwoordelijk. Men kan alleen de regering om uitleg vragen."
Et de pointer Elio comme seul responsable de la couverture politique de ce discours qu'il est le seul à avoir lu avant publication, sans en informer ses collègues.
"Albert II vult zijn rol echter niet correct in. Hij heeft de weg gekozen van een ‘verdelend koningschap'. Zijn kerstboodschap was daarvan een triest hoogtepunt."
"De premier had bij nalezing van de tekst de koning op zijn democratische plichten ten aanzien van alle burgers moeten wijzen. Dat Elio Di Rupo dat niet heeft gedaan en de politieke dekking voor deze toespraak gaf, is zonder meer schandalig. De koning en de PS hebben elkaar kennelijk gevonden in hun afgrijzen van de democratische keuze van een groot deel van de Vlaamse bevolking. De PS kan zich daarbij laf verstoppen achter de troon. Maar een verdelende koning zet zichzelf onvermijdelijk vol in de wind."(...)
"Albert II zou dus, na de ervaringen van zijn vader, beter moeten weten." "Albert II is de actieve bondgenoot van het status-quo."
Et l'homme fort,partisan d'une Flandre forte, de plaider pour une monarchie à la hollandaise.
"In Nederland, waar het probleem van een opiniërende monarch zich nochtans niet stelt, heeft men op dergelijke situaties geanticipeerd. Daar wordt sinds 1 mei 2012 het formatieberaad geleid door de voorzitter van de Tweede Kamer. Juridisch gezien is de situatie in België identiek.(...) Het volstaat om bij de eerste samenkomst van de Kamer ná de verkiezingen van 2014 een eenvoudige aanpassing van het Kamerreglement te goed te keuren."
On l'aura compris: De Wever veut la mort symbolique du roi.
Le temps travaille en sa faveur. En effet Béatrice Delvaux a semblé confirmer dans son édito une rumeur selon laquelle, Albert II abdiquerait en 2013 en faveur du très imprévisible Philippe.
La nouvelle version du "discours du roi" risque de remporter au moins quatre oscars, le premier pour le meilleur premier rôle, à Albert de Belgique. Bart et Elio se partageront l'oscar du meilleur second rôle et le film remportera haut la main l'oscar du pire des scénarios.
Il est clair que quand Albert II défend l'intégrité du territoire belge, il ne sort pas de son rôle puisqu'il en a fait le serment face aux chambres réunies, le jour de son intronisation.
Il est le dernier ciment qui garantit une ultime illusion d'unité.
Son décès ou son abdication entraîneront inmanquablement un scénario séparatiste. C'est De Croo père qui disait que "nos conflits linguistiques ont fait couler des hectolitres d'encre et de salive,mais pas une goutte de sang". Espérons qu'il en demeurera ainsi.
Mais rien n'est moins sûr, car les esprits s'echauffent dangereusement et Bart souffle sur les braises.
MG
PS: Pour qui n'aurait toujours pas compris pourquoi la Flandre vote N-VA, voici un morceau d'anthologie, une lettre de lecteur publié par De Standaard comme commentaire à la carte blanche de BDW:
"Een 3-tal jaren geleden werd ik NVA'er, vroeger altijd Cd&V en VLD gestemd, als begoede middenstander. Ik heb het me nog niet beklaagd, open-VLD heeft me het meest ontgoocheld, zelfs de belasting op mijn kasbons verhoogden ze op één jaar van 15 naar 25%. Met al het gestuntel van de 3 traditionele partijen, was het duidelijk rond de kersttafel, dat ook broers en zussen,en schoonbroer die VROEGER zelfs sp.a waren en zeker Cd&V, in 2014 voor het eerst gaan NVA stemmen. Met wat deze ONBEKWAME VALSE koning nu doet, zal NVA weer een pak leden en kiezers winnen. Dit land is dringend aan grondige HERVORMING toe, ook de monarchie !"

"Officieel door de koning én door de PS-premier aangevallen worden: voor de N-VA is dat de definitie van een politiek kerstcadeau."
De Tijd

Bart De Wever. Belga


DE KONING VERDEELT
Vorst moet in 2014 geen rol meer spelen bij formatie

Koning Albert II is in zijn kersttoespraak veel te ver gegaan, vindt BART DE WEVER. In een moderne democratie hoort een vorst niet aan politiek te doen. Dat zouden de ervaringen van zijn vader Leopold III in die zo veelbesproken jaren dertig hem toch geleerd moeten hebben? La suite sur le site du Standaard.

Elio Di Rupo op audiëntie bij de koning, begin dit jaar. ‘De PS verstopt zich achter de troon', zegt De Wever.
Benoît Doppagne/belga



JUIST KONINGSHUIZEN ZIJN DE ULTIEME MAQUETTE VAN POPULISME


Kersttoespraken zijn vanouds een plechtig prerogatief van konings-huizen. Meestal houden de gekroonde hoofden het op een boodschap van troost en hoop. Balsem voor landgenoten die het moeilijk hebben.

Warme woorden van solidariteit.

Soms slaan ze lichtelijk door in bezweringen.

Altijd delicaat, want staatshoofden horen zich ver te houden van politieke uitspraken.

Maar ja, waar het hart vol van is...

Koning Albert waarschuwde in tremolo's voor populisme en zondebokken. Met

weerzin voor populisten is niets mis. Maar het klinkt wat vreemd uit een mond van koninklijken bloede. Juist koningshuizen zijn de ultieme maquette van populisme.

Zonder volksgunst geen monarchie.

Daarom ook zoeken koninklijke gezelschappen gretig aansluiting bij het gemiddelde sentiment van hun onderdanen.

En dus had Queen Elisabeth het nog even over de Spelen in Londen. Bezoeken aan rampen, ziekenhuizen, dorpsfeesten, hondenasiels... Stuk voor stuk uitingen van goedaardig populisme.

Om de zoveel tijd zoekt een koning zijn volk op. Niet om veel te zeggen, om er te zijn, vooral om gezien te worden. En hij alleen stelt vragen.

Populisme is de smeerolie voor monarchieën.

Voorzichtig legde koning Albert de link van het hedendaagse populisme naar de jaren dertig. Tikje gewaagd voor een politieke asexué.

Overigens, worden de jaren dertig zo stilaan niet wat té overladen als modieus mantra?

Hugo Camps


mercredi 26 décembre 2012

Albert II vs N-VA ? Qui se sent morveux se mouche


Le message royal de Noël et de Nouvel An suscite la polémique en Flandre. Certains nationalistes flamands y voient une attaque en règle contre leur parti. D’autres, une intrusion « inédite » dans le débat politique. D’autres encore estiment que le roi est allé trop loin en évoquant les années 30. Ce discours s’inscrit pourtant dans une tradition bien établie.

