vendredi 7 décembre 2012

Reynders: Où est le chat de Flémalle ?

Francis Van de Woestyne et Mathieu Colleyn

"J’ai osé dire que dans certains quartiers l’intégration était un échec. J’ai rarement été traité de cette façon-là dans certains éditoriaux."
Le vice-Premier ministre Didier Reynders et le chef des députés régionaux bruxellois du MR Vincent De Wolf se sont partagé les responsabilités pour l'avenir du parti à Bruxelles. Ils avaient présenté, mi-novembre, un ticket "de rassemblement" pour la présidence de la régionale, avant les élections de 2014. M. Reynders briguera la présidence de la régionale bruxelloise et la tête de liste pour les législatives de 2014. Le chef de groupe au parlement bruxellois et bourgmestre d'Etterbeek Vincent De Wolf est pour sa part proposé comme tête de liste aux régionales de 2014 et secrétaire politique de la régionale. Entretien.

Quelle est votre ambition ? Vous jouez sur deux tableaux. Vous conduirez la liste du MR aux élections fédérales mais vous sous-entendez que vous pourriez aussi diriger le futur gouvernement bruxellois.
La fonction, ce sera autre chose. Il n’y a pas deux tableaux. Je ne suis pas venu à Bruxelles totalement par hasard. Les libéraux ont l’ambition d’être la première force politique. C’est jouable. Je garde cette idée que le centre de gravité peut bouger mais l’important c’est ce qu’on en fait. Je suis très frappé. Quand la Flandre va à l’étranger, elle met Bruxelles sur sa carte. Et les francophones s’en offusquent. Mais les Bruxellois à l’étranger, je ne les vois pas. Ou c’est très rare. Bruxelles n’est pas seulement l’enjeu de conflits, c’est le vrai ciment. André Cools racontait souvent la légende du chat de Flémalle, un chat unique au monde qui arrivait à sortir le lait du café au lait. Bruxelles, c’est un peu cela : elle est tellement liée à la Belgique que même des nationalistes n’arrivent pas à clairement dire ce qu’ils veulent : doivent-ils se passer de Bruxelles ou non ? Bruxelles est l’élément moteur de ce que l’on peut encore faire ensemble. C’est pour cela que je veux porter une ambition pour la capitale. Mais Bruxelles fera-t-elle partie d’un débat fédéral majeur ou aura-t-elle un rôle plus spécifique à jouer ? S’il y a un basculement du centre de gravité de l’Etat fédéral vers les Régions, Bruxelles aura peut-être un rôle particulier. C’est pour cela que je suis candidat à la présidence de la régionale de Bruxelles du MR mais Vincent De Wolf s’occupera du volet régional. Regardez ! L’ambition de beaucoup de membres du gouvernement bruxellois était de le quitter pour s’occuper de leur commune. L’on se demande qui pourrait porter cette ambition et on me cite des gens que je ne connaissais pas (il évoque ici la succession du ministre-Président Charles Picqué, NdlR). Il y a quelque chose à faire. Avant les vacances, j’ai osé dire que dans certains quartiers l’intégration était un échec. J’ai rarement été traité de cette façon-là dans certains éditoriaux. Or je lis que des études démontrent que notre pays est un de ceux dans lesquels l’intégration est la moins réussie. La solution à Bruxelles, c’est l’intégration.
On va donc assister à Bruxelles à une joute entre le socialiste Rudi Vervoort et le libéral Vincent De Wolf.
Je veux porter une ambition pour Bruxelles. Et je pense que l’on entendra aussi Laurette Onkelinx et Joëlle Milquet à partir du fédéral. On ne doit pas nécessairement être élu à la Région pour s’occuper de la Région. On ne peut pas réduire le débat bruxellois en Belgique à ce qu’est aujourd’hui l’institution régionale.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE RECONQUISTA
C'est évident, la grande ambition libérale: reconquérir Bruxelles. Son joker: Didier Reynders. L'ennui, c'est que l'homme n'est pas vraiment populaire et les Bruxellois détestent les parachutages, Laurette Onkelinx l'apprit à ses dépens à Schaerbeek et Daniel Ducarme dans la même commune quelques années auparavant.
Ce dernier ne s'autoproclama-il pas ministre-président en délogeant le Bruxellois Jacques Simonet de son siège?
C'est donc un pari risqué, mais à vaincre sans péril,on triomphe sans gloire.

On retiendra que :"Bruxelles est l’élément moteur de ce que l’on peut encore faire ensemble. C’est pour cela que je veux porter une ambition pour la capitale. Mais Bruxelles fera-t-elle partie d’un débat fédéral majeur ou aura-t-elle un rôle plus spécifique à jouer ? S’il y a un basculement du centre de gravité de l’Etat fédéral vers les Régions, Bruxelles aura peut-être un rôle particulier."

Et on se souviendra que les relations entre Maingain et Reynders étaient excellentes ce qui laisse augurer d'une réconciliation entre ces deux forces politiques bruxelloises.
MG



Aucun commentaire: