mercredi 29 février 2012

L'Allemagne va former des imams dans ses universités

Favoriser un islam "made in Germany" plutôt qu'importé de l'étranger.
L'Allemagne, où l'islam est devenu la troisième religion, va pour la première fois former cette année des imams dans ses universités, notamment à Osnabrück où des prédicateurs suivent déjà une formation continue.

Dès la prochaine rentrée dans cette université du nord-ouest de l'Allemagne, un master en cinq ans permettra à 25 jeunes musulmans de devenir imams dans une mosquée, professeur de religion ou chercheur en théologie islamiques. Une première dans un pays qui compte plus de 4 millions de musulmans, dont 45% ont la nationalité allemande, et où l'intégration des immigrés, en majorité turque, demeure difficile.

La chancelière Angela Merkel veut ainsi favoriser un islam "made in Germany" plutôt qu'importé de l'étranger. "Ma génération a grandi ici, l'Allemagne c'est notre patrie", explique le responsable de ce nouveau cycle d'études, Bülent Ucar, un Allemand musulman d'origine turque de 35 ans. "Si notre religion n'appartient pas à ce pays cela signifie que nous sommes aussi des étrangers". "Mais dans 95% des mosquées en Allemagne, les prêches sont encore en turc, en bosniaque ou en arabe", explique le professeur.

Quelque 8.000 imams officiant de Hambourg à Munich sont des fonctionnaires de l'Etat turc envoyés dans les 896 mosquées ou communautés gérées par l'organisation Ditib, directement dépendante du ministère turc du Culte. La plupart parlent à peine allemand et ne restent que quelques années en Allemagne. Dans le cycle d'études théologiques dispensé à Osnabrück, toutes les matières, de la philosophie à l'histoire de l'islam en passant par les arts, seront enseignées en allemand.

Des cours spécifiques "liés aux problématiques européennes", selon M. Ucar, sur l'immigration, le christianisme ou le judaïsme, seront en outre dispensés. Et à l'issue de leur formation théorique, les étudiants feront "comme pour les études de théologie catholique ou protestante" un stage pratique dans une mosquée, détaille Bülent Ucar.

A Osnabrück, les imams ou les travailleurs sociaux employés dans des communautés musulmanes peuvent déjà suivre une formation continue. "Depuis le mois d'août dernier, nous nous retrouvons une fois par mois pour deux journées de séminaire", explique Ibrahim Petek, iman depuis huit ans d'une mosquée de Bielefeld (ouest). Au programme "l'étude du système scolaire, le droit, la Constitution ou les questions de société", poursuit-il, afin d'améliorer les connaissances du pays. "Un imam est avant tout un transmetteur de la foi mais il est aussi un enseignant et accompagne ses fidèles dans des situations difficiles personnelles ou familiales", résume Bülent Ucar.

Durant un cours, l'enseignant autrichien, Moussal Al-Hassan Diaw, explique à une trentaine d'adultes les différences entre les modèles d'assimilation des étrangers de la France et du Royaume-Uni "où vous pouvez voir un policier en uniforme porter le turban sikh".

La classe comprend 90% d'hommes. Mais une dizaine de femmes --toutes voilées-- se sont inscrites à la formation. "Mon objectif, c'est d'obtenir une qualification professionnelle pour le travail social que je fais dans ma mosquée depuis dix ans", souligne l'une d'elles, Rua Khwairah. Micros éteints, on ne cache pas que certains musulmans conservateurs se montrent très méfiants à l'égard de ces formations. "Ce qui est important", rétorque M. Ucar, "c'est de montrer via ces études que l'islam et la démocratie, l'islam et la liberté ne sont pas contradictoires".

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"MONTRER VIA CES ETUDES QUE L'ISLAM ET LA DEMOCRATIE, L'ISLAM ET LA LIBERTE NE SONT PAS CONTRADICTOIRES"
En bonne logique cartésienne, il n’y a pas d’autre chemin. Mais qui seront les professeurs. Comment auront-ils été formés ? Quels seront les critères de sélection ? Seront-ils en nombre suffisant pour satisfaire l’immense demande ? Quelle sera leur légitimité ?

« Islam, démocratie, et liberté sont-ils contradictoires ?"

C’est la question essentielle. La réponse est oui quand on s’entretient avec des intellectuels musulmans à l’esprit ouvert. La réponse est non quand on est confronté à des esprits simples pour qui tout ce qui n’est pas hallal émane du malin. Et qui leur a mis cela dans le crâne ? Précisément des imams d’importation.

La question de la formation des imams est donc tout à fait fondamentale pour l’avenir du vivre ensemble et de notre démocratie.

Mais l’énergie, l’intelligence et la créativité de nos politiques est mobilisée par d’autres dilemmes qui pourrissent le vivre ensemble. Un exemple ? faut-il à Krainem et Linkebek envoyer les convocations électorales en français ou en néerlandais ?

Les dirigeants de Constantinople discutaient du sexe des anges tandis que les assiégeants campaient sous les murs de la ville qui tomberait bientôt.

Voilà pourquoi, « il est tellement nécessaire de créer des lieux où musulmans, personnes issues des diverses immigrations et Belges plus ou moins « de souche » et de toutes convictions philosophiques puissent élaborer ensemble leur cadre de vie commun, bien arrimés à la boussole de l’égalité des droits » (tayush)
MG

ISLAM ET LAÏCITE : UN BINOME COMPATIBLE ?
Un débat positif autour de l’islam et la laïcité doit être possible à l’ULB… Il aura lieu vendredi prochain à l’initiative de l’association Tayush.
Lorsqu’en Belgique francophone, on débat de la diversité religieuse et de la laïcité de l’Etat, plus précisément à propos de l’islam, il y a souvent un fort fumet "bleu blanc rouge", constate l’association Tayush. Il faut pourtant faire la part des choses car nos deux sociétés ne sont pas interchangeables. Puis la "laïcité à la française" est souvent portée au pinacle comme s’il n’y avait pas ailleurs en Europe, des expériences méritant d’être examinées.

En ces temps où le libre-examen est mis à mal jusqu’en son sanctuaire de l’ULB, il est intéressant d’entendre des voix atypiques. En France, l’une d’elles est Cécile Laborde qui, avec Jean Baubérot et quelques autres, a pris quelque distance avec la conception dominante du modèle républicain. Ce professeur de théorie politique à l’University College of London, auteur de "Critical republicanism : the Hijab Controversy and Political Philosophy" et de "Français, encore un effort pour être républicains" sera précisément à l’ULB, ce 2 mars, pour se demander si le modèle français d’intégration est exportable.

Cette politologue nullement adepte du multiculturalisme anglo-saxon a élaboré une théorie du "républicanisme critique" qui revisite la tradition républicaine. Elle se demandera, interpellée par le sociologue Marc Jacquemain et la politologue Fatima Zibouh (ULg), si cette tradition est exportable dans la société belge, marquée comme nulle autre par le compromis philosophique et le poids des réseaux dans le service public.

L’initiative s’inscrit dans les objectifs de l’association Tayush, de l’arabe classique "Ta’ayush" qui signifie "coexistence" ou "vivre ensemble" (c’est aussi le nom d’un mouvement pacifiste judéo-arabe en Israël-Palestine). Il s’agit d’un "groupe de réflexion pour un pluralisme actif" né en octobre 2010 de l’initiative d’un groupe de femmes et d’hommes vivant en Belgique et issus de l’immigration ou de la "société d’accueil". "Tout est parti d’une réflexion sur le malaise identitaire des sociétés européennes, expliquent ses responsables. L’ouverture à la mondialisation des échanges et aux migrations a définitivement brisé un ‘entre-soi’ confortable. Nos sociétés multiculturelles ont du mal à intégrer ce phénomène. Il y a la précarité persistante des populations issues de l’immigration maghrébine, turque et subsaharienne mais aussi une attitude crispée autour de caractéristiques culturelles de la société d’accueil. Et celle-ci se cristallise en hostilité face au développement d’un islam visible auprès de populations immigrées qui aspirent légitimement à l’égalité en droit et en dignité. Puis, les personnes d’origine immigrée restent largement confrontées à la discrimination, en particulier dans l’emploi, ce qui peut nourrir en retour des tendances au repli communautaire."

C’est contre ces replis que se mobilise Tayush, qui "porte le projet d’une société inclusive pratiquant le pluralisme actif, qui reconnaît l’apport des différences culturelles, accepte et valorise leur inscription dans l’espace public et travaille à leur intégration réciproque". Mais "pareil projet, qui vise égalité sociale et l’accès à la citoyenneté, ne va pas de soi. Il faut dès lors une stricte égalité des droits, civils et politiques mais aussi sociaux, économiques et culturels". Des droits qui doivent pouvoir être exercés sans la moindre pression.

Tayush est aussi pour une stricte égalité entre les femmes et les hommes. "Elle n’est acquise ni ici ni ailleurs mais les femmes doivent pouvoir déterminer librement leur émancipation." Autre pierre angulaire du groupe : "C’est la laïcité politique et la neutralité qui vise à garantir la séparation des Eglises et de l’Etat et les libertés fondamentales de personnes et de groupes de personnes partageant des conceptions philosophiques ou religieuses différentes. La laïcité politique doit constituer un cadre commun de protection, de régulation et d’arbitrage entre toutes les convictions compatibles avec les droits humains." Si on n’adhère pas à ces principes, on ne peut rejoindre Tayush qui se présente toutefois "d’abord comme un think-tank, un lieu de réflexion collective et d’échange qui nourrit ses participants. Et qui ambitionne de peser sur les débats de société en s’affirmant publiquement aussi souvent que nécessaire."

La vie de Tayush est rythmée par des rencontres mensuelles qui "ont pour objet d’approfondir, avec l’aide d’experts, de scientifiques, de personnalités politiques ou de militants, les questions liées à son objet". Ces derniers mois, le groupe a ainsi dialogué avec Sarah Demart (émeutes à Matongé), Sophie Heine ("Se voiler ou se dévoiler") ou encore Felice Dassetto ("L’Iris et le croissant"). Et Tayush a pris position sur les Assises de l’interculturalité, sur le licenciement d’une employée portant le foulard chez Hema et sur des discriminations sur bases religieuses dans l’enseignement supérieur. Christian Laporte , la Libre
(Rens. : www.wix.com/tayush.)

TAYUSH : UN CONTRE-FEU NECESSAIRE.
Sur le front de l’interculturalité, la société hésite. La moindre initiative, comme par exemple les Assises, qui ne serait pas conforme à la nouvelle vulgate républicaine-française se fait immédiatement mitrailler au bazooka. Manifestement, le vent ne souffle pas dans le sens de l’ouverture. Une nouvelle extrême droite cherche à en profiter pour retrouver de la légitimité, tandis que d’incontestables démocrates n’hésitent pas à pêcher dans cette eau trouble en s’alimentant aux pires clichés. Les temps sont durs pour les musulmans européens qui sont aujourd’hui en première ligne dans le collimateur de la nouvelle parano. La plupart font le gros dos en attendant que ça passe. Mais ça ne passera pas forcément. Voilà pourquoi il est tellement nécessaire de créer des lieux où musulmans, personnes issues des diverses immigrations et Belges plus ou moins « de souche » et de toutes convictions philosophiques puissent élaborer ensemble leur cadre de vie commun, bien arrimés à la boussole de l’égalité des droits. Tayush peut être utile dans ce sens.
Pour tout contact : groupe.tayush@gmail.com

mardi 28 février 2012

Sint-Joost krijgt passieve moskee

Zondag wordt de eerste steen gelegd van een nieuwe moskee in de Sint-Jooststraat. Die moet plaats bieden aan 370 gelovigen en een educatief centrum herbergen. Het wordt ook de eerste energiepassieve moskee van het gewest.

Zondag wordt de eerste steen gelegd van een gloednieuwe moskee voor de Turkse gemeenschap in St-Joost. Het bouwwerk is de eerste energiepassieve moskee van het Brussels gewest en zal voorzien zijn van een kleine minaret.
Met het project, opgezet door de Unie der Islamitische Culturele Centra van België (UICCB), is een budget van 3,8 miljoen euro gemoeid. Geld dat door de gelovigen wordt betaald. Naast de moskee met 370 plaatsen komt er ook een educatief centrum, dat onder meer naschoolse bijstand zal verlenen. Er komt ook een polyvalente ruimte met 100 plaatsen voor organisaties uit de gemeente.

In de Sint-Jooststraat was al een moskee sinds 1995, maar de oude constructie voldeed niet meer aan de normen. Enkele gebouwen in de straat ruimen nu plaats voor de nieuwbouw. De nieuwe moskee zal gebouwd worden volgens de passiefnormen, meteen goed voor een primeur bij religieuze gebouwen.

De passieve moskee krijgt ook een torentje mee, een soort mini-minaret als het ware. "Het torentje is een element dat zowel in de westerse als in de oosterse architectuur voorkomt", zei architect Bernard Colin daarover eerder al in Brussel Deze Week. "We wilden geen echte minaret bouwen omdat we in Brussel zijn. Het moet een moskee worden die in harmonie is met de Brusselse architectuur."

COMMENTAIRE DE DIVERCITY.
Nu ook nog de kerken energiezuiniger maken

Nicolay: 'Het is niet omdat ik erachter zit, dat het ook goed draait'

Op 1 maart opent halverwege de Dansaertstraat BarBeton, en ondertussen staan in dezelfde straat Belle Equipe, en in de Lakensestraat café Flamingo in de steigers. Frédéric Nicolay (zie ook: Zebra, Café Belga, Bar du Matin en zoveel meer) slaat weer toe.

BarBeton in de Dansaertstraat gaat op 1 maart open. De toog is een exacte kopie uit Corbusiers Cité Radieuse. “Bijna een Zwitsers chalet, zoveel hout dat we hier gebruiken!”

F rédéric Nicolay (1969), kok van opleiding, blies met zijn hippe cafés verschillende Brusselse wijken nieuw leven in. Hij ontvangt ons in zijn bureautje annex atelier in de Vandenbrandenstraat. Daar zitten hij en zijn vier medewerkers sinds een paar maanden in een oude autogarage. We krijgen er een espresso en tijd voor een gesprek, dat begint met het ophalen van herinneringen aan zijn beginperiode, toen hij met zijn cafés het Sint-Goriksplein reanimeerde.

De drang om initiatieven te nemen in probleembuurten heeft hij blijkbaar nog altijd. Of ontvouwt hij zijn strategie in nauwe samenspraak met de gemeente? “Nee, helemaal niet,” zegt Nicolay stellig. “Ik word nooit getipt. Ons project met Flamingo in de Lakensestraat is daar een voorbeeld van. Gisteren hoorde ik pas dat de Stad in die buurt voor 26 miljoen geïnvesteerd heeft. 26 miljoen! En dan moet je zien hoe verrot het daar nog altijd is!”

BENADERT DE STAD U DAN NOOIT OM DE PLANNEN WAT OP ELKAAR AF TE STEMMEN?
Nicolay: “Ik moet zeggen dat ik daar zelf niet zo tuk op ben. Ik doe liever mijn zin dan dat ik word opgebeld om een project te doen voor iemand anders. Zelfs van zakenlui die geld hebben maar een concept met een naam die me niet aanstaat, loop ik het liefst hard weg.”

EEN ANDER MISVERSTAND DAT NOG ALTIJD LEEFT, IS DAT U OOK EIGENAAR ZOU ZIJN VAN DE PANDEN DIE U INRICHT.
Nicolay: “Nooit.”

U KOOPT OOK GEEN GEBOUWEN OP OM ER LATER EVENTUEEL IETS MEE TE DOEN?
Nicolay: “Helemaal niet. Het pand van BarBeton stond op een dag gewoon te huur. Eerst heb ik de mensen van boekhandel Filigranes gebeld omdat ik die goed ken. In het begin toonden ze zich enthousiast om daar iets te beginnen, maar uiteindelijk trokken ze zich terug. Toen ik de eigenaar vroeg of ik er misschien een café van mocht maken, zei hij dat het dat ooit al geweest was. We zijn gaan breken en hebben de granito op de vloer teruggevonden, de tegeltjes in de toiletten. Een goede plek, dus. En alle projecten gaan op deze manier. De plek waar nu Potemkine zit (aan de Hallepoort, red.), vond ik mooi, maar ik had er niet echt een idee voor. Ik heb mijn vrouw gebeld en gezegd dat ik het zou doen als ze binnen anderhalf uur een goede naam vond. Ze kwam met Potemkine.”

WAAROM NAM U HET INITIATIEF OM FILIGRANES TE BELLEN? IDEALISME?
NICOLAY: “Vooral omdat je merkt dat het voor Modèle – ondertussen Bistro du Canal – en Walvis op het einde van de Dansaertstraat nog altijd niet evident is om de boel draaiende te houden. De realiteit is dat dat lange stuk tussen het begin en het einde van de Dansaertstraat moeilijk te overbruggen blijkt. De zaken rond Walvis en Bistro du Canal zijn bijna allemaal pourri.”

NAAST MODÈLE WILT U BELLE EQUIPE OPENEN, EEN BAR MET WIJN EN PIZZA’S.
Nicolay: “Dat is nog altijd het idee, maar we moeten nog geschikte uitbaters vinden. Daarom weten we ook nog niet wanneer we kunnen openen, hoewel alles klaarstaat. Als het een kleine zaak is, dan moeten de uitbaters interessante mensen zijn. Als in Café Belga de serveuses onuitstaanbaar zijn, dan is dat vervelend, maar uiteindelijk ben je toch met vrienden. Ik geef trouwens toe dat in de bars die ik heb vormgegeven, de uitbating niet altijd geweldig is. Maar dat is niet mijn fout. Met de exploitatie ga ik me echt niet bezighouden.”

AAN DE GEVEL VAN BELLE EQUIPE HANGT AL EEN LUIFEL MET RECLAME VOOR DE VOLGA-PILS DIE OOK IN POTEMKINE VERKOCHT WORDT. IETS MIS MET VEDETT?
Nicolay: “Nee. Zoals je weet, heb ik Vedett van brouwerij Moortgat mee helpen herlanceren. Maar het idee om een bier te maken dat Volga heet, heb ik al lang. Toen mijn vrouw met de naam Potemkine kwam, moesten we er wel werk van maken. Het merk is van mij, brouwerij Saint-Feuillien brouwt het op dit ogenblik.”

ALS HET VROEGERE CAFÉ MODÈLE EN WALVIS HET MOEILIJK HEBBEN, IS HET DAN EEN GOED IDEE OM NOG MEER BARS TE OPENEN?
Nicolay: “In het begin vond ik dat inderdaad zelf ook niet zo’n goed idee. Toen de Stad Brussel mij vroeg om ook het café van de Sint-Gorikshallen te doen, heb ik gepast omdat ik dat het café te veel vond. Maar als er op de Dansaertstraat nauwelijks andere zaken bijkomen, dan moeten wij het wel doen. Al is het niet omdat ik erachter zit dat het per se ook goed marcheert. Soms gaat het ook het minder goed.”

BIJVOORBEELD?
Nicolay: “De Roi des Belges had het in het begin heel moeilijk. In Mappa Mundo zaten de mensen graag omdat we daar veel hout hadden gebruikt. In de ultrahedendaagse Roi des Belges zaten hooguit twee, drie kunstenaars. We hebben dus parket op het beton gelegd, spiegels opgehangen, de verlichting veranderd, en toen was het wel vertrokken. In dit koude land willen de mensen warmte.”

IS DIE ER IN BARBETON?
Nicolay: “Heb je al eens gezien hoeveel hout we daar gebruiken? Het is bijna een Zwitsers chalet. Alleen de raclette ontbreekt nog. De toog is inderdaad in beton: een kopie van de receptie van La Cité Radieuse van Le Corbusier in Marseille.”

DOET U WEL EENS EEN MARKTONDERZOEKJE, BIJVOORBEELD OM TE ZIEN OF FLAMINGO IN DE LAKENSESTRAAT KAN WERKEN?
Nicolay: “Nee, maar we zijn natuurlijk ook geen debielen. Als iets niet kan werken, dan doen we het niet. Het is waar dat er in de buurt rond Flamingo een probleem is met straatprostitutie, maar langs de andere kant wonen daar ook heel wat normale mensen zoals u en ik, die de eersten zullen zijn om het project te ondersteunen. De naam Flamingo moet de Vlamingen rond de KVS in elk geval prikkelen.”

WAT ZIJN DE CONCRETE PLANNEN?
Nicolay: “Voor de opening mikken we nu op half mei. Er komt een groot terras, maar wel een dat geen direct zonlicht heeft. Daarom hebben we het plan om met een grote spiegel het zonlicht op het terras te weerkaatsen. In Le Monde heb ik dat eens gezien bij een bar in Italië. We hebben aan de Stad toelating gevraagd en we gaan hetzelfde doen. Verder wordt het een groot café. Het OCMW wilde zijn gebouw oorspronkelijk in vier kleine handelsruimtes onderverdelen, maar ik wilde alleen het geheel. Op die plek kun je geen klein cafeetje openen. De mensen lopen niet helemaal naar het einde van de Lakensestraat als de kans klein is dat ze er iemand tegenkomen die ze kennen.”

KRIJGT FLAMINGO OOK IN FIGUURLIJKE ZIN DE ALLURE VAN EEN ‘GRAND CAFÉ’?
Nicolay: “We twijfelen nog over een aantal zaken. Gezien de buurt mag het ook niet te chic zijn en moet je in het begin ook niet te veel investeren. We zijn namelijk niet beschermd tegen molotovcocktails.”

ZIJN ER DAN NOG PROJECTEN WAAR WE NOG NIETS VAN AF WETEN?
Nicolay: “We gaan een paviljoen maken voor Bergen (in 2015 culturele hoofdstad, MB). Misschien ga ik me ook bezighouden met de cafetaria van Cinema Galeries. En we denken ook mee na of we iets met de Greenwich kunnen doen. De renovatie was zwaar, dus de huur is navenant, maar het is een uitdaging om ervoor te zorgen dat het daar geen museum wordt.”

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ET ALORS…
Er zouden in Brussel meer mensen als F. Nicolay actief moeten zijn.
Waar hij komt, beweegt er ten minste iets. In een stad waar "de politiek" lethargie als hoogste ideaal beschouwt, zorgt hij voor een frisse wind.
Natuurlijk wordt hij er zelf ook beter van. Et alors...

Onfray et son maître

Michel Onfray est l’enfant terrible de la philosophie française, qui grâce à lui repend du poil de la bête à l’échelle internationale. Il est traduit en vingt-cinq langues, arbore fièrement la quatrième de couverture de son dernier livre. Et ce n’est que justice, au moins en deux sens : d’une part, il s’adresse au grand public, qu’il veut faire accéder au savoir philosophique dont il mesure plus que quiconque qu’il répond à une soif de compréhension du monde plus avide que jamais : par ailleurs, il a banni de son écriture toute forme d’affèterie jargonnante. Onfray écrit comme il parle, d’ailleurs il est probable qu’il dicte au moins en partie ses livres. N’est-il pas, aux Universités Populaires de Caen qu’il a fondées, et qui drainent un public enthousiaste, le maître de l’improvisation verbale, très préparée cependant, à l’instar d’un Socrate dont on sait qu’il ne transmettait sa pensée que par l’éloquence ?

Onfray n’a pas que des amis, cependant. Parmi sa cinquantaine de livres, il y en a pas mal qui agacent, font office de poil à gratter, et quelquefois de manière excessive. Son précédent magnum opus, consacré à Freud, n’était pas dépourvu de ce qui le menace plus souvent qu’à son tour, et qu’il doit sans doute à sa condition de Johnny Halliday de la pensée : la démagogie. Il fallait, dans ce tombereau d’attaques en règle et souvent arbitraires, faire la part du feu roulant de sa viscérale animosité.

Il en va tout autrement de « L’ordre libertaire », son tout dernier titre, qui se veut le récit de ce qu’il nomme « La vie philosophique d’Albert Camus ». Un peu plus d’un demi-siècle après la mort de l’auteur de « Caligula », et à la veille de la célébration du centenaire de sa naissance, le plus populaire des grands écrivains du XXè siècle – les tirages pharamineux de ses ouvrages en poche en témoignent, il faut dire que les lycéens qui échappent à la lecture imposée de ses romans, pièces et essais ne sont guère nombreux-, le grand homme qui n’entra pas au Panthéon parce que sa descendance était à juste titre convaincue qu’il ne l’aurait pas plus apprécié que la Légion d’honneur que, de son vivant, il avait refusé fait l’objet, de la part d’Onfray, d’un traitement exactement contraire de celui qu’il avait imposé au père de la psychanalyse : son ouvrage est une véritable célébration, un dithyrambe sans réserve, et il est difficile, avouons-le, d’y apporter la riposte.

Camus était un « juste », on le savait, mais Onfray apporte les arguments nécessaires à le confirmer. Il épluche, par exemple, les articles de celui qui fut journaliste à Alger puis à Paris, qui s’investit dans la presse avec autant de passion qu’il le fit dans le théâtre. Avec une vigilance sans faille, une façon rigoureuse de refuser toute forme d’endoctrinement, de quelque bord que ce soit. Penseur libre, il l’était éminemment, ce qui le distinguait de Sartre, dont Onfray le différencie avec un acharnement quasi obsessionnel. On ne peut rien contester de ce que son lecteur attentif dit de lui, on regrette seulement que, ne suivant pas le fil chronologique, et se moquant de l’exhaustivité que suppose le récit jour après jour d’une vie, il éveille le soupçon de ne pas tout nous dire.

Il n’empêche : Camus avait besoin d’une vraie réhabilitation de la part d’un philosophe de choc, ce qu’Onfray est d’évidence. La voilà, et on ne peut que saluer une opération aussi réussie de renflouage d’une œuvre décidément insubmersible.
(Jacques De Decker)


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
‘CAMUS EST-IL UN PHILOSOPHE?’
Fasciné par Albert Camus, en qui il voit un grand artiste des mots, mais aussi un penseur critique de la culture et de la politique, Weyembergh participe, de longue date, à la ‘Camus-Forschung’, dont la tâche consiste à situer l'oeuvre de l'auteur de La Chute - le roman que Weyembergh préfère - dans le tissu de la vie intellectuelle européenne du xxe siècle. ‘Camus est-il un philosophe?’, se demande le professeur bruxellois. Sa réponse résume tant
la double position de Camus que sa propre orientation: ‘Camus n'est pas un philosophe professionnel, il est un essayiste qui fait aussi de la philosophie. Reconnaissons donc qu'il est effectivement plus écrivain que philosophe, mais à condition de reconnaître en même temps que la grande littérature est souvent aussi philosophique, et parfois plus par ses images, que la philosophie’(2). Weyemberg se sent chez lui auprès de Camus, qui pouvait aussi bien jouir de la sacralité païenne du paysage ou du soleil que lancer une critique incisive contre le totalitarisme. Le promeneur qu'il est aussi comprend qu'il ne peut se limiter à la contemplation, mais qu'il a également une tâche analytique à accomplir en tant qu'intellectuel, professeur, pourvoyeur de textes - il joue un rôle important dans la réédition de l'oeuvre de Camus dans les quatre nouveaux volumes annoncés pour La Pléiade - et auteur critique, ayant sa place dans le monde académique.
Jacques de Visccher (extraits)
(1)maurice weyembergh, Charles Maurras et la Révolution française, Vrin, Paris, 1992.

(2)maurice weyembergh, Albert Camus ou la mémoire des origines, De Boeck Université, Bruxelles, 1998, p. 28.

lundi 27 février 2012

Gays : La Police face au danger communautariste

Rainbow Cops, une association regroupant des policiers homosexuels (LBGT, soit lesbiens, gays, bisexuels et transgenres) a été portée sur les fonts baptismaux vendredi. Elle bénéficie du parrainage du Premier ministre, de la ministre de l’Intérieur et de la Direction générale de la Police fédérale. «Rainbow Cops» entend œuvrer à l’intérieur de la police à la promotion de la diversité, au support, par son expertise, de l’action opérationnelle dans des situations «où des personnes LGBT sont impliquées». Le soutien dont cette initiative bénéficie est estimable. De tous les services publics, la police, pourtant réputée machiste et imperméable aux évolutions des mœurs, est sans doute celui qui a le plus œuvré à consacrer en valeur citoyenne la diversité, qu’elle soit raciale ou sexuelle.

La consécration officielle de « Rainbow Cops » suscite cependant le malaise. La création médiatisée de cette association peut laisser croire au grand public qu’il existe au sein de la police des militants d’une cause. Le devoir de neutralité de la police, le bras armé de l’Etat, est susceptible d’être remis en cause. L’apparence d’impartialité est mise à mal lorsque l’association, couverte par sa hiérarchie et le gouvernement, entend « promouvoir la mission opérationnelle de la police en faveur de la population LGBT » ou revendique d’assurer « une marche participative en uniforme lors de manifestations », telle la Gay Pride.

La police, plus que tout autre service public, se doit d’être exempte de toute connotation politique ou philosophique, même si le respect de la diversité en son sein est une valeur cardinale. La neutralité de la police, comme celle de l’Etat, ne s’accommode pas de l’affichage de préférences privées qui peuvent impacter l’exécution des missions publiques. « Rainbow Cops » ouvre la porte à d’autres revendications. Que dira demain le gouvernement ou la direction de la police fédérale si une association de policiers d’origine musulmane ou de confession chrétienne revendiquait le droit à s’exprimer sur l’exercice de la fonction régalienne de ses membres ? Le communautarisme, aussi nobles soient ses objectifs, n’a pas sa place à la police. Pas plus qu’ailleurs. Car c’est un poison redoutable.
(Marc Metdepenningen)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
COMMUNAUTARISME GAY ?
Tout communautarisme est une menace pour la démocratie. Pourquoi le communautarisme gay ne le serait-il pas ? On peut imaginer que ce papier du Soir va faire couler des flots d’encre arc en ciel. « Elle bénéficie du parrainage du Premier ministre» On s’en serait douté.

Elio en parrain des Rainbow Cops. How interesting !

dimanche 26 février 2012

Les dindons de la farce

QUI DONC S'Y RETROUVE DANS TOUT CE FATRAS ?
Par Christine Laurent

Dans cette course à l'échalote balisée par de bien petits calculs politiciens ? A sept mois des communales, les esprits s'échauffent dans les états-majors des partis.

On s'agite, le grand strateo a commencé. Les experts en tout genre tentent de sortir les meilleures martingales de leurs sacs à malices. Le tout au nez et à la barbe du citoyen. Prenons, au hasard, le MR. En quelques semaines à peine, voilà l'une de ses « stars », Didier Reynders, propulsée à Uccle. Promis, juré, il mouillera sa chemise, il siégera bien au conseil communal. Entre-temps, il a « dégagé » à Liège, sa personnalité à l'emporte-pièce bloquant, dit-on, un accord probable MR-PS dans la Cité ardente. De fait, l'ex-ministre des Finances et actuel ministre des Affaires étrangères, ne fera pas tache dans cette commune haut de gamme, il a le profil de l'emploi. L'endroit idéal pour se poser avant de se lancer dans la bataille des législatives de 2014, son objectif n° 1. Un transfert précieux pour le parti libéral quand on sait les dégâts que le divorce avec le FDF a entraînés pour lui dans la capitale. La contre-attaque se veut de choc.

Ce dossier rondement mené, voilà les spots qui se déplacent sur une autre commune bruxelloise, nettement moins favorisée, Schaerbeek. Là, c'est carrément la castagne. Une partie du MR a fait sécession pour soutenir l'actuel bourgmestre, le FDF Bernard Clerfayt, l'autre est entrée en résistance et l'on parle avec insistance d'un nouveau coup d'éclat avec l'arrivée d'un candidat inattendu, le député européen Louis Michel en personne, qui abandonnerait subitement Jodoigne, « son fief, ses racines », pour la capitale. A peine croyable ! Mais que viendrait-il donc faire dans cette galère ? Mettre de l'ordre au sein de son parti ? Pousser Clerfayt (qui n'a pas démérité, semble-t-il) dehors ? Pour mieux se rapprocher de la socialiste Laurette Onkelinx, une parachutée elle aussi dans la Cité des ânes en 2001 ? On murmure même qu'une alliance MR-PS serait déjà scellée. Une de plus qui viendrait conforter celles déjà passées, prétend-on, dans plusieurs autres villes, tant en Wallonie qu'à Bruxelles.

L'histoire est d'autant plus piquante que, dans l'opposition au niveau régional au Sud (mais au pouvoir au fédéral), le MR multiplie les scuds contre le parti socialiste. « Après le printemps arabe, je rêve d'un printemps wallon », nous a confié, cette semaine, Didier Reynders en fustigeant, au passage l'Etat PS. Des amabilités systématiquement retoquées par les socialistes, jamais en retard d'une provocation à l'égard des libéraux.

Ambiance. Autant de faux durs et de faux mous autour d'une vraie stratégie de l'ambiguïté. Mais les propos, ressassés en boucle et aussitôt démentis par les faits, lassent. L'électeur a ainsi la désagréable impression de revoir un vieux film avec, au coeur de l'intrigue, les mêmes combines. Pourquoi aller voter quand les jeux sont faits, les dés jetés ? Et que seule compte la lutte pour le pouvoir au détriment des idées, des projets ou des programmes ?
Antidémocratiques, ces « belles » manoeuvres pratiquées avec maestria par tous les partis sans exception ? Bien sûr, surtout si elles ne sont pas clairement affichées avant le vote, ce qui est presque toujours le cas. L'électeur en a assez d'être le dindon de cette triste farce. Marre de signer des chèques en blanc. S'il n'est pas entendu, c'est dans l'urne qu'il pourrait bien se révolter, enfin.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES GRANDES MANOEUVRES
«Les jeux sont faits, les dés jetés ? Et que seule compte la lutte pour le pouvoir au détriment des idées, des projets ou des programmes ? »

Surtout ne jamais oublier que nous vivons en Belgique en particratie.

Les hommes et les femmes qui détiennent du pouvoir chez nous sont les présidentes et les présidents de ces partis ennemis, frères parfois ; frères ennemis souvent. C’est eux qui jouent au stratégo comme d’autres font en famille des parties de monopoly.

La guerre fratricide qui a déchiré le MR entraîne des dégâts collatéraux dont la démocratie est en train de faire les frais à Bruxelles et en communauté française.

C’est que la politique-même communale- est devenue un métier à temps plein et pas trop mal rémunéré, au demeurant. Les professionnels du scrutin sont pour la plupart des gens endettés qui ont souscrit de lourdes hypothèques qu’il faut rembourser. Les postes de bourgmestre et d’échevins sont bien rémunérés dans les grosses communes et assortis de juteux cumuls. Il est donc essentiel, quitte à fait un pacte avec le diable, d’être au pouvoir et non dans l’opposition, pour en bénéficier.

Il semble bien que les bleus, se sentant affaiblis par la sécession FDF, soient prêt à faire alliance avec le rouge Méphisto avec ou sans nœud pap.
Faute de pouvoir bouter les rouges dehors,-la stratégie Reynders a fait long feu- le bleus sont prêts, désormais et résolus même, à partager le pouvoir avec eux, à tous les niveaux : communal, régional et fédéral.

Raisonnement populiste ? Non stratégie égocentrique pour conserver les fromages engrangés avec tant de peine et quelquefois de compromissions.

Simulacre de démocratie ?

Pas vraiment ! L’alternance est toujours possible et tellement souhaitable quelquefois. La démocratie, nous le savons depuis Churchill ,est le pire des régimes, à l’exclusion de tous les autres.

Le problème schaerbeekois est tout à fait intéressant car il semble cristalliser en un cas de figure emblématique ce qu’autrefois on aurait appelé un nœud gordien. Et quid des idées, des projets ou des programmes ?
MG

Le Cochon de Gaza" : une farce ni casher ni halal qui aimerait réconcilier

Faire du blocus de Gaza le cadre d'une comédie n'allait pas de soi. Peut-être parce qu'il ne vient pas de là, ni même du cinéma, l'écrivain et journaliste français Sylvain Estibal s'y est risqué, et il a bien fait. Fable absurde au parfum de comédie italienne, Le Cochon de Gaza se regarde comme on respire une bouffée d'air frais.

L'histoire est celle de Jafaar, un pêcheur gazaoui, sympathique et totalement aux abois. Depuis qu'Israël a réduit à rien l'espace autorisé pour la pêche, il ne trouve plus un poisson. Un beau matin, il récupère dans ses filets rien de moins qu'un gros cochon poilu. Panique. Entre l'animal monstrueux qui rue dans les brancards en poussant des cris aigus et le pêcheur aussi terrorisé que si le diable s'était invité sur son bateau, la scène burlesque qui s'ensuit est formidable.

Que faire de cette bête répugnante, jugée aussi scandaleusement impure par les juifs que par les musulmans, et qui pourrait rapporter plus d'argent que bien des poissons ? Cachant l'animal dans sa cale, Jafaar tente de le refourguer au chef du bureau de l'ONU. Il apprend ensuite que les Russes de la colonie voisine pourraient en avoir l'usage, se rend sur place où on lui demande d'apporter non pas le cochon, mais des échantillons du sperme de l'animal pour féconder les femelles. Voilà le pauvre homme condamné, pour gagner sa pitance, à masturber son cochon à l'insu de sa femme et de ses voisins, rongé par la honte et l'angoisse...

Rocambolesque
Le rocambolesque du film ira crescendo, se nourrissant des absurdités induites par la paranoïa réciproque des deux camps, par le culte de la virilité qui imprègne les esprits.

Humaniste et bon enfant, cette petite comédie sans prétention, dont la tenue ne se relâche jamais, joue sur les ressemblances entre Israéliens et Palestiniens sans s'arrêter sur les différences. La violence n'est pas occultée, que ce soit celle infligée aux Gazaouis par l'armée israélienne ou celle des attentats anti-Israéliens. Mais elle est toujours traitée sur le même mode farcesque.

L'élevage de cochons dans les colonies juives par exemple, alors que ces animaux n'ont pas le droit de poser le pied sur le territoire israélien, s'explique par la capacité qu'ils ont à flairer les explosifs. Aussi, pour contourner l'interdit, les installe-t-on sur des plates-formes, ou leur passe-t-on des chaussettes aux pieds. Cet humour foutraque sera-t-il aussi bien perçu en Israël et en Palestine qu'il l'est depuis la France ? C'est évidemment une question qui se pose.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
S’Y PRECIPITER
A consommer tout de suite et sans modération au Styx en ce moment pour ceux qui l’auraient raté. De l’interculturel à doses massives et infiniment d’humour et de tendresse.

samedi 25 février 2012

Edgar Morin : "Mes philosophes à moi"

Sociologue et philosophe internationalement reconnu, auteur d'une oeuvre monumentale, Edgar Morin revient avec un petit bijou : "Mes philosophes" (Germina).

LE POINT : TOUT COMMENCE, ECRIVEZ-VOUS DANS "MES PHILOSOPHES", PAR LE CHOC DOSTOÏEVSKI DANS VOTRE ADOLESCENCE. C'EST DE LUI QU'EST NE VOTRE "PREMIER EVEIL PHILOSOPHIQUE".
Edgar Morin : Il sait exprimer comme personne la dérision, la souffrance et la tragédie humaine. Il a compris que l'Homo est "sapiens-demens", c'est-à-dire un sage délirant qui charrie avec lui plein de rêves. Il a enfin un sens de la contradiction qui rappelle irrésistiblement le doute de Blaise Pascal. Il y a dans Dostoïevski comme dans tous ses personnages, de Stavroguine à Karamazov, le même antagonisme, le même déchirement intérieur. On est, je le répète, dans le monde de Pascal, celui du combat entre la foi et le doute, entre l'espoir et la désespérance. Il y a de plus en lui une compassion infinie pour la misère, l'humiliation, la tragédie humaines. Il écrit dans L'idiot : "La compassion est la loi essentielle, la loi unique peut-être, de l'existence de toute l'humanité."

LE GRAND HEROS DE VOS PHILOSOPHES, CELUI QUE VOUS PLACEZ PLUS HAUT QUE TOUT, C'EST EN EFFET PASCAL. POURQUOI CETTE FASCINATION ?
Parce que j'y retrouve mes "démons" : foi et doute, raison et mysticisme. Parce que j'aime surtout les philosophes de la contradiction. Héraclite, pour commencer, qui touche au plus profond avec des formules comme : "Éveillés, ils dorment." Ou bien : "Sans l'espérance, tu ne trouveras pas l'inespéré." Ou encore : "Vivre de mort, mourir de vie." Blaise Pascal a la même démarche. C'est un scientifique rationnel et, en même temps, un religieux mystique. Chez lui, la foi, le doute, la religion et la raison se combattent et se nourrissent les uns des autres. Dans la nuit du 23 novembre 1654, Pascal a vécu une illumination divine qu'il a traduite ainsi : "Joie, joie, joie, pleurs de joie." C'est un chrétien fervent, et pourtant il est habité par l'incertitude et le questionnement permanent. Moi, je suis comme lui rationnel et mystique, mais pas de la même façon. Je suis un mystique de l'amour. Comme dit Raimon Panikkar : "Pour moi, la philosophie est plus la sagesse de l'amour que l'amour de la sagesse." Je crois à la poésie de la vie et me sens seulement religieux dans le sens élémentaire du lien, dans la fraternité et la communion, en écoutant de la musique ou devant le spectacle de la nature.

DANS MES PHILOSOPHES, VOUS ALLEZ JUSQU'A PRETENDRE QUE PASCAL EST TOUJOURS D'UNE ACTUALITE BRULANTE.
Oui, parce qu'il a rompu avec la simplification et la causalité linéaire en une phrase géniale et définitive : "Toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes, médiates et immédiates (...), je tiens pour impossible de connaître le tout sans connaître les parties non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties." Je me suis inspiré de cette réflexion pour commencer mon travail sur "La méthode". C'est à sa conception de l'être humain comme tissu de contradictions, comme "gloire et rebut de l'Univers", que je me suis voué à une anthropologie complexe. De plus, avec un sens prophétique incroyable, il a situé l'espèce humaine entre deux infinis, ce qui a été confirmé ensuite par la microphysique et l'astrophysique au XXe siècle. Quand je lis au hasard Les pensées de Pascal, je tombe sur des formules sublimes.

EN SOMME, PASCAL VOUS AIDE A VIVRE.
Notamment à cause de son pari. Conscient que Dieu ne peut être prouvé ni par la logique, ni par la science, ni par les miracles, Blaise Pascal fonde sa foi sur un pari. Moi aussi, j'ai repris sa théorie du pari, pas pour Dieu, mais pour toutes les décisions que je peux prendre dans la vie, en amour, en politique, pour mes travaux...

EN LISANT VOTRE LIVRE, ON A LE SENTIMENT QUE LES AUTRES PHILOSOPHES VOUS ONT BEAUCOUP MOINS MARQUE QUE PASCAL. VOUS ETES SEVERE A L'EGARD DE DESCARTES, PAR EXEMPLE.
Descartes est un grand philosophe, mais sa méthode est trop analytique : il sépare les problèmes en petits morceaux qu'il traite ensuite séparément. Le contraire de Pascal. C'est en ce sens qu'il faut, à mon sens, sortir du cartésianisme.

VOUS PASSEZ UN PEU VITE SUR SPINOZA...
C'est un penseur hypermoderne qui a rejeté le Dieu transcendant et créateur pour inscrire la créativité dans la nature, devenue autocréatrice. "Dieu, autrement dit la nature", écrit-il. C'est un résistant qui, exclu par la synagogue, a refusé de s'inscrire dans une religion révélée. J'aime sa façon de haïr la haine et de rejeter l'intolérance. Il y a dans "L'éthique" des phrases sublimes sur l'amour, "accroissement de nous-mêmes", mais je dois à la vérité de dire que la construction géométrique de ce grand livre me barbe un peu...

VOUS PLACEZ SPINOZA DANS CE QUE VOUS APPELEZ LE POST-MARRANISME, QUI EST, SELON VOUS, A L'ORIGINE DE LA PENSEE MODERNE. EXPLIQUEZ...
Un marrane, c'est un converti qui, au fil des générations, semble avoir oublié qu'il était juif, mais qui a quand même gardé son identité au fond de lui. C'est, si vous voulez, un faux chrétien. Le post-marrane a, lui, dépassé cette condition : chez lui, le choc entre le judaïsme et le christianisme a provoqué leur désintégration mutuelle comme le choc entre la matière et l'antimatière. À la suite de quoi un monde nouveau s'est ouvert à lui. L'exemple le plus éclatant de post-marranisme, c'est Montaigne, qui, en surmontant les deux religions, devient un esprit complètement libre. Il ne cite pas une seule fois les Évangiles dans ses Essais et, en pleines guerres de religion, observe les autres civilisations avec autant d'humanisme que de compassion. C'est un pré-Lévi-Strauss qui dénonce la barbarie de la conquête des Amériques. Je place aussi Shakespeare dans ce courant post-marrane. Il descendait probablement d'un juif séfarade, un certain Shapiro, qui avait anglicisé son nom. C'est pourquoi il n'y a pas de salut dans son oeuvre, dominée par l'idée que la vie est "une histoire racontée par un idiot"...

DANS MES PHILOSOPHES, VOUS CONSACREZ AUSSI UNE PLACE A DEUX PROPHETES : BOUDDHA ET JESUS. QUE VOUS ONT-ILS APPORTE, PHILOSOPHIQUEMENT PARLANT ?
Il y a chez Bouddha l'idée d'impermanence qu'Héraclite, son contemporain du VIe siècle avant J\.-C., développe également avec son Tout coule. Il nous explique que nous vivons dans un monde d'apparences et nous enseigne d'acquiescer au néant qui nous attend. Mais son message principal, c'est la compassion pour toutes les souffrances. Y compris celle des animaux, contrairement au christianisme. C'est à cause de cela que je me considère comme néobouddhiste.

ET NEO CHRETIEN, AUSSI...
Je suis une abeille toutes fleurs. [Rires.] Je fais mon miel avec tout. Jésus, sorte de chaman juif, a apporté à l'humanité le sens du pardon qui, à ses yeux, est supérieur à la justice. Jusque-là, on ne connaissait le pardon individuel ni chez les juifs, ni chez les Grecs, ni chez les Romains. Je suis également très ému par le message de Paul : "Sans l'amour, je ne suis rien." C'est à cause du pardon et de l'amour, mais pas du salut céleste auquel je ne crois pas, que je me sens aussi néochrétien.

VOUS ETES NEOBOUDDHISTE, NEOCHRETIEN ET AUSSI NEOMARXISTE. N'Y A-T-IL PAS CONTRADICTION ?
Mon marxisme à moi a toujours été ouvert et assimilateur. C'est pourquoi je m'en suis inspiré et libéré en même temps. Marx croyait au progrès, au déterminisme et à la rationalité de l'Histoire. Sa conception du monde, matérialiste et unidimensionnelle, est aujourd'hui dépassée. Mais nombre de ses idées clés demeurent vivantes et fortes. Par ailleurs, je crois, comme Jean de la Croix, que la connaissance mène à une nouvelle ignorance et que toute lumière vient d'une source obscure.

PARMI VOS PHILOSOPHES, IL Y A UNE SURPRISE : BEETHOVEN.
Il a formulé dans "Muss es sein, es muss sein !" l'idée qu'il faut à la fois se révolter et accepter ce monde. Il a dit : "Je ne m'incline que devant la bonté."

DANS VOTRE LIVRE, IL Y A UN TROU. POURQUOI PASSEZ-VOUS NIETZSCHE A L'AS ?
Il y a toujours des trous dans les gruyères. [Rires.] Mais je reconnais que Nietzsche est un moment important de la philosophie. Après la Renaissance, elle a cherché le fondement de la vérité ultime dans le cogito avec Descartes, dans l'ego avec Kant ou dans le devenir avec Hegel. Nietzsche a renversé la table en disant qu'il n'y avait pas de fondement ultime de la vérité et qu'elle se formait en créant sa propre dynamique.

LA PHILOSOPHIE N'A PAS BEAUCOUP PROGRESSE DEPUIS ARISTOTE ET PLATON. VOUS AVEZ LE SENTIMENT QU'ELLE S'EST ARRETEE AVEC NIETZSCHE ?
C'est une observation très injuste. D'abord, il faut souvent du temps pour que les génies s'imposent. Ainsi, Proust, dont mon manuel de littérature, disait à peu près, quand j'étais au lycée : "Bon psychologue, mais très mauvais écrivain qui se perd dans ses phrases alambiquées." Ensuite, je ne comprends pas comment on pourrait se passer aujourd'hui de Spinoza, Pascal ou Hegel, qui sont toujours actuels. Enfin, la philosophie a un bel avenir si elle ne reste plus repliée sur elle-même, comme une discipline, mais si elle ouvre sa réflexion au monde. Au cours des derniers siècles, la science et la philosophie se sont plutôt ignorées. Or, aujourd'hui, toutes les avancées scientifiques conduisent à des interrogations philosophiques. D'où venons-nous ? Pourquoi un primate s'est-il, un jour, dressé sur ses pattes pour devenir un homme ? Nous vivons toujours au milieu des mystères et nous avons plus que jamais besoin de philosophes pour patrouiller du côté des sciences, du côté de la vie, aux limites de l'indicible et de l'inconnaissable.
(Propos recueillis par Franz-Olivier Giesbert)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN MAÎTRE LIVRE
Un maître livre, synthèse magistrale d’un maître à penser et à vivre.

Bien vieillir réside dans l’art de décanter pour ne garder que l’essentiel.

"La compassion est la loi essentielle, la loi unique peut-être, de l'existence de toute l'humanité."

"Je ne m'incline que devant la bonté." (Beethoven)

« Je crois, comme Jean de la Croix, que la connaissance mène à une nouvelle ignorance et que toute lumière vient d'une source obscure. »

« Toutes choses étant causées et causantes, aidées et aidantes, je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties » (Pascal)

vendredi 24 février 2012

Vingt mandataires Vlaams Belang rejoignent la N-VA

Bart De Wever, président de la N-VA.© Image Globe

Freya Van den Bossche (sp.a) s'inquiéte du nombre de mandataires du Vlaams Belang passés dans les rangs de la N-VA.

La ministre socialiste flamande, dont le parti est dans la majorité régionale avec la N-VA et le CD&V, a entamé mercredi un débat sur Twitter avec le député fédéral N-VA Peter Dedecker. "On peut tourner ça comme on veut, mais 20 (mandataires) Vlaams Belang (passés dans les rangs de la N-VA), ça fait beaucoup de VB", avait écrit Mme Van den Bossche, après que M. Dedecker eut relativisé ce chiffre.

Et la ministre flamande de renchérir jeudi sur les ondes de la VRT radio : "lorsque 20 mandataires passent d'un parti à l'autre pour y recevoir une place importante - la plupart du temps parmi les trois premiers (de la liste aux communales, ndlr), ce n'est pas sans importance ! ", a-t-elle dit, s'interrogeant sur l'influence que ces transfuges auront sur la N-VA.

Au parti socialiste flamand, l'arrivée ces dernières années de mandataires Groen et Volksunie "a rendu à juste titre mon parti plus vert et plus flamand", a fait remarquer Freya Van den Bossche.

"De quoi se mêle-t-elle", lui a répondu Bart De Wever dans la presse. Il assure que le profil des candidats est examiné "avec le plus grand soin" et que "les extrémistes de droite n'ont aucune chance chez nous". Le vice-président de la N-VA, Ben Weyts, s'est voulu rassembleur, la N-VA ne souhaitant pas selon lui diviser la société "entre bonnes et mauvaises personnes".

Sur Twitter, le chef de file du VB, Filip Dewinter, n'a pas manqué de se gausser de l'attitude de la N-VA.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VASES COMMUNICANTS
Vases communicants : "un liquide brun, nauséabond et visqueux remplissant plusieurs récipients qui sont reliés entre eux à leur base par un tube, tuyau accomplissant un effet de siphonage, occupe la même hauteur dans chacun d’entre eux." On ne saurait mieux dire : N-VA et Vlaams Belang sont bel et bien au même niveau !

Il s’agit donc bien de transferts par siphonage. Ainsi font, font les De Winter aux petits pieds attirés par l’étoile montante de la N-VA.

On le sait, les phases de lunes influent sur les marées.

Lunatiques et siphonés, même combat !
MG

«Le Nord de l'Europe doit relancer l'activité»

Jean-Marc Ferry agence une sortie de crise en zone euro. Il plaide une politique solidaire et ciblée : relance au Nord, discipline au Sud. Ce qu'il appelle les « tours de rôle keynésiens ».

Ancien professeur de philosophie et de science politique de l'ULB, Jean-Marc Ferry est aujourd'hui titulaire de la chaire de philosophie de l'Europe à l'université de Nantes. La question européenne traverse son œuvre : « Discussion sur l'Europe », avec Paul Thibaud (Calmann-Lévy, 1992), « La Question de l'Etat européen » (Gallimard, 2000), « Europe, la voie kantienne » (Cerf, 2005).

Le philosophe français Jean-Marc Ferry est titulaire de la chaire de Philosophie de l'Europe à l'Université de Nantes ; il donne par ailleurs deux séminaires à Paris-Sorbonne sous le thème général « Philosophie de la crise ». Un observateur précieux en cette période de gros temps que traverse l'Union.


COMMENT ANALYSEZ-VOUS CETTE CRISE QUI FRAPPE L'EUROPE ?
Disons que l'Europe est aux prises avec trois problèmes.

1) Problème de légitimation du projet européen, comme si le motif fondateur de la construction – la paix – s'était pour ainsi dire effondré avec le mur de Berlin. Cependant, la légitimation de relève est claire : la mondialisation : enrayer le risque d'une subversion des États par les marchés, du politique par l'économique. L'Europe est à la croisée des chemins. Quel est son rôle historique face à la mondialisation ? Adaptation économique ou reconquête politique ?

2) Problème de gouvernance économique, notamment en zone euro. On parle de « fédéralisme exécutif », un slogan qui fédère droite et gauche sur un malentendu. Les uns y voient une opportunité de transmettre les impératifs des marchés financiers aux budgets nationaux, les autres, une fenêtre pour des « Etats-Unis d'Europe », un fédéralisme fort.

3) Problème d'organisation des Pouvoirs publics de l'Union. Depuis Maastricht l'Union donne l'avantage au Conseil sur la Commission. La méthode intergouvernementale l'emporte sur la méthode communautaire. Un rééquilibrage est devenu nécessaire, si l'on ne veut pas d'une Europe néo-impériale, post-démocratique.

Les pays « sociaux-démocrates » grognent face à la politique d'austérité généralisée imposée par la chancelière Merkel. Ce qui est bon pour l'Allemagne n'est pas nécessairement bon pour le reste de l'Europe ?

Les Allemands exportent de façon offensive depuis dix ans, et la population a accepté de réels sacrifices de niveau de vie. Sous l'impulsion de Gehrart Schröder, ils ont souscrit au schéma des politiques de l'offre avec ses « désinflations compétitives ». L'industrie allemande a en outre fait le choix intelligent d'une spécialisation dans le haut de gamme. Cela réduit l'élasticité-prix de ses produits à l'exportation. On comprend donc que la chancelière soit inflexible sur une monnaie forte, voire surévaluée, outre que, symboliquement, l'euro prend le relais du deutsche mark.

Cependant, l'Allemagne a joué un jeu non coopératif et elle entend imposer aux « cigales » du Sud l'orthopraxie des disciplines budgétaires et monétaires. En dépit des convictions naguère affirmées de Nicolas Sarkozy, les États de l'Union se sont vu confisquer les outils de la politique budgétaire et monétaire, confiscation que l'Allemagne veut consolider par une inscription des « disciplines » dans les Constitutions nationales. Elles conviennent à sa situation dominante, mais elles sont inadaptées à la situation du Sud. Plus fondamentalement, est-il raisonnable d'agencer un pilotage automatique rigide à destination de sociétés nationales dont les situations sont fort hétérogènes ?

Cette doxa pourrait entamer la légitimité de la Commission jugée « aux ordres » de l'axe Berlin-Paris. On garde en mémoire, en Belgique, la rebuffade du ministre Paul Magnette envers le commissaire Olli Rehn…

La Commission doit jouer son rôle, mais elle a, en effet, un problème de légitimité politique. Il est clair qu'aucun commissaire, pas même le tandem Barroso-Van Rompuy, ne fait le poids contre « Merkozy ». Jacques Delors préconise un retour à la méthode communautaire. Je suis d'accord. Mais à deux conditions. La première, c'est que l'on renonce à la dogmatique du fait accompli et de l'engrenage irréversible, indiscutable. Justifiée en son temps, cette rhétorique est devenue inappropriée et même détestable…

Le duo Merkel-Sarkozy a, de fait, pris le pouvoir au sein de l'Union, au détriment de l'autre tandem, Barroso-Van Rompuy. Une situation temporaire, liée aux hommes et aux circonstances ou lourde et irréversible ?

« Lourde », oui. « Irréversible », j'espère que non. La seconde condition que j'évoquais serait que l'on réforme en profondeur le mode d'investiture du président de la Commission, faute de quoi il ne disposera pas de la légitimité politique requise pour assurer son autorité en tant qu'instance de coordination des politiques publiques des États membres. Imaginez que chacun des Vingt-sept se réunisse en Congrès et propose, chacun, un candidat à la présidence de la Commission ; que le Parlement européen en retienne dix, et que le Conseil en désigne un : la procédure serait suffisamment « dramatique » pour assurer un bon relais médiatique et procurer à l'élu une légitimité politique à hauteur de sa mission.

Certains plaident aujourd'hui pour « plus d'Europe » – dans le sens d'un véritable pouvoir central fédéral. Pour votre part, cette perspective vous laisse plutôt perplexe. Pourquoi ?

Nous devons cesser de raisonner comme si l'Union européenne était un État fédéral inachevé. Le principe de l'Union est la concertation des États membres, non leur subordination à un État supranational ; c'est la coordination de leurs politiques publiques, non leur soumission à un carcan uniforme. La création d'une vaste zone monétaire induit une spécialisation économique. Même avec la meilleure gestion de ses finances, le Sud était voué à enregistrer des déficits de ses balances extérieures. Tôt ou tard, cela se paie d'un endettement. Les chiffres significatifs ne sont pas ceux des balances budgétaires, mais ceux les balances extérieures. Celles-ci se sont dégradées, au Sud, alors qu'avant 2008 Espagnols et Portugais étaient meilleurs élèves européens qu'Allemands et Autrichiens, quant au respect des critères de convergence.