Comme il fallait s’y attendre, une partie de l’opinion publique flamande s’est émue du traditionnel discours du roi. Principal passage incriminé :
« En ces temps perturbés que nous vivons, soyons vigilants, et montrons-nous lucides face aux discours populistes. Ils s’efforcent toujours de trouver des boucs émissaires à la crise, qu’il s’agisse de l’étranger ou des habitants d’une autre partie de leur pays. Ces discours existent aujourd’hui dans de nombreux pays européens et aussi chez nous. La crise des années 30 et les réactions populistes de cette époque ne doivent pas être oubliées. On a vu le mal que cela fit à nos démocraties. »
Ainsi donc il existerait chez nous des populistes… Qui peuvent-ils bien être ? Le roi ne nomme personne, toutes les suppositions sont donc permises. Il fut un temps où le Vlaams Blok/Belang se serait senti immédiatement visé. Désormais, c’est la N-VA qui se mouche à chaque utilisation du mot « populiste ».
Si son président, Bart De Wever, s’est bien gardé de jouer les outragés, d’autres figures de sa formation politique sont aussitôt montées au créneau. « En se prenant à nous, se rend-il compte qu’il s’attaque à la majorité des Belges ? », tonne ainsi Eric Defoort, cofondateur du parti nationaliste flamand, interrogé par SudPresse.
Plus étonnant : certains universitaires appuient cette analyse. Aux yeux de l’historien flamand Mark Van den Wijngaert, par exemple, « une telle façon de s’immiscer dans le débat politique est inédite ». « Relier ce populisme aux années 30, c’est aller un pas trop loin. Un grand pas trop loin », ajoute ce professeur de l’université catholique de Bruxelles (KUB).
Pour un spécialiste de la monarchie, voilà qui témoigne à tout le moins d’une mémoire sélective.
Intrusion inédite dans le débat politique ? Pas plus tard qu’il y a six mois, dans son discours du 21 juillet, le roi s’attaquait déjà aux populistes en ces termes :
« Cela nous encouragera aussi à éviter le repli sur soi et le populisme. Deux tendances dont on trouve trop de manifestations aujourd'hui en Europe comme chez nous, et qui ne mènent à rien. »
Là aussi, un député N-VA (Théo Francken) avait cru déceler dans cette phrase une pique contre son parti.
On se souvient aussi de la fameuse allusion aux « sous-nationalismes » et au « séparatisme explicite ou feutré » dans le discours royal de janvier 2006, qui avait irrité Yves Leterme, alors ministre-président flamand. Dont la mémoire était tout aussi sélective : dix ans plus tôt, en 1996, une référence quasi identique au « séparatisme, explicite ou larvé » n’avait soulevé guère de remous. Pas plus que lorsque le roi Baudouin avait utilisé une formule similaire, à quatre reprises, entre 1988 et 1992…
Les années 30 ? À peu de choses près, on retrouve une les mêmes accents dans le message de Noël 1998, alors que la N-VA n’était pas encore née :
« Quant à notre propre pays, le souci de conserver et de promouvoir des relations pacifiques entre nos communautés et régions doit nous habiter en permanence, de même que la défense de nos valeurs démocratiques qu’il ne faut jamais considérer comme acquises une fois pour toutes. À chacun d’entre nous de garder en mémoire ce qui s’est passé dans les années 30. »
Même chose dans le discours de Fête nationale 2002 :
« Depuis quelque temps, nous voyons resurgir en Europe certaines formes d’extrémisme. Et pourtant, après avoir subi les conséquences désastreuses de l’intolérance croissante des années 30, nous avions pensé être définitivement libérés de ce fléau. »
On le voit, les références au populisme, à l’extrémisme, au séparatisme ou encore aux années sombres de notre histoire n’ont rien d’inédit sous la plume du roi, comme l’a d’ailleurs relevé le Vif/L’Express dans son édition du 21 décembre.
Pour le reste, une petite phrase lue sur les réseaux sociaux résume à merveille le fond du problème : « Moi qui croyais qu'il en allait des populistes comme des cons et que quand on les critiquait, personne ne se sentait visé. Grossière erreur ! »
Ettore Rizza Le Vif

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VIVRE ENSEMBLE EST-CE ENCORE POSSIBLE?
Entre francophones et flamands nationalistes, la hache de guerre est brandie au quotidien.
La N-VA (Nieuwe Vlaamse Arrogantie) a franchi une nouvelle limite en s'en prenant au discours du roi et donc à la couronne.
Les discours royaux se suivent et, comme le montrent de bons commentateurs, ne varient pas dans leur ligne, celle de la défense des valeurs démocratiques et du maintien de l'intégrité du territoire belge. En faisant cela et en le proclamant en toute clarté, le roi ne fait que jouer son rôle, celui que lui assigne la constitution, comme le précise Francis Delpérée dans la Libre. Mais voilà qui est de moins en moins du goût des nationalistes populistes de la N-VA qui graduellement s'emparent des tous les leviers en Flandre.
Il y a incompréhension totale entre d'une part une Wallonie qui lutte contre le déclin, une capitale cosmopolite de plus en plus métissée et une Flandre semi-rurale qui s'étend sur des hectares de lotissements proprets couverts de villas cossues quatre façades et des boutiques mammouths comme dans les banlieues américaines..
Pour s'en rendre compte, il suffit de quitter Bruxelles en direction de Campenhout-Haecht-Keerbergen et observer qu'en franchissant la frontière linguistique on change de planète pour entrer dans un monde semi-rural, une semi-banlieue suintant la prospérité et la morgue.
Sécularisée et "décomplexée" cette Flandre se donne à De Wever comme la classe moyenne américaine s'est convertie à l'idéologie des Tea Parties. Jamais le CD&V ne retrouvera ses parts de marché, n'en déplaise au ministre président Kris Peeters qui s'aligne de plus en plus sur la NV-A.
Les francophones vont devoir s'accommoder du nouvel N-VA staat.
Reste à se demander si la Wallo-Brux est condamnée à demeurer son contraire, à savoir un Etat PS?
MG

SURPRIS LES DOIGTS DANS LE POT DE CONFITURE
Christian Laporte
Qui se sent morveux, qu’il se mouche...Certes, jusqu’ici, ils n’ont pas avoué leurs fautes et encore moins annoncé qu’ils allaient se repentir mais il est quand même surprenant de constater que très rapidement après sa diffusion, les milieux nationalistes flamands extrêmes aient tenu à exprimer leur ire face au passage du discours royal de fin d’année sur les périls du populisme.
Il faut croire qu’ils se sont sentis particulièrement visés lorsque Albert II a mis en garde contre les discours populistes pour ne pas dire poujadistes qui s’efforcent toujours de trouver des boucs émissaires à la crise, "qu’il s’agisse de l’étranger ou des habitants d’une autre partie de leur pays". Entre les juifs des années trente et les Wallons de ces dernières décennies vus à travers certaines œillères nordistes, la distance sémantique est pourtant bien plus courte que les 80 ans qui nous en séparent dans l’espace-temps... L’avertissement royal venait pourtant à son heure dans une allocution qui, une fois n’est pas coutume, n’a pas fait la moindre allusion à nos palabres communautaires. Il est vrai que l’on est au milieu du gué après la scission de B-H-V et avant une seconde phase de sixième réforme qui devra surtout réussir à mettre d’accord des exégèses très contrastées. Il est, davantage encore, vrai aussi que la Belgique a bien d’autres chats à fouetter en ce moment pour surmonter la crise économique, sociale et financière. Ce n’est certainement pas le moment de relâcher l’effort et cela tant sur le plan interne qu’européen. Trop consensuel le Roi ici? Que nenni, froidement réaliste si on veut donner un avenir à la Belgique...

