lundi 24 décembre 2012

LE DISCOURS DU ROI: SEVERE, REALISTE ET VOLONTARISTE


Albert II a beaucoup d'intuition. Plus que feu son frère, il se fait l'écho des préoccupation du Belge moyen, quelle que soient ses convictions et ses origines.
Certes ce discours a des accents Di Rupéens, mais surtout, il porte la griffe royale de celui qui s'adresse en ce jour de Noël au peuple belge.
Ce discours est en effet royal dans tous les sens du terme: c'est un discours juste et plus que jamais de circonstance.
D'emblée il nous invite à "réfléchir ensemble à notre attitude face aux difficultés économiques et aux pertes d’emplois." avec une allusion non voilée à Ford Genk.
Albert II s'adresse "aux hommes et aux femmes de ce pays, sans distinction d'origine, de race ou de langue" est à la fois très interculturel et très économique et social. De fait, "il y a péril en la demeure. "
Pour Albert II, il faut que " l'union refasse la force: tous les acteurs de la société belge doivent ensemble répondre aux défis de l’emploi."
Cela implique: une amélioration de la compétitivité de nos entreprises, par la réduction des charges sociales et la modération salariale, par une meilleure formation des jeunes (enseignement en alternance, un enseignement scolaire joint à une formation en entreprise, une revalorisation de l’enseignement technique) par la recherche et la mise en oeuvre des innovations
Il faudra du cran pour rétablir "graduellement et de manière soutenable, à tous les niveaux, l’équilibre de nos finances publiques." Il s'agit "pour les pays de la zone euro, de poursuivre le nécessaire redressement budgétaire tout en organisant une relance équilibrée qui devrait être soutenue par l’Union Européenne."

Enfin et de manière caractéristique, Albert II veut que les jeunes s'ouvrent davantage "à l’Europe avec sa diversité et la richesse de ses cultures." (échanges Erasmus pour les étudiants et nouvelle école européenne à Laeken), Participer aux cultures différentes de notre continent, doit devenir "la chose la plus naturelle au monde dans l’Europe de demain" On ne saurait le dire mieux!
Mais attention à ne pas négliger "les plus vulnérables: 15 % de la population qui risque de tomber dans la pauvreté. Il faut faire preuve de solidarité et aussi d’imagination" (La Belgique s’est engagée à faire sortir au moins 380.000 citoyens de la pauvreté d’ici 2020)
Last but not least: En ces temps perturbés que nous vivons, soyons vigilants, et montrons-nous lucides face aux discours populistes qui s’efforcent de trouver des boucs émissaires. Ces discours existent aujourd’hui dans de nombreux pays européens et aussi chez nous.
La crise des années 30 et les réactions populistes de cette époque ne doivent pas être oubliées. On a vu le mal que cela fit à nos démocraties.
La N-VA, le Vlaams Belang et la Lijst Dedecker auraient d'excellentes raisons de se sentir visés.
On ne voit pas qui pourrait dire ou faire mieux que ce souverain qui vieillit mais demeure, plus que jamais dans son rôle, celui d'un arbitre qui pointe les poinst forts comme les faiblesses du pays sur lequel il pose un regard privilégié, celui d'un homme qui règne sans avoir la charge de gouverner.
Longue vie, très longue vie à ce souverain sage et lucide.
MG

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