mardi 29 janvier 2013

Le futur Premier ministre : "Kris Peeters ?"

Francis Van de Woestyne (La Liibre Belgique)

Si la N-VA arrive en tête, Peeters pourrait débouler au fédéral et être le candidat “Premier”.
Il y a un certain mouvement dans le positionnement des partis politiques en Flandre. L’évolution est lente mais bien réelle. Petit à petit, les partis politiques semblent - oui, semblent - prendre leurs distances à l’égard de la N-VA et de son leader, Bart De Wever. Le mouvement est-il durable ? Nous avons interrogé un des meilleurs connaisseurs de la politique flamande : Dave Sinardet, politologue à la VUB.

LE PRESIDENT DU CD&V, WOUTER BEKE, AFFIRME QU’IL S’ABSTIENDRA DE NEGOCIER UNE REFORME DE L’ETAT EN 2014.
Cela n’est pas vraiment neuf. Fin décembre, Kris Peeters, le ministre-président du gouvernement flamand, avait déjà déclaré que, pour lui, l’enjeu de la négociation de 2014 ne devait pas être la 7e réforme de l’Etat mais qu’il fallait plutôt se concentrer sur l’exécution de la sixième.
C’EST QUAND MEME UNE EVOLUTION IMPORTANTE AU CD&V : IL Y A PEU, LE MEME PEETERS EXIGEAIT HAUT ET FORT UNE 7E REFORME DE L’ETAT…
Oui. Il faut dire qu’avant, le parti était assez divisé sur la direction à prendre. Par le passé, Kris Peeters avait donné l’impression de vouloir suivre l’agenda de la N-VA.
QU’EST-CE QUI A CHANGE ?
Ils ont fait une nouvelle analyse : aujourd’hui, la position du parti est de dire qu’ils ne sont plus demandeurs d’une réforme de l’Etat en 2014. Kris Peeters a aussi évolué sur le plan personnel. Il a précisé que le nouveau Sénat, qui sera composé d’élus des parlements régionaux, devait être le lieu où l’on discuterait d’une éventuelle 7e réforme de l’Etat.
OUI, MAIS CE N’EST PAS LA QUE LES ARBITRAGES SE FONT…
Evidemment, tous ceux qui connaissent le système belge savent que ce ne sont pas les sénateurs qui décident. Tout se passe au niveau du top des présidents de parti. Mais, stratégiquement, la déclaration de Peeters est significative : cela veut donc dire que le CD&V ne demandera pas qu’on parle de réforme institutionnelle pendant les négociations qui suivront les prochaines élections.
LES AUTRES PARTIS SONT-ILS SUR LA MEME LONGUEUR D’ONDE ?
La nouvelle présidente de l’Open VLD, Gwendolyn Rutten, a décidé de ne pas parler du tout de la réforme de l’Etat. Pareil au SP.A. La N-VA se retrouve donc isolée. Le débat n’est donc plus pour ou contre le confédéralisme, mais "oui" ou "non" à une prochaine réforme de l’Etat.
LE VIRAGE DU CD&V EST QUAND MEME A 180 DEGRES. IL Y A QUELQUES MOIS, CERTAINS OBSERVATEURS AFFIRMAIENT AVEC LE MEME APLOMB QU’IL Y AVAIT UN ACCORD ENTRE LE CD&V ET LA N-VA POUR RECONSTITUER LE CARTEL, MAIS CETTE FOIS AVEC UNE N-VA DOMINANTE, ET POUR EXIGER LE CONFEDERALISME EN 2014. QUI CROIRE, FINALEMENT ?
Il est vrai qu’il y a eu des tas de rumeurs ces derniers mois. Certains ont même prétendu que Kris Peeters pourrait rejoindre la N-VA ou alors sceller un accord CD&V/N-VA pour qu’il reste ministre-président après 2014 Moi, je pense que Kris Peeters ne voudra pas rester ministre-président du gouvernement flamand si la N-VA est le premier parti en Flandre après le scrutin de 2014. Sa position serait alors très désagréable.
QUE DEVIENDRAIT-IL ALORS ?
Eh bien, dans ce cas-là, j’imagine bien que Kris Peeters atterrisse finalement au niveau fédéral ! Cela n’est pas exclu. Je note qu’il n’a jamais nié cette possibilité. Et le fait qu’il s’inscrive de plus en plus dans uns stratégie "fédérale", repoussant à plus tard une 7e réforme de l’Etat, donne du crédit à cette hypothèse. Car pour le CD&V, il est évidemment difficile de plaider pour un gouvernement Di Rupo II. Le candidat Premier ministre du CD&V pourrait donc être Kris Peeters ou quelqu’un d’autre
QUI ALORS ? ENVISAGEZ-VOUS LE RETOUR D’YVES LETERME OU LA MONTEE EN PUISSANCE DE STEVEN VANACKERE ?
C’est possible. Mais tout le monde sait bien que le seul vrai leader du CD&V, en ce moment, c’est Kris Peeters et personne d’autre. Il est très populaire et il n’est pas vraiment contesté à l’intérieur du parti. Mais bon, n’oubliez pas non plus qu’en 2014, il y aura 3 élections. Le CD&V peut encore choisir les candidats qu’il veut "profiler" pour chacun des niveaux de ces élections : fédéral, régional et européen.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"TOUT SE PASSE AU NIVEAU DU TOP DES PRESIDENTS DE PARTI."
Il y a un vingtaine d'années, il se disait que le pouvoir était sous la plume des puissants éditorialistes des grands quotidiens flamands. Ce temps est révolu depuis longtemps. Désormais ce sont les grands politologues universitaires qui dictent l'oracle: Sidaret, De Vos, Maddens, Huys; Corbieter et Dewit du côté francophone.
Illusion. En vérité ce sont les présidents qui ont tout à dire. "Tout se passe au niveau du top des présidents de parti."
Plus besoin d'aller voter les jeux sont faits, un an d'avance.
Exit Di Rupo côté jardin, Kris Peeters prépare son entrée côté cour sur un air de Lully. Et Bart De Wever? Ministre-Président des Flandres?
Démocratie? Non, la Belgique nous l'avons dit souvent, yest une particratie où les présidents sont tous de fringants quadras totalement inexpérimentés. Comme Philippe de Belgique qui a sûrement poussé un soupir en écoutant le bref discours d'abdication de Béatrix, la reine aux chapeaux en forme de fromages hollandais.
MG

lundi 28 janvier 2013

Une ASBL éloigne les enfants musulmans des écoles: Marion Lemesre dénonce


Belga
Elle s'est également insurgée contre une affiche dans un salon de coiffure. Elle présente l'image d'une femme "intégralement voilée".
La députée régionale Marion Lemesre (MR) a dénoncé lundi des propos "tenus et revendiqués" par l'ASBL Les petits savants, qui fait la promotion de l'instruction des enfants musulmans en famille, plutôt que de les envoyer dans des écoles publiques, qualifiées d'"écoles de mécréants". "Par le biais d'articles, d'interviews et de références à l'interprétation du Coran, les rédacteurs du site (des "petits savants", ndlr) incitent les parents à ne pas mettre les enfants musulmans dans des écoles publiques", a souligné Mme Lemesre dans un communiqué."Car nos écoles sont tenues par des institutrices mécréantes qui font faire aux enfants des activités +qu'Allah n'agrée pas+ (...) comme le chant, la danse ou l'art plastique", a-t-elle ajouté, citant des passages trouvés sur le site de cette ASBL.
Et de fait, à la question "Est-il permis que les musulmans mettent leurs enfants dans les écoles des mécréants, sachant les nombreuses contradictions avec la Législation islamique qu'il y a dans leurs écoles et les effets qu'elles ont sur nos enfants? ", un certain Cheikh Mouhammad Omar Bâzmoul répond: "il ne lui est pas permis de les inscrire dans les écoles des mécréants, car on craint qu'ils ne soient tentés et qu'on nuise à leur croyance et à leurs moeurs".
"Ce qui m'apparaît, et Allah est plus savant, est qu'il n'est permis, sous aucune circonstance, aux musulmans de mettre leurs enfants dans les écoles des non-musulmans", ajoute Cheikh Mouhammad Omar Bâzmoul, que certains sites présentent comme un "docteur en science religieuse".
Mme Lemesre, qui est également échevine à Bruxelles, s'est par ailleurs déclarée "interpellée" par l'affiche du salon Les perles de la Oumma, destiné aux femmes musulmanes qui se tiendra le 3 février dans le quartier de la place Bockstael à Bruxelles. Cette affiche présente l'image d'une femme "intégralement voilée".

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ATTENTION DANGER
De là à prôner la création d'un réseau d'enseignement islamique il n'y a qu'un pas que la constitution belge permet de franchir.
Il ne fait aucun doute que cet enseignement verra le jour et sans doute bien plus vite que nous ne l'imaginons.
Attention danger: la N-VA rêve d'indépendance et les islamistes de sharia. Le risque est grand de voir se créer par ce biais un fossé toujours plus large entre musulmans et non musulmans, singulièrement à Bruxelles et plus particulièrement dans certaines communes.
MG

Vande Lanotte: «La situation à Bruxelles est désastreuse»

Véronique Lamquin (Le Soir)
Johan Vande Lanotte propose une réforme bruxelloise. « Il faut changer des choses, le niveau de problèmes est trop élevé ». Entretien exclusif.
Pierre-Yves Thienpont/Le Soir

Johan Vande Lanotte ose « deux blasphèmes ». Pour les néerlandophones: la réduction du nombre de mandataires, la suppression de la parité. Pour les francophones: le respect des lois linguistiques serait confié à des tribunaux administratifs. Et, au passage, il faut fusionner les communes, plaide le vice-Premier SP.A. « La situation à Bruxelles est désastreuse, s'inquiète-t-il. Mais c'est accepté! Il faut oser dire les choses. »

VOUS NE VOULEZ PAS PARLER D’UNE SEPTIEME REFORME DE L’ETAT. PAS MEME A BRUXELLES?
Ah si! Là oui. Parce que, dans la sixième réforme de l’Etat, on n’a pas pu aboutir sur ce point! Dès qu’on commence à parler de Bruxelles, tout le monde se fâche. C’est comme ça, c’est une réalité! C’est émotionnel.
QUE FAUT-IL FAIRE, ALORS, A BRUXELLES, SELON VOUS?
Je vais répondre par deux blasphèmes, un francophone et un néerlandophone.
C’EST-A-DIRE?
Quand on a construit Bruxelles, on a instauré la parité, comme au fédéral. On croyait que ça allait garantir la position des Flamands à Bruxelles. Et on a fait confiance aux mandataires pour assurer le respect des lois linguistiques: il réside en grande partie dans le gouvernement bruxellois, dans les communes.
DOUBLE ERREUR?
Les francophones disent: «les Flamands veulent plus d’efficacité? Mais on ne peut pas rencontrer trois Flamands, à Bruxelles, sans qu’il y en ait deux qui soient mandataires!» Et c’est vrai: le nombre de voix dont un Flamand de Bruxelles a besoin pour être échevin ou ministre n’est pas comparable avec les autres ministres. On dit souvent, en boutade, ou par jalousie, qu’un conseiller communal d’Ostende a plus de voix qu’un ministre à Bruxelles. A contrario, on enregistre des plaintes de citoyens pour non-respect des lois linguistiques, et elles n’ont pas de suivi. Donc, les Flamands se plaignent d’une application imparfaite de ces lois. Et, du coup, il est impossible de les changer, même pour les adapter aux réalités, par exemple aux emplois infra-qualifiés.
BREF, RIEN NE VA?
En résumé, le modèle basé sur la parité est inefficace, le nombre de mandataires est trop élevé, le but des lois linguistiques n’est pas atteint, leurs adaptations ne sont pas possibles vu la méfiance.
Je pense que nous devons faire respecter les lois linguistiques non plus par le gouvernement ou les communes mais par des tribunaux administratifs. Et en parallèle, on réduit le nombre de mandataires.
ATTENTION, TABOUS!
Je sais que les bourgmestres francophones vont hurler et dire que les tribunaux administratifs vont les embêter tout le temps. Les Flamands vont crier qu’ils n’auront plus rien à dire au gouvernement bruxellois. Donc, c’est assez irréaliste ce que je propose. Pourtant, ce sont les deux problèmes qui bloquent toute amélioration de la gestion bruxelloise.
QUID DE LA FUSION DES COMMUNES?
Anvers est devenue une ville forte quand on y a appliqué la fusion des communes. Pourtant, tout le monde était contre. Aujourd’hui, c’est une grande ville que tout le monde écoute! Regardez à Bruxelles l’éparpillement des compétences et des moyens. J’ai vu, par exemple, le centre culturel d’Olivier Maingain (NDLR: Wolubilis, à Woluwe-Saint-Lambert): c’est magnifique, on y a investi beaucoup d’argent. Mais c’est un peu facile. A cinq kilomètres de là, c’est la pauvreté pure et simple! Pourtant, cette discussion est impossible à mener: on reste dans les tranchées qui ont été creusées quand on a créé Bruxelles. Alors qu’on DOIT trouver une gestion efficace.
CELA VOUS SEMBLE IMPOSSIBLE?
Il faut changer! La situation à Bruxelles est désastreuse. Regardez le niveau de pauvreté, de chômage, l’assiette fiscale. Toute capitale a des problèmes. Mais ici, c’est presque accepté. Il faut oser le dire! Anvers aussi a perdu son assiette fiscale mais beaucoup moins. Bruxelles n’est pas pauvre par principe hein! Les villes ont par définition des problèmes, de scolarité, de chômage,. Mais quand même le niveau de problèmes à Bruxelles est énorme!
IL SERAIT PEUT-ETRE MOINDRE SI BRUXELLES ETAIT UNE REGION A PART ENTIERE?
Mais qu’est-ce qu’elle n’a pas que les autres ont? Je l’explique à mes étudiants. Ok, il y a le nom: en flamand, on dit «Région-capitale» et non pas «Région». Il y a le nom des lois: à Bruxelles, on prend des «ordonnances».
BRUXELLES N’A PAS L’AUTONOMIE CONSTITUTIVE…
Fondamental? Cela permet de changer le nombre de ministres; c’est ça qui a fait avancer la Flandre ou la Wallonie?
LE FEDERAL A UNE TUTELLE SUR CERTAINES DECISIONS REGIONALES…
Il n’a jamais été utilisé! Vous savez, moi, je dis à mes étudiants: «Bruxelles est une Région».
LES DEUX COMMUNAUTES EXERCENT LEURS COMPETENCES AUSSI SUR LE TERRITOIRE DE BRUXELLES.
Exact. Et moi, je les garderais sur le plan culturel. Pour Bruxelles, c’est un atout: quand deux Communautés investissent dans la ville, c’est fantastique pour les habitants. Si les deux Communautés voulaient investir à Ostende, je serais très heureux. Idem pour l’enseignement. Par contre, quand on a transféré les allocations familiales, j’ai directement dit qu’il ne fallait pas les transférer aux Communautés, qu’il fallait trouver un autre modèle à Bruxelles, et ça, c’est fait.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA BATAILLE DE BRUXELLES
La bataille de Bruxelles a commencé. Il se pourrait qu'elle marque un tournant dans la guerre des Belges, un peu comme la célèbre bataille de Stalingrad.
L'empereur d'Ostende, c'est ainsi qu'on nomme l'impétueux professeur de droit public à la côte, n'en est pas à sa première salve concernant le statut de la capitale. C'est lui, en effet, qui a lancé l'idée de créer une communauté métropolitaine bruxelloise dont la N-VA s'est empressée de dire qu'elle ne voulait pas. Voici qu'il récidive avec des positions chocs sur Bruxelles qui vont faire couler beaucoup d'encre. "Il faut changer! La situation à Bruxelles est désastreuse. Regardez le niveau de pauvreté, de chômage, l’assiette fiscale. Toute capitale a des problèmes. Mais ici, c’est presque accepté. Il faut oser le dire! Anvers aussi a perdu son assiette fiscale mais beaucoup moins. Bruxelles n’est pas pauvre par principe hein! Les villes ont par définition des problèmes, de scolarité, de chômage,. Mais quand même le niveau de problèmes à Bruxelles est énorme!" "Anvers est devenue une ville forte quand on y a appliqué la fusion des communes. Pourtant, tout le monde était contre. Aujourd’hui, c’est une grande ville que tout le monde écoute! Regardez à Bruxelles l’éparpillement des compétences et des moyens."
Difficile de ne pas être d'accord sur le diagnostic. Mais contentons-nous pour l'instant d'en prendre acte en attendant les réactions des mandataires des deux communautés et des Bruxellois eux-mêmes.
MG


LA N-VA REFUSE LA PARTICIPATION DE COMMUNES FLAMANDES A LA COMMUNAUTE URBAINE DE BRUXELLES
Belga

La N-VA va déposer devant tous les conseils communaux du Brabant flamand une motion s'opposant à la participation de ces communes à la communauté métropolitaine de Bruxelles, un projet inclus dans la sixième réforme de l'Etat visant à assurer une meilleure collaboration entre Bruxelles et son hinterland, à savoir l'ensemble des communes de l'ancienne province du Brabant.
Le Parlement fédéral a déjà approuvé la création de cette communauté en juillet dernier, en même temps que la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde.
A cette stade, la nouvelle structure n'a de compétences qu'en matière de mobilité. Elle doit notamment assurer une concertation obligatoire pour l'ouverture ou la fermeture de voies d'accès au ring de Bruxelles.
Fin 2012, la commune d'Overijse avait déjà entamé une procédure auprès de la Cour constitutionnelle pour faire annuler la décision de créer cette communauté métropolitaine.
Selon le vice-président de la N-VA, Ben Weyts, "cette nouvelle construction a pour but d'offrir aux francophones la perspective d'un élargissement de Bruxelles".
M. Weyts s'appuie sur des propos passés de la ministre Joëlle Milquet (cdH) qui qualifiait l'initiative d'instrument pour le "désenclavement" de Bruxelles, tandis que le MR parle, lui, de "Bruxelles élargie", affirme le député indépendantiste flamand. "La N-VA s'opposera bec et ongles contre cette dérive expansionniste", promet-il.
Le secrétaire d'Etat en charge des Réformes institutionnelles, Servais Verherstraeten (CD&V), s'est étonné de cette prise de position de la N-VA.
Le secrétaire d'Etat ajoute qu'un organe de concertation telle que la communauté métropolitaine figurait également dans la note du clarificateur royal, Bart De Wever, et que celui-ci "allait encore plus loin" que la structure actuelle.

Jan Peumans: "Les Wallons tendent la main et nous y déposons de l’argent"

LaLibre

Jan Peumans estime que Siegfried Bracke se trompe quand il déclare qu'il ne connaîtra pas l'indépendance de la Flandre.
La perspective d'une victoire écrasante de la N-VA aux élections de 2014 fait peur à beaucoup de monde au nord comme au sud du pays. Les nationalistes négocieront-ils pour un confédéralisme poussé à l'extrême ou pour une scission pure et simple du pays?
Jan Peumans, membre de la N-VA et président du parlement flamand, a confié à Apache.be ses vues sur la question.

" Bien évidemment que nous sommes des séparatistes, nous voulons une Flandre indépendante. Point. Certains essaient de nous présenter comme de dangereux alchimistes, mais tout le monde sait que nous sommes pour une évolution du pays et non une révolution. Ceci est une vraie différence avec un parti comme le Vlaams Belang par exemple."
Le politicien flamand déclare également que l’article 35 de la Constitution belge stipule que le maximum de pouvoirs et de compétences doit revenir entre les mains des régions et des communautés. "Et cela a été approuvé par deux tiers des députés à la Chambre", précise-t-il.
Selon Jan Peumans, il faut mettre en place une septième réforme de l’Etat. " La sixième réforme nous donne peut-être quelques compétences supplémentaires, mais il reste encore des quantités de choses à changer", explique-t-il.
"Nous ne sommes pas contre les transferts d’argent, mais ils doivent être transparents et efficaces. Je vais peut-être y aller un peu fort, mais pour le moment, les Wallons tendent la main et nous y déposons de l’argent", déclare également le président du parlement flamand.
Par ailleurs, Jan Peumans estime que Siegfried Bracke se trompe quand il déclare qu'il ne connaîtra pas l'indépendance de la Flandre.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
STRAFFEN TOEBAK
C'est violent et méprisant et rappelle par la forme et par l'esprit, le style du Dr Goebbels. Il y a beaucoup d'agressivité et de mépris dans la rhétorique national-populiste de certains mandataires N-VA.
Hugo Camps évoque à raison dans De Morgen "de populistische spierballen démocratie van Bart De Wever".
Autrement dit la démocratie à gros biceps du parti de BDW.




vendredi 25 janvier 2013

Bart De Wever fera l’événement à coup sûr à la Foire du livre..

Le Soir

Bart De Wever ne viendra pas début mars à Tour & Taxis, présenter son livre de régime, qui avait fait exploser les files à la Boekenbeurs d’Anvers en novembre dernier. Ce sont deux livres politico-philosophiques, juste sortis de presse, qui seront proposés sur le stand d’Interforum. C’est en particulier pour Derrière le miroir, édité par Le Cri, que le leader de la N-VA et bourgmestre d’Anvers va se déplacer à Bruxelles. Il n’y aura pas de séance de dédicace, ni de débat, mais une conférence de presse et une présentation sur un podium.
Derrière le miroir rassemble une sélection des chroniques rédigées par De Wever et publiées dans De Morgen et De Standaard depuis 2005, et parues sous forme de deux livres chez l’éditeur Pelckmans. L’idée d’une publication en français est née dans les couloirs du Parlement, il y a plus d’un an, en marge de la présentation de Sans commentaire, un livre sur l’histoire de la Belgique à travers les caricatures, paru au Cri. Les hommes politiques étaient présents, Christian Lutz, directeur du Cri et Bart De Wever se sont parlés, le second interrogeant le premier sur l’intérêt d’une publication de ses chroniques en français.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
POPULISME ET PIPOLISATION
"Derrière le miroir" aux corbeaux flamingants se cache un individu mégalo et extrémiste, très dangereux pour tout qui espère encore en des valeurs de démocratie réelle !"
En glisse du Centenpopulisme au "Pipolisme" tout court, en bien, en mal, peu importe, pourvu qu'on parle de lui...


© Belga

L’électeur N-VA est avant tout un mécontent


Christian Laporte

Une étude de la KU Leuven précise le profil des nouveaux électeurs du parti nationaliste.
Ce vendredi, la revue "Samenleving en Politiek" publie une intéressante étude sur le profil des (nouveaux) électeurs de la N-VA lors des dernières élections communales. "La Libre" a pu la découvrir en exclusivité. Réalisée par les politologues Ruth Dassonneville et Marc Hooghe du Centrum voor Politieke wetenschappen de la KU Leuven sur base d’un sondage à la sortie des urnes réalisé par Partirep qui réunit les principaux centres de science politique belges, l’étude n’enfonce pas que des portes ouvertes !
Ainsi, elle met déjà à mal l’idée préconçue que le parti nationaliste flamand ne recruterait ses nouveaux électeurs que dans les rangs de la droite extrême flamande et dans les seuls partis conservateurs. C’est l’Open VLD qui a vu partir le plus grand nombre de sympathisants vers la formation de Bart De Wever, suivi par le CD&V et - là, on se dit moins surpris - par des "aficionados" du Belang. Si l’on y retrouve aussi près de 6 % d’électeurs qui ont définitivement abandonné l’idée d’un cartel avec les chrétiens-démocrates, au profit des plus "ultras" du couple, la surprise vient à l’évidence de l’arrivée de près de 13 % d’électeurs du parti socialiste flamand. Pour Dassonneville et Hooghe, "la N-VA fut donc l’inéluctable vainqueur des communales. D’abord, parce que dans les comparaisons, elle ne pouvait que forcément sortir vainqueur, n’étant pratiquement pas présente sous ses propres couleurs. Mais il ne fait pas de doute que ce parti a recruté très largement à droite et à l’extrême droite mais également au centre et même à gauche"
Le duo Dassonneville-Hooghe va cependant plus loin : l’on a souvent présenté le scrutin communal comme un referendum pour ou contre le gouvernement fédéral et la N-VA elle-même joua aussi de ce registre lorsque les premiers résultats à peine connus, Bart De Wever évoqua le confédéralisme à préparer pour 2014 Mais pour les chercheurs louvanistes, c’est une erreur d’interpréter ainsi les scores nationalistes.
"Les données que nous avons récoltées, expliquent Marc Hooghe et Ruth Dassonneville montrent très clairement que comme chez la plupart des électeurs des autres partis, ceux de la N-VA n’ont pas voté pour ou contre l’équipe papillon d’Elio Di Rupo "
Mais qu’est ce qui a alors vraiment déterminé leur choix ? "Les électeurs de la N-VA sont par nature des électeurs mécontents. Et ce mécontentement n’est pas vraiment nourri par un intérêt marqué ou une grande connaissance de la politique locale. Nous pouvons même dire que les électeurs N-VA sont moins intéressés par la politique municipale que la moyenne des électeurs flamands. En fait, la grogne des électeurs de la N-VA vient notamment de leur méfiance à l’égard des instances communales. Nous en concluons que le 14 octobre dernier la N-VA a fait le plein des électeurs mécontents qui ne cachent pas leur rejet du système politique dans son ensemble. Évidemment, leur mécontentement peut aussi avoir des sources locales et là la N-VA a joué au plus fin en axant sa propagande sur la force du changement..."
ÉLECTIONS POUBELLES
Les chercheurs louvanistes concluent que la tâche des nouveaux mandataires de la N-VA n’en sera que plus difficile : "Ils devront tenter d’évacuer le mécontentement de leurs électeurs qui pourraient dans six ans changer encore leur vote Au fond, notre enquête conforte une récente assertion de notre collègue Luc Huyse qui a affirmé récemment que l’on est de plus en plus en présence d’élections poubelles Aujourd’hui, selon Huyse, on ne va plus voter pour récompenser ses gestionnaires mais pour s’en défaire et cela sans même tenir compte de ce qu’ils ont pu apporter à la communauté. Cette sentence confirme hélas le diagnostic de notre enquête "