Le discours du Roi révolte la Flandre





Belga
Une telle façon de s'immiscer dans le débat politique est inédite selon M. Van den Wijngaert.
Le discours royal de Noël suscite des critiques en Flandre. Aux yeux de certains commentateurs, Albert II a, sans la nommer, pointé du doigt la N-VA et fait une comparaison excessive avec l'essor du fascisme dans les années 1930.
Des voix s'élèvent mercredi, non seulement dans les rangs du parti nationaliste mais également chez certains spécialistes de la politique belge, comme les professeurs Mark Van den Wijngaert, Dave Sinardet et Carl Devos.
"En ces temps perturbés que nous vivons, soyons vigilants, et montrons-nous lucides face aux discours populistes. Ils s'efforcent toujours de trouver des boucs émissaires à la crise, qu'il s'agisse de l'étranger ou des habitants d'une autre partie de leur pays. Ces discours existent aujourd'hui dans de nombreux pays européens et aussi chez nous. La crise des années 30 et les réactions populistes de cette époque ne doivent pas être oubliées. On a vu le mal que cela fit à nos démocraties", a déclaré mardi le souverain.
Le président de la N-VA, Bart De Wever, a fait savoir par son porte-parole qu'il ne se sentait pas visé par la référence aux années 30. "Ce discours ressemblait à une émission concédée du PS", a toutefois lâché, dans les colonnes de "Het Laatste Nieuws", le député et vice-président Ben Weyts qui annonce le dépôt d'une question parlementaire sur le sujet. "Le Roi est sorti de son rôle. Il offense une grande partie des Flamands", estime pour sa part le sénateur Huub Broers.
Aux yeux de M. Van den Wijngaert, le Roi s'est lui-même prêté au populisme. Une telle façon de s'immiscer dans le débat politique est, selon lui, inédite. "Le Roi fait référence d'abord à un parti, une manière de penser, dans laquelle la responsabilité de la crise est imputée aux francophones. Relier ce populisme aux années 30, c'est aller un pas trop loin. Un grand pas trop loin. On ne peut pas prétendre une telle chose de la Belgique", a-t-il expliqué dans "De Morgen".
M. Devos estime que le premier ministre Elio Di Rupo a commis une gaffe car chaque mot d'un discours royal est approuvé au préalable par le gouvernement. "Tout qui aime la monarchie aurait dû effacer ce passage. Car de cette manière, c'est la monarchie qui se fait du tort à elle même", a-t-il fait remarquer dans "Hezt Laatste Nieuws".
"Le Roi a le droit de mettre en garde la population s'il juge que le populisme est une menace mais la comparaison avec les années 30 va au-delà. Si l'on veut combattre les simplismes, cela ne témoigne pas d'un grand sens de la nuance", a souligné Dave Sinardet dans "Het Nieuwsblad.
De Morgen a demandé au cabinet du premier ministre de réagir à ces critiques. "Le Roi a exprimé un sentiment d'inquiétude. Pour cela, il a fait référence à des événements historiques qui n'ont pas aidé à trouver des solutions. Il n'a nommé aucun parti. Qu'il demande au citoyen de se montrer vigilant à l'égard d'un discours populiste qui cherche des boucs-émissaires à la crise, est une vérité qui ne vise aucun parti en particulier. C'est un point de vue que l'on peut comprendre de la part d'un chef d'Etat", a-t-on répondu.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN ROYAUME BICEPHALE
De même que la monarchie habsbourgeoise était représentée par un aigle à deux têtes, le royaume de Belgique a lui aussi désormais deux visages, celui d'Elio et celui de Bart. Avec son magnifique discours de Noël, Albert II a perdu la moitié de sa couronne.
C'est évident, avec ses critiques de fond contre le discours du Roi, l'intelligentsia flamande a implicitement voté la mort du roi.
Et ce n'est pas le Standaard qui a dressé les bois de justice mais  bien au contraire le très progressiste De Morgen.
Concertée ou non, cette attaque brutale est dirigée contre l'homme au noeud pap qui a donné son aval au discours.
Une fois de plus, c'est Béatrice Delvaux qui tirera les bonnes conclusions, lisons plutôt:
"C’était peut-être l’un de ses derniers discours. Car tout indique – sa fatigue, son désir personnel –, qu’Albert II pourrait quitter son trône en 2013." On peut de plus imaginer, qu’à près de 80 ans, il ne se sente pas d’attaque pour affronter la terrible année 2014, mère de toutes les élections, qui risque de faire défiler au Palais une palanquée d’informateurs en perdition. L’avenir dira la suite mais, au fil des années, Albert II aura, de manière croissante, et de plus en plus personnelle et politique, défendu trois valeurs clés : la solidarité envers les plus faibles, l’unité du pays dans le respect de ses composantes communautaires et la démocratie. Avec cette fois, cette mise en garde contre les discours populistes en Europe et aussi chez nous."
Dans son discours, Albert II n’a fait qu’appliquer la méthode « Xavier Mabille » : « Relève de la critique, tout ce qui permet de formuler un jugement éclairé, en indiquant à chacun, non ce qu’il doit penser, mais ce qu’il doit savoir, pour pouvoir penser. »
Une chose est certaine, le discours du roi est le coup d'envoi de la campagne pour les élections régionales et fédérales de 2014, la plus dangereuse de l'après guerre, celle qui scellera le destin de la Belgique confédérale.
"Le roi se meurt" de Eugène Ionesco a pour thème central, au delà de la mort du roi, celle de  chacun d’entre nous. Ionesco distingue trois attitudes successives face à une vérité inéluctable : - la dénégation, la révolte et la résignation.
Dernier stade, la résignation: il ne peut intervenir qu’après un cheminement intellectuel.
En vérité c'est la Belgique qui est à l'agonie. et le discours et plus encore les critiques qu'il suscite en Flandre  nous annonce sa fin, jamais préparée, toujours repoussée alors qu'inéluctable.
MG

"KONING DOET ZELF AAN POPULISME"
De Morgen

© belga.
In zijn kersttoespraak waarschuwde koning Albert II duidelijk voor populisme. Hij verwees daarvoor zelfs naar de 'rampzalige gevolgen in de jaren dertig'. 'De koning doet zelf aan populisme', zegt professor Mark Van den Wijngaert.
Dit is een stap te ver. Een grote stap te ver. Zoiets kun je van België niet beweren. Hier is geen link met de jaren dertig

Mark Van den Wijngaert, professor geschiedenis
"Dit is toch wel ongezien." Het zijn de woorden van Mark Van den Wijngaert, professor emeritus hedendaagse geschiedenis. Van den Wijngaert schrok even op bij het zien en horen van de traditionele kerstspeech van koning Albert II. Die richtte zich aanvankelijk tot de rampspoed die de economische crisis met zich meebrengt.

De ontslagengolf, met Ford Genk als exponent. Om verderop in de speech de politieke toer op te gaan en de link te leggen tussen hedendaags populisme en het fascisme van de jaren dertig.

De letterlijke tekst van de koning: "In de verwarrende tijden die we nu meemaken, moeten we waakzaam blijven en de populistische betoogtrant helder doorzien. Altijd zoeken ze naar zondebokken voor de crisis, ofwel zijn het de vreemdelingen, ofwel landgenoten uit een ander landsdeel.

"Zulk betoog komt vandaag vaak voor in talrijke Europese landen, ook bij ons. De crisis van de jaren dertig en de populistische reacties die ze teweegbracht mogen niet worden vergeten. Men heeft gezien welke rampzalige gevolgen dat voor onze democratieën heeft betekend." Waarbij de koning impliciet lijkt te verwijzen naar de N-VA.

AVERECHTS
Voor Van den Wijngaert is het "ongezien", omdat de koning zich nooit eerder zover waagde in het politieke debat. "De koning verwijst eerst naar één partij, één manier van denken, waarin de schuld van de crisis bij de Franstaligen wordt gelegd. Om dat populisme dan te verbinden met de jaren dertig, dat is een stap te ver. Een grote stap te ver. Zoiets kun je van België niet beweren. In andere Europese landen klopt het misschien wel, denk maar aan de extreem rechtse partij Gouden Dageraad in Griekenland. Daar is de link met de jaren dertig er misschien wel."

"Bovendien", vervolgt Van den Wijngaert, "werkt het discours van de koning eerder averechts en bezondigt hij zich eigenlijk zelf aan populisme."

POLITIEK STAARTJE
N-VA, de partij waar de koning impliciet lijkt naar te verwijzen, wil niet meteen reageren op de speech van Albert II maar is duidelijk niet opgezet met de plotse demarche. "Ik ben toch wel serieus geschrokken, ja", zegt een partijtopper. "Dit leek wel een uitzending door derden, verzorgd door de PS."

Mogelijk krijgt de speech ook nog een politiek staartje. "Wie had de pen vast bij het schrijven?", vraagt Van den Wijngaert zich nog af. "De koning, samen met zijn entourage. Dat kan niet anders. Maar vooraleer de kerstspeech op televisie verschijnt, moet de regering groen licht geven aan de koning. Het zou mij niet verbazen als de premier daar straks vragen over krijgt in het parlement."

"De koning heeft een gevoel van ongerustheid uitgesproken", klinkt het op het kabinet van premier Elio Di Rupo (PS). "Daarbij heeft hij verwezen naar historische gebeurtenissen die niet hebben bijgedragen om oplossingen te vinden. Hij heeft geen enkele partij bij naam genoemd. Dat hij aan de burger vraagt om waakzaam te zijn tegenover bestaande populistische discours waarin zondebokken voor de crisis worden gezocht, is een waarheid die geen specifieke partij viseert. Het is overigens een standpunt dat men kan begrijpen van een staatshoofd."

Het kabinet van de premier benadrukt ook dat de toespraak gedekt is door de regering. "Maar het gaat noch om een toespraak van de regering zelf, noch om een toespraak van de eerste minister, wel om een toespraak van het staatshoofd ter gelegenheid van de eindejaarsfeesten. De toespraak schrijft zich in in de opeenvolgende meelevende toespraken van de koning, die allemaal waren gedekt door de verschillende regeringen."
FELLE KRITIEK OP KERSTTOESPRAAK VAN DE KONING

"Koning doet zelf aan populisme"
© photo news.
Er is kritiek op koning Albert II wegens zijn kersttoespraak, zo berichten verschillende Vlaamse kranten vandaag. Hij leek impliciet te verwijzen naar de N-VA en maakte de vergelijking met de opkomst van het fascisme en het nazisme in de jaren 30. De kritiek is niet alleen te horen in N-VA-kringen, maar komt ook van bevoorrechte experts als professor emeritus Mark Van den Wijngaert, professor Carl Devos en professor Dave Sinardet.
Hij beledigt een groot deel van de Vlamingen
Huub Broers (N-VA)
De koning waarschuwde in zijn jaarlijkse kerstboodschap voor de gevaren van het populisme. "Altijd zoeken ze naar zondebokken voor de crisis", zei de koning over die populisten. "Ofwel zijn het de vreemdelingen, ofwel landgenoten uit een ander landsdeel. De crisis van de jaren dertig en de populistische reacties die ze teweegbracht, mogen niet worden vergeten."


