vendredi 14 décembre 2012

Un procès Lumumba en Belgique ? La famille veut le soutien de la RDC

Belga

La famille du Premier ministre congolais Patrice Lumumba, assassiné en 1961, souhaite que le gouvernement de Kinshasa l’appuie dans le procès qui pourrait avoir lieu en Belgique.
• Patrice Lumumba à Léopoldville en 1960. Archive Belga

Plus de cinquante ans après les faits, la justice belge a annoncé mercredi qu’elle allait lancer une enquête sur l’assassinat de M. Lumumba, un des héros des indépendances africaines toujours populaire aujourd’hui et dont la famille met en cause dans sa mort d’ex-responsables belges, estimant que l’ex-Congo belge était alors plongé dans un conflit armé et que la mort de M. Lumumba pouvait dès lors être considérée comme un crime de guerre.
La loi belge de « compétence universelle » autorise en effet les tribunaux belges à poursuivre une personne soupçonnée de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité ou de génocide si les plaignants ou l’accusé ont un lien avec la Belgique.
Après la prise du pouvoir par Joseph-Désiré Mobutu, M. Lumumba fut assassiné le 17 janvier 1961 après avoir été déporté au Katanga, province minière qui fit un temps sécession avec le soutien de la Belgique, l’ancienne puissance coloniale.
« Nous avons matérialisé l’affaire Lumumba en portant plainte (devant la justice belge, NDLR), et il y a un début d’aboutissement. Ce n’est pas parce que le dossier est ouvert que l’affaire est résolue.
Nous aimerions que ça ne soit pas seulement une histoire de famille, c’est l’histoire de toute une nation », a affirmé l’un des fils de Patrice Lumumba, Roland, à Radio Okapi, parrainée par l’ONU.
« Ca m’étonne que nos autorités n’aient pas initié quoi que ce soit depuis que les Belges avaient (reconnu) leurs responsabilités. Voilà le moment qu’ils peuvent se racheter et nous appuyer pour pousser ce dossier le plus loin possible », a-t-il ajouté en tant que président de la fondation portant le nom de son père, un des héros de l’indépendance de l’actuelle République démocratique du Congo (RDC).
La famille de Patrice Lumumba avait déposé plainte contre une dizaine de Belges en juin 2011. Elle les accuse de complicité de cet assassinat.
Une commission d’enquête parlementaire belge avait conclu en 2001 à la « responsabilité morale » de la Belgique. Le gouvernement du Premier ministre Guy Verhofstadt avait alors présenté les excuses de la Belgique au Congo.
Pour la famille Lumumba, « il faut aller plus loin que la reconnaissance d’une responsabilité morale et établir des faits toutes les conclusions, d’ordre pénal et juridique ».
Sa plainte vise une douzaine de survivants, des policiers, des politiciens et des fonctionnaires.
Parmi ceux-ci, seulement huit vivent encore. L’un d’eux serait Jacques Brassinne, diplomate belge au Katanga en 1961. Les autres noms qui apparaissent sont ceux d’Etienne Davignon, alors jeune diplomate, et Charles Huyghé, à l’époque chef de cabinet du ministre de la Défense katangais.
M. Lumumba a été élevé au rang de « héros national » à titre posthume en RDC.
Son fils Roland déplore « un grand silence » des autorités nationales pour faire la lumière sur cette affaire.
Le gouvernement congolais s’est toutefois engagé à soutenir la famille Lumumba jusqu’à l’aboutissement de ce dossier devant la justice.
« Cela se fera le moment venu », a affirmé à Radio Okapi le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

Certes, on peut penser comme cet internaute que "cette loi dite de "compétence universelle" est une aberration juridique ! et qu'on encombre les tribunaux avec des plaintes ridicules alors qu'il y a déjà un arriéré judiciaire énorme."
On peut également poser la question "Qui va encore une fois s'en mettre plein les poches ??? Bravo à l'avocat qui est à l'origine de cette initiative, je vois déja les manifestations à la porte de Namur et en ville, nous serons encore une fois en première ligne."
Ou écrire de façon plus lapidaire: "On s'en fout de Lumumba. Qu'ils fassent un procès au Congo et pas à nos frais et basta."
On peut aussi, et c'est notre avis regarder les choses autrement.
L'assassinat est la pire des armes, celle à laquelle la démocratie jamais n'aura recours de même qu'à la peine de mort suivie d'exécution. Ne pas partager les vues de Lumumba et le combattre comme adversaire est une chose, procéder à la liquidation de l'homme est un crime, de même que l'assassinat présumué de Dag Hamarschöld.