Le discours moralisateur tenu par les zélotes d'une austérité pénitentielle est mystificateur. Le scandale n'est pas du côté des indisciplinés mais des hypocrites qui savent que l'excédent des uns a pour corollaire le déficit des autres, ainsi qu'Helmut Schmidt l'avait fait remarquer à ses compatriotes : tout le monde ne peut pas être exportateur net, et si tous engageaient la fameuse rigueur, tous seraient à genoux, en pleine récession économique.

Or nous avons la chance d'être dans une Union riche d'un acquis communautaire. Être membre de la zone euro engage une coresponsabilité qui implique une solidarité. Aujourd'hui, le Nord possède les atouts d'une relance économique. Il devrait consentir à des déficits budgétaires calculés, afin que le Sud puisse engager sans dommages sociaux le nécessaire rééquilibrage de ses finances publiques. « Rigueur, oui. Austérité, non ! », clame-t-on depuis les sociétés civiles. C'est le problème actuel : comment engager, comme il se doit, une politique de rigueur, sans que cela doive impliquer une cure d'austérité ?

Si l'on raisonne sur le schéma du grand État, le problème est sans solution. Si en revanche on réalise que nous sommes plusieurs en coresponsabilité solidaire, alors la solution s'indique d'elle-même : oui, le Nord doit maintenant « relancer » l'activité, ce qui permettrait au Sud d'honorer les fameuses disciplines. Son économie sera, on peut l'espérer, tirée en avant dans la mesure des exportations induites par les relances du Nord. C'est donc non pas une politique économique commune qui se recommande en zone euro, mais une politique économique concertée, coordonnée en tenant compte des situations différentes, au Nord et au Sud, et en distribuant en conséquence des « tours de rôle » keynésiens : relances d'un côté, coordonnées à des restrictions de l'autre. Point besoin d'un État fédéral. Il suffit d'une autorité de coordination, qui soit politiquement légitime. C'est le problème institutionnel actuel.

RESUME DE DIVERCITY
ADAPTATION ECONOMIQUE OU RECONQUETE POLITIQUE ? .
Les uns y voient une opportunité de transmettre les impératifs des marchés financiers aux budgets nationaux, les autres, une fenêtre pour des « Etats-Unis d'Europe » : un fédéralisme fort.

Un rééquilibrage est devenu nécessaire, si l'on ne veut pas d'une Europe néo-impériale, post-démocratique.

Ce qui est bon pour l'Allemagne n'est pas nécessairement bon pour le reste de l'Europe ?

Merkel veut une monnaie forte, voire surévaluée, outre que, symboliquement, l'euro prend le relais du deutsche mark.

Cette doxa pourrait entamer la légitimité de la Commission jugée « aux ordres » de l'axe Berlin-Paris

Aucun commissaire, pas même le tandem Barroso-Van Rompuy, ne fait le poids contre « Merkozy ».

Cessons de raisonner comme si l'Union européenne était un État fédéral inachevé.

Le principe de l'Union est la concertation des États membres, non leur subordination à un État supranational ; c'est la coordination de leurs politiques publiques, non leur soumission à un carcan uniforme

Le scandale n'est pas du côté des indisciplinés mais des hypocrites qui savent que l'excédent des uns a pour corollaire le déficit des autres, ainsi qu'Helmut Schmidt l'avait fait remarquer à ses compatriotes : tout le monde ne peut pas être exportateur net, et si tous engageaient la fameuse rigueur, tous seraient à genoux, en pleine récession économique.

« Rigueur, oui. Austérité, non ! ». Comment engager, comme il se doit, une politique de rigueur, sans que cela doive impliquer une cure d'austérité ?

C'est donc non pas une politique économique commune qui se recommande en zone euro, mais une politique économique concertée, coordonnée en tenant compte des situations différentes, au Nord et au Sud, et en distribuant en conséquence des « tours de rôle » keynésiens.

BILL CLINTON : "REMETTONS-NOUS AU TRAVAIL"
Dans son nouveau livre, dont "Le Monde" publie les bonnes feuilles, l'ex-président américain s'en prend à trente années d'idéologie anti-Etat et en décrit les ravages.AFP/JUNG YEON-JE

Dans son nouveau livre, dont "Le Monde" publie en exclusivité les bonnes feuilles, l'ex-président américain s'en prend à trente années d'idéologie anti-Etat et en décrit les ravages.

Voilà ce que l'Amérique doit faire. Nous devons revenir au centre de l'économie de demain. C'est pour cela que la politique, si frustrante et si incohérente soit-elle, garde toute son importance. Au cours des trente dernières années, chaque fois que nous avons cédé à la tentation d'accuser l'Etat de tous nos maux, nous avons failli à notre engagement en faveur de la prospérité partagée, de la croissance équilibrée, de la responsabilité financière et de l'investissement dans l'avenir. C'est là que se trouve en réalité l'origine de nos problèmes.

Même avant la crise financière, l'économie n'avait produit que 2,5 millions d'emplois dans les sept ans et huit mois précédents ; le revenu moyen par famille après inflation était de 2 000 dollars inférieur au niveau qui était le sien lorsque j'ai quitté le pouvoir ; les inégalités de revenus et la pauvreté avaient augmenté, et les saisies hypothécaires explosaient. La quasi-totalité de notre croissance économique était alimentée par la construction de logements, la consommation de biens et la finance, tout cela reposant sur le crédit facile et sur un fort effet de levier. Nous perdions des emplois industriels chaque année. Les citoyens ordinaires faisaient chauffer leurs cartes de crédit pour maintenir la consommation à un niveau élevé, alors qu'ils devaient faire face à la stagnation des revenus et à l'alourdissement des coûts, notamment ceux de la santé, qui augmentaient trois fois plus vite que l'inflation.
Lorsque le gouvernement a renoncé à l'équilibre budgétaire en 2001 en faveur d'importantes réductions fiscales et de fortes augmentations des dépenses publiques, la dette nationale, qui était tombée de 49 % à 33 % du PIB dans les années 1990, est remontée à 62 % en 2010. La dette des consommateurs est passée de 84 % du revenu moyen dans les années 1990 à un taux record de 127 % en 2007. Depuis la crise, l'épargne a un peu augmenté et certaines dettes ont été effacées, mais l'endettement des citoyens américains représente encore aujourd'hui 112 % du revenu moyen. Ce n'est pas comme cela que je voulais voir les Etats-Unis entrer dans le XXIe siècle. (...)

La seule manière de faire perdurer le rêve américain entre nous et de demeurer le principal acteur du monde dans la recherche de la liberté et de la prospérité, de la paix et de la sécurité, c'est d'avoir à la fois un secteur privé, fort et efficace, et un Etat, fort et efficace, qui travaillent ensemble pour promouvoir une économie faite de bons emplois, de revenus en hausse, de plus d'exportations et d'une plus grande indépendance énergétique. A l'échelle mondiale, dans les pays qui réussissent le mieux, dont bon nombre affichent un taux de chômage plus bas, moins d'inégalités et, pour la présente décennie, un plus grand nombre de diplômés universitaires que les Etats-Unis, les deux coexistent. Ils travaillent ensemble, avec parfois des désaccords mais avec des objectifs communs. (...)

L'obsession anti-étatiste qui a toujours été la nôtre a fait la preuve de son efficacité dans le débat politique, mais les échecs auxquels elle a mené dans l'action politique se lisent dans une économie anémiée et de plus en plus inégalitaire, où les emplois sont trop rares et où les revenus stagnent, dans une moindre compétitivité par rapport à d'autres pays, notamment dans les domaines des produits manufacturés et des énergies renouvelables, et dans cette dette qui pèse sur nos épaules, potentiellement invalidante alors même que les baby-boomeurs commencent à partir en retraite.

D'autres pays, en revanche, ainsi que certains Etats et certaines villes des Etats-Unis, parce qu'ils se sont engagés à établir des réseaux de coopération incluant les secteurs public, privé et à but non lucratif, créent actuellement des ouvertures économiques et entrent dans l'avenir avec confiance.

Je ne veux pas dire ici que les démocrates ont toujours raison et les républicains toujours tort. Ce que je veux dire, c'est que, en fourrant tous les problèmes dans la camisole de force antiétatique, anti-impôts et antiréglementation, nous nous entravons nous-mêmes et nous nous empêchons d'effectuer les changements nécessaires, quelle que soit la quantité d'arguments qui nous inciterait à le faire. Le paradigme antiétatique nous rend aveugles aux possibilités qui existent en dehors de son test décisif idéologique et nous empêche de créer de nouveaux réseaux de coopération capables de rétablir la croissance économique, d'offrir des opportunités économiques à plus d'individus et à plus de secteurs géographiques et de développer notre capacité à entraîner le monde vers un meilleur futur.

Pour élaborer une stratégie efficace permettant de faire redémarrer le moteur de l'emploi et de résoudre le problème de notre dette à long terme, nous devons nous débarrasser des oeillères idéologiques antiétatiques et nous concentrer sur le rôle que l'Etat doit jouer dans le renouveau de l'Amérique. (...)

Les pays qui réussissent le mieux au XXIe siècle ont à la fois une économie solide et un Etat fort et efficace. Pour le prouver, ce qui est l'un des principaux objectifs de ce livre, je voudrais comparer les Etats-Unis, quant à leur histoire, à leurs attentes et à la manière dont ils s'en sortent, avec d'autres pays qui sont leurs concurrents de demain, aussi bien ceux qui sont déjà riches que ceux qui connaissent actuellement un développement rapide. Aussi étonnant que cela puisse paraître, on constatera qu'un certain nombre d'entre eux sont mieux classés que nous en termes d'éducation, de technologie, d'infrastructures modernes, de recherche et développement, et de production haut de gamme. Nombreux sont ceux qui affichent des taux de chômage plus bas, une croissance du nombre d'emplois plus rapide, des inégalités de revenus moindres et des taux de pauvreté inférieurs. Certains offrent même plus de possibilités à leurs populations défavorisées de gravir l'échelle économique pour intégrer la classe moyenne, évolution que nous connaissons sous le nom de rêve américain. Singapour, par exemple, île qui ne compte que 5 millions d'habitants et où le revenu par habitant est élevé et la fiscalité relativement réduite, a investi 3 milliards de dollars de fonds d'Etat, soit beaucoup plus que les Etats-Unis, dans le but de devenir le premier centre biotechnologique du monde. Les biotechnologies devraient permettre d'élaborer de nouveaux produits qui créeront des millions d'emplois dans les dix prochaines années. Ces dix dernières années, l'Allemagne, où le soleil brille en moyenne autant qu'à Londres, a dépassé les Etats-Unis en devenant le premier producteur et utilisateur de cellules photovoltaïques. Comment ? Grâce à des subventions et à des objectifs définis par l'Etat. Une étude réalisée par la Deutsche Bank a montré que, même en intégrant le coût des subventions économiques, les Allemands avaient bénéficié de la création de 300 000 nouveaux emplois. Les Etats-Unis ayant une population plus nombreuse, s'ils avaient adopté la politique de l'Allemagne, auraient créé plus d'un million d'emplois. Mieux encore, du fait de leur plus grande capacité à produire de l'énergie solaire, ils auraient pu en créer le double. (...)

S'il reste encore des militants antiétatiques pour me lire, j'entends déjà les contre-attaques qui se forment dans leur esprit : "Ce que veut Clinton, c'est une social-démocratie à l'européenne ! Il veut nous taxer à mort ! Il veut nous imposer trop d'Etat ! Il ne croit pas en l'exception américaine ! Il n'aime même plus l'Amérique ; sinon, il ne ferait pas étalage de tous ces mauvais chiffres !"

Tout cela n'a aucun sens. Quand j'étais gouverneur de l'Arkansas, j'ai augmenté les impôts pour financer l'éducation, mais j'ai soutenu la diminution de la fiscalité pour encourager la création d'emplois, j'ai supprimé l'imposition d'Etat pour 25 % de nos contribuables (les 25 % les moins riches) et j'ai maintenu notre fiscalité globale au deuxième rang le plus bas du pays, exactement là où je l'avais trouvé à mon arrivée. Dans les années 1980, l'Arkansas était l'un des rares Etats qui gagnaient des emplois industriels et il entraînait notre région dans la croissance globale du marché de l'emploi. (...)