© photo news.
Ben Weyts (N-VA).
PARLEMENTAIRE VRAGEN
Bart De Wever laat via zijn woordvoerder weten dat hij zich niet aangesproken voelt door de verwijzing naar de jaren 30. Toch is in N-VA-kringen te horen dat de koning "zich andermaal laat misbruiken" door premier Elio Di Rupo, weet de krant Het Laatste Nieuws. "Deze toespraak leek wel een uitzending door derden van de PS", aldus N-VA-ondervoorzitter Ben Weyts, die zegt dat er parlementaire vragen zullen komen over de kwestie.

"De koning is uit zijn rol gevallen. Hij beledigt een groot deel van de Vlamingen", vindt ook senator Huub Broers (N-VA).
De koning heeft geen enkele partij bij naam genoemd. Dat hij aan de burger vraagt om waakzaam te zijn tegenover bestaande populistische discours waarin zondebokken voor de crisis worden gezocht, is een waarheid die geen specifieke partij viseert
Kabinet van premier Di Rupo
"GROTE STAP TE VER"
Professor Mark Van den Wijngaert, specialist in de geschiedenis van Belgische monarchie, vindt dat de vorst zich zelf bezondigt aan populisme. Dat de koning zich nooit eerder zover waagde in het politieke debat, is voor Van den Wijngaert "ongezien". "De koning verwijst eerst naar één partij, één manier van denken, waarin de schuld van de crisis bij de Franstaligen wordt gelegd. Om dat populisme dan te verbinden met de jaren 30 is een stap te ver. Een grote stap te ver. Zoiets kun je van België niet beweren", laat de professor optekenen in de krant De Morgen.

"De koning heeft het recht om de bevolking te waarschuwen als hij vindt dat populisme een bedreiging is, maar de vergelijking met de jaren 30 is er gewoon over. Als je de simplismen wil bestrijden, getuigt dit niet echt van veel nuance", stelt de Antwerpse politicoloog Dave Sinardet (UA) in de krant Het Nieuwsblad.

© belga.
Politicoloog Carl Devos.
Op deze manier maakt het koningshuis zichzelf kapot
Politicoloog Carl Devos
"Gevoel van ongerustheid"
Politicoloog Carl Devos vindt dat premier Di Rupo met deze speech een steek heeft laten vallen, want elk woord van de toespraak werd vooraf goedgekeurd door de regering. "Wie de monarchie liefheeft, had die passage moeten laten schrappen. Want op deze manier maakt het koningshuis zichzelf kapot", stelt Devos in Het Laatste Nieuws.

"De koning heeft een gevoel van ongerustheid uitgesproken", noteerden De Morgen en Het Nieuwsblad op het kabinet van premier Di Rupo. "Daarbij heeft hij verwezen naar historische gebeurtenissen die niet hebben bijgedragen om oplossingen te vinden. Hij heeft geen enkele partij bij naam genoemd. Dat hij aan de burger vraagt om waakzaam te zijn tegenover bestaande populistische discours waarin zondebokken voor de crisis worden gezocht, is een waarheid die geen specifieke partij viseert. Het is overigens een standpunt dat men kan begrijpen van een staatshoofd."

mardi 25 décembre 2012

Brieven uit Brussel: De Vlaamse bril


De Morgen

Over de Brusselse jeugd. Alsof in Brussel maar één soort jongere bestaat. De Morgen en politiek filosoof Bleri Lleshi lanceren daarom 'Brieven uit Brussel'. Elke donderdag, tien weken lang, laten we Brusselse jongeren aan het woord.

Vandaag: Ibrahim Üçkuyulu (22), Brusselaar en student sociaal werk.

Soms vergeet ik mijn pen om mijn treinkaart in te vullen. Het gebeurt dat ik drie wagons ver moet voor iemand me zijn pen leent

Ik ben Ibrahim Üçkuyulu. Ibrahim is de Arabische naam voor Abraham, toch ben ik geen Arabier. Ik ben een Turkse jongen. Ik ben net zoals mijn ouders moslim. Ik ben geboren in Gent en verhuisd naar Brussel toen ik zes was. Ik ben opgegroeid in Sint-Joost-ten-Node, de meest multiculturele maar ook de armste gemeente van Brussel en van België.

In mijn omgeving woonden alleen maar allochtonen. Het was daar leuk maar op een dag merkte ik dat mijn leven verder ging dan de straat of de buurt waar ik woonde. Want veel mensen in Sint-Joost-ten-Node zijn werkloos, kunnen nog altijd de taal niet spreken, en sommigen hebben het moeilijk om zich te 'integreren'. Ik dacht van mijzelf dat ik dat wel kon, en dat ik later
kon veranderen in mijn gemeente, in Brussel. Ja, zelfs in heel België.

Ik zou graag willen dat Brussel er over tien of twintig jaar helemaal anders uitziet. Als ik nu mijn ogen dichtdoe en over het Brussel van de toekomst droom, dan zie ik vrolijke gezinnen, mensen die vriendelijk met elkaar omgaan, kinderen die allemaal studeren en die gebruik kunnen maken ook van hun thuistaal, meer ontspanningsruimten voor (hang)jongeren, taalcursussen voor nieuwkomers en ouderen, weinig verkeerslast of lawaai en meer groen in de wijken. Ik besef het wel: om dit te realiseren is er visie nodig, afspraken, veel inzet en verdraagzaamheid.

Alleen kan ik die verandering niet realiseren, maar alle beetjes helpen. De vele (meestal valse) beloftes van de politici zijn we ondertussen gewoon. Net zoals de weinig constructieve mening en standpunten van sommigen in onze samenleving. Maar ik ben ervan overtuigd dat er duizenden andere Brusselaars net zoals ik geloven dat dingen kunnen veranderen. Het is juist met die mensen dat men iets kan bereiken. Heel veel zelfs.

Een van de belangrijkste doelstellingen die ik al jaren in mijn hoofd heb, is de volgende: de kijk van de autochtonen veranderen. De Vlaming uit zijn nest halen. De Belgen confronteren met de werkelijkheid. Brusselaars, allochtonen, meertaligen, buitenlanders, die zijn er allemaal, inderdaad. Waarom horen we alleen maar negatieve dingen over de allochtonen, over de Brusselaars, over de jongeren?

Ik studeer in Leuven. Een bewuste keuze om wat afstand te nemen van Brussel. Ik heb er veel uit geleerd. Over de Vlamingen en hoe ze in elkaar zitten, maar ook over hun stereotypes over mijn stad en de allochtonen.

Ik zit vaak in de trein tussen Brussel en Leuven. Vaak word ik raar bekeken door de mensen. Ze denken meestal dat ik hun handtas of gsm zal stelen. Misschien is dat niet zo, maar zo voelt dat aan. Alsof ik een bedreiging zou zijn.

Soms vergeet ik mijn pen op kot om mijn campuskaart in te vullen. Het gebeurt dat ik eerst drie wagons moet rondlopen eer dat ik aan een pen kom. Sommige mensen zeggen gewoon neen, anderen geven er wel een, maar het voelt alsof ze bang zijn. Bang van wat, vraag ik mij af. Dat ik hun pen nooit zal teruggeven misschien? Ik weet het niet.

Naast mijn studie werk ik ook op de luchthaven. Ik zie daar heel verschillende mensen. Mensen die tegen mij zeggen dat werken beter is dan te gaan stempelen, alsof ik de enige allochtone jongere in heel België ben die werkt tijdens zijn studie. Soms zijn de klanten ook nieuwsgierig naar mij. Ze vragen me hoe het komt dat ik zo goed Nederlands praat. Een vrouw moest me ooit 4,90 euro betalen voor haar ontbijt en gaf me 5 euro. Ik hoefde niets terug te geven. Die tien cent mocht ik houden als 'drinkgeld' omdat ik zo goed Nederlands sprak. Ik gaf haar 0,40 euro terug en zei dat ik viertalig was. Ze wist even niet wat ze moest zeggen.

