dimanche 6 janvier 2013

Confédéralisme ou indépendance ? « La N-VA avance masquée »


Claude De Decker
« Le discours de la N-VA sur le confédéralisme n’est pas nouveau mais il manque toujours de clarté », estime Pierre Vercauteren, politologue à l’UCL Mons, après les déclarations de Ben Weyts au journal Métro.

Que veut la N-VA : l’indépendance de la Flandre ou le confédéralisme. Cette question revient au centre du débat après les déclarations de Ben Weyts, vice-président du parti : « Il est évident à nos yeux qu’il n’y a pas aujourd’hui de base suffisante pour une Flandre indépendante. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de déficit démocratique, et cela, nous devons le comprendre. C’est pourquoi, le confédéralisme nous semble la plus acceptable et la plus efficace des solutions. »
INDEPENDANCE OU CONFEDERALISME, LE DISCOURS DE LA N-VA EST-IL CHANGEANT ?
Pierre Vercauteren : « Ce qu’il faut d’abord prendre en considération, c’est l’article numéro 1 des statuts de la N-VA (que la Flandre devienne une république indépendante, NDLR). De deux choses l’une, soit la déclaration de Ben Weyts signifie qu’il y a une volonté de changer cet article et mentionner à la place une Belgique confédérale. Soit, il s’agit au contraire de poursuivre la stratégie actuelle : constater qu’il n’y a pas de majorité actuellement en Flandre pour un Etat indépendant et considérer davantage le confédéralisme comme une étape vers cette indépendance qui est toujours recherchée par la N-VA. »
« Le discours de la N-VA sur le confédéralisme n’est pas nouveau. Par contre, en terme de clarté, il y a encore beaucoup d’incertitude. Est-ce que le confédéralisme est une fin en soi, ce qui est en quelque sorte l’opinion de la majorité du monde politique flamand, ou est-ce une étape vers l’indépendance. Visiblement, la N-VA avance toujours masqué. »
Eric Van Rompuy dénonçait hier l’« hypocrisie » de la N-VA. Est-ce un avis partagé au sein du CD&V ?
Pierre Vercauteren : « L’attitude d’Eric Van Rompuy est partagée par d’autres membres du parti, même s’il n’y a pas d’unanimité au CD&V. Cette attitude consiste à avoir des réactions de plus en plus fortes et dures à l’encontre de la N-VA, plutôt que de la ménager. »
« Les objectifs de la N-VA restent fondamentalement de se maintenir et de consolider sa base. Le parti compte sur un succès électoral en 2014, de manière à être tout à fait incontournable. Ce qui n’a pas été le cas dans le cadre de la formation du gouvernement Di Rupo. »
QU’EST CE QUE LE CONFEDERALISME ?
Pierre Vercauteren : « Il y a plusieurs théories sur le confédéralisme. Le confédéralisme se différencie du fédéralisme par un changement du centre de gravité politique, qui ne situe plus au niveau fédéral mais au niveau des entités fédérées. »
« C’est un objectif de la N-VA qui est partagé par d’autres partis flamands. On peut considérer que la majorité du monde politique flamand est favorable à une évolution vers une Belgique confédérale. D’ailleurs, force est de constater que les accords institutionnels qui doivent encore être coulés en loi dans les prochains mois mènent effectivement vers une Belgique qui sera plus confédérale qu’elle ne l’est actuellement. »

COMMENTAIRENDE DIVERCITY
"IN ZIJN INDERBEWUSTE SPREEKT DE VLAMING NOG ALTIJD FRANS."