Au XXIe siècle, le rêve américain nécessite des avancées que nous ne pourrons réaliser sans mettre en place des politiques gouvernementales efficaces, recouvrant des investissements directs, des incitations à accélérer la croissance des entreprises et de l'emploi et des partenariats public-privé permettant la création d'un environnement favorable à cette évolution. Que cela nous plaise ou non, nous avons devant nous un nombre important de tâches à accomplir. (...)

Il faut construire des infrastructures adaptées au XXIe siècle.

Des millions d'emplois pourraient et devraient être créés pour augmenter au maximum les chances des Etats-Unis de renouer avec la croissance et avec une meilleure qualité de vie au XXIe siècle. Si l'on regarde où va le monde et la vitesse à laquelle il s'y rend, il est évident que nous avons besoin de connexions à haut-débit beaucoup plus rapides, d'un réseau électrique intelligent, de ports et d'aéroports plus efficaces et d'une remise à niveau de nos anciens investissements dans les routes, les ponts, les chemins de fer et les systèmes d'adduction d'eau et d'évacuation des eaux usées. Le plan d'aide a consacré de l'argent au lancement de ces entreprises, mais en trop faibles quantités et qui ont déjà largement été dépensées. Les membres antiétatiques du Congrès et leurs sympathisants dans le pays prétendent que nous ne pouvons pas nous permettre de telles opérations. Ils ont tendance à oublier que l'"exception américaine" qu'ils soutiennent dans leurs discours s'est construite sur des entreprises visionnaires. Pendant la Grande Dépression, la Works Progress Administration et le Civilian Conservation Corps ont employé plus de 8 millions de personnes à la réalisation de projets qui nous sont encore utiles aujourd'hui. Un bon point de départ serait de voter la création d'une banque d'investissement dans les infrastructures telle qu'elle a été soutenue par le président dans son discours sur l'emploi. (...) Les investissements pourraient provenir aussi bien du secteur privé que d'Etats étrangers détenant d'importantes liquidités et recherchant un endroit sûr où les placer. C'est une bonne idée qui est en discussion depuis des années. De nombreux autres pays élaborent ou réalisent des projets grâce aux investissements privés. Tant que les résultats et la sécurité restent garantis à un haut niveau, nous devriial démocrate

Quelle sorte de futur souhaitons-nous ? Voulons-nous un pays où nous puissions travailler tous ensemble pour faire revivre le rêve américain et reconstruire notre classe moyenne ? Quel est le moyen le plus efficace pour y parvenir ? Avec une économie forte et un Etat fort travaillant main dans la main pour renforcer les perspectives, les responsabilités et la prospérité de tous ? Ou bien avec un Etat faible et des groupes d'intérêts puissants qui dénigrent la prospérité pour tous et encouragent sa confiscation systématique par un petit nombre jusqu'à sa disparition ? C'est pourtant ce que nous promettent à terme les tenants de l'antiétatisme et de l'idéologie du "chacun pour soi".

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CLINTON IV
Quand Obama devint président, on annonça un mandat Clinton III. Ce n’était pas tout à fait faux.

Et voilà que Bill Clinton sort aujourd’hui du bois et lance la campagne en faveur d’un Clinton IV.

Aussitôt Bill annonce la couleur : Clinton 4 ou Obama 2 se placera sous le signe de davantage d’Etat, autrement dit il prend le contrepied des thèses des Tea Parties et du parti républicain. Roosevelt 3 ?

« Au cours des trente dernières années, chaque fois que nous avons cédé à la tentation d'accuser l'Etat de tous nos maux, nous avons failli à notre engagement en faveur de la prospérité partagée, de la croissance équilibrée, de la responsabilité financière et de l'investissement dans l'avenir. C'est là que se trouve en réalité l'origine de nos problèmes. »

Plus social-démocrate que ça, on tire l’échelle. De quoi rendre Merkel verte de rage.

L'obsession anti-étatiste est carrément dénoncée par le mari de Hilary. Au vrai, la « sociale démocrate » du couple, c’est elle, comme on s’en rend compte en lisant ses mémoires et sa biographie.

« En fourrant tous les problèmes dans la camisole de force anti étatique, anti impôts et anti réglementation, nous nous entravons nous-mêmes et nous nous empêchons d'effectuer les changements nécessaires ». Autrement dit les Républicains ont tout faux.

« Le paradigme antiétatique nous rend aveugles et nous empêche de créer de nouveaux réseaux de coopération capables de rétablir la croissance économique et de développer notre capacité à entraîner le monde vers un meilleur futur. »

« Pour élaborer une stratégie efficace permettant de faire redémarrer le moteur de l'emploi et de résoudre le problème de notre dette à long terme, nous devons nous débarrasser des oeillères idéologiques antiétatiques et nous concentrer sur le rôle que l'Etat doit jouer dans le renouveau de l'Amérique. (...) »

Bref ce qui seul peut faire redémarrer sérieusement le moteur économique américain, c’est un New Deal à la Roosevelt.

Selon nous, cela est vrai aussi pour l’Europe. Mais c’est l’inverse de ce que proposent les gouvernements conservateurs au pouvoir.

Les Tea Parties et les républicains purs et durs sont persuadés que « Ce que veut Clinton, c'est une social-démocratie à l'européenne ! Il veut nous taxer à mort ! Il veut nous imposer trop d'Etat ! Il ne croit pas en l'exception américaine ! Il n'aime même plus l'Amérique ; sinon, il ne ferait pas étalage de tous ces mauvais chiffres !"

Ce qui est fascinant, c’est que Bill est totalement conscient des critiques de ses adversaires ! Et cependant il persiste et signe !

« Il faut construire des infrastructures adaptées au XXIe siècle. » C’est, selon nous vrai aussi pour l’Europe dont les gouvernements conservateurs ne jurent au contraire que par la rigueur et à la limite l’austérité ce qui tôt ou tard nous conduira au désastre de la déflation qui mit l’Allemagne à genoux à la fin des années trente.

Et pourtant, o paradoxe , la rigueur à la Merkel participe de la vieille hantise allemande de recréer les conditions qui ont facilité l’arrivée au pouvoir du fléau Hitler.

« Des millions d'emplois pourraient et devraient être créés pour augmenter au maximum les chances des Etats-Unis de renouer avec la croissance et avec une meilleure qualité de vie au XXIe siècle. »

Bill Clinton est conscient que le peuple américain a besoin de « connexions à haut-débit beaucoup plus rapides, d’un réseau électrique intelligent, de ports et d'aéroports plus efficaces de systèmes plus modernes d'adduction d'eau et d'évacuation des eaux usées. » On a débloqué des milliards pour sauver les banques ; pourquoi ne pas en débloquer dix fois plus pour moderniser nos équipements collectifs ?

Est-il complètement déraisonnable que ces objectifs deviennent aussi ceux de l’Europe en lieu et place d’une cure d’austérité ?

Et pourquoi ne pas dévaluer l’euro surévalué pour faciliter une reprise de l’économie et lancer un vaste chantier à la New Deal des deux côtés de l’Atlantique ?

« Quelle sorte de futur souhaitons-nous ? Voulons-nous un pays où nous puissions travailler tous ensemble pour faire revivre le rêve américain et reconstruire notre classe moyenne ? Quel est le moyen le plus efficace pour y parvenir ? Avec une économie forte et un Etat fort travaillant main dans la main pour renforcer les perspectives, les responsabilités et la prospérité de tous ? »

On aimerait entendre Dominique Strauss Kahn sur ces sujets sensibles plutôt que de le savoir en garde à vue pour des gallipèdes et pourquoi ne pas entendre aussi le très le très vieux mais tellement lucide Helmut Schmidt…
MG

mercredi 22 février 2012

LE 'BILINGUISME ANARCHIQUE' EST PREOCCUPANT

Il mène au 'code switching' (passage d'une langue à/dans l'autre et mélanges fréquents de deux systèmes en un) et à une maîtrise très partielle des deux systèmes différents.

Le bilinguisme se prépare de façon systématique. Il ne pas être le seul fruit de l'exposition à deux ou trois ... langues. L'enfant doit avoir un input de qualité dans les deux systèmes avec des points de repère précis - papa parle avec moi le français et maman, l'arabe, par exemple. Toujours. Et rien d'autre. Ainsi, l'enfant construit ACTIVEMENT deux systèmes distincts.

C'est cela la situation que vivent mes deux enfants. Quelle ne fut pas ma surprise quand mon petit garçon m'a dit un jour : tu parles aussi l'arabe - la langue qu'utilise toujours sa maman avec lui. Il a cru que la seule langue que je parlais était le français. C'est la méthode que j'ai trouvée la plus simple et la plus aisée à appliquer pour mener à un équilibre linguistique chez mes enfants.

Et la lecture, tout le temps, partout, ... Et ils en redemandent: matin, midi et SURTOUT le soir: trois, quatre, cinq histoires ... Et les mots sont compris, mis en réseaux (synonymie, antonymie, expressions idiomatiques, ...). MERCI L'ECOLE DES LOISIRS! et des plaisirs, et pas que pour les enfants!!!!!!

De fait, ils prennent plus de temps pour commencer à parler. Mais quand la parole est là, elle est facile dans deux langues et raisonnablement sophistiquée dans la langue que l'on pousse le plus.

L'enfant baigne dans plusieurs visions du monde à un âge de grande flexibilité et de facilité d'apprentissage. La tolérance, la diversité, le cosmopolitisme ne se donnent pas, ils se conquièrent. C'est une attitude active, dynamique, construite, raisonnée, volontariste, ...

L'Autre n'est accessible en tant qu'Autre que parce que on peut entrer dan son monde par les portes et les fenêtres laissées ouvertes et à portée de coeur de ceux qui en mettent pour y entrer, avec douceur, respect et fraternité. Et la plus belle porte d'entrée des/dans les cultures est, pour moi, la langue.
(Ahmed A.)

COMMENTAIRE DE A.M.
Quelques remarques primaires et spontanées:

Très joli commentaire N°1 auquel j'adhère totalement.

Toutefois, aucune généralisation ne peut s'appliquer à ce sujet.

S'il est bien pratique et très enrichissant d'apprendre plusieurs langues dès le berceau, il n'y a pas que des avantages, certes, même si dans la balance, les inconvénients pèsent peu.

J'ai constaté, pour en avoir discuté avec plusieurs, que les adultes, élevés en bilingues, ont davantage de peine en orthographe que les monolingues.

J'ai 3 petits-fils bilingues de moins de 6 ans: aucun ne fait l'apprentissage de la parole et du bilinguisme de la même manière.

On en reparlera dans 10 ans.

Pour les recensements pratiqués tous les 2 ans dans les classes valaisannes, la définition officielle de la langue maternelle est: la langue dans laquelle l'enfant s'exprime le mieux (et non celle de la mère).

Le concept langue maternelle évolue donc au fil de la vie. C'est mon cas: élevée uniquement en beschaafd Nederlands je suis devenue peu à peu francophone au cours de ma scolarisation... et j'en ai "bavé".

C'est après avoir abandonné la pratique du néerlandais que j'ai pu, enfin, mieux m'exprimer en français et écrire plus correctement.

Mes filles ont appris l'anglais et l'espagnol après l'âge de 12 ans et ça c'est très bien passé. Je n'en tire aucune conclusion et reste attentive aux expériences scolaires bilingues.

J'ai eu beaucoup d'élèves trilingues: le plurilinguisme est un trésor, mais il a son prix pour le commun des mortels.