La mort de Lumumba est une zone d'ombre dans les péripétie de l'indépendance. Il faut faire la dessus toute la lumière pour vider cet abcès qui gangrène les relations entre la Belgique et le Congo.
relation. Guy Verhofstadt est sans doute le Belge qui a le mieux compris cela.
MG


HAMMARSKJÖLD ET LA CRISE CONGOLAISE (wikipedia)
Sachant que l'indépendance de la colonie belge avait été mal préparée et que les pays occidentaux redoutaient que ce pays minier stratégique ne passât dans la sphère d'influence soviétique, Hammarskjöld envoya dans ce pays, sans même attendre la proclamation de l'indépendance, Ralph Bunche comme représentant spécial. Après la mutinerie de l'armée, le déploiement des militaires belges dans le pays et la proclamation de l'indépendance du Katanga le 11 juillet 1960, Hammarskjöld organisa, le 12 juillet, à la demande du président congolais Joseph Kasa-Vubu et du Premier ministre Patrice Lumumba, une réunion de crise avec le Groupe des pays africains. Le 14 juillet, il fit, pour la première fois, usage de l'article 99 de la Charte des Nations7 pour convoquer une réunion du Conseil de Sécurité sur le crise congolaise. Le jour même, le Conseil adopta la résolution 143 demandant à la Belgique de retirer ses troupes du Congo et autorisant Hammarskjöld à prendre toutes les mesures nécessaires pour fournir au gouvernement congolais l'assistance militaire dont il avait besoin. Le premier contingent de l'Opération des Nations unies au Congo (ONUC) arriva à Léopoldville (Kinshasa) 48 heures à peine après le vote de la résolution.
Malgré cela, la crise prit de l'ampleur dans les jours suivants avec la proclamation de l'indépendance du Sud-Kasaï, le 9 août 1960, puis l'arrivée de la coopération militaire soviétique à la demande du gouvernement congolais, le 15 août. Après la mise à l'écart de Lumumba de son poste de Premier ministre, l'ONUC se retrouva sous la pression des États-Unis pour soutenir le président Kasa-Vubu et celle de l'URSS pour appuyer Lumumba. Déterminé à éviter une nouvelle guerre de Corée au coeur de l'Afrique centrale, Hammarskjöld mobilisa les pays non-alignés pour préserver la neutralité de l'ONUC et éviter sa paralysie. A l'automne 1960, l'URSS fit monter la pression contre Hammarskjöld en exigeant sa démission et la création, pour diriger le Secrétariat de l'ONU d'un système de Troïka avec un membre représentant les Etats occidentaux, un les Etats non-alignés et un les Etats communistes. Hammarskjöld refusa de quitter son poste9 et l'URSS décida de ne plus contribuer au financement de l'ONUC, comme le faisait déjà la France.
Après l'assassinat de Lumumba en janvier 1961, le groupe des pays-alignés critiqua à son tour l'action du Secrétaire général et l'URSS tenta, une nouvelle fois, d'obtenir sa démission. Finalement, le Conseil de sécurité adopta, le 21 février 1961, la résolution 161, exigeant du président du Katanga sécessionniste, Moïse Tshombe qu'il se sépare de ses mercenaires étrangers. Le 28 août 1961, l'ONUC lança au Katanga l'opération "Rumpunch" qui permit de neutraliser un grand nombre de mercenaires. Le gouvernement katangais réagit violemment, menaçant directement les responsables onusiens au Katanga, notamment le chef de bureau de l'ONU, Conor Cruise O'Brien, le chef de l'information publique, Michel Tombelaire, le chef de l'information militaire, le Lt Colonel Bjørn Egge et le Commandant militaire de l'ONUC, Lt Général Sean McKeown10. Le 13 septembre 1961, l'ONUC lança l'opération "Morthor" dans l'espoir d'écraser totalement l'armée katangaise. Cette ultime initiative aurait été prise sans l'accord du Secrétaire général, qui malgré tout décida de l'assumer. Elle fut extrêmement mal reçue par les Etats occidentaux qui souhaitaient le maintien d'une forte autonomie du Katanga et reprochaient à Hammarskjöld de ne pas les avoir prévenus avant le lancement de l'opération11. C'est dans ce contexte qu'Hammarskjöld entama son ultime voyage au Congo, convaincu que de la réussite de sa mission dépendaient son maintien à la tête de l'organisation, la survie des Nations Unies et l'avenir même de la paix dans le monde12.
CIRCONSTANCES DE SA MORT
Dans la nuit du 17 au 18 septembre 1961, probablement aux alentours de 0h15, l'Albertina, le DC-6 opéré pour le compte de l'ONU par la compagnie suédoise Trans Air qui transportait Dag Hammarskjöld s'est écrasé dans une forêt à une dizaine de kilomètres de Ndola, en Rhodésie du Nord, (actuelle Zambie). Arrivé à Kinshasa (Léopoldville) le 13 septembre 1961, au lendemain du déclenchement par l'ONUC de l'opération "Morthor", Hammarskjöld se rendait à Ndola afin de rencontrer le président du Katanga indépendant Moïse Tshombé. Il espérait pouvoir négocier avec lui la libération d'une compagnie de casques bleus retenue en otage à Jadotville ainsi que le désarmement complet des forces katangaises, en application de la résolution 161 du conseil de Sécurité. Apparemment, Hammarskjöld mourut au moment même de l'impact avec 14 autres passagers et membres d'équipage. Seul le chef de la sécurité, le sergent Harold Julien, survécut au crash mais il décèda 6 jours plus tard13.