Wat mij vooral stoort, is dat heel wat Vlamingen de problemen langs één kant zien. Die eenzijdigheid kom ik ook tegen in de opmerkingen van mijn Vlaamse vrienden (die ik nog steeds graag heb). Waarom de moslimvrouwen geen hand geven? Waarom de ouders niet naar oudercontacten komen? Waarom allochtonen niet verder studeren? Waarom allochtonen homo's haten? Waarom, waarom, waarom?

Ik hoor regelmatig van hen: "Jij bent een Turkse jongen, van Turken houden we wel, maar Marokkanen, daar kunnen we niet tegen." Was ik een Marokkaanse jongen geweest, dan hadden ze hetzelfde gezegd!

Waarom gaan we uit van één standpunt, het onze, en niet vanuit dat van de andere of vanuit meerdere oogpunten? Waarom worden de allochtonen altijd in hokjes geduwd? Waarom worden alle moslims over één kam gescheerd? Waarom mag een meisje met een hoofddoek niet voor een klas staan of ergens anders op de werkvloer? Waarom bekijken wij mensen zo raar als ze op de bus, metro of op de trein een andere taal spreken dan wij? Waarom is het geen issue voor de Vlamingen om stil te staan bij hun eigen vooroordelen en stereotypen over andere mensen en groepen in deze samenleving?

Misschien is dat het grootste probleem. We kijken allemaal naar de realiteit alleen vanuit onze eigen bril. Maar het is nu tijd, dat dat de Vlaming de werkelijkheid vanuit een andere bril bekijkt.

BEN JE TUSSEN 16 EN 26 JAAR OUD EN WOON/WERK/STUDEER JE IN BRUSSEL? MAIL JE BRIEF NAAR OVBRUSSELS@GMAIL.COM. WIE WEET WORDT HIJ GEPUBLICEERD IN DE MORGEN OF OP DE BLOG VAN BLERI LLESHI.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PAROLE AUTOCHTONE
Excellente initiative que celle du Morgen qui donne la parole aux allochtones, pardon à la jeunesse d'origine étrangère , puisque De Morgen a désormais banni le mot allochtone de son vocabulaire.
A lire cela on mesure le fossé qui sépare autochnones et allochtones. Il ne suffit pas en effet de savourer quelquefois un couscous rue de Moscou, d'aller boire de temps à autre un thé menthe brûlant à la Ruche, d'aller voir El Gusto ou de se déplacer en métro pour vaincre la nature profonde des préjugés qui séparent les Belges de souche de leurs compatriotes issus de l'immigration.
C'est un travail de très longue haleine,une tâche cyclopéenne qui incombe d'abord à l'école, laquelle s'en acquitte plutôt mal.
MG

Kerstmis is dien dag dat ze niet schieten

Kerstmis is dien dag dat ze niet schieten
Wannes Van De Velde


Kerstmis is dien dag dat ze niet schieten
Dat er geen bommen uit de lucht worden gestrooid
Dat mitrailleurs van hun verdiende rust genieten
En de kanonnen met een kerstboom zijn getooid

Het is ¹t feest van dagen en maanden
Ter ere van de zon
Zo vertellen ons de boeken zwart op wit
De roomse kerk leg het anders uit
Die zegt ons dat ¹t begon
Metteg' een stalleke in 't Palestijns gebied

Maar dat zijn alle interpretaties
Van dis feest van goeie wil
Want onzen taak is toch voor alles militair
En de stilte van de nacht
Die nu heel aardig wordt genoemd
Wordt geleverd door de killers van de la guerress

Kerstmis is dien dag dat ze niet schieten
Dat er geen bommen uit de lucht worden gestrooid
Dat mitrailleurs van hun verdiende rust genieten
En de kanonnen met een kerstboom zijn getooid

Spreek me niet meer van de drei keuningen dat is de naventrant
De drei commando's das wel meer in onze geest
Maar de soldaten van Heraudes
Ja, die vind ik wel plesant
Dat zijn eig'lijk de groot' helden op deis feest

Maar hou de herderkens erbuiten
Want die zijn niet bij d'n troep
Die kunnen zeker nog niet mijn uit de granaat
En de moeder van het kindeke
Zucht in 't midden van die roep
Mijne zeun wordt binnen twintig jaar soldaat

Kerstmis is dien dag dat ze niet schieten
Dat er geen bommen uit de lucht worden gestrooid
Dat mitrailleurs van hun verdiende rust genieten
En de kanonnen met een kerstboom zijn getooid
En de kanonnen met een kerstboom zijn getooid


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

"UNE REVOLUTION RADICALE S'IMPOSE. UNE REVOLUTION EUROPEENNE DE GRANDE AMPLEUR. UNE UNION FEDERALE DOIT VOIR LE JOUR, L'EUROPE DES EUROPEENS"

DIEN DAG DAT ZE NIET SCHIETEN

"Noël c'est ce jour unique où ils ne nous canardent pas,

et que leurs pruneaux ne s'abattent pas sur nous en gerbes;

les mitrailleurs savourent le repos du guerrier

et les guirlandes transforment les canons en sapins de Noël "

Il y aura bientôt septante ans que l'Europe a oublié le son des canons,
le bruit des bottes et des mitrailleuses."
"Ayons cependant à l'esprit que la paix en Europe n'est pas acquise une fois pout toutes (Cohn Bendit-Verhosstadt, Debout l'Europe, p. 35.)
"Prenons conscience que "notre patrie est aujourd'hui l'Europe" (39)
"Prenons conscience de l'incapacité des traditionalistes et des populistes à produire autre chose que des fantasmes" (p.40)
"Réjouissons-nous du multiculturalisme des sociétés." (p. 42)
Méditons ensemble la belle parole de Gandhi: "le monde est assez riche pour satisfaire les besoins de chacun mais pas l'avidité de tous." (46)
"Ne tombons pas dans le piège de l'identité nationale". (53)
"Ne vous demandez pas ce que l'Europe peut vous apporter mais ce que vous pouvez apporter à l'Europe" (58)
"Il n'y a pas de compromis possible. Soit nous optons résolument pour une Europe fédérale ou "les Etats Unis d'Europe" ; soit nous retomberons dans nos errements nationalistes. "(60)
"Une révolution radicale s'impose. Une révolution européenne de grande ampleur. Une Union fédérale doit voir le jour, l'Europe des Européens" (67)
"Guy et moi on n'est pas du même bord politique, mais on se bat ensemble pour obtenir un espace politique européen où s'exprimer pleinement" (91) (...) On n'a pas toujours les mêmes avis sur les politiques à mener , mais nous nous prononçons toujours en fonction d'une certaine vision de l'Europe" (109)
Il faut proposer aux citoyens une vision claire de l'avenir, ce que nous appelons la "révolution post nationale", susceptible de nous sortir de la crise"
Mais si cette vision n'est pas soutenue par les peuples, elle n'a aucune chance d'aboutir " (126)
"Il s'agirait là d'un progrès civilisationnel" (146)
"Ce n'est pas par la guerre mais par le vécu commun que nous créerons ce sentiment d'appartenance" (154)
L'Europe fédérale est ce que nous appelons une "utopie plausible". (155)
"L'émancipation des Européens sera l'oeuvre des Européens eux-mêmes" 155)

Deux guerres mondiales ont mis l'Europe à genoux. Les trente glorieuses lui ont permis de se reconstruire, les trente calamiteuses qui ont suivi, l'ont précipitée dans l'endettement, seuleplanche de salut pour sauver l'Etat providence.
Les Européens sont à nouveau sur les rotules. Ils veulent moins d'Europe. Ils ont tort et ont besoin de plus d'Europe, bien au contraire.
Comment les en persuader?
MG


lundi 24 décembre 2012

LE DISCOURS DU ROI: SEVERE, REALISTE ET VOLONTARISTE


Albert II a beaucoup d'intuition. Plus que feu son frère, il se fait l'écho des préoccupation du Belge moyen, quelle que soient ses convictions et ses origines.
Certes ce discours a des accents Di Rupéens, mais surtout, il porte la griffe royale de celui qui s'adresse en ce jour de Noël au peuple belge.
Ce discours est en effet royal dans tous les sens du terme: c'est un discours juste et plus que jamais de circonstance.
D'emblée il nous invite à "réfléchir ensemble à notre attitude face aux difficultés économiques et aux pertes d’emplois." avec une allusion non voilée à Ford Genk.
Albert II s'adresse "aux hommes et aux femmes de ce pays, sans distinction d'origine, de race ou de langue" est à la fois très interculturel et très économique et social. De fait, "il y a péril en la demeure. "
Pour Albert II, il faut que " l'union refasse la force: tous les acteurs de la société belge doivent ensemble répondre aux défis de l’emploi."
Cela implique: une amélioration de la compétitivité de nos entreprises, par la réduction des charges sociales et la modération salariale, par une meilleure formation des jeunes (enseignement en alternance, un enseignement scolaire joint à une formation en entreprise, une revalorisation de l’enseignement technique) par la recherche et la mise en oeuvre des innovations
Il faudra du cran pour rétablir "graduellement et de manière soutenable, à tous les niveaux, l’équilibre de nos finances publiques." Il s'agit "pour les pays de la zone euro, de poursuivre le nécessaire redressement budgétaire tout en organisant une relance équilibrée qui devrait être soutenue par l’Union Européenne."