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FOERTSTEMMEN
"Aujourd’hui, selon Huyse, on ne va plus voter pour récompenser ses gestionnaires mais pour s’en défaire et cela sans même tenir compte de ce qu’ils ont pu apporter à la communauté."
En Flandre on appelle cela depuis longtemps les "foertstemme". De là à dire que la N-VA est un "foertpartij" il n'y a qu'un pas. C'est dire que le populisme est en train de devenir, comme dans les années trente un redoutable fléau. Albert II a voulu nous prévenir. Mal lui en prit!
MG


Renseignements : Sampol, 174, Bagattenstraat, 9000 Gand. Tél. : 09.267.35. 31 ou e-mail : stichting.kreveld@telenet.be

jeudi 24 janvier 2013

Di Rupo op 'Power Breakfast' in Davos: 'Belgium is back'

Bron: De Standaard

Op het World Economic Forum in het Zwitserse Davos heeft vanochtend een 'Belgian Power Breakfast' plaatsgevonden. Onder andere premier Elio Di Rupo en Vlaams minister-president Kris Peeters spreken er een honderdtal gasten toe. Kroonprins Filip en prinses Mathilde zijn aanwezig.
'Our nr. 1 priorities are creating employment, attracting new business and maintaining the high quality of our social security system' #WEFabout 1 hour ago · reply · retweet · favorite

eliodirupo 'We have regained our credibility and enjoy the confidence of the financial markets'
De topbijeenkomst wordt gehouden in het Grandhotel Belvedere, een van de meest vooraanstaande hotels in Davos. Onder de aanwezigen zijn toplui van onder meer Adecco, Heineken en Nestlé. Eveneens bestuurders van buitenlandse groepen, al dan niet actief in België, verzamelen er.

Netwerken en reeds bestaande contacten versterken is het doel van het ontbijt. De premier hoopt er vooral te spreken met investeerders en stuurde vanuit Davos, waar hij gisteren aankwam, al verschillende tweets de wereld in.

In Davos wordt van 23 tot 27 januari het World Economic Forum gehouden, de plaats bij uitstek om te netwerken. Circa 2.500 bedrijfsleiders, investeerders en politici tekenen er present.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUO VADIS
Le pouvoir qui totalement échappe au politique est entre les mains de la finance.
Question: pour combien de temps encore et au bénéfice de qui?
Beaucoup répondent: au bénéfice du populisme et aussi de l'intégrisme.
C'est insupportable!
MG

© belga

mercredi 23 janvier 2013

Bruxelles n’appartient ni au nord Ni au Sud


Beatrice Delvaux
Éditorialiste en chef (Le Soir)
Le futur de la Belgique passe par une évolution vers une Belgique à trois Régions : Wallonie, Flandre, Bruxelles. Dès que l’on a dit cela, il y a évidemment un corollaire, dans la définition de la gestion de l’espace francophone. Et de rapports précis avec la Flandre. Mais la Région Bruxelles doit définir son projet, qui n’aura de chance d’exister 1) que lorsque les Flamands auront abandonné l’idée d’une cogestion ou d’une main mise sur cette Région qui rapporte bien plus au nord et au sud du pays qu’à elle-même ; et 2) que si les Wallons n’en font pas un espace auquel ils dictent leurs instructions.
Pour Bruxelles, cela veut dire définir un projet avec des francophones et des Flamands qui ne feraient pas seulement de cette ville l’otage de la survie belge ou de l’indépendance flamande. Bruxelles mérite un projet à part entière, qui devra tenir compte de sa géographie, de sa sociologie, de son positionnement international et de ses enjeux économiques très singuliers.
La ville est toujours majoritairement francophone. Mais, – ne hurlez pas au FDF, s’il vous plaît –, elle est surtout désormais majoritairement multiculturelle. Cette caractéristique ne peut être résumée à la difficulté d’intégration. Non, il y a une multiculturalité dominante extrêmement riche, qui sera le moteur et la modernité de cette ville-Région. Le vrai projet bruxellois ne sera ni flamand ni francophone, mais mêlera toutes les composantes sociologiques de la ville dont le monde culturel s’est emparé et dont il montre déjà toute la force.
Des universitaires comme Philippe Van Parys (francophone) et Eric Corijn (flamand) nourrissent eux aussi cette réalité, ensemble, par des initiatives communes.

Reste le monde politique. Va-t-il continuer à se disputer cette Région ? Les francophones savent que l’échéance de 2014 est cruciale et que la bataille menée par la N-VA passera par Bruxelles.
Des hommes et femmes politiques francophones viennent de s’engager à son service. c’est positif. Côté flamand, saluons Kris Peeters, pour le CD&V qui a reconnu cette troisième Région. Il faut désormais que, dans chaque parti en Flandre, des hommes politiques incarnent cet enjeu propre bruxellois, défendent le devenir de leur Région « Bruxelles », détachée du contexte purement nordiste. C’est de ces forces politiques mixtes « bruxelloises » que la Région a le plus besoin aujourd’hui, pour exister autrement que comme une proie ou un bastion.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRUXELLISSIME
Que ne l'a-ton dit: Bruxelles est le noeud qui maintient ensemble l'imbroglio belgo-belge. Un noeud gordien auquel s'attaque en vain Bert le Flamand (il n'accepte qu'un Bruxelles communautaire) et aussi Paul le Wallon (il rêve de bétonner Wallobrux dans la constitution). Ni l'un ni l'autre, ni leurs partis respectifs ne réussiront à dénouer cet écheveau. Seul un Bruxellois,à la rigueur une Bruxelloise, saura trancher ce noeud gordien comme le fit autrefois Alexandre.
Depuis cinquante ans au moins, Wallons et Flamands rêvent de "dégraisser Bruxelles" et ils y sont parvenu au delà de toute attente.
Que devrons-nous retenir de ceci:
1. Que "le futur de la Belgique passe par une évolution vers une Belgique à trois Régions : Wallonie, Flandre, Bruxelles.
2. Que " la Région Bruxelles doit définir son projet avec des francophones et des Flamands qui ne feraient pas seulement de cette ville l’otage de la survie belge ou de l’indépendance flamande.
3. Que si "la ville est toujours majoritairement francophone. elle est toutefois désormais majoritairement multiculturelle."
4. Que "le vrai projet bruxellois ne sera ni flamand ni francophone, mais mêlera toutes les composantes sociologiques de la ville dont le monde culturel s’est emparé et dont il montre déjà toute la force."
5. Que "c'est de ces forces politiques mixtes « bruxelloises » que la Région a le plus besoin aujourd’hui, pour exister autrement que comme une proie ou un bastion."
Cela le francophone Philippe Van Parys et Eric le Flamand Eric Corijn le clament depuis des années et ils concrétisent leurs réflexions par des initiatives communes passionnantes qui donnent une forme concrète à leurs puissantes intuitions. Chapeau.
MG

lundi 21 janvier 2013

Bart De Wever en rajoute sur Bruxelles

May. (avec Belga)
Le président de la N-VA a déclaré qu’il « n’abandonnerait pas Bruxelles aux francophones ».

La N-VA a prévu de tenir à la fin de l’année un congrès dont l’un des volets sera consacré à Bruxelles. Les nationalistes définiront alors leur position sur la Région-capitale. « Mais pour la N-VA, il n’est pas question d’abandonner Bruxelles entre les mains francophones. Bruxelles sera toujours une ville où les différentes communautés devront jouer leur rôle », déclaré Bart De Wever.
Ce dernier a également mis en garde les autres partis flamands de ne pas tomber dans le « piège francophone ».


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
Bruxelles, Bruxelles ils n'ont plus que ce mot à la bouche. C'est dire que c'est le noeud gordien qui maintient en place ce qui reste de la Belgique.

©Belga

dimanche 20 janvier 2013

Michel : « Si la N-VA et le PS, continuent dans cette voie, tout sera bloqué »


Le Soir
Le PS et la N-VA sont les meilleurs ennemis du monde, estime le président du MR Charles Michel. « Si les deux partis forts, la N-VA et le PS, continuent dans cette voie, tout sera bloqué. »

Le PS et la N-VA s’échangent des coups mais ne peuvent pas se faire mal parce qu’ils boxent chacun dans leur coin, affirme le président du MR Charles Michel dans une interview au Standaard.
« Ce sont les meilleurs ennemis l’un de l’autre », affirme Charles Michel du PS et de la N-VA. « Il y a quelques années, c’était le cas pour le PS et le CVP, maintenant, le PS et la N-VA. Ils s’attaquent soi-disant et montrent qu’ils sont les meilleurs francophones ou flamands. »
Ce n’est pas la bonne stratégie, selon le président des libéraux. « Ce n’est pas la radicalisation institutionnelle qui nous aidera. Cela rendra juste impossible les réformes socio-économiques. Cela amènerait un immobilisme total, une crise totale », déclare Charles Michel. « Si les deux partis forts, la N-VA et le PS, continuent dans cette voie, tout sera bloqué. »
A la question de savoir si le PS est un parti dangereux, Charles Michel répond que le « conservatisme du PS » l’est en tout cas. « C’est pour cela que je suis un libéral et pas un socialiste. La radicalisation, la stratégie des meilleurs ennemis, porte en soi le risque d’un blocage complet. Nous avons besoin dans ce pays de partis qui prennent vraiment les rênes et qui gouvernent. Di Rupo fait de son mieux en tant que Premier ministre, j’en suis convaincu, mais il est et reste naturellement socialiste. »
(belga)

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
GUIGNOL
Trois commentaires ont retenu mon attention:

1)"A mon avis, si on pouvait faire un gouvernement fédéral sans le PS avec un 1er flamand, les flamands seraient déjà très heureux et beaucoup moins exigeants. C'est peut-être ce qui arrivera en 2014 et qui fait paniquer le PS : en effet il suffit que la NVA devienne incontournable et que BDW soit alors formateur, pour qu'il choisisse ses partenaires et décide de gouverner sans changements institutionnels majeurs avec une grosse majorité en Flandre(NVA+CD&V+OVLD) et une minorité en Wallonie (MR + peut-être CDH)"

2)"Monsieur Michel a la mémoire courte. Qui est cet homme qui a rencontré "secrètement" BDW dans un resto à Ganshoren lors des 500 jours de la crise politique en 2011? Didier Reynders en personne. Pourquoi? Pour être premier ministre d'un gouvernement avec la NVA évidemment. L'objectif de Didier Reynders est encore le même pour 2014... "

3) COMMEDIA DELL'ARTE IN DE BELGISCHE POLITIEK
Er zal voor 2014 nog heel wat afgelachen worden.
Guillaume Van der Stighelen

Op dit ogenblik is er een bondgenootschap (alliance) tussen Di Rupo en De Wever. Opgelet, een bondgenootschap is niet hetzelfde als een vriendschap. Een bondgenootschap kan ontstaan tussen heel tegengestelde partijen, zolang er maar een vorm van gezamenlijke winst is. De Amerikanen en de Russen tegen de nazi's bijvoorbeeld.

Di Rupo en De Wever zijn nu bondgenoten. In die zin dat zij stemmen kunnen ronselen (conquérir) door elkaar aan te vallen in de pers. Hoe harder Di Rupo uithaalt naar De Wever, hoe populairder hij wordt in het gedeelte van het land waar hij verkozen moet worden. En door het Belgische kiessysteem maakt hij in één keer ook De Wever populair bij de Vlamingen. De Wever kan dan Di Rupo nog populairder maken door zeer verontwaardigd te reageren. En vice versa. Het is misschien een vreemd soort bondgenootschap maar het is er een. Over de rest van de spelers wordt ampe (à peine) gesproken.

In tegenstelling tot De Wever heeft Di Rupo een sterke tegenstander (adversaire) in zijn kiesgebied : Charles Michel. De MR maakt een kans om de alleenheerschappij (domination, monopole) van Di Rupo te breken, en dat is iets dat De Wever ook niet slecht zou uitkomen (ne lui serait pas défavorable).

Daar ontstaat dus een ander soort bondgenootschap met één doel: de PS afzwakken (affaiblir). Di Rupo is dan de pineut (le pigeon). Om dat te doen hoeven De Wever en Michel enkel af te spreken van nog alleen elkaar aan te vallen.