ENQUETES OFFICIELLES
La mort de Hammarskjöld créa une grande émotion à travers le monde, en particulier dans les pays du Tiers Monde14. Le Premier ministre congolais Cyrille Adoula accusa "les impérialistes" occidentaux d'avoir tué Hammarskjöld et il décréta un jour de deuil national.
Une enquête fut initiée par le département de l'aviation civile de la Fédération de Rhodésie. Conduite par le Colonel Maurice Barber, elle dura du 19 septembre au 2 novembre 1961. Y participèrent comme observateurs des représentants de l'ONU et de la Suède. L'enquête conclut que l'avion volait à une altitude inférieure de 1700 pieds à celle qu'il aurait dû avoir et qu'une erreur de pilotage était à l'origine du crash. Le rapport d'enquête reconnut cependant qu'on ne pouvait pas écarter la possibilité que l'avion ait été contraint de voler trop bas
Sans attendre la conclusion de ce rapport, la Rhodésie créa une commission d'enquête présidée par chief justice Sir John Clayden. La Commission, dans laquelle siégeaient des représentants de la Rhodésie, du Royaume-Uni, de la Suède et de l'ONU, auditionna plus d'une centaine de personnes du 16 au 29 janvier 1962. Le 9 février 1962, elle rendit un rapport disqualifiant les témoignages parlant d'explosion dans le ciel avant le crash ou de tirs sur l'avion par un ou deux autres aéronefs. La Commission ne retint pas non plus la théorie selon laquelle les pilotes auraient volé trop bas en confondant les coordonnées de Ndola avec celles de l'aéroport de Ndolo au Congo. Finalement, elle conclut à un crash accidentel résultant d'une erreur de pilotage13.
De son côté, l'Assemblée générale des Nations unies décida à l'unanimité, le 26 octobre 1961, de créer une commission d'enquête sur les conditions et circonstances de la mort tragique du Secrétaire général et des autres membres de l'équipage qui l'accompagnaient. Entre janvier et mars 1962, la commission conduisit près d'une centaine d'entretiens à Léopoldville (Kinshasa), Salisbury (Harare), Ndola et Genève. Elle prit note des récits des charbonniers zambiens qui avaient été les premiers à donner l'alerte au matin du 18 septembre et qui affirmèrent avoir vu, dans la nuit, un éclair dans le ciel et un ou plusieurs avions tirer sur le DC-6 avant le crash. La commission s'intéressa également au témoignage du sergent Julien recueilli par les médecins et infirmières selon lequel il y aurait eu une explosion alors que lui et Hammarskjöld se trouvaient sur la piste ainsi que des étincelles dans le ciel16. La Commission envoya en Zambie un consultant, Hugo Blandiori qui rapporta dans son rapport que M. B.R.D Eccles, présent sur le site du crash dès l'arrivée des premiers secours, avait constaté que Hammarskjöld avait une carte à jouer dans sa main gauche, un petit trou sous son menton à droite de sa trachée et, posé à côté de lui, un revolver calibre 38. Il avait aussi été surpris que son corps n'ait pas la rigueur cadavérique escomptée pour quelqu'un qui serait décédé 15 heures plus tôt17. Dans son rapport final publié en avril 1962, la commission de l'ONU ne put rendre cependant qu'un "verdict ouvert". Elle exprima sa consternation devant le retard mis par les autorités rhodésiennes pour lancer les recherches après le crash. Elle s'étonna du comportement de l'ambassadeur britannique (High Commissioner) Lord Alport qui, la nuit du drame, affirma, contre toute évidence, que le Secrétaire général avait "sûrement dû aller ailleurs", contribuant ainsi à différer les recherches. Elle jugea, au final, que la mort du Secrétaire Général était suspecte mais qu'il n'était pas, pour autant, possible d'en conclure qu'il avait été assassiné18.
Les théories de l'assassinat
En 1998, la Commission de la vérité et de la réconciliation d'Afrique du Sud, présidée par Desmond Tutu, a publié des documents dont elle n'avait pu vérifier l'authenticité mais qui semblaient laisser entendre que Dag Hammarskjöld aurait été victime d'un attentat.
En 2007, Claude de Kémoularia (en), proche collaborateur d'Hammarskjöld, espérant que toute la lumière soit enfin faite sur cette disparition, a réuni plusieurs témoignages et développé une thèse qui entend prouver que l'avion du secrétaire général aurait été abattu par des mercenaires belges aux commandes d’un Fouga M

Patrice Lumumba à Léopoldville en 1960. Archive Belga



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