Un Brusseleir commente non sans humour: "bonne analyse du mal flamand" Non pas du mal flamand, mais du mal nationaliste flamand, du mal flamingant. Car moi, Francophone de Bruxelles, je suis aussi Flamand qu'eux. Seulement je n'en peux rien que mes grands-parents ne m'aient parlé qu'en français car c'était plus chic, que mon dernier prof de langues germaniques ait été un glandeur, que chaque fois que je partais avec ma mère sillonner les villes des Flandres, ses clients que je rencontrais me parlaient en français, car c'était leur langue. Ma mère parle pourtant tous leurs patois, mais elle ne me les a pas appris, elle m'a parlé en français et en bruxellois. Plus tard, ces nationalistes ont imposé le néerlandais, tandis que les Flamands de France et de Bruxelles continuaient en français, car nous n'avions pas leur traumatisme."
Il est assez rare que le problème soit envisagé sous cet angle.
Je suis tombé dans De Morgen de ce week end sur une réflexion amusante de Baert Van Loo.
A la question waarom is de Franse cultuur zo hip , net op het moment dat de Vlamingen zich losmaken van de Franstaligen in Belgie¨.. Il répond: "Het Franse chanson is een onlosmakelijk onderdeel van de Vlaamse cultuur. . In zijn inderbewuste spreekt de Vlaming nog altijd Frans."
Dans le même journal, Frans Van Cauwelaert écrit à propose de la lettre sur les Belges de Jules Destrée au roi "volg het geld, zo begrijp je de huidige politieke situatie in België : omdat het geld in de twintigste eeuw van het Zuiden naar het noorden is opgeschoven , klampen de Waalse socialisten zich ter bescherming aan de Belgische staat en zijn begrippen van solidariteit. Ze klampen zich op een soms naïve manier aan de Belgische illusie."
Et toujours dans ce même Morgen je lis sous la plume de Philippe Suinen grand commis wallon: "De sterkte van België is de diversiteit"
"Vlaanderen exporteert clichés in het buitenland. Door Wallonie slechter voor te stellen, haal je het Belgische geheel naar beneden. " "Uitspraken zoals de wallonisering van Vlaanderen kunnen we niet meer aanvaarden.
On le voit, apparemment comateuse, la Belgique n'est pas morte pour autant.


MAGNETTE : « NOUS DEVONS CONSTRUIRE UNE NATION WALLO-BRUXELLOISE »

David Coppi
Bientôt bourgmestre effectif de Charleroi, Paul Magnette explique qu’il faut « valoriser partout nos talents », comme la Flandre a su le faire. « On n’a pas construit une nation wallo-bruxelloise. On doit le faire. »

Dans un entretien au Soir, Paul Magnette, ministre fédéral, bientôt pleinement mayeur de Charleroi, décrit longuement son « défi carolo », explique comment il veut redresser la ville au plan économique et urbain, et appelle à « valoriser partout nos talents », comme la Flandre a su le faire, parce qu’il y a une « nation flamande »…
Extraits…
« On a plusieurs faiblesses, et je pense en premier, je vous l’ai dit, à la dynamique urbaine : les Flamands ont retrouvé le plaisir de faire du vélo en ville, je veux dire d’y habiter, ils ont redécouvert tout cela, et nous on est encore à discuter du Cwatup, des bassins de vie, des noyaux d’habitats… Alors qu’on devrait rapidement se mettre d’accord sur tout ça pour réenclencher nous aussi le phénomène urbain ; tous les économistes qui font de la géographie économique vous le diront.
Deux, il nous manque quand même une classe d’entrepreneurs wallons patriotes ! Un entrepreneur flamand me disait récemment sous forme de boutade : quand un Flamand fait fortune, il crée une deuxième société avec son fils, une troisième avec sa fille ; en Wallonie, il vend son entreprise et va jouer au golf en Espagne. C’est une caricature mais ce n’est pas totalement faux. On a toujours le discours sur les chômeurs qui ne veulent pas travailler ! J’appelle – si vous le permettez – au patriotisme des entrepreneurs wallons ! La sidérurgie s’est effondrée, le capital a filé… Des Jean Stephenne, il n’y en a pas eu vingt ! Et demain ?
J’ajoute : on est trop frileux sur notre propre valorisation culturelle. La Flandre a produit une nation notamment au travers de ses médias, elle met ses gens en valeur. Nous, on a des talents extraordinaires dans l’architecture, le design, la mode, la gastronomie, et on ne les met pas en valeur. On n’a pas construit une nation wallo-bruxelloise. On doit le faire. »

• Sylvain Piraux/Le Soir


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