Grote merken doen dat ook wel eens. Pepsi en Coca-Cola voerden in de jaren negentig een gigantische mediaoorlog waarin ze alleen elkaar aanvielen. Met als resultaat dat er nog alleen Pepsi en Coke werd gedronken. Over ander limonades werd niet meer gesproken. Wat geen aandacht krijgt, wordt niet gekozen.

Gewoon oorlogje dus in de media tussen N-VA en MR, waarbij ze Di Rupo buitenspel laten. Niet op reageren als Elio er probeert tussen te komen. En nooit meer schampen (érafler, critiquer) op zijn beleid (gouvernance). Het vraagt misschien wat improvisatietalent, maar dat hebben ze wel, daar in de Wetstraat. Reynders hoeft maar een flamingante ambassadeur in Congo te laten speechen en het is al rel (querelle) aan weerskanten.

De Wever kan, door heel hard te reageren op aanvallen van de MR, de liberale partij groot maken in Wallonië. Franstalige journalisten zullen Michel in bescherming nemen tegen het Vlaamse Gevaar en het publiek zal volgen. Exit Di Rupo of wie hem ook vervangt. Met als resultaat aan weerskanten van de taalgrens een overwinnaar met sterk gelijkende socio-economische programma's. Bingo. Regeringsvorming in drie dagen en een internationale pluim voor het Belgische staatsmodel. Waarna Di Rupo en Michel bondgenoten kunnen worden omdat ze het land hebben gered.

GROTE REDDER
In principe zou het een mooi scenario zijn voor De Wever. Want in Humo meldt (signaler) hij ons dat zijn wens niet meer is dan aan zijn kinderen een goed bestuurbaar (gérable) land achter te laten. Dat lukt dan perfect. Of, zoals Reynders al eerder zei: "Een regering zonder PS is op zich al een staatshervorming."



La Wallonie sur la voie de la renaissance


DE VOLKSKRANT AMSTERDAM

Longtemps, le Sud du pays était considéré comme la moitié pauvre de la Belgique, dépendante de l’aide de la riche Flandre. Aujourd’hui, l’économie de la région se redresse et les Wallons veulent reprendre leur destin en main et réagir aux pressions des séparatistes flamands. Extraits.

Leen Vervaeke
Dans le Château Mélot, situé sur une colline au-dessus de Namur, la capitale de la Wallonie, les visiteurs sont dorlotés. Leurs voitures sont lavées gratuitement, on leur offre le champagne le jour de leur anniversaire, et leurs enfants peuvent chaque année rendre visite à Saint Nicolas, qui est déposé en hélicoptère.

Cela doit coûter cher, car le château Mélot est le point d’attache du Cercle de Wallonie, un club d’affaires pour les entrepreneurs wallons. Il y règne une atmosphère de club pour vieux messieurs avec des lustres en cristal au plafond et un tapis rouge sur l’escalier. Et bien évidemment un coffret à cigares à côté du bar.

"Vous voyez que la Wallonie n’est pas seulement constituée de décombres industriels, où toute la population et au chômage" commente André Van Hecke, directeur général du Cercle de Wallonie. "C’est l’image que l’on a encore en Flandre, mais elle est dépassée. C’était peut-être exact autrefois, mais maintenant toutes sortes de choses commencent à bouger en Wallonie."

LES WALLONS NE VEULENT PLUS ETRE PERDANTS
Le corpulent Van Hecke, qui a fait sa fortune dans le secteur de la communication, a créé le Cercle de Wallonie en 2006. Au début, il avait eu du mal convaincre les entrepreneurs wallons pragmatiques, dont la majorité venaient des PME.

Mais Van Hecke a su les attirer avec des ateliers sérieux, des conférences de banquiers et entrepreneurs ayant réussi, et quand même un peu de vin et de cigares en fin de compte. Entre-temps, le Cercle de Wallonie compte presque 1 500 membres.

“Quelque chose commence à changer en Wallonie”, dit Van Hecke. "Nous commençons à croire en nous-mêmes. Mais même les nouveaux socialistes ont conscience que nous devons changer, que l’avenir ne réside pas dans l’état providence, mais dans le travail et l’entreprenariat."

En Belgique, le regard est souvent tourné vers la Flandre, le Nord riche qui exige de plus en plus d’autonomie sous l’influence du chef du parti nationaliste flamand [Bart De Wever]. Pendant longtemps la Wallonie, plus pauvre, semblait seulement vouloir limiter les dégâts, mais les choses sont en train de changer.

Les Wallons en ont assez de leur position de perdant, et veulent voler de leurs propres ailes. Ce n’est pas qu’ils veulent à présent se séparer de la Flandre, au contraire. Mais ils veulent en tout cas être prêts pour le jour où la Flandre fixera ses exigences.

“ETRE PRETS POUR LES ELECTIONS DE 2014”
"Il existe une conscience croissante que la Wallonie doit prendre son destin en main", dit Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef du journal Le Soir. "Il n’y a pas de sondages à ce sujet, mais on le sent dans la société, on l’entend aux déclarations des politiciens. De nombreux francophones ont été offensés par l’attitude flamande au cours de la crise. Ils se sentent traités de fainéants et de profiteurs et ils en ont assez."

La nouvelle conscience wallonne s’exprime tout d’abord au niveau économique, où le “plan Marshall” [un plan d’investissements publics lancé en 2005 et destiné à relancer l’économie wallonne] doit faire oublier le passé industriel. Les pouvoirs publics wallons ont investi 366 millions d’euros dans de nouvelles entreprises de haute technologie, créant plus de 10 000 emplois. La grande percée est encore à venir, mais le fossé entre la Flandre et la Wallonie en matière de prospérité a déjà cessé d’augmenter depuis quelques années.

Mais la Wallonie prend également de l’assurance sur le plan culturel. Mons sera en 2014 capitale européenne de la culture et Liège a posé sa candidature pour l’Exposition universelle de 2017. A Namur et à Charleroi, les nouveaux maires veulent donner un nouvel élan à leur ville.

Sur le plan politique, le gouvernement wallon a lancé à son tour le Plan Horizon 2022, qui doit déterminer comment la Belgique francophone doit être administrée dans dix ans. Suite à la nouvelle réforme de l’État, la Wallonie recevra dans dix ans moins de soutien financier de la part de la Flandre. Il faudra réformer l’économie wallonne, l’enseignement, la mobilité et l’aménagement du territoire pour faire face à cette nouvelle situation.

"Différents politiciens ont déjà laissé entendre qu’il fallait que cela aille plus vite" commente Béatrice Delvaux. "Ils veulent être prêts pour les élections de 2014, au cas où ils se trouveraient confrontés à Bart De Wever."

LA WALLONIE EN TETE DANS DIX ANS ?
Selon Delvaux, il y a déjà eu plusieurs réunions à haut niveau pour déterminer comment les politiciens francophones peuvent adopter une position commune vis-à-vis de la Flandre. Ces réunions sont entourées d’un certain mystère, car d’après certains critiques, elles apportent de l’eau au moulin de Bart De Wever : si les Wallons tracent leur propre chemin, plus rien ne l’empêche de séparer la Belgique en deux.

"Allons, c’est un faux danger" dit Jean-Pascal Labille, le secrétaire général des Mutualités socialistes. "Cela sert de prétexte à ceux qui ne veulent pas aller de l’avant. Bart De Wever ne changera pas d’avis, que nous lui donnions raison ou non. Mais si nous ne disons rien, nous ne faisons rien non plus."

Labille veut que les personnalités wallonnes de premier plan réfléchissent ensemble à ce que serait la structure d’État belge idéale, pour offrir un contrepoids à la vision flamande.

Si cela réussit, Labille est très optimiste sur l’avenir de la Wallonie. "Nous avons beaucoup d’espace, une abondante main-d’œuvre qualifiée et une situation géographie extrêmement favorable. Si nous poursuivons dans la voie dans laquelle nous nous sommes engagés, la Wallonie peut se trouver dans dix ans en position de tête."

Vue sous cet angle, la crise politique et l’obstination de Bart De Wever peuvent encore aboutir à un résultat positif pour la Wallonie. Les nationalistes flamands ont peut-être offensé les Wallons, mais ils les ont également réveillés.

Traduction : Michèle Cousin


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DE WEVER A REVEILLE LA WALLONIE
Tout toujours est paradoxe.
La Wallonie socialiste ronronnait depuis des décennies en bénéficiant du baxter des transferts financiers venus de Flandre avec la bénédiction du CVP.
Le CVP ou si on préfère le CD&V est aujourd'hui à l'agonie, les Flamands lui ont préféré la N-VA laquelle est allergique au socialisme wallon et en particulier à l'homme au noeud pap.
Résultat elle annonce la fin des transferts et menace de faire sécession. Du coup branle-bas de combat au PS qui se réveille enfin après un interminable sommeil. Mossier Paul est sur toutes les balles sauf sur le chantier SNCB qu'il abandonne dans le plus grand désordre, ce que les commentateurs ne manquent pas de pointer en rouge.
Mais attention, l'excès de visibilité risque de lui faire plus de tort que de bien.
MG


Le coq, symbole de la Wallonie
Cost




samedi 19 janvier 2013

'Vlaanderen is aan het deweveriseren'

'Vlaanderen is aan het deweveriseren'


marco mertens
Francis Van de Woestyne en Béatrice Delvaux zijn de belangrijkste politieke commentatoren in Franstalig België. Hij schrijft voor La Libre Belgique. Zij voor Le Soir. Beiden begrijpen niet goed wat er in Vlaanderen is gebeurd. ‘Er is geen oppositie meer tegen de N-VA.’
‘Het is tegenwoordig verboden om nog aan een haar van Bart De Wever te raken’, schreef Francis Van de Woestyne onlangs in La Libre. ‘Hij is een icoon geworden in Vlaanderen. Een soort van Abbé Pierre, van Moeder Theresa, van Gandhi, van Aung San Suu Kyi, van Nelson Mandela: l’intouchable.’
WAS U ALLEEN BOOS TOEN U DAT SCHREEF? OF ZIT DE SCHRIK ER OOK IN?
VAN DE WOESTYNE: ‘Het was colère, zeker geen angst. Ik vond het erg verrassend hoe de Vlamingen reageerden op de kersttoespraak van koning Albert. Toen ze vervolgens ook Elio Di Rupo kapittelden, omdat die de N-VA een gevaarlijke partij had genoemd, begreep ik er niets meer van. Mij leek dat een vrij banale uitspraak. Mag een premier een partij die zijn land in twee wil knippen, niet gevaarlijk noemen?'
'Ik had net de indruk gekregen dat men de N-VA eindelijk een beetje in de hoek aan het drijven was. Twee belangrijke CD&V’ers – Eric Van Rompuy en Kris Peeters – hadden zich gedistantieerd van het confederalisme. Maar dan zegt Di Rupo iets en krijgt die weer iedereen over zich heen.’
DELVAUX: ‘Terwijl wat Peeters zei, veel belangrijker was dan wat Di Rupo zei. Er waren de afgelopen maanden toch behoorlijk grote twijfels over de loyauteit van de Vlaamse minister-president aan de federale regering. Maar nu heeft hij gezegd dat er geen nood is aan een zevende staatshervorming, dat we beter eerst de zesde kunnen afronden.’
VAN DE WOESTYNE: ‘Telkens wanneer een Franstalige kritiek geeft op De Wever, zegt men in Vlaanderen dat het “contraproductief” is. De Wever heeft dat zelf mooi in de hand gewerkt. Hij zegt altijd: “Pas op, geloof niets van de Franstaligen, ik ben hun ideale vijand.” Ondertussen lijkt heel Vlaanderen dat te hebben overgenomen.’
DELVAUX: ‘Heeft iemand ooit gezegd dat De Wever, als hij van leer trekt tegen de PS of Di Rupo, alle Franstaligen beledigt? Nee. Terwijl De Wever veel verder gaat dan Di Rupo. Hij hééft uitspraken gedaan over “de” Walen en “de” Franstaligen. Toen hij met zijn camion vol nepgeld naar Strépy trok, was dat een belediging voor heel het zuidelijk landsgedeelte.’