Enfin et de manière caractéristique, Albert II veut que les jeunes s'ouvrent davantage "à l’Europe avec sa diversité et la richesse de ses cultures." (échanges Erasmus pour les étudiants et nouvelle école européenne à Laeken), Participer aux cultures différentes de notre continent, doit devenir "la chose la plus naturelle au monde dans l’Europe de demain" On ne saurait le dire mieux!
Mais attention à ne pas négliger "les plus vulnérables: 15 % de la population qui risque de tomber dans la pauvreté. Il faut faire preuve de solidarité et aussi d’imagination" (La Belgique s’est engagée à faire sortir au moins 380.000 citoyens de la pauvreté d’ici 2020)
Last but not least: En ces temps perturbés que nous vivons, soyons vigilants, et montrons-nous lucides face aux discours populistes qui s’efforcent de trouver des boucs émissaires. Ces discours existent aujourd’hui dans de nombreux pays européens et aussi chez nous.
La crise des années 30 et les réactions populistes de cette époque ne doivent pas être oubliées. On a vu le mal que cela fit à nos démocraties.
La N-VA, le Vlaams Belang et la Lijst Dedecker auraient d'excellentes raisons de se sentir visés.
On ne voit pas qui pourrait dire ou faire mieux que ce souverain qui vieillit mais demeure, plus que jamais dans son rôle, celui d'un arbitre qui pointe les poinst forts comme les faiblesses du pays sur lequel il pose un regard privilégié, celui d'un homme qui règne sans avoir la charge de gouverner.
Longue vie, très longue vie à ce souverain sage et lucide.
MG

Discours du Roi à l’occasion de Noël et du Nouvel An : 24 décembre 2012



Mesdames et Messieurs,

Tout d’abord, je voudrais m’adresser aux milliers de travailleurs qui cette année ont perdu leur emploi, que ce soit à Ford Genk, dans la sidérurgie wallonne ou ailleurs. Je comprends leur amertume et le désarroi de leurs familles.

Cette période de Noël et de Nouvel An nous donne l’occasion de réfléchir ensemble à notre attitude face aux difficultés économiques et aux pertes d’emplois.

Comme tous les pays européens, la Belgique n’est pas épargnée par la crise qui touche de nombreuses familles, même si notre pays y résiste mieux que la moyenne européenne.

Comment pouvons-nous réagir ?

1. Il me semble qu’une première réaction doit être, pour tous les acteurs de la société belge, d’unir leurs forces, pour présenter des réponses crédibles aux défis de l’emploi. Cela implique notamment une amélioration de la compétitivité de nos entreprises, ce que le gouvernement vient de favoriser par la réduction des charges des entreprises et la modération salariale. Un autre moyen est d’encourager une meilleure formation des jeunes par exemple par l’enseignement en alternance, c’est-à-dire un enseignement scolaire joint à une formation en entreprise. La revalorisation de l’enseignement technique contribuera également à améliorer encore cette formation. J’ai eu l’occasion de visiter certaines écoles techniques et j’ai été impressionné par la qualité de la formation qui y est dispensée.

Favoriser la recherche et la mise en œuvre des innovations, sont des moyens confirmés pour préparer la création des emplois de demain. Enfin, les partenaires sociaux, dans les domaines qui leur sont propres, peuvent aussi jouer un rôle important en élaborant des propositions communes en faveur de l’emploi.

2. Une deuxième réaction des autorités publiques sera de créer le cadre nécessaire à une reprise économique. Cela implique le courage de rétablir graduellement et de manière soutenable, à tous les niveaux, l’équilibre de nos finances publiques. Les autorités fédérales viennent de prendre des décisions importantes à ce propos.

3. Une troisième réaction doit à mon sens, se situer au niveau européen qui conditionne nos situations nationales. Là il s’agit, surtout pour les pays de la zone euro, de poursuivre le nécessaire redressement budgétaire tout en organisant une relance équilibrée qui devrait être soutenue par l’Union Européenne. Notre gouvernement s’est inscrit concrètement dans une telle approche positive, à la fois par ses décisions en Belgique et ses plaidoyers en Europe.

Outre la politique économique, veillons aussi à ce que nos jeunes développent de plus en plus cette ouverture à l’Europe avec sa diversité et la richesse de ses cultures. Je me réjouis à ce propos du succès des échanges Erasmus pour les étudiants. J’ai été frappé, lors de l’inauguration de la nouvelle école européenne à Laeken, de voir la joie des enfants de maternelle, du primaire ou du secondaire, venus de partout en Europe, et qui parlaient et chantaient en plusieurs langues. Pour eux, participer aux cultures différentes de notre continent, est la chose la plus naturelle au monde. Ils symbolisent l’Europe de demain.

4. Quatrièmement. En ces périodes difficiles, nous devons avoir une attention spéciale pour les plus vulnérables. Il est paradoxal de constater que dans un pays aussi prospère que le nôtre, on estime qu’il y a près de 15 % de la population qui risque de tomber dans la pauvreté. Il faut faire preuve de solidarité et aussi d’imagination pour favoriser de nouvelles voies de réintégration dans le monde du travail. La Belgique s’est engagée à faire sortir au moins 380.000 citoyens de la pauvreté d’ici 2020.

5. Cinquièmement. En ces temps perturbés que nous vivons, soyons vigilants, et montrons-nous lucides face aux discours populistes. Ils s’efforcent toujours de trouver des boucs émissaires à la crise, qu’il s’agisse de l’étranger ou des habitants d’une autre partie de leur pays. Ces discours existent aujourd’hui dans de nombreux pays européens et aussi chez nous.

La crise des années 30 et les réactions populistes de cette époque ne doivent pas être oubliées. On a vu le mal que cela fit à nos démocraties.

6. Enfin, malgré tant de graves préoccupations dans nos pays, restons ouverts à ce qui se passe dans le reste du monde, surtout là où nous pouvons exercer une influence. A ce sujet, je suis consterné de voir que les drames des populations dans l’Est du Congo se poursuivent, avec tant de violences et de réfugiés, et que l’intégrité du territoire Congolais n’est pas respectée. Par ailleurs, la récente tentative d’assassinat du Docteur Mukwege, qui soulage les souffrances de tant de femmes dans cette région, et qui a reçu il y a 2 ans le Prix Roi Baudouin, illustre de façon dramatique cette tragédie. Tous ces développements ne peuvent nous laisser indifférents.

Mesdames et Messieurs,

C’est de tout cœur que la Reine et moi, et notre famille, vous souhaitons à chacun et à chacune, quelle que soit votre situation, de passer des moments heureux avec vos proches en ces fêtes de Noël et de Nouvel An.

Meine Damen und Herren,

Die Königin, ich selbst, so wie unsere ganze Familie, wünschen Ihnen von Herzen, in welcher Lage Sie sich auch immer befinden mögen, daß Sie während der Feierlichkeiten zu Weihnachten und Neujahr, glückliche Momente mit Ihren Liebsten erleben dürfen.


dimanche 23 décembre 2012

Van heiligschennis beschuldigde Pakistaan in brand gestoken


De Morgen− Bron: belga.be

In de Zuid-Pakistaanse provincie Sindh heeft een woedende menigte een van heiligschennis beschuldigde man gedood door hem levend in brand te steken. De man was gisteren aan de politie overgedragen door een groep lokale inwoners, die hem ervan beschuldigde de islam te beledigen door Koranboeken te verbranden.