Qu’on me pardonne- ces quelques banalités: en fait je voulais réagir sur la définition de "langue maternelle".
(Anne M.)

mardi 21 février 2012

Les bébés bilingues: ni petits génies ni vraiment en retard pour parler

Les idées répandues sur les difficultés et les capacités des enfants
bilingues sont souvent fausses selon des chercheurs canadiens.
Des idées répandues sur les difficultés et les capacités des enfants
bilingues sont souvent fausses, ont affirmé plusieurs chercheurs,
plaidant pour une nouvelle approche de ces problèmes lors d'une
conférence scientifique tenue ce week-end à Vancouver, dans l'ouest du
Canada.
Les enfants de familles dans lesquelles on utilise deux langues
commencent parfois à parler plus tard que ceux qui n'en entendent
qu'une, et leurs parents inquiets s'interrogent sur les causes de ce
retard.
On considère souvent que de tels enfants sont désorientés et par
conséquent tardent à parler. Ou les parents s'entendent dire que tout
retard apparent n'est qu'illusion parce que les enfants sont de petits
génies qui peuvent apprendre facilement et rapidement n'importe quelle
langue.
"Les deux assertions sont fausses", a dit la psychologue américaine
Erika Hoff devant la conférence annuelle de l'Association américaine
pour l'avancement de la science.
"Il n'est pas vrai qu'entendre deux langues conduit à la confusion
chez l'enfant et réduit sa capacité d'apprendre. Mais il n'est pas
vrai non plus que les enfants peuvent apprendre comme par magie deux
langues aussi vite qu'une seule", a-t-elle ajouté.
Pour le comprendre, les psychologues doivent adopter une approche
différente dans leur recherches et mesurer simultanément le niveau des
deux langues chez l'enfant au lieu d'une seule.
Ils arrivent alors le plus souvent à la conclusion que l'addition des
deux tests aboutit au même résultat qu'un test chez un enfant
monolingue.
"Les enfants exposés aux deux langues (...) entendent moins de chacune
d'entre elles que ceux qui n'en entendent qu'une, donc cela leur prend
plus de temps pour arriver au même niveau d'expérience dans chacune
d'entre elles", a indiqué Mme Hoff dont les recherches ont porté sur
des familles anglo-espagnoles ayant un niveau d'éducation élevé, dans
le sud de la Floride.
Deux types de tests existent depuis des décennies: le LDS (Language
Development Survey) et le Bilan de développement de la communication
de MacArthur Bates. Ils consistent à interroger les parents sur les
mots que leurs enfants connaissent et le nombre de leurs combinaisons
qu'ils utilisent à l'âge d'environ deux ans.
Leslie Rescorla, professeur de psychologie au collège Bryn Mawr en
Pennsylvanie, qui avait créé le LDS dans les années 80, a confirmé que
ces tests, existant en plusieurs langues, permettent d'identifier les
locuteurs tardifs à l'âge de 24 à 30 mois.
Pour ce test, les parents reçoivent une liste de 310 mots et doivent
indiquer ceux que leur enfant prononce déjà. Un enfant moyen en
utilise 150, tandis que les locuteurs tardifs en emploient entre 25 et
50.
L'identification d'un enfant comme locuteur tardif est importante car
elle peut révéler des problèmes d'autisme, d'ouïe ou de développement
mental, a souligné Nan Bernstein Ratner, professeur à l'Université du
Maryland.
Cependant, si des recherches ont révélé que jusqu'à 20% des enfants
sont des locuteurs tardifs, beaucoup d'entre eux rattrapent les autres
à l'âge de cinq ans, a précisé M. Ratner.
"En gros, quatre sur cinq s'en sortiront." Mais "il vaut mieux les
identifier à deux ans et les suivre plutôt qu'attendre de voir"
comment ils évoluent, a dit l'universitaire.
Quant aux bébés bilingues, Mme Hoff suggère aux parents d'utiliser des
tests dans leurs deux langues plutôt que de s'inquiéter de retards
dans l'une d'entre elles.
"Vous verrez que les enfants bilingues ressemblent parfaitement aux
enfants monolingues. Ils acquièrent leurs connaissances linguistiques
exactement au même rythme", assure-t-elle.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA BOSSE DES LANGUES
Il serait temps que l’on se rende compte que les enfants d’origine
immigrée qui parlent à la maison une autre langue que celle qui est
parlée par leur enseignant(e) ne sont pas forcément des handicapés
mentaux. Que du contraire ! Ce sont des bilingues, voire multilingues
en puissance.
Les profs de langues sont, pour la plupart d’entre eux, issus de
milieux bilingues. Ils ont la bosse des langues parce qu’ils ont été
exposés à une autre langue que celle de leur mère (langue maternelle)
avant l’âge de dix-douze ans. Ce texte nous apprend une chose
fondamentale : qui est confronté au défi d’apprendre deux langues a
deux fois plus de « travail » que qui doit s’acquitter d’une seule.
Apprendre deux langues prend du temps mais se révèle un atout à long
terme.
Nous le disons et le répétons : il est primordial de valoriser
davantage la langue maternelle et la culture des enfants issus de
l’immigration.
MG

La "communauté métropolitaine", une menace pour Bruxelles ?

La communauté urbaine prend forme. Elle devrait rapprocher Bruxelles de son hinterland brabançon. Un "bidule institutionnel" de plus ?

PLUS D'INFOS
•La "communauté métropolitaine", une menace pour Bruxelles ?
Attention, sujet politiquement touchy ! Si les négociateurs de la 6ème
réforme de l’Etat ont bien prévu, dans l’ "accord papillon" de
décembre 2011, la création, par une loi spéciale, d’une "communauté
métropolitaine", peu de détails ont filtré, depuis lors, sur cette
structure appelée à rapprocher Bruxelles des communes de son
"hinterland" socio-économique. Les discussions entrent néanmoins dans
le vif du sujet. Les séances de travail du comité de pilotage de la
réforme institutionnelle se multiplient. Le gouvernement Di Rupo s’est
fixé comme objectif de faire voter un premier volet de réformes avant
les vacances parlementaires. "La communauté métropolitaine fait partie
des dossiers qui doivent être votés avant l’été. Elle figure donc dans
le plan de travail actuel du comité de pilotage", nous précise le
cabinet de Melchior Wathelet (cdH), secrétaire d'État aux réformes
institutionnelles.
Bruxelles étouffe dans ses frontières
La création d’une communauté urbaine vise à répondre à une évidence :
la Région-Capitale étouffe dans ses limites administratives. De
nombreuses études ont démontré que l’espace urbain bruxellois a une
cohérence géographique, humaine et économique qui dépasse largement
les dix-neuf communes. Or, le gouvernement flamand rejette toute idée
de révision des limites territoriales de la Région bruxelloise. Faute
d’élargissement, le concept d’organisation métropolitaine a fait son
chemin. Il devrait permettre de désenclaver la capitale, pour lui
donner peut-être un jour le statut de grande métropole européenne.
A quoi ressemblera la future entité ? Les discussions sont toujours en
cours, mais les confidences de certains négociateurs permettent déjà
de se faire une petite idée de ce que sera cette communauté urbaine,
qui englobera des communes et des villes comme Tubize, Nivelles,
Jodoigne ou Biévène. "A ce stade, on s’oriente vers une structure
technique, similaire à celle d’une grosse intercommunale, confie l’un
d’eux. Elle sera gérée par les trois Régions et, accessoirement, par
le fédéral. Cette plateforme de coopération interrégionale aura pour
territoire la totalité de l’ancien Brabant, arrondissement de Louvain
compris. Ne pas inclure cet arrondissement, ce serait exclure de
l’hinterland bruxellois une commune comme Tervuren, située aux portes
de la capitale."
Le projet couvre, au total, 111 communes, soit 2,5 millions
d’habitants. Mais les organes et le budget dont la nouvelle structure
serait dotée doivent encore être précisés. En revanche, il est acquis
qu’elle exercera des compétences de type régional et, selon la
formulation de l’accord institutionnel, "d’importance transrégionale."
Les domaines envisagés - aménagement du territoire, travaux publics,
mobilité, voire emploi - sont actuellement gérés aux niveaux fédéral,
régional et communal. Pour autant, seule la mobilité est, jusqu’ici,
mise en avant. Il est question faciliter le dialogue sur "la sécurité
routière et les travaux routiers de, vers et autour de Bruxelles". Les
aménagements prévus pour le ring sont concernés et devraient faire
l’objet d’une concertation préalable.
Une institution politique de plus ?
En périphérie flamande comme à Bruxelles, beaucoup d’élus se montrent
sceptiques à l’égard du projet, encore flou, de communauté
métropolitaine. L’argument qui revient le plus souvent est la crainte
de voir se superposer, dans un souci de coordination, un niveau de
pouvoir supplémentaire. Autre inquiétude, exprimée par le FDF : la
communauté métropolitaine servirait de "cheval de Troie" aux partisans
d’une cogestion bicommunautaire de Bruxelles. Pour le patron du FDF,
Olivier Maingain, la communauté métropolitaine est un "leurre", un
"nouveau bidule institutionnel" créé "à la seule satisfaction de
mandataires politiques qui y trouveraient quelques avantages
personnels". Le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V), lui,
martèle qu’il n’est "pas question, en cas de coopération dans le cadre
d’une communauté d’intérêts, de toucher aux frontières et aux
compétences propres des pouvoirs concernés."
C’est Guy Verhofstadt, l’ex-Premier ministre Open-VLD, qui a fait
entrer le projet métropolitain dans la sphère politique. En janvier
2008, il prône, dans sa note au Roi, le développement d’une "véritable
Région urbaine bruxelloise". Le gouvernement bruxellois est interpelé.
A la tête d’une Région qu’il décrit volontiers comme "sous-financée"
et "étriquée dans ses frontières", Charles Picqué marque son intérêt
pour le concept. Il est néanmoins conscient que cette communauté
ressemble fort à un contre-feu allumé par les Flamands, qui ne veulent
plus entendre parler de l’élargissement de Bruxelles.
Le souci principal des décideurs politiques et économiques flamands et
wallons serait en fait de faciliter autant que possible les
déplacements des quelque 450 000 navetteurs qui entrent chaque jour de
semaine sur le territoire bruxellois (80 % en voiture, 20 % en
transports en commun). "Voilà pourquoi, dans le projet actuel de
communauté urbaine, l’accent est mis sur la mobilité", estime Isabelle
Pauthier, directrice de l’Arau, l’Atelier de recherches et d’action
urbaines.
Olivier Rogeau (Le Vif)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA OU IL Y A UNE IMPASSE, IL Y A UNE ISSUE
Ainsi raisonnent les Asiatiques et ils ne manquent en cela pas de sagesse.
Bruxelles étouffe dans son carcan de 19 communes. C’est l’impasse. Tôt
ou tard, il faudra envisager une issue sous la forme d’une dynamique
d’élargissement.
Et si les mots « élargissement » et « tâche d’huile » font si peur aux
Flamands pourquoi ne pas mettre en route la dynamique de la
‘communauté urbaine’ qui a si bien réussi à d’autres mégapoles,
notamment à Lille ? Et n’oublions pas que c’est le Flamand Vande
Lanotte qui a mis le terme sur la table des négociations.
Le mot, le signifiant est sur toutes les bouches. Ce qui est moins
clair c’est la nature du signifié.
A l’évidence, il faudra des décennies pour clarifier ce terme, en
tirer une signification acceptable pour tous. C’est comme le mot
Europe, tout le monde l’entend différemment.
BHV était la pierre qui couvrait la source et l’empêchait de couler,
comme dans Manon, le film de Pagnol.
Reste à voir qui siégera au sein de la nouvelle entité. Sur ce point,
le modèle de communauté urbaine proposé par la Flandre et la Wallonie
ne tarde pas à inquiéter Picqué. Car le rapport de force pourrait y
être défavorable à la capitale : "Si cette communauté est plus qu’un
groupe de réflexion, il faut que Bruxelles y ait un poids décisif,
sous peine de se voir imposer des politiques par les deux autres
Régions", assure le ministre-président.