(...)
VREZEN JULLIE SOMS DAT HET EINDE VAN HET LAND NABIJ IS?
DELVAUX: ‘Het kan zijn dat België op een bepaald moment splitst. Ik zou dat een mislukking vinden. Ik ben geen fan van nationalisme, ook niet van Waals nationalisme trouwens. Uiteindelijk zal zo’n project altijd de verschillen tussen mensen benadrukken. Ik zit niet te wachten op een Waalse identiteit, ik wil geen Waalse liedjes zingen, ik hoef geen Waalse hymne.’
VAN DE WOESTYNE: ‘Dat we ons verzetten tegen separatisme, betekent niet dat we belgicistisch zijn. Ik ben niet voor een terugkeer naar het Belgique de papa. Ik ben ook voor een grote autonomie van de regio’s. Maar met het confederalisme heb ik wél een groot probleem, omdat het voortbouwt op een Vlaamse visie van een federalisme met twee. Wat doen we dan met de Brussel? Vlaanderen moet één ding goed beseffen: als men het land wil splitsen, dan zijn jullie Brussel kwijt. Iets anders zullen de Franstaligen nooit aanvaarden. Nooit!’
‘Een belangrijke manier om de separatisten de wind uit de zeilen te nemen is de sociaal-economische heropleving van Wallonië. Jullie verdragen niet dat we alle Vlamingen verslijten voor collaborateurs. Wel, ik zeg jullie met nadruk dat niet heel Wallonië socialistisch is.’
Dit is een deeltje uit een veel langer interview met beide commentaarschrijvers. U vindt het gesprek dit weekend in DS Weekblad.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRAVISSIMO
Bravo au Standaard de publier ceci et chapeau aux deux éditorialistes phares de rappeler aux intellectuels flamands abonnés au Standaard que la dewerisation des meilleurs esprits flamands est une forme d'aveuglement.
Dommage que la version française ne soit pas disponible en ligne. Mais tant pis cela forcera les fidèles de DiverCity à progresser dans leur connaissance de la langue de Bart. Tout Bruxellois qui se respecte se doit sinon de maîtriser la seconde langue, à tout le moins de la comprendre. Six ans de néerlandais,à raison de quatre heures semaines dans le secondaire, devraient largement y suffire.
Ceci dit, nous pensons que la lecture quotidienne de DiverCity est aussi une manière d'entretenir et d'améliorer son néerlandais. Quelques lecteurs fidèles me l'ont confirmé. Au travail donc:

‘Er is geen oppositie meer tegen de N-VA.’
‘Het is tegenwoordig (actuellement)verboden om nog aan een haar (un cheveu) van Bart De Wever te raken’,
‘Hij is een icoon geworden in Vlaanderen. Een soort van Abbé Pierre, van Moeder Theresa, van Gandhi, van Aung San Suu Kyi, van Nelson Mandela: l’intouchable.’
Mag een premier een partij die zijn land in twee wil knippen (couper), niet gevaarlijk noemen?'
‘Heeft iemand ooit gezegd dat De Wever, als hij van leer trekt (s'en prendre aux, rentrer dans les plumes de ) tegen de PS of Di Rupo, alle Franstaligen beledigt (blesser, insulter)? Nee. Terwijl De Wever veel verder gaat dan Di Rupo. Hij hééft uitspraken (déclarations) gedaan over “de” Walen en “de” Franstaligen. Toen hij met zijn camion vol nepgeld (faux argent) naar Strépy trok, was dat een belediging voor heel het zuidelijk landsgedeelte.’
Ik zit niet te wachten op een Waalse identiteit, ik wil geen Waalse liedjes zingen, ik hoef geen Waalse hymne.’
‘Dat we ons verzetten (s'insurger)tegen separatisme, betekent niet dat we belgicistisch zijn. Ik ben niet voor een terugkeer (retour) naar het Belgique de papa. Ik ben ook voor een grote autonomie van de regio’s. Maar met het confederalisme heb ik wél een groot probleem, omdat het voortbouwt (se fonder sur) op een Vlaamse visie van een federalisme met twee. Wat doen we dan met de Brussel? Vlaanderen moet één ding goed beseffen (réaliser, se rendre compte): als men het land wil splitsen, dan zijn jullie Brussel kwijt. Iets anders zullen de Franstaligen nooit aanvaarden (accepter). Nooit!’

L'interculturalisme ne saurait se concevoir sans un minimum de respect pour la langue et la culture de l'autre, ses valeurs et sa sensibilité. C'est ce que Magnette, Demotte, Picqué et Reynders ont parfaitement compris. Même de Wever s'efforce de communiquer en bon français, comme Verhofstadt, Vande Lanotte, Leterme et la majorité des grands politiciens flamands. Eyskens, Chabert et De Croo se sont surpassé au point d'être bilingues parfaits.
Quant à Di Rupo, Milquet, Onkelinx ou la reine Paola, ils n'ont absolument pas compris cela. Même Fabiola avait appris à s'exprimer assez correctement en néerlandais. Sait on que la langue maternelle de Maingain est le néerlandais (il est de mère flamande)? Sans doute n'était-ce pas le cas d'AlbertI ni des trois Léopold de Saxe Cobourg Gotha. Sic transit gloria Belgicae.
MG

Van de Woestyne en Delvaux



Paul Magnette : "Le conflit communautaire fait partie de la Belgique "


François Brabant VIF
Fin novembre, le nouveau bourgmestre de Charleroi accordait au Vif/L’Express une longue interview où il dévoilait sa vision quant à l’avenir de la Belgique et à la place de la gauche en Europe. Nous en republions des extraits aujourd’hui, au lendemain de l’accession de Paul Magnette à la présidence du PS.

