vendredi 28 décembre 2012

Discours royal : Maingain salue un « discours courageux »


Belga et Le Soir
Parmi les réactions qui font suite au discours de Noël du roi Albert II, le président du FDF Olivier Maingain a pris la défense de souverain, saluant « la pertinence de l’analyse posée par le discours royal ».

Le président du FDF, Olivier Maingain, a pris la défense du « discours courageux » prononcé par le roi Albert II à l’occasion de la Noël, prenant le contre-pied de la N-VA qui en avait profité pour rappeler son souhait d’abolir les pouvoirs du souverain.
« Les réactions, principalement au nord du pays, à la suite du discours courageux du chef de l’État, sont révélatrices d’une dérive d’une partie de l’opinion publique flamande qui n’accepte plus la moindre critique par rapport à ses choix nationalistes et populistes. Ceci confirme la pertinence de l’analyse posée par le discours royal », a souligné M. Maingain dans un communiqué.
Pour le président des Fédéralistes démocrates francophones, « cette tendance au repli identitaire, accompagnée d’un refus d’assumer les solidarités en période de crise, n’est pas propre à un certain courant politique en Flandre mais est malheureusement répandue dans plusieurs régions d’Europe et partagée par des forces politiques nationalistes ou régionalistes qui menacent le devenir de l’Union européenne ».
« En faisant un rappel historique judicieux, le chef de l’État n’a ni commis une comparaison outrancière ni tenu un propos excessif. Il a eu l’audace de la clarté salutaire en ces moments d’avenir incertain pour la construction de l’Europe », a ajouté M. Maingain.
« Même si les discours royaux sont généralement rédigés par un membre de son cabinet et approuvés par le Premier ministre, en l’occurrence, le discours royal, par son contenu éminemment politique, au sens le plus noble, doit être avalisé par le gouvernement dans son ensemble. A défaut, le gouvernement ne serait pas à la hauteur de l’importance du message royal », a conclu le président des FDF.
Belga

COMMENTAIRE DE DIVERITY
IL Y A DEUX EUROPE COMME IL Y A DEUX BELGIQUES
C'est sans doute la première fois que nous adhérons au propos de Olivier Maingain. Mais de fait, il a tout à fait raison dans son analyse, singulièrement pour ce qui concerne l'évolution au niveau européen où les fourmis Germania, Hollandia, Flandria et autres jettent la pierre aux cigales méditerranéennes.
Comme toujours, la Belgique est une Europe en réduction, à la fois latine (les cigales) et germanique (les fourmis).
Jacques Delors vient d'inviter les Britanniques à se retirer de l'Europe. Bravo. Sans un minimum de solidarité l'intégration européenne est un leurre. Cohn Bendit-Verhofstadt ne disent pas autre chose dans leur pamphlet "debout l'Europe"
Ce discours royal est un électrochoc pour les Belges mais également pour les Européens.
Un peu comme le fut le grand air de le Muette de Portici
"Amour sacré de la Patrie
Rends-nous l'audace et la fierté
À mon pays je dois la vie
Il me devra la liberté"
Oui,l'allusion à la montée des périls qui rappelle les années trente est parfaitement pertinente.
En général on dénonce la fadeur des discours royaux, leur reprochant l'obsession du consensus.
Oui, le roi est sorti de sa réserve en mettant les Belges en garde face à la montée de la menace populiste.
MG

Les années 30, le miroir

Pascal Martin
Albert II renvoie aux années 30. Parfum de guerre. Info ou intox ?
Les populistes ont connu une série d’impressionnants succès en Europe depuis une vingtaine d’années. Leur acharnement à combattre les structures démocratiques en place est-il susceptible de les conduire au pire, à la manière du nationaliste flamand Staf De Clerq qui accueillit l’Occupation allemande à bras tendu.
Des discours populistes » qui « s de nombreux pays européens et aussi chez nous », alors que « la crise des années 30 et les réactions populistes de cette époque ne doivent pas être oubliées ».
En réservant quelques lignes de son allocution de Noël aux « discours » et « réactions populistes », le roi Albert II a ému plus d’un nationaliste flamand. Ce n’était pas une première. Mais en se référant aux années 30, il a en quelque sorte ajouté un facteur aggravant, puisque les « populistes » – mot fourre-tout dans lequel on peut ranger une large gamme d’acteurs de l’antidémocratie – ont conduit alors l’Europe et le monde à la guerre. Bilan : cinquante millions de morts, militaires et civils.
Le Roi n’a-t-il fait qu’agiter avec ce discours un épouvantail outrancier ? Ou au contraire la référence aux années 30 est-elle plus indiquée que jamais ? La réponse à ces questions est moins évidente qu’il n’y paraît. Si les historiens n’aiment pas les anachronismes, jugeant chaque situation unique en soi, ils savent aussi que l’Histoire a ses tendances lourdes, qu’elle repasse les plats. Aux politiques d’éviter qu’elle ne s’étrangle.

© D.R.

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