Volgens een plaatselijke functionaris bestormden dorpsbewoners het politiekantoor, waarna ze de man naar buiten brachten en levend verbrandden. Het incident vond plaats in een afgelegen dorp op ongeveer 225 kilometer ten noordoosten van Karachi. Volgens de lokale politiechef Ghulam Mustafa Tunio ging het om 200 woedende mannen, die de weinige van dienst zijnde agenten overrompelden. Een tiental mensen werd al opgepakt op verdenking van moord, terwijl enkele agenten beschuldigd zijn van nalatigheid.

Ook in juli werd een man levend verbrand in de stad Bahawalpur, omdat hij de Koran ontheiligd zou hebben. Volgens onofficiële schattingen zijn sinds 1986 minstens veertig mensen omgebracht voor heiligschennis. Dat jaar voerde Pakistan omstreden wetten op heiligschennis in. Overtreders riskeren de doodstraf.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
AU NOM DU FANATISME
Décidément, le XXIème siècle risque vraiment de devenir le siècle du fanatisme. En cela le XXème lui offrit une assez bonne initiation.
MG

Islam et hérésies, l'obsession blasphématoire
Haytham Manna
L'Harmattan, 1997

La pensée libre n'existe pas dans le monde musulman actuel mais il n'en a pas toujours été ainsi. Haytham Manna relate dans cet ouvrage riche et très instructif l'épopée des zindiq et autres hérétiques dans les temps anciens de l'islam. Pourtant, l'existence d'opinions alternatives sur l'islam et les religions, à Bagdad vers les 8ème - 9ème siècles, n'implique pas que ces penseurs aient joui d'une existence aisée. L'histoire de la zandaqa (l'hérésie) est aussi l'histoire sanglante de sa persécution. On sait, depuis, qui eut le mot de la fin et ceux-là sont toujours actuellement aux postes de commandements.

Haytham Manna ne limite pas son étude à la persécution des libres penseurs (athées, agnostiques ou adeptes d'autres interprétations de la religion) mais examine de multiples comportements compris comme blasphématoires. C'est d'abord l'association d'autres divinités à Allah. Le credo musulman, qui surprend par sa simplicité ("il n'y a de dieu que Dieu"), rejette comme impie l'idolâtrie des païens, le polythéisme plus organisé et, enfin, le christianisme qui à Dieu associe un fils. Le blasphème procède aussi de la phobie d'un sexe libéré des entraves de la religion, en vertu de la règle inhérente à tous les monothéismes que c'est par la culpabilisation de l'individu dans ce qu'il a de plus intime qu'est le mieux assurée sa servitude à la caste des gourous.

Autre point détaillé par l'auteur, qui ici revêt son titre de médecin psychosomaticien, celui des comportement hystériques, des hallucinations où sont mis en scène les djinns, ces êtres fantastiques qui peuplent la mythologie musulmane. Les exemples présentés ne sont pas exhumés d'un passé lointain mais observés à l'époque actuelle. Principales et dramatiques victimes de ces croyances, les femmes contraintes à des mariages forcés. L'imposition d'un ordre patriarcal a tôt fait de les précipiter dans des troubles mentaux ; le conservatisme et l'ignorance des proches n'identifiera pas la soumission absolue de la femme aux coutumes familiales comme la cause réelle de ces perturbations psychiques. Pour conclure, l'auteur dénonce avec vigueur le djihad, cette guerre sainte qui accompagne une conception de l'Etat qu'il qualifie de "projet fascisant".


Bruxelles: un projet ambitieux pourrait bouleverser le haut de la ville


A Bruxelles, le haut de la ville pourrait changer de visage. Le gouvernement bruxellois a donné son accord de principe pour un projet ambitieux: recouvrir la Petite Ceinture entre les places du Trône et Louise.
Couvrir la Petite Ceinture sur une distance d'un kilomètre et demi, entre Trône et Louise. Ce projet ambitieux est soutenu par les ministres Picqué (aménagement du Territoire), Cerexhe (Economie) et Grouwels (Travaux Publics). L'objectif principal est de désengorger le quartier du trafic, et par la même occasion rendre les lieux à leur vocation commerciale.
MEILLEURE DYNAMIQUE COMMERCIALE
L'idée principale est de créer un piétonnier géant dédié aux piétons et aux vélos. Les ministres à l'origine du projet estiment que le nouveau quartier permettra une meilleure dynamique commerciale. Le boulevard de Waterloo, qui abrite les boutiques de luxe et l'avenue de la Toison d'Or avec ses magasins plus abordables, seront ainsi reliées. Les piétons pourront passer d'un côté à l'autre de la chaussée sans devoir contourner un tunnel et affronter un flot de voitures ininterrompu.
RACCORDEMENT SOUTERRAIN
Si un piétionnier permettrait la création de nouveaux commerces, il offrirait aussi la possibilité de désengorger cet axe, notamment avec un raccordement souterrain entre le Tunnel Louise et la Porte de Hal destiné à désengorger le goulet Louise.
Un tel projet n'est évidemment pas gratuit. Le coût de la couverture de la petite ceinture est estimé à au moins à 107 millions d'euros. La région n'a pas vraiment les moyens de se l'offrir. Un partenariat entre les secteurs public et privé est dès lors envisagé. Le projet devrait voir le jour à l'horizon 2020.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ENFIN UN PROJET
​Autrefois c'est à dire avant les grands chantiers de 1958 destinés à drainer les flots d'automobiles vers l'expo 58, il y avait quatre rangées de platanes en cet endroit. C'était somptueux.
Globalement l'idée de recouvrir la tranchée automobile est excellente. Il faut espérer qu'on ne s'achemine pas vers un remake du chantier Flagey: huit ans pour accoucher d'un projet hybride.
Mais ne boudons pas notre plaisir: enfin un projet digne de la capitale de 500 millions d'Européens.
MG

samedi 22 décembre 2012

Ultieme Hallucinatie opnieuw open


JCO © brusselnieuws.be
Café-restaurant De Ultieme Hallucinatie in Sint-Joost opent opnieuw de deuren. Dat bevestigt de eigenaar aan brusselnieuws.be. Het etablissement sloot drie jaar geleden de deuren, nadat de vorige eigenaar was overleden.

De commerciële opening is voorzien voor 3 januari. Aan het concept verandert niets, zegt Köse aan brusselnieuws.be. “We hebben de zaak opgefrist en opnieuw geschilderd”, zegt hij. “Maar aan het principe van de zaak wordt niet geraakt.” Het zijn niet de eerste stappen van Köse in de horeca. Met zijn vrouw baat hij op de Haachtsesteenweg al een Turks theesalon uit.
Net als voorheen wordt op de beneden- en de eerste verdieping een restaurant uitgebaat. Een deel van het personeel was ook al actief in de vorige incarnatie van het café-restaurant.
Köse kocht de zaak afgelopen zomer voor de som van 2,5 miljoen euro. De verkoop van het pand sleepte jarenlang aan, de vraagprijs voor het pand bedroeg 3 miljoen. De zaak sloot in december 2009 de deuren nadat de vorige eigenaar was overleden.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
L'ULTIME?
Au lieu de se réjouir de la réouverture d'un des plus beaux cafés de Bruxelles et sans doute le plus original, quelques internautes flamands chagrins ergottent sur l'appartenance FDF du nouveau propriétaire. Ils craignent que le nom flamand ne disparaisse.
Il lui faudra vendre pas mal de cafés, d'assiettes froides et de spagettis bolo avant de rentabiliser les deux millions et demi d'euros investis. On ne remerciera jamais assez les anciens propriétaires d'avoir eu le génie de faire de cet endroit ce qu'il est devenu.
Cela dit, vouloir que ce lieu conserve son ancrage flamand est aberrant. Souhaitons au contraire que ce lieu mythique devienne the intercultural place to be.
On ne voit pas pourquoi le nouveau patron turc ne donnerait pas une touche interculturelle à ses assiettes.


Cet hôtel de maître a été construit au milieu du 19ième siècle. En 1904 le proprietaire Cohn-Donnay donnait à l'architecte Paul Hamesse (1877-1956) la tâche de renover la maison dans le style Art nouveau géométrique. Le 18 décembre 1981, après la restauration et la rénovation, les nouveaux proprietaires ont ouvert "De Ultieme Hallucinatie".

Au restaurant, il y a trois parties.
• A l'avant un salon Art nouveau empire
• au milieu le style inspiré par l'architecte écossais Charles Rennie Mackintosh
• la salle à manger dans le style Art nouveau français, avec son armoire ornée de lumières aux cristaux de montagnes bruts. Ce qui est extraordinaire dans la maison sont les divers câche-radiateurs en cuivre signé par L. Rion.
L'ancien jardin a été transformé en brasserie, les motifs de rocher ont été gardés (le romantisme du fin de siècle 1900) et la verrière est devenue le comptoir. Les banquettes de train ont été conçues par Henry Vandevelde pour les chemins de fer dans les années 1930.
L'orangerie à été construite en 1887 dans le style néo classique, la coupole en style Art nouveau a été également ajouté en 1904. Maintenant c'est un endroit idéal pour des conférences et des diners. Au premier étage se tenaient des réunions d'une loge juive, on retrouve le parloir avec sa marqueterie en Art nouveau.


Le chauffeur d'Emir Kir condamné pour trafic international d'armes


Belga
Défendu par Me Marc Uyttendaele, Kemal Camsari avait demandé son acquittement.
Le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné vendredi Kemal Camsari, chauffeur et parent par alliance d'Emir Kir (PS), à 30 mois de prison dont la moitié avec sursis pour trafic international d'armes, rapporte l'hebdomadaire Le Vif sur son site internet.
Libéré en cours de procédure, M. Camsari avait repris du service auprès du nouveau bourgmestre de Saint-Josse-ten-Noode. Le parquet fédéral a mis au jour en mai dernier un trafic d'armes entre la Serbie et la Belgique avec le concours de Serbes, de Belgo-Turcs et d'un Franco-Algérien, la plupart, originaires de Saint-Josse-ten-Noode. Les armes et munitions étaient destinées aux milieux criminels de Bruxelles, Charleroi et Anvers.
Les services de police sont intervenus lors du troisième trajet organisé par la bande. Des armes ont été saisies: 9 kalachnikovs, 10 grenades, des lance-roquettes, 600 cartouches pour armes de guerre.
Les deux responsables de la bande ont été condamnés à six ans de prison. Défendu par Me Marc Uyttendaele, Kemal Camsari avait demandé son acquittement.
Il a justifié les 44.000 euros trouvés en sa possession par le remboursement d'un prêt qu'il aurait consenti à l'un des deux responsables présumés de la bande. Le tribunal a établi le rôle de chaque membre de cette organisation criminelle, y compris celui du chauffeur d'Emir Kir. L'enquête judiciaire n'avait pas décelé d'indices d'une connivence suspecte entre l'homme politique et son chauffeur.
Douze personnes étaient inculpées dans cette affaire. A l'exception d'un individu en aveu mais qui minimisait les faits, les condamnés iront probablement en appel.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
COINCIDENCE
Tour rapport avec une éventuelle affaire Vander Biest ou toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.

jeudi 20 décembre 2012

Les trois clés de l’avenir

selon Jacques Attali
Paru dans L'Express Pour comprendre où va une nation, on utilise en général des projections économiques, celles du PIB pour l’essentiel, à la valeur plus qu’incertaines. Bien d’autres paramètres en disent plus sur l’avenir d’un pays que des statistiques virtuelles. Et, parmi eux, trois domaines, trois champs d’activité, trois productions, que j’étudie toujours quand je cherche à comprendre où va une nation : La démographie, la cuisine et la musique.
L’un renvoie à l’essence de la vie, l’autre aux nourritures du corps, et l’autre à celles de l’esprit.
La démographie nous dit tous des rapports entre les générations, les structures des familles, et les relations entre les sexes ; elle nous dit la taille d’une nation, sa dynamique, sa capacité à se renouveler. Son évolution est assez aisée à prédire, ainsi que ses conséquences sur les rapports de force idéologiques et politiques.
La cuisine nous dit tout des grands invariants d’une nation : la diversité de ses sols et de ses paysages ; de ses animaux et de ses végétaux ; la façon dont les femmes pensent leurs rapports au monde et comment encore leur mode de vie est appréciée par le reste du monde.
La musique nous dit tout de sa créativité, de sa joie de vivre, de sa révolte, de son sens de la transcendance et de la beauté, des relations entre le peuple et les élites et de sa capacité à faire rêver le reste du monde.
Les façons dont ses trois productions se nourrissent d’éléments venus d’ailleurs et s’exportent, et le métissage culturel ou ethnique dont elles sont capables, disent beaucoup des devenirs de ces peuples : En particulier, je ne crois pas à l’avenir de nations dont la population est vieillissante, et/ou dont la cuisine est ennuyeuse et/ou dont la musique n’est pas audible par d’autres qu’elles.
Naturellement, pour la musique comme pour la cuisine, il n’y a pas de critère objectif, et il faut se garder d’en rester à une vision occidentalo-centrique. Il n’empêche : l’universalité est un fait objectif.
Peu de peuples ont eu à la fois une population jeune, une cuisine universellement appréciée, une musique jouée sur toute la planète. Ce fut le cas, toute proportion gardée, à certaines époques, des Grecs, des Romains, des Vénitiens, des Français, des Anglais ou des Américains. Les Etats-Unis, s’ils ont encore la jeunesse et la musique, n’ont plus de cuisine qu’une malbouffe à vocation universelle.
Quelques pays réunissent deux de ses conditions. C’est le cas (musique et jeunesse) des Etats-Unis, du Sénégal, du Brésil, de Cuba, de la Jamaïque ; c’est aussi le cas (jeunesse et cuisine) de l’Inde, de la France, du Maroc, de la Thaïlande ; et c’est enfin le cas (musique et cuisine) de l’Italie.
D’autres n’en ont qu’une, qui est la cuisine (la Chine ou le Japon), la jeunesse (Turquie ou Indonésie) ou la musique (Grande Bretagne).
D’autres n’en ont, à mon sens, aucune comme l’Allemagne, la Russie ou la Corée.
Je n’en déduirai assez volontiers que quelques conséquences inattendues. Par exemple :
La France n’a plus de grande musique depuis qu’elle a réprimé toutes ses cultures populaires, de peur qu’elles ne remettent en cause son unité ; au contraire, sa cuisine a réussi à survivre, parce qu’elle est liée à l’irrépressible diversité des paysages et des climats. Sa musique n’est pourtant pas loin d’être universelle, par ses producteurs et ses dj, plus que par ses compositeurs. Plus généralement, cela nous dit qu’une décentralisation réussie serait une condition du retour de la créativité et de la croissance française.
La Chine, comme le rappelle le caractère si particulier de sa musique, n’a jamais eu d’ambition universaliste, et sera amenée, en raison de son évolution démographique, à réorienter ses investissements vers l’intérieur. Elle ne sera donc pas un rival des Etats-Unis pour la domination du monde.
Les Etats-Unis, eux, pourront maintenir ou retrouver leur imperium s’ils sont capables de redonner vie à leurs territoires, de protéger leur environnement et de revenir à une agriculture diversifiée.
L’Inde, si elle est capable d’exporter sa musique, en la rendant encore plus audible au reste du monde, et si elle est mieux capable de formuler ses idéologies en fonction de ce que peut entendre le reste du monde, peut devenir une puissance planétaire.
En attendant que l’Afrique, (quand elle aura réussi à produire une nourriture abondante et variée sur ses immenses terres cultivables, dont les 4/5 sont aujourd’hui en jachère), devienne la première puissance du monde.
j@attali.com


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRUXELLES POSSEDE LES TROIS ATOUTS
Selon de tels critères, Bruxelles a tous les atouts pour réussir brillamment dans l'ère nouvelle qui s'annonce. Une démographie explosive, une gastronomie omniprésente et un foisonnement musical interculturel sidérant.
Et pourtant Bruxelles ne décolle pas...

Qu'est ce qui lui manque? Clairement: une bonne gouvernance.
Le gros problème de Bruxelles c'est le saupoudrage des moyens en raison du grand éparpillement des pouvoirs politiques.
" Les façons dont ses trois productions se nourrissent d’éléments venus d’ailleurs et s’exportent, et le métissage culturel ou ethnique dont elles sont capables, disent beaucoup des devenirs de ces peuples"
Reste que ce qui fait le plus défaut à Bruxelles et on se tue à l'écrire c'est la dynamique interculturelle qui mélange tout cela pour faire de cette jeunesse une jeunesse européenne et cosmopolite, de cette gastronomie un melting pot gourmand et de cette musique une sorte de jazz à la bruxelloise.
MG