CERTAINS PREDISENT UN BIG BANG POLITIQUE POUR 2014. L’AVENIR DE LA BELGIQUE VOUS INQUIETE ?
Non. On discourt beaucoup sur la disparition du pays, mais c’est un fantasme. La Belgique est indissoluble. Pendant les 541 jours de négociations, de juin 2010 à décembre 2011, on a eu tout le loisir d’y réfléchir. J’ai consulté beaucoup de collègues juristes : si on se trouvait dans l’obligation de chercher un plan B, comment s’en sortir ? Eh bien, il n’y a pas de voie de sortie ! C’est aussi simple que ça.
MAIS SI LA BELGIQUE DEVIENT INGOUVERNABLE, A-T-ELLE ENCORE UN SENS ?
Pour séparer la Belgique, vous avez trois options. Un : la guerre civile. Personne ne veut en arriver là. Deuxième scénario : une rupture à l’amiable, à la tchécoslovaque. Mais la Tchécoslovaquie a été construite par l’addition de deux anciens Etats de l’empire austro-hongrois. Chaque partie du pays avait sa capitale, avec une frontière administrative très claire entre les deux. Chez nous, c’est infiniment plus compliqué. Troisième scénario : la déclaration d’indépendance unilatérale. La Flandre ne le fera pas, car elle perdrait aussitôt sa qualité d’Etat, elle ne serait plus membre de l’Union européenne, de l’Otan, de l’ONU. Je ne vois pas la Flandre entamer une grande tournée diplomatique pour regagner son statut d’Etat. De plus, la Belgique résiduelle pourrait mettre son veto à une entrée de la Flandre dans l’Union européenne. Bref, personne n’a les moyens de provoquer la disparition de la Belgique. Tout le monde doit donc jouer le jeu du compromis. Ceux qui ne le font pas prennent le risque de paralyser le système.
PENSEZ-VOUS QU’IL SERA UN JOUR POSSIBLE DE PACIFIER LA BELGIQUE ?
Le conflit communautaire fait partie de la Belgique. C’est un trait de son identité. Ce n’est pas une pathologie. Notre pays s’est construit autour de trois grands clivages. Un : le clivage entre le capital et le travail, qui a donné le clivage gauche-droite. Deux : le clivage confessionnel, qui reste assez agissant dans notre pays, quoi qu’on en dise. Et trois : un clivage autour de la question territoriale et linguistique. Il faut simplement se dire que ce sont les données normales du jeu politique. Tout comme la gauche et la droite, éternellement, se confronteront, le conflit linguistique et territorial, lui aussi, sera toujours là.
QUATRE FLAMANDS SUR DIX VOTENT POUR UN PARTI INDEPENDANTISTE. COMMENT L’EXPLIQUEZ-VOUS ?
La plupart des électeurs de la N-VA ne sont pas séparatistes, puisque 80 % des Flamands disent qu’ils ne sont pas séparatistes…
A NOUVEAU, VOUS SEMBLEZ DEDRAMATISER LA MENACE NATIONALISTE. POURTANT, EN 2014, LE PAYS JOUERA GROS, NON ?
Vu les trends électoraux, ce serait très étonnant que la N-VA s’effondre en 2014. La question, dès lors, est extrêmement simple : Bart De Wever pourra-t-il conclure un accord qu’il osera présenter à son congrès ? La clé, elle est là. Le problème de la N-VA, c’est qu’elle a poussé trop vite. C’est un micro-parti d’opposition, très radical, devenu brusquement un grand parti. Il n’y a pas d’adéquation entre son poids électoral et la réalité du parti derrière. On l’a vu en 2010 : si on n’arrivait pas à négocier, c’est notamment parce que la N-VA n’avait pas assez d’expertise juridique et financière.
A PRIORI, IL N’Y A PAS DE RAISON QUE NEGOCIER AVEC LA N-VA SOIT PLUS SIMPLE EN 2014.
Un parti, c’est trois choses : des leaders, un appareil et des militants. Leurs leaders, on les connaît, ils n’ont pas changé. Leur appareil d’étude, semble-t-il, s’est un peu étoffé. Il peut aujourd’hui produire une analyse réaliste des choses, et pas des slogans creux comme en 2010. Reste une inconnue : la base militante. Jusqu’à présent, elle reste celle d’un micro-parti nationaliste. C’est parce qu’il connait le radicalisme des militants N-VA que Bart De Wever, j’en suis convaincu, n’a jamais osé leur présenter un compromis.
S’IL N’A PAS OSE EN 2010, POURQUOI OSERAIT-IL EN 2014 ?
C’est toute la question. Pour être en mesure d’accepter un compromis, il doit élargir sa base, intégrer de nouveaux adhérents, changer la nature de son parti.
D’APRES VOUS, QUE VEUT AU JUSTE BART DE WEVER ?
Gouverner à droite. Il est en train de réussir son coup à Anvers. Et ce qu’il voudrait un jour, c’est un gouvernement de droite au fédéral, sans les socialistes.
LES RESPONSABLES POLITIQUES BELGES VOUS PARAISSENT-ILS A LA HAUTEUR DE LA CRISE QUE TRAVERSE LE PAYS ?
Le problème n’est pas là. On a un personnel politique de très haute qualité. Un des meilleurs d’Europe, je le pense très honnêtement. Vous pouvez mettre 12 Prix Nobel autour de la table, ils auront les mêmes difficultés.
QU’EST-CE QUI BLOQUE, ALORS ?
La tendance lourde de ces dix dernières années, c’est la quasi disparition de l’extrême droite et l’étiolement de la droite flamande traditionnelle, au profit d’un nouveau pôle, autour de la N-VA. Cette recomposition grippe toute la mécanique du compromis à la belge.
POURQUOI ?
Au départ, il y a une évolution sociologique : l’émergence en Flandre d’une nouvelle classe très fortunée. Il suffit de sillonner le nord du pays pour le constater. Ces villas toujours plus grosses, ces belles voitures… Quantité de signes de richesse, dans des régions immenses de la Flandre, pas juste quelques enclaves. Cette nouvelle classe-là s’est donnée des relais socio-économiques. Ce n’est plus le patronat classique, les anciens capitaines d’industrie, parlant parfaitement les deux langues, représentés à la FEB. A la place, le Voka s’est imposé. Petit à petit, cela a fait bouger aussi le paysage politique. La N-VA, c’est un agrégat idéologique autour d’un patronat flamand moins porté sur le dialogue social, moins enclin au compromis et un peu plus nationaliste. Cela bouleverse tous les anciens équilibres ! Parce que c’est plus à droite, mais surtout parce que c’est hors-cadre. La N-VA n’est pas présente dans tous les outils de pilotage économique, Banque nationale et autres. Elle est en-dehors du système.
APRES CINQ ANS COMME MINISTRE FEDERAL, VOUS ENTREVOYEZ DES MOYENS POUR AMELIORER NOTRE SYSTEME POLITIQUE ?
On a un des mécanismes les plus sophistiqués du monde. Je vois mal ce qu’on peut encore inventer. Notre fédéralisme, il est globalement bien conçu. Reste la question éternelle de l’articulation entre régions et communautés, qu’on n’a pas encore résolue du côté francophone. Que fait-on de la Fédération Wallonie-Bruxelles ?
VOTRE AVIS ?
Aujourd’hui, en résumé, les régions gèrent le socio-économique, tandis que les communautés s’occupent d’enseignement et de culture. On doit sortir de cette idée. Cet héritage historique n’a plus beaucoup de sens. Il y a des matières « personnalisables » qui doivent être davantage ancrées dans une logique régionale : l’enseignement technique et professionnel, par exemple. Par contre, sur le terrain de l’économie ou du logement, il faudrait des liens beaucoup plus forts entre la Wallonie et Bruxelles. Moi, je pense que le Plan Marshall doit devenir un projet commun de la Wallonie et de Bruxelles. Ce serait bien qu’il y ait des crédits bruxellois dans le Plan Marshall.
DANS VOTRE LIVRE GRANDEUR ET MISERE DE L’IDEE NATIONALE, VOUS AFFIRMEZ QUE LA WALLONIE NE MET PAS ASSEZ EN VALEUR SON IMMIGRATION. VOUS POUVEZ EN DIRE PLUS ?
Moi, je suis convaincu que le réveil économique wallon, il passera notamment par les « nouveaux Wallons ». Aujourd’hui, déjà, ceux qui investissent le plus dans la région de Charleroi, ce sont des gens d’origine italienne et d’origine turque. Ils sont très présents, très organisés, ils créent des plateformes communautaires de soutien aux jeunes entrepreneurs. Un peu à l’américaine, où une communauté s’auto-organise pour favoriser sa promotion sociale. C’est très positif. Ils reprennent des clubs de foot, des garages, des épiceries, ils réinvestissent dans des quartiers un peu à l’abandon, ils créent des écoles de devoir, également dans une mentalité à l’américaine où, quand on a réussi, on restitue une part à la collectivité.
LES WALLONS « DE SOUCHE » DEVRAIENT EN PRENDRE DE LA GRAINE ?
Un entrepreneur flamand m’a dit un jour : « Quand un homme d’affaires flamand a fait fortune, il crée une deuxième entreprise avec son fils, et puis une troisième avec sa fille. Quand un homme d’affaires wallon a fait fortune, il achète une villa en Espagne et il va jouer au golf. » Malheureusement, c’est très vrai. On critique toujours les chômeurs, mais où sont les investisseurs wallons ? Les missions économiques princières, la plupart du temps, c’est 250 entreprises flamandes et 50 entreprises wallonnes. Les hommes d’affaires wallons n’éprouvent pas assez le devoir de réinvestir dans leur région et de la soutenir. En Flandre, dans les années 1920, il y a eu un sursaut collectif, on a glorifié le Flamand travaillant dur, qui réinvestissait son capital dans d’autres business. C’est comme ça que s’est développé tout un tissu de PME, souvent d’origine familiale. Ce sens des responsabilités, les Wallons ne l’ont pas encore assez.
« NOUS DEVONS TENIR TETE A LA COMMISSION », DECLARIEZ-VOUS EN JANVIER 2012. DIX MOIS PLUS TARD, VOUS PENSEZ AVOIR ETE ENTENDU ?
Qu’on se comprenne bien, moi, je n’ai jamais été contre la rigueur budgétaire. Je suis pour l’assainissement des comptes publics, mais à côté de ça, il faut aussi de la relance. A ce sujet, je note plusieurs progrès. L’arrivée de François Hollande a changé la tonalité au Conseil européen. Le thème de la relance n’est plus tabou. On l’a vu avec les 120 milliards d’euros mobilisés pour des grands projets de relance, à la Delors. C’est une forme de keynésianisme, de politique industrielle européenne, même si ça reste insuffisant. Deuxième amélioration : le commissaire européen aux Affaires sociales a déposé une proposition sur le salaire minimum. Les sujets liés à la convergence sociale ne sont plus hors-agenda. Troisième évolution : la Commission se montre un peu plus souple dans l’application des recommandations européennes. On l’a vu, par exemple, à propos de l’indexation automatique des salaires.
QUAND DES DIRIGEANTS SYNDICAUX DENONCENT L’AUTORITARISME DE LA COMMISSION ET DE LA BANQUE CENTRALE EUROPEENNE (BCE), ILS SONT A COTE DE LA PLAQUE ?
Franchement, la BCE est plus souple qu’elle ne l’a jamais été. Elle rachète des dettes souveraines à la pelle, c’est une forme de mutualisation des dettes. Je pense que la critique sociale, elle a le devoir d’être intellectuellement honnête et de ne pas virer à de la caricature.
THIERRY BODSON (FGTB) ET MARC BECKER (CSC) APPELLENT LES DEPUTES BELGES A NE PAS VOTER LE TRAITE BUDGETAIRE EUROPEEN, QU’ILS ASSIMILENT A « UN HOLD-UP DEMOCRATIQUE ».
Honnêtement, c’est un mauvais combat. Il y a d’abord une question de crédibilité internationale. La Belgique était représentée au Conseil européen quand ces traités ont été adoptés. Elle doit tenir ses engagements. On ne peut pas signer un traité, et puis, ne pas le ratifier. Sur le fond, je ne partage pas non plus l’analyse. Les mécanismes européens resserrent très fort le contrôle budgétaire, ils induisent une perte de souveraineté des parlements nationaux, c’est vrai. Mais moi, je ne veux pas moins d’Europe, je veux plus d’Europe ! Je n’ai pas de problème avec la convergence budgétaire, si elle s’accompagne d’une convergence fiscale et sociale, et d’un renforcement du contrôle démocratique.
COMME MINISTRE DES ENTREPRISES PUBLIQUES, VOUS ETES EN CHARGE DU DOSSIER SNCB. BEAUCOUP DE FRANCOPHONES CRITIQUENT LA REPARTITION DES INVESTISSEMENTS FERROVIAIRES : 60 % POUR LA FLANDRE, 40 % POUR LA WALLONIE. VOUS AUSSI, VOUS TROUVEZ CETTE CLE INJUSTE ?
Si on tient compte de la taille du territoire, oui, elle est injuste. Si on tient compte de la démographie, du trafic et du PIB, elle n’est quand même pas si au désavantage de la Wallonie. La Wallonie qui obtient 40 % des investissements, alors qu’elle pèse à peine 35 % de la population, c’est plutôt à son avantage. Donc moi je ne conseillerais pas à la Wallonie de rouvrir une négociation là-dessus. Il vaut mieux garder cette clé, même si elle pose un problème : le réseau ferré wallon est plus long que le réseau flamand, avec des moyens pour l’entretenir et le développer nettement inférieurs. Du coup, il n’y a pas 36 solutions. La Wallonie doit faire un choix stratégique. Soit concentrer son réseau ferroviaire, concentrer les moyens sur quelques axes entre les grandes villes et les villes moyennes, et trouver d’autres solutions pour la mobilité rurale. Soit co-investir dans le ferroviaire, avec des moyens wallons. C’est un vrai choix politique.
LE MINISTRE FRANÇAIS ARNAUD MONTEBOURG PRONE LA « DEMONDIALISATION », VOUS EN PENSEZ QUOI ?
Qu’il faut être français pour comprendre ce que ça veut dire. Il y a un concept plus simple et plus clair : le juste échange. Moi, je suis pour le commerce mondial. Cela existe depuis XVIe siècle. Sinon, on n’aurait pas les tomates, le café, le chocolat, la soie, les haricots, le maïs. Il faut donc du commerce mondial, et en plus, c’est dans l’intérêt des pays en développement de pouvoir exporter leur production. Mais il faut que ce commerce soit régulé par des clauses sociales et environnementales. Je suis pour qu’on taxe lourdement les produits fabriqués en Chine, qui ne respectent pas les travailleurs et qui sont très polluants.
LA BELGIQUE DOIT DEVENIR PROTECTIONNISTE ?
Non. Entre le protectionnisme et le libre-échange tous azimuts, il y a un commerce mondial à réguler, avec des normales environnementales et sociales, pour éviter un dumping. Je prends un exemple que je trouve effrayant : on vient de construire un hôpital à trois kilomètres d’ici, le plus grand hôpital de Wallonie. Tous les vitrages ont été fabriqués en Chine ! Alors qu’on a AGC à Jumet, à deux kilomètres. C’est du dumping environnemental. Si on inscrivait dans les marchés publics que tout le carbone produit par le transport de ces vitrages doit être pris en compte dans le coût total, eh bien, on aurait fait des vitrages en Wallonie.
QUELLES SOLUTIONS PROPOSEZ-VOUS ?
Une des choses dont je suis le plus fier de mon passage au fédéral, c’est d’avoir créé l’Agence fédérale de l’environnement, qui fait justement ça, trop discrètement à mon avis : repérer des produits de grande qualité qu’on fabrique en Belgique et établir des normes de marché. Vous ne trouvez plus aujourd’hui dans les Brico des poêles chinois à 150 euros. Grâce à l’Agence, qui a exigé un niveau de performance énergétique très élevé pour que des poêles au bois puissent entrer sur le marché belge. A mon avis, c’est ça, le grand levier pour la réindustrialisation de l’Europe : mettons des normes CO2 sur les matériaux de construction, les matériaux chimiques, biotechnologiques, agroalimentaires… Imposons aussi des normes sociales, en se basant sur le respect de conventions de l’Organisation internationale du travail. Cela relocalisera toute une partie de l’économie.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PORTRAIT OF AN ARTIST AS A YOUNG MAN
Quelle lucidité et quelle belle audace intellectuelle.
On ne voit pas à quoi comparer ce type de discours, si ce n'est à celui d'un Guy Verhofstadt de gauche ou d'un Guy Spitaels qui n'aurait pas eu d'oeillères sur la Flandre. De fait, ce que ce professeur de sciences politiques de l'ULB dit des Flamands est d'une totale clairvoyance et paraît totalement inédit dans la bouche d'un dirigeant socialiste wallon. Relisons cela attentivement: "En Flandre, dans les années 1920, il y a eu un sursaut collectif, on a glorifié le Flamand travaillant dur, qui réinvestissait son capital dans d’autres business. C’est comme ça que s’est développé tout un tissu de PME, souvent d’origine familiale. Ce sens des responsabilités, les Wallons ne l’ont pas encore assez."(...) "Au départ, il y a une évolution sociologique : l’émergence en Flandre d’une nouvelle classe très fortunée. Il suffit de sillonner le nord du pays pour le constater. Ces villas toujours plus grosses, ces belles voitures… Quantité de signes de richesse, dans des régions immenses de la Flandre, pas juste quelques enclaves. Cette nouvelle classe-là s’est donnée des relais socio-économiques. Ce n’est plus le patronat classique, les anciens capitaines d’industrie, parlant parfaitement les deux langues, représentés à la FEB. A la place, le Voka s’est imposé. Petit à petit, cela a fait bouger aussi le paysage politique. La N-VA, c’est un agrégat idéologique autour d’un patronat flamand moins porté sur le dialogue social, moins enclin au compromis et un peu plus nationaliste. Cela bouleverse tous les anciens équilibres ! Parce que c’est plus à droite, mais surtout parce que c’est hors-cadre. La N-VA n’est pas présente dans tous les outils de pilotage économique, Banque nationale et autres. Elle est en-dehors du système".
On fera le même exercice à propos de la Wallonie, du régionalisme, de Wallobrux et de l'Europe pour conclure que l'homme est brillant et possède une vision claire de l'avenir.
Que l'on nous permette d'évoquer un souvenir personnel. Il y a un mois ou deux, Paul Magnette a introduit au palais des fêtes de Charleroi, Jeremy Rifkin. Par un heureux hasard, j'étais présent à cette manifestation. La présentation de l'auteur de la "troisième révolution industrielle" par un Paul Magnette très en forme qui s'exprimait dans un anglais sans accent était lumineuse et synthétique. De toute évidence, cet homme a une vision de l'avenir de Charleroi, de celui de la Wallonie, de la Flandre, de la Belgique et aussi de l'Europe. Nous le croyons très supérieur intellectuellement à Bart De Wever pour qui il sera un adversaire beaucoup plus coriace que Elio di Rupo. Cet homme jeune, énergique et polyglotte a néanmoins un manque évident: il n'a pas de formation d'économiste comme De Haene, Verhofstadt, Eyskens ou Demotte. C'est sans doute la seule ombre au tableau. C'est, assurément, ce qui l'a la plus handicapé dans sa gestion du dossier SNCB dont il avait la charge.
Nobody is perfect.
MG


ELOGE DU COMPROMIS
​​Paul Magnette (sur son site)

Lorsque j’ai commencé à étudier les sciences politiques, il y a un peu plus de vingt ans, la Belgique était décrite dans la littérature internationale comme un modèle de démocratie de compromis. Un politiste d’origine néerlandaise, établi aux Etats-Unis, Arendt Lijphart, a même fait de la Belgique LE modèle de la démocratie de compromis, le plus accompli selon lui sur le plan institutionnel, et le plus efficace sur le plan des résultats. Selon cet auteur, si notre pays est si prospère, si innovant, si performant en termes de protection sociale… c’est à son sens du compromis qu’il le doit. Et ce n’est pas un hasard si d’autres nations rompues au compromis tels que la Suisse, les Pays-Bas ou le Luxembourg, atteignent des résultats proches des nôtres. Les démocraties qui donnent à chaque sensibilité une représentation politique proportionnelle à son poids dans la société, et qui organisent la recherche d’un consensus aussi large que possible entre ces courants d’opinion, sont selon Lijphart des formes plus avancées de développement politique que les nations qui opposent, bloc contre bloc, une majorité et une opposition d’apparence homogène.
Je ne partageais pas cette opinion, lorsque j’étais étudiant, puis jeune chercheur. Le compromis à la Belge, me semblait-il, se payait d’un large coût démocratique : les électeurs y sont réduits à donner un mandat aux partis, lesquels forment ensuite dans un processus complexe et opaque, des accords faits de concessions multiples, rarement intelligibles et à la formation desquels les citoyens ne sont pas associés. L’Union européenne, qui est un peu une démocratie à la belge au carré, tentant de concilier les points de vue de 27 Etats et de dizaines de partis représentés au Parlement européen, me semblait être l’incarnation même d’un terrible et pratiquement irrémédiable « déficit démocratique ».
Je dois reconnaître aujourd’hui, alors que je me prépare à quitter le gouvernement fédéral, que sur cette question du compromis, l’exercice du pouvoir m’a fait, pas totalement mais largement, changer d’avis. Je continue de penser qu’il faudrait davantage incarner les enjeux européens. Le débat n’est pas seulement entre plus ou moins d’Europe comme le prétendent Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit. Il est aussi un débat entre une Europe qui rassemble et protège, et une Europe qui met en concurrence et s’ouvre aux grands vents du libre échange. Et ces visions divergentes ont besoin de visages qui les portent. Je continue aussi d’espérer qu’il y aura un espace pour cette grande question européenne, déterminante pour notre avenir, lors de la campagne électorale du printemps 2014.
Ceci étant dit, des quelques années que j’ai passées au fédéral, je retire aussi la conviction que le compromis, tout compte fait, est une forme très élaborée de la civilité politique. Gouverner est un exercice terriblement difficile, qui oblige à composer avec le droit (constitutionnel, européen, international…) et les instances qui en ont la garde ; avec le pouvoir de l’argent, les marchés, les bourses et les agences de notation qui le canalisent ; avec les intérêts organisés, expressions de réalités territoriales ou fonctionnelles qui exigent d’être entendues. Il y a dès lors, forcément, une distance entre la volonté politique initiale, et le résultat d’une négociation qui doit,tenant compte de ces contraintes objectives, assembler les visions de trois, cinq ou six partis, en passant par les filtres grossissants, déformants ou colorés des instances médiatiques. L’art de bâtir, dit le grand architecte américain Robert Venturi, consiste à transformer les contraintes en sources de créativité. Au départ il y a la volonté du maître d’ouvrage, mais l’architecte doit tenir compte de la nature du terrain, de son exposition, de son environnement, des règles d’urbanisme, des moyens financiers et des techniques de construction disponibles… et atteindre grâce à ces contraintes un résultat qui plaît à son client plus encore que son idée initiale.
La politique, quand on y pense, est un art de la composition du même genre. Et elle suppose, comme l’art de bâtir, que ceux qui la pratiquent soient capables de convaincre ceux au nom de qui ils s’expriment que la volonté pure n’existe pas, que l’on n’est pas seul au monde, qu’il faut tenir compte du principe de réalité, et que finalement, si le compromis n’a pas l’élégante simplicité de l’intention première, il n’en est que plus juste.


Clerfayt: "le PS est responsable des échecs actuels" (suite)


Belga et La Libre
Des propos déclarés suite à l'annonce de l'accession de Laurette Onkelinx à la présidence de la fédération bruxelloise du Parti Socialiste.
"Aux commandes de la Région bruxelloise depuis 20 ans, le PS reste le premier responsable des échecs bruxellois actuels: doublement du chômage (de 10 à 20% entre 1989 et 2013), triplement du nombre de minimexés ou RIS (Revenu d'intégration social), crise sociale du logement et congestion automobile croissante", a affirmé vendredi le député-bourgmestre FDF de Schaerbeek Bernard Clerfayt, à la suite de l'annonce de l'accession de Laurette Onkelinx à la présidence de la fédération bruxelloise du Parti Socialiste.
"Aujourd'hui Bruxelles manque d'ambition, de réalisations qui redonnent aux Bruxellois le goût de croire en l'avenir de leur ville, qui attirent les classes moyennes et qui créent la fierté d'une Bruxelles accueillante, multiculturelle et innovante", a commenté le chef de file FDF.
Pour lui, la meilleure manière de protéger les Bruxellois contre les attaques d'une partie de la Flandre et singulièrement celles de la N-VA sur Bruxelles, c'est de proposer un projet fort de prospérité pour les Bruxellois, qui dépasse les clivages politiques qui divisent, qui mobilise toutes les forces vives impliquées dans la capitale et qui transforme les échecs en programmes ambitieux.
"Le PS bruxellois a démontré qu'il ne parvenait pas à redonner vie à la Région bruxelloise, à moins de changer son fusil d'épaule", a encore dit Bernard Clerfayt.
Interrogée vendredi matin par Bel RTL, la vice-première ministre et nouvelle présidente de la fédération bruxelloise du Parti socialiste a promis de défendre Bruxelles "comme une région forte" face à la vision communautariste de la N-VA. Elle a dit vouloir œuvrer à "fédérer toutes les énergies du PS à Bruxelles pour imposer Bruxelles comme une région forte qui se défend, qui doit continuer à être respectée et qui doit continuer à se développer au profit de l'ensemble des Bruxellois".
ONKELINX A BRUXELLES : « ZERO CONNIVENCE AVEC LA N-VA »
David Coppi, Veronique Lamquin (Le Soir)
Dans « Le Soir », Laurette Onkelinx livre une interview où elle affirme son engagement bruxellois, son relatif optimisme au fédéral : « La crise ? On voit le bout du tunnel ». Mais a une inquiétude, elle tire la sonnette d’alarme : il faut un « plan Jeunesse »…
• ©Sylvain Piraux – Le Soir

VOUS ARRIVEZ AVEC UN PROJET POUR BRUXELLES ?
Il faut renforcer l’identité bruxelloise. Elle transcende les origines sociales, culturelles, religieuses. Ce sera l’une des priorités de ma présidence. Attention, ce n’est pas une identité de repli, c’est une identité d’ouverture. On doit empêcher tous les ghettos, qu’ils soient intellectuels, culturels, religieux. Je vais y travailler avec la société civile qui, à Bruxelles, est d’une force inimaginable.
ET LES FLAMANDS DE BRUXELLES ?
Ils sont les mal-aimés de la Flandre. Bien sûr qu’on doit forger cette identité bruxelloise avec eux.
Et quels liens voyez-vous entre Bruxelles et les autres Régions ?
Il faut renforcer l’ancrage francophone de Bruxelles.
CE N’EST PAS CONTRADICTOIRE AVEC L’IDENTITE BRUXELLOISE ?
Quand on a une identité forte, la relation avec les autres est plus facile. Je ne veux surtout pas que la relation Wallonie-Bruxelles s’infecte. Avec la Wallonie, on a une relation naturelle, Bruxelles est très largement francophone.
« S’INFECTE » ?
J’ai senti, à la Fédé bruxelloise, qu’il y a un sentiment de ne pas être respecté par les Wallons. Plutôt que de nous replier sur nous-mêmes, nous devons régler le problème. Rudy Demotte y réfléchit aussi. Je vais aller le voir.
SI LA N-VA CARTONNE BRUXELLES POURRAIT ETRE MENACEE ?
Oui, il y a un risque !
QUE POURRONT FAIRE LES FRANCOPHONES ?
On doit se préparer aux situations extrêmes : le blocage des institutions bruxelloises par la N-VA. Et alors, clairement, il faudra une réponse proportionnée.
C’EST QUOI ?
C’est un langage qu’on emploie souvent dans les négociations liées aux conflits armés.
Laurette Onkelinx intervient également comme vice-Première ministre fédérale, évoquant la crise économique et sociale en ces termes…
DERNIERE LIGNE DROITE DE LA LEGISLATURE FEDERALE : LA CRISE FRAPPE TOUJOURS, LES AJUSTEMENTS BUDGETAIRES SERONT DOULOUREUX…
Écoutez, la crise, j’ai l’impression que l’on voit le bout du tunnel. Et 2013 pourrait être la dernière année très difficile pour la Belgique. L’incendie provoqué par le krach financier est en train d’être maîtrisé. Et, malgré les difficultés, la concertation sociale continue !
ON VOUS VOIT OPTIMISTE : LA « FIN DU TUNNEL »…
Mais un élément me tracasse, énormément : la crise et les jeunes. Le constat est alarmant. Taux de chômage : 18,8 % pour les moins de 25 ans, 32,8 % à Bruxelles. Travail à temps partiel : + 50 % en dix ans. Travailleurs devant cumuler deux jobs pour s’en sortir : + 24 %. 39 % des familles monoparentales sont dans le giron de la pauvreté. Le taux de suicide augmente, les dépressions : 9,1 % des jeunes… On ne peut pas ne rien faire. Tous les niveaux de pouvoir doivent agir ensemble. Ce serait immoral de se cacher derrière le principe de l’autonomie des entités. Il existe un « comité du vieillissement », créons un « comité jeunesse ». Il existe un plan Union européenne 2020 pour le développement, lançons un plan Belgique 2020 pour la jeunesse.
Lire l'entretien dans son intégralité dans Le Soir de ce samedi.
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
A CHACUN SA VERITE
Décidément le duel Onkelinx- Clerfayt quitte Schaerbeek pour se perpétuer sur la scène régionale bruxelloise. Face à la lourde machine de guerre socialiste, Clerfayt est le meilleur challenger possible, malgré le très brillant Didier Reynders.
MG

vendredi 18 janvier 2013

Clerfayt : « Le PS est responsable des échecs actuels »


Belga
Bernard Clerfayt du FDF a réagi à la nomination de Laurette Onkelinx à la tête du PS bruxellois. Selon lui, le PS n’est pas en mesure de redonner vie à la région bruxelloise.

Interrogée ce vendredi matin par Bel RTL, Laurette Onkelinx, la vice-première ministre et nouvelle présidente de la fédération bruxelloise du Parti socialiste a promis de défendre Bruxelles « comme une région forte » face à la vision communautariste de la N-VA.
Pour Bernard Clerfayt, le député-bourgmestre FDF de Schaerbeek, la meilleure manière de protéger les Bruxellois contre les attaques d’une partie de la Flandre et singulièrement celles de la N-VA sur Bruxelles, c’est de proposer un projet fort de prospérité pour les Bruxellois, qui dépasse les clivages politiques qui divisent, qui mobilise toutes les forces vives impliquées dans la capitale et qui transforme les échecs en programmes ambitieux.
« Aujourd’hui Bruxelles manque d’ambitions »
« Aux commandes de la Région bruxelloise depuis 20 ans, le PS reste le premier responsable des échecs bruxellois actuels : doublement du chômage (de 10 à 20 % entre 1989 et 2013), triplement du nombre de minimexés ou RIS (Revenu d’intégration social), crise sociale du logement et congestion automobile croissante », a affirmé Bernard Clerfayt.
« Aujourd’hui Bruxelles manque d’ambition, de réalisations qui redonnent aux Bruxellois le goût de croire en l’avenir de leur ville, qui attirent les classes moyennes et qui créent la fierté d’une Bruxelles accueillante, multiculturelle et innovante », a commenté le chef de file FDF.
« Le PS bruxellois a démontré qu’il ne parvenait pas à redonner vie à la Région bruxelloise, à moins de changer son fusil d’épaule », a encore dit Bernard Clerfayt.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CLERFAYT FOR PRESIDENT
Nous le disons depuis des mois, depuis des années: Bernard Clerfayt est le successeur rêvé de Charles Picqué. Cet économiste de haut vol, ce municipaliste de terrain a pour cette mission bien plus d'atouts que tous ses concurrents juristes (Reynders ou Laurette) qui sont des brasseurs de vent.
MG

Laurette Onkelinx (PS) et Bernard Clerfayt (FDF). Belga

MAGNETTE NIEUWE VOORZITTER VAN DE PS


De kroonprins mag al op de troon

Auteur: Guy Tegenbos
COMMENTAAR —
Het was gisteren geen koopjesdag maar kopjesdag.
Aan Vlaamse kant was er de benoeming van Jan Briers, de topman van het Festival van Vlaanderen, tot gouverneur van Oost-Vlaanderen. De Vlaamse en de federale regering moeten daarover vanochtend nog een institutioneel dansje opvoeren.
Het is een slimme zet van de N-VA. Maar de verrassende aspecten ervan leiden de aandacht af van de aftandse en amateuristische wijze waarop gouverneurs door een partij worden gekozen. Het volgende Vlaams regeerakkoord moet daar een einde aan maken. Al moet worden erkend dat die amateuristisch geselecteerde gouverneurs zelden of nooit uit hun rol vallen of voor problemen zorgen. Dit in tegenstelling tot de leden van de koninklijke familie die daarmee tegenwoordig meermaals per week nieuws maken.
Het belangrijkste kopjesnieuws kwam echter uit het zuiden. In de PS verschuiven heel veel kopjes. Het belangrijkste is dat Paul Magnette kroonprins wordt en meteen de troon mag bestijgen, al is het rijk van Elio Di Rupo nog niet uit. Magnette gaat het machtigste instituut van het land leiden: het secretariaat en de studiedienst van de PS.
Bij de PS is dat een functie voor járen. Op interim-kracht Thierry Giet na heeft de PS afgelopen 35 jaar maar vier voorzitters gekend, André Cools, Guy Spitaels, Philippe Busquin en Elio Di Rupo. CD&V had in dezelfde periode 14 voorzitters, de SP.A 11.
Magnette is veelzijdig en intelligent. Hij ‘laat zich vragen' maar heeft zich intussen goed voorbereid: door zich een links imago aan te meten, en af en toe een robbertje te vechten met Europa en de elektriciteitsproducenten. Hij kan een duet zingen met de premier: Di Rupo is dan de brave die verzoent, zoals het hoort, terwijl Magnette als voorzitter de stoute speelt en met het oog op 2014, volop kan schieten op Europa, de N-VA, de liberalen en de dreigende extreemlinkse PTB.
Daarnaast is Magnette de PS'er die het best van allemaal Nederlands spreekt. Meer zelfs, hij verstaat de Vlamingen en kan verstaanbaar voor hen spreken en schrijven. Voor Vlaamse politici wordt hij in 2014 een gesprekspartner zoals ze er tot nu geen hadden. Maar ze kunnen hem niet zomaar demoniseren: hij kan hen tegenspreken voor hun eigen publiek in hun eigen taal.
De voorzitter van de grootste Franstalige partij gaat doen wat de voorzitter van de grootste Vlaamse partij, Bart De Wever, zware kritiek oplevert: het zware (en ‘verdelende') partijvoorzitterschap combineren met het zware burgemeesterschap (dat ‘verenigend' moet zijn) van de grootste stad van zijn landsdeel.
Bart De Wever en Paul Magnette hebben nog iets gemeen: ze schrijven allebei een column voor deze krant en deden dit al lang vóór ze voorzitter waren van de grootste partij van hun landsdeel.
Op 18 januari 2013 omstreeks 08u50, zei Martine D.:
Ik zie meer vergelijkingen tussen Magnette en Verhofstadt. Intelligent, machtsgeil en zeer autoritair, Elio is er een lammetje tegen en voor Vlaanderen breken nog hardere tijden aan.

Misschien wel de belangrijke uitspraak in deze tekst is 'Magnette gaat het machtigste instituut van het land leiden: het secretariaat en de studiedienst van de PS.' Dit instituut staat enkel onder democratische controle van een minderheid in Belgie: de Fr. Belgie. De Vlaming heeft tijdens de verkiezingen daar geen enkele, maar ook geen enkele, inspraak over. Ze kan de PS niet afstraffen. Wel kunnen zelfs Fr. Vlamingen, en Nl. Vlamingen indien ze dat wensen, hun zeg hebben over de PS als ze in BHV wonen, tot pakweg 1 km van het centrum van Mechelen! Dat is omgekeerd ongeveer tot Charleroi!

Deze twee maten gewichten en gewichten van de pers die u aanhaalt zijn in dit geval stuitend. Bart De Wever WAS al partijvoorzitter toen hij verkozen werd als burgemeester. Daarnaast heeft hij dikwijls gezegd dat dat voorzitterschap voor hem een aflopende zaak was in 2014. Magnette kiest nu nadat hij al burgemeester IS om dit ambt te combineren met het voorzitterschap van de PS. Dit is mijn inziens toch een belangrijke nuance, niet zo voor de persjongens natuurlijk.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES GRANDES MANOEUVRES
"J'ai commencé à perdre quand j'ai cessé de surprendre" aurait dit Napoléon en fin de règne. Cette sentence pourrait servir de devise à Elio di Rupo, patron incontesté du boulevard de.
Magnette, futur maire de Charleroi s'installe en sus dans le fauteuil éjectable du président ad interim du PS, Laurette Onkelinx devient présidente du PS à la place de Vervoordt qui lui-même succède à Charles Picqué.
Guy Tegenbos (De Standaard) "Paul Magnette kroonprins wordt en meteen de troon mag bestijgen, al is het rijk van Elio Di Rupo nog niet uit. Magnette gaat het machtigste instituut van het land leiden: het secretariaat en de studiedienst van de PS."
Autrement dit, Magnette qui prend la tête centre d'études du PS et du secrétariat du PS devient l'homme le plus puissant du pays.
En principe, il risque de durer (le PS n'a eu que quatre présidents en 35 ans: André Cools, Guy Spitaels, Philippe Busquin en Elio Di Rupo; CD&V en a connu 14 et la SP.A 11.)
"Magnette is veelzijdig en intelligent" Intelligent et polyvalent, l'homme a une image d'homme de gauche (een links imago). Il forme un binome intéressant avec Di Rupo (Magnette est celui qui tape sur les doigts, Di Rupo peut jouer les conciliateurs). Magnette est celui qui beaucoup plus que le bon monsieur Giet peut tirer à boulets rouges contre l' Europe, la N-VA, les libéraux et le PTB qui grignote le Ps sur sa gauche.
De plus, Magnette est le membre du PS qui maîtrise le mieux la langue de De Wever (die het best van allemaal Nederlands spreekt).
Mieux, il est le seul a vraiment bien comprendre les Flamands " hij verstaat de Vlamingen en kan verstaanbaar voor hen spreken en schrijven. Voor Vlaamse politici wordt hij in 2014 een gesprekspartner zoals ze er tot nu geen hadden.)
C'est dire que les Flamands auront beaucoup de mal à le diaboliser, à le ridiculiser, alors qu'avec Di Rupo ils ne s'en privent pas.
Magnette se prépare à faire ce qui est l'objet de toutes les critiques en Flandre: cumuler les fonctions de maire d'une grande ville et de président d'un grand parti. Mission impossible. C'était prévisible, ce qui l'est moins, c'est le timing et la précipitation à mettre en place le nouvel échiquier politique pour la triple campagne de 2014 élections .
Autre point commun entre De Wever et Magnette, tous les deux tiennent depuis longtemps une rubrique dans De Standaard.
Magnette fait penser à Verhofstadt: "Intelligent, machtsgeil en zeer autoritair, Elio is er een lammetje tegen en voor Vlaanderen breken nog hardere tijden aan."
C'est assurément un coup dur pour De Wever et un coup de génie de la part du grand timonier Elio.

Misschien wel de belangrijke uitspraak in deze tekst is 'Magnette gaat het machtigste instituut van het land leiden: het secretariaat en de studiedienst van de PS.' Dit instituut staat enkel onder democratische controle van een minderheid in Belgie: de Fr. Belgie. De Vlaming heeft tijdens de verkiezingen daar geen enkele, maar ook geen enkele, inspraak over. Ze kan de PS niet afstraffen. Wel kunnen zelfs Fr. Vlamingen, en Nl. Vlamingen indien ze dat wensen, hun zeg hebben over de PS als ze in BHV wonen, tot pakweg 1 km van het centrum van Mechelen! Dat is omgekeerd ongeveer tot Charleroi!

Deze twee maten gewichten en gewichten van de pers die u aanhaalt zijn in dit geval stuitend. Bart De Wever WAS al partijvoorzitter toen hij verkozen werd als burgemeester. Daarnaast heeft hij dikwijls gezegd dat dat voorzitterschap voor hem een aflopende zaak was in 2014. Magnette kiest nu nadat hij al burgemeester IS om dit ambt te combineren met het voorzitterschap van de PS. Dit is mijn inziens toch een belangrijke nuance, niet zo voor de persjongens natuurlijk.


Le scénario Magnette a pris corps en novembre 2012

Francis Van de Woestyne (La libre)
Magnette faisant fonction ? Pourquoi accepte-t-il, finalement, de s’inscrire dans ce scénario lui qui devait être à 100% à Charleroi ?
Paul Magnette président faisant fonction du Parti socialiste C’est une fois encore la surprise du chef. Quel chef ? Elio Di Rupo pardi. Comment en est-on arrivé là ? Voici le récit de cette longue saga.
L’histoire commence en fait en décembre 2011. Le 6, jour de l’installation du gouvernement Di Rupo. Ce jour-là, le Parti socialiste tord ses statuts et installe un président "faisant fonction" : Thierry Giet. Il s’installe au boulevard de l’Empereur. Mais sur la pointe de pieds, sans oser toucher au décor du bureau présidentiel, là où l’on sent, où l’on devine l’ombre de celui qui reste le maître du parti, Elio Di Rupo.
Sanglé dans son corset de président "faisant fonction", l’homme, très vite se sent bridé par un Premier ministre incontestable et une vice-Première ministre qui porte, elle, la vraie voix du Parti socialiste au gouvernement. Ce tandem ne laisse de facto quasi pas de marge à Thierry Giet qui "mord sur sa chique", se contente des miettes de communications qui lui restent et attend.
GIET : "JE N’Y ARRIVE PAS"
La campagne électorale du PS pour les communales du 14 est froide, les résultats décevants. Surtout, les responsables du parti ne parviennent pas à empêcher certains accords non désirés : celui du PS bruxellois avec le MR qui éjecte le CDH dans l’opposition, par exemple. Di Rupo a-t-il donné son blanc-seing ou a-t-il été distrait ? Toujours est-il que sans vrai chef, à Bruxelles, on s’amuse.
Thierry Giet, dans sa grande humilité et son sens de l’Etat (l’Etat, ici, c’est le PS), commence à dire à mots couverts qu’il n’y arrive plus : " Je n’y arrive pas ." Fin novembre, lors d’une réunion très fermée, il se confie à quelques amis : il craint de ne pas pouvoir conduire le PS à la victoire en 2014. Or il faut prendre des décisions importantes, notamment à Bruxelles où Charles Picqué tarde à partir à la retraite comme il l’a annoncé
Cette fois, Elio Di Rupo a bien capté la gravité de la situation. " Laissez-moi réfléchir ", a-t-il dit à ses amis. Car il a flairé le danger, d’autant que dans les autres partis, au MR en particulier, les choses s’organisent. Charles Michel prend de l’assurance et Didier Reynders présidera bientôt la fédération bruxelloise du MR.
Elio Di Rupo est et reste donc le chef au PS. Et à ce titre, il n’envisage pas de nommer un président de plein exercice. Parce qu’il souhaite, le cas échéant revenir au Boulevard ? Oui, sans doute, mais aussi, surtout, parce qu’une élection à la présidence du parti serait, pense-t-il, fratricide et engendrerait des crispations, des divisions, des frustrations. Il faut donc nommer un autre président ff. Laurette Onkelinx ? Non, pas possible, elle n’est pas femme à être "faisant fonction". De plus, Elio Di Rupo le dit et le répète : il a besoin d’elle au gouvernement fédéral. Et le PS a besoin d’elle à Bruxelles, là où les choses ont tendance à se déglinguer. Car lorsque Rudi Vervoort aura pris la succession de Charles Picqué à la présidence du gouvernement bruxellois, il faudra trouver quelqu’un de fort pour présider la fédération bruxelloise du PS. Mais là, en décembre, Laurette Onkelinx n’est peut-être pas encore "mûre".
MAGNETTE NE POUVAIT PAS REFUSER
Quoi qu’il en soit, si Laurette Onkelinx ne peut présider le PS de manière intérimaire, il n’y a plus qu’un seul homme qui puisse le faire : Paul Magnette. Mais un double problème se pose. D’une part, il a promis d’aller à Charleroi sans qu’il y ait le moindre aiguillage, autrement dit, sans faire un détour par le boulevard de l’Empereur. Et puis, il faut que Magnette accepte d’être lui aussi un président intérimaire et qu’il termine le mandat de président d’Elio Di Rupo (2015).
Magnette faisant fonction ? Pourquoi accepte-t-il, finalement, de s’inscrire dans ce scénario lui qui devait être à 100% à Charleroi ? Un ministre socialiste explique, sans rire : " Le parti est au-dessus de nous. Nous sommes là pour le servir. Nous ne sommes rien sans le parti. Nous le savons tous : chaque individu au PS est moins que la somme que nous formons ensemble " Diable !
Mais Paul Magnette arrivera-t-il à cumuler les deux fonctions, lui qui donne parfois le sentiment de ne pas parvenir à clôturer les dossiers qu’il a ouverts ? " C’est une vraie question.
Mais l’homme a des réserves et il sait que cette fois, tout le monde l’attend. En plus, on ne peut pas refuser d’être président du PS quand on vous le demande. " Un autre explique : " Ce que l’on demande à Paul, ce n’est pas tellement de gérer, il y a des structures pour cela. Il devra surtout porter le message, rassurer notre base inquiète et aussi donner en Wallonie, à Bruxelles mais aussi en Flandre, l’image d’un parti non pas tourné vers le passé mais bien un parti moderne, audacieux dans ses choix et tourné vers l’avenir."
(...)Le nouveau président du PS sera... à Charleroi ce vendredi. Cette fois, il a tout